Famille de Rossillon (Gex)
La famille de Rossillon, parfois Roussillon, est une famille noble savoyarde éteinte, originaire du pays de Gex. Mentionnée dès le XIIe siècle, sa filiation certaine remonte au XIVe siècle. Elle forme notamment les branches de Rossillon-Saint-Genis et de Rossillon-Allaman et s'éteint en 1734 avec Michel-Gabriel Rossillon de Bernex, évêque de Genève.
| de Rossillon | ||
Armes de la famille. | ||
| Blasonnement | De sable à la croix d’argent. | |
|---|---|---|
| Devise | Spes mea Deus « Dieu est mon espérance » |
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| Branches | Rossillon-Saint-Genis Rossillon-Allaman |
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| Période | XIVe et XVIIIe siècles | |
| Origine | Pays de Gex | |
| Allégeance | Seigneurs de Gex Maison de Savoie |
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| Pays | Pays de Gex | |
| Fiefs tenus | Allaman, Gaillard, Saint-Genis, Puthod, Les Terreaux, Rossillon, Bernex, Ternier, etc. | |
| Demeures | Maison forte de Rossillon Château d'Allaman Château-Blanc |
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| Charges | Juge dans le Genevois et le Chablais, gouverneur de Montmélian et de Nice | |
| Fonctions militaires | Colonel, capitaine des gentilshommes-archers de la garde | |
| Fonctions ecclésiastiques | Évêques de Lausanne et de Genève, prévôt du chapitre cathédral de Lausanne | |
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Histoire
modifierOrigines
modifierLes premiers membres de la famille de Rossillon sont mentionnés dès le début du XIIe siècle[1],[2],[3]. La famille tire probablement son nom de la maison forte de Rossillon, aujourd'hui en ruines, établie sur une colline au nord-ouest du hameau de La Pièce, sur l'actuelle commune de Crozet (Ain)[1],[4],[3].
Guillaume de Rossillon est témoin, en 1131, d'une donation de Gaucher de Divonne à l'abbaye cistercienne de Bonmont[3]. Les Rossillon sont vassaux des seigneurs de Gex[3].
À la fin du XIIIe siècle, Jean de Rossillon est clerc au service de Leoneta, dame de Gex, puis juge dans le Genevois et le Chablais pour le comte Amédée V de Savoie. Il est également chanoine de Genève et de Lausanne[5].
Extension régionale
modifierDès le XIIIe siècle, la famille possède des biens sur la rive gauche du Rhône, notamment à Arcine[1]. Au XIVe siècle, elle détient des maisons fortes à Pougny et à Pouilly, ainsi qu'une maison à Chetonay, attestée en 1393[1].
La branche principale, dite Rossillon-Saint-Genis, possède des terres sur la rive gauche du Rhône, où ses membres résident fréquemment à partir du XIVe siècle[3]. Ses possessions s'accroissent à la suite du mariage, vers 1380, de Pierre de Rossillon avec Françoise de la Naz[1].
En 1539, cette implantation du côté savoyard se poursuit avec le mariage de Marin de Rossillon avec Claudie de Châtillon-en-Michaille[6],[4]. Leurs deux fils héritent de leur oncle Jean de Châtillon, avec l'obligation de porter son nom et ses armes[6].
Implantation en pays de Vaud
modifierHumbert de Rossillon entre en possession de la seigneurie d'Allaman, dans le pays de Vaud, par son mariage avec Nicole d'Allaman au début du XIVe siècle, avant 1326[4],[3].
Le frère d'Humbert, Jean, est élu évêque de Lausanne par le chapitre cathédral, nomination confirmée en 1323 par le pape Jean XXII[7],[5]. Rodolphe de Rossillon, neveu de Jean, est doyen de Neuchâtel et prévôt du chapitre cathédral de Lausanne de 1339 à 1359 ou 1360[4],[8],[3].
La branche de Rossillon-Allaman s'éteint en ligne masculine au début du XVe siècle, après 1424[4],[3].
Service de la maison de Savoie
modifierEn 1615, le duc Charles-Emmanuel Ier réunit les seigneuries de Gaillard, Saint-Genis, Puthod et des Terreaux et les érige en comté de Rossillon en faveur de Hiéronyme, dit Jérôme, de Rossillon[3]. Une partie des biens et châteaux de ce dernier ayant été incendiée au cours du conflit opposant Genève à la Savoie, le duc lui vend en 1629 le fief de Bernex, près de Coni, dans le Piémont, et l'érige en marquisat[3].
