Famille de Salignac
La famille de Salignac, dite aussi de Salignac de La Mothe-Fénelon pour l'une de ses branches principales, est une famille noble française originaire du Périgord. Elle tire son nom de la terre et châtellenie de Salignac, située aux confins du Périgord, du Quercy et du Bas-Limousin.
| Famille de Salignac | ||
Armes de la famille. | ||
| Blasonnement | D'or à trois bandes de sinople. | |
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| Branches | Branche de Salignac Branche de La Mothe-Fénelon Branche de Groléjac Branche de La Poncie |
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| Période | Moyen Âge – époque moderne | |
| Origine | Périgord | |
| Pays | ||
| Fiefs tenus | Salignac La Mothe-Fénelon Saint-Julien-de-Lampon Mareuil |
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| Demeures | Château de Salignac Château de Fénelon Château de la Motte Fénelon |
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| Charges | Ambassadeur de France | |
| Fonctions militaires | Lieutenant général des armées du roi | |
| Fonctions ecclésiastiques | Évêques de Sarlat Archevêque de Bordeaux Archevêque de Cambrai Évêque de Pamiers Évêque de Lombez |
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Les généalogistes du XIXe siècle rattachent traditionnellement ses premiers degrés à Geoffroi de Salignac, mentionné vers la fin du Xe siècle, tout en présentant avec prudence les hypothèses anciennes qui la rapprochent des maisons de Gourdon, de Turenne ou de Comborn. La famille a possédé notamment les seigneuries de Salignac et de La Mothe-Fénelon, ainsi que les châteaux de Salignac et de Fénelon[1],[2].
Elle a donné plusieurs prélats, dont des évêques de Sarlat, un archevêque de Bordeaux et François de Salignac de La Mothe-Fénelon (1651-1715), archevêque de Cambrai, écrivain, théologien, précepteur du duc de Bourgogne et membre de l'Académie française[3],[4],[5].
Patronyme
modifierLa forme moderne du nom est généralement Salignac. P.-Louis Lainé relève cependant plusieurs graphies anciennes ou variantes, notamment Salagnac, Salaniac, Salamniac, Salanhac, Salanhiac, Salinhac, Saliniac, Salaignac, Saltignac ou encore Salligniac[6].
La branche de La Mothe-Fénelon ajoute à son nom celui de la seigneurie de La Mothe-Fénelon, associée au château de Fénelon, en Périgord noir.
Histoire
modifierOrigines médiévales
modifierLa famille de Salignac est associée dès le Moyen Âge à la châtellenie de Salignac, située dans le Périgord oriental. Selon P.-Louis Lainé, la terre de Salignac formait l'une des principales châtellenies du Périgord et ses seigneurs figuraient parmi les lignages importants de la province[7].
Les généalogistes anciens font commencer la filiation traditionnelle avec Geoffroi de Salignac, présenté comme seigneur de Salignac vers la fin du Xe siècle ou au début du XIe siècle[8]. Lainé rapporte plusieurs hypothèses d'origine, notamment un possible rattachement aux maisons de Gourdon, de Turenne ou de Comborn, mais les présente comme des traditions généalogiques plutôt que comme une filiation certaine[7].
Seigneurs de Salignac
modifierAu cours du Moyen Âge, les seigneurs de Salignac occupent une position notable dans le Périgord. La branche aînée conserve la seigneurie de Salignac jusqu'à la transmission de la baronnie par alliance à la famille de Gontaut-Biron au XVIe siècle[9].
Parmi les seigneurs de cette branche figure notamment Raimond de Salignac, qualifié par Lainé de chevalier banneret, seigneur de Salignac, et présenté comme sénéchal du Périgord et du Quercy au XVe siècle[10].
Branche de La Mothe-Fénelon
modifierLa branche de La Mothe-Fénelon descend de Jean II de Salignac, fils de Raimond de Salignac. Lors du partage familial de 1463, Jean II reçoit notamment les terres de La Mothe-Fénelon, de Carlux et d'Aillac, qui deviennent le noyau patrimonial de cette branche[11].
Cette branche donne plusieurs ecclésiastiques et serviteurs du roi, parmi lesquels Bertrand de Salignac de La Mothe-Fénelon (1523-1599), diplomate, ambassadeur de France en Angleterre de 1568 à 1575, et François de Salignac de La Mothe-Fénelon (1651-1715), archevêque de Cambrai[12],[4].
Les travaux dirigés par Gilles Deregnaucourt et Philippe Guignet replacent la trajectoire de Fénelon dans le milieu d'une noblesse provinciale périgourdine ancienne, autour de son père Pons de Salignac et de son oncle François de Salignac, évêque de Sarlat[13].
Châteaux et demeures
modifierLe château de Salignac, situé à Salignac-Eyvigues, est un ensemble castral médiéval et moderne. La notice Mérimée du ministère de la Culture mentionne des campagnes de construction aux XIIe siècle et XVIe siècle, ainsi qu'une protection partielle au titre des monuments historiques par arrêté du 23 mai 1969[1].
Le château de Fénelon, situé à Sainte-Mondane, est associé à la branche de La Mothe-Fénelon. La notice Mérimée le présente comme une forteresse dont les campagnes de construction s'échelonnent notamment du XIIe siècle au XVIIe siècle ; elle signale également le lien du lieu avec François de Salignac de La Mothe-Fénelon, né au château en 1651[2].