Hiéronyme (Jérôme), de Rossillon épouse, en 1615, Marguerite, fille naturelle de Dom Amédée de Savoie, marquis de Saint-Rambert, enfant naturel du duc Emmanuel-Philibert († )[9]. Il est également l'oncle de Marguerite de Rossillon, qui entretient une relation durable avec Charles-Emmanuel Ier et lui donne quatre enfants[10]. La relation est parfois présentée comme ayant donné lieu à un mariage secret, sans que celui-ci soit formellement établi[10]. Marguerite de Rossillon reçoit le titre de marquise de Rive[11].
Jean-Gabriel de Rossillon est fait écuyer du duc, colonel-propriétaire d'un régiment d'infanterie et d'une compagnie d'ordonnance de cavalerie[12]. Hiéronyme (Jérôme), comte de Rossillon, marquis de Bernex, seigneur de Saint-Genis et des Terreaux et baron du Bourget, est fait conseiller d'État, gentilhomme de la Chambre, gouverneur de Montmélian, lieutenant-général du comté de Nice et chevalier de l'Annonciade (1638)[12],[9].
Sur des terres reçues du duc de Savoie, Hiéronyme (Jérôme) fait édifier, au XVIIe siècle, Château-Blanc, à Thônex. La demeure, construite en partie avec les pierres de la maison forte de Villette, compte alors parmi les plus importants édifices civils de la région genevoise[13].
Pierre-François de Rossillon mène une carrière ecclésiastique à partir de 1604. Il devient notamment prieur du Saint-Sépulcre d'Annecy, chanoine et doyen de la collégiale d'Annecy, aumônier de Madame Royale, puis commandeur et comte des Allinges[12]. Octavio de Rossillon, gentilhomme de la chambre, second écuyer du duc et capitaine dans l'escadron de Savoie, obtient la châtellenie ducale de Ternier en 1623[12].
Extinction
modifierDans la branche de Ternier, Pierre-François de Rossillon († ), fils et héritier de Gabriel-Chrétien, baron de Ternier, épouse en 1644, grâce à une dispense papale, sa cousine Antoinette de Roussillon, petite-fille du marquis de Bernex[14]. Le couple laisse une fille unique, Margueritte[14]. Celle-ci épouse en 1659 Prosper de Lucinge, dont le père avait épousé en secondes noces sa mère. Prosper de Lucinge reprend alors le titre de baron de Ternier[14].
Le dernier représentant de la famille est Michel-Gabriel Rossillon de Bernex, fils de Charles-Amédée de Rossillon, comte de Rossillon et marquis de Bernezzo. Né le à Château-Blanc, il devient évêque de Genève en 1697 et poursuit l'entreprise de recatholicisation du pays de Gex[15].
En 1715, Michel-Gabriel de Rossillon de Bernex et ses grands vicaires créent la bourse des pauvres prêtres du diocèse de Genève-Annecy. Cette association d'entraide assure des secours, des prêts et des pensions aux prêtres âgés ou en difficulté[16]. La famille s'éteint avec sa mort à Annecy le [3],[15].
Sceaux et armes
modifierLes armes de la famille de Rossillon se blasonnent ainsi : De sable à la croix d'argent[6],[4].
Supports : deux sauvages de carnation, un homme et une femme[6].
Cimier : un pied de bœuf, de mouton, de chèvre ou de porc[6].
La devise de la famille est Spes mea Deus[6], traduite par « Dieu est mon espérance ».
Le sceau du chevalier Humbert de Rossillon, daté de 1269, porte les armes familiales brisées d'un lambel à cinq pendants[4].
Titres
modifierLes membres de cette famille ont porté les titres suivants[6],[3] :
- comte de Rossillon, dans le pays de Gex, à partir de 1615 ;
- marquis de Bernex ou de Bernezzo, dans le Piémont, à partir de 1629 ;
- marquise de Rive[12] ;
- baron de Ternier, de 1636 à 1659[17] ;
- seigneurs de Saint-Genis, Pougny, Rossillon, Arlod, Allaman, du Bois, de la Naz, de Bernex, des Terreaux, de Gaillard, de Villette, du Châtelard d'Ogny, du Châtelard de Challonges, de Bruel, d'Albeterre et du Bourget.
Personnalités
modifier- Jean de Rossillon, juge dans le Genevois et le Chablais, puis évêque de Lausanne de 1323 à 1341[7],[5].
- Rodolphe de Rossillon, également appelé Raoulet ou Rolet, doyen de Neuchâtel et prévôt du chapitre cathédral de Lausanne de 1339 à 1359 ou 1360[4],[8],[3].
- Marguerite de Rossillon, marquise de Rive et maîtresse du duc Charles-Emmanuel Ier, dont elle a quatre enfants[10],[11].
- Hiéronyme, dit Jérôme, de Rossillon, comte de Rossillon, marquis de Bernex, seigneur (baron) de Saint-Genis, baron du Bourget, etc., conseiller d'État, gentilhomme de la Chambre, gouverneur de Montmélian, lieutenant-général du comté de Nice, chevalier de l'Annonciade (1638)[9],[12],[10].
- Charles-Amédée de Rossillon, fils du précédent, marquis, comte, baron et seigneur, premier capitaine des gentilhommes de la Garde du corps, lieutenant-général des armées, conseiller d'État, chevalier de l'Annonciade (1666)[9].
- Michel-Gabriel Rossillon de Bernex (1657-1734), évêque de Genève de 1697 à 1734 et dernier représentant de la famille[3],[15].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 Foras 1945, p. 245.
- ↑ Donald Lindsay Galbreath, Armorial vaudois, t. II : I-Z, Baugy-sur-Clarens, Chez l'auteur, , 754 p. (lire en ligne), p. 602.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 Ansgar Wildermann (trad. Roxane Jacobi Humbert-Droz), « Rossillon, de » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
- 1 2 3 4 5 6 7 8 Galbreath 1936, p. 602.
- 1 2 3 Ansgar Wildermann (trad. Roxane Jacobi Humbert-Droz), « Rossillon, Jean de » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
- 1 2 3 4 5 6 7 Foras 1945, p. 244.
- 1 2 Braun 1988, p. 126-127.
- 1 2 Braun 1988, p. 381-382.
- 1 2 3 4 Foras 1945, p. 254.
- 1 2 3 4 (en) Robert Oresko, « Bastards as Clients: the House of Savoy and its illegitimate children », dans Roger Mettam et Charles Giry-Deloison (dir.), Patronages et clientélismes 1550-1750 (France, Angleterre, Espagne, Italie), Villeneuve-d'Ascq, Publications de l'Institut de recherches historiques du Septentrion, , 39-67 p. (DOI 10.4000/books.irhis.1215, lire en ligne)
- 1 2 Duval 1879, p. 138-139.
- 1 2 3 4 5 6 Duval 1879, p. 139.
- ↑ « Chemin du Château-Blanc », sur Noms géographiques du canton de Genève, République et canton de Genève (consulté le )
- 1 2 3 Duval 1879, p. 140.
- 1 2 3 Sandra Coram-Mekkey, « Rossillon de Bernex, Michel-Gabriel de » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
- ↑ Frédéric Meyer, « La bourse des pauvres prêtres du diocèse de Genève-Annecy au XVIIIe siècle », Revue d'histoire de l'Église de France, t. 93, no 230, , p. 249-266 (DOI 10.1484/J.RHEF.2.305006, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Duval 1879, p. 138.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Patrick Braun, Helvetia Sacra, vol. 4 : Archidiocèses et diocèses IV : Le diocèse de Lausanne (VIe siècle-1821), de Lausanne et Genève (1821-1925) et de Lausanne, Genève et Fribourg (depuis 1925), Bâle, Helbing Lichtenhahn Verlag, , 564 p. (ISBN 3-7190-0998-X, lire en ligne).
- César Duval, Ternier et Saint-Julien. Essai historique sur les anciens bailliages de Ternier et Gaillard et le district révolutionnaire de Carouge, avec documents inédits, H. Georg, (réimpr. 1977) (lire en ligne).
- Amédée de Foras, continué par François-Clément de Mareschal de Luciane, Armorial et nobiliaire de l'ancien duché de Savoie, vol. 5, Grenoble, Allier Frères, , p. 244-257.