Un compte rendu publié dans le Bulletin monumental d'une notice historique et descriptive de Géraud Lavergne indique que la terre de Fénelon, appelée Felenon au XIVe siècle, est aux mains de la famille de Salignac au XVe siècle ; celle-ci possède alors également les fiefs de Groléjac et de La Mothe-Massaut. Le domaine demeure dans la famille jusqu'en 1780, date de son acquisition par Jean-Baptiste de Bouilhac[14].
Branches
modifierLes généalogistes distinguent plusieurs branches ou rameaux issus de la maison de Salignac. La structuration exacte varie selon les auteurs, mais les principales lignes mentionnées sont la branche des seigneurs puis barons de Salignac, la branche de La Mothe-Fénelon, le rameau de Groléjac, le rameau de La Poncie, ainsi que les rameaux ou branches secondaires de Roche-Gaudon et de Roche-Belusson[15].
Alliances
modifierD'après P.-Louis Lainé, les alliances de la maison de Salignac la rattachent à plusieurs familles nobles du Périgord, du Quercy, du Limousin et de la Guyenne, parmi lesquelles les maisons d'Abzac, d'Aydie, de Beynac, de Carbonnières, de Cardaillac, de Caumont, de Comborn, de Gontaut-Biron, de Gramont, de Pompadour, de Ségur, de Talleyrand-Périgord et de La Trémoille[16].
Un travail universitaire consacré aux réseaux aristocratiques autour d'Anne de Montmorency confirme l'importance du groupe familial des Salignac et des La Mothe-Fénelon dans le Sarladais au XVIe siècle, notamment autour du contrôle de l'évêché de Sarlat et des alliances avec la maison de Gontaut-Biron[17].
La transmission de la baronnie de Salignac à la maison de Gontaut-Biron, par le mariage de Jeanne de Salignac avec Armand de Gontaut-Biron au XVIe siècle, constitue l'une des conséquences patrimoniales notables de ces alliances[18].
Personnalités
modifierParmi les membres de cette famille figurent plusieurs prélats, diplomates et officiers généraux.
Titres, seigneuries et possessions
modifierLes membres de cette famille ont porté, selon les branches et les périodes, les qualités de seigneurs puis barons de Salignac, seigneurs de La Mothe-Fénelon, de La Mothe-Massaut, de Mareuil, de Gaulejac, de Sainte-Mondane, de Cantenac, de Groléjac ou encore de La Poncie[23].
La branche de La Mothe-Fénelon porta notamment le titre de marquis de La Mothe-Fénelon ou de marquis de Fénelon à l'époque moderne[20].
Héraldique
modifierLes armes de la famille de Salignac se blasonnent ainsi : d'or à trois bandes de sinople[24].
- Armes de la famille de Salignac : d'or à trois bandes de sinople.
Notes et références
modifier- 1 2 « Château de Salignac », sur POP : la plateforme ouverte du patrimoine, Ministère de la Culture (consulté le ).
- 1 2 « Château de Fénelon », sur POP : la plateforme ouverte du patrimoine, Ministère de la Culture (consulté le ).
- ↑ P.-Louis Lainé, Généalogie de la maison de Salignac-Fénelon, Paris, Imprimerie de Hauquelin et Bautruche, (lire en ligne), p. 3-4.
- 1 2 3 « François de Fénelon (1651-1715) », sur Catalogue général de la BnF (consulté le ).
- 1 2 « François de Salignac de La Mothe-Fénelon », sur Académie française (consulté le ).
- ↑ P.-Louis Lainé, Généalogie de la maison de Salignac-Fénelon, Paris, Imprimerie de Hauquelin et Bautruche, (lire en ligne), p. 2.
- 1 2 P.-Louis Lainé, Généalogie de la maison de Salignac-Fénelon, Paris, Imprimerie de Hauquelin et Bautruche, (lire en ligne), p. 2-5.
- ↑ P.-Louis Lainé, Généalogie de la maison de Salignac-Fénelon, Paris, Imprimerie de Hauquelin et Bautruche, (lire en ligne), p. 5-7.
- ↑ P.-Louis Lainé, Généalogie de la maison de Salignac-Fénelon, Paris, Imprimerie de Hauquelin et Bautruche, (lire en ligne), p. 31-38.
- ↑ P.-Louis Lainé, Généalogie de la maison de Salignac-Fénelon, Paris, Imprimerie de Hauquelin et Bautruche, (lire en ligne), p. 36-38.
- ↑ P.-Louis Lainé, Généalogie de la maison de Salignac-Fénelon, Paris, Imprimerie de Hauquelin et Bautruche, (lire en ligne), p. 51-55.
- 1 2 « Bertrand de Salignac de La Mothe Fénelon (1523-1599) », sur Catalogue général de la BnF (consulté le ).
- ↑ Gilles Deregnaucourt et Philippe Guignet, « Introduction », dans Fénelon, évêque et pasteur en son temps (1695-1715), Villeneuve-d'Ascq, Centre d'histoire de la région du Nord et de l'Europe du Nord-Ouest, (lire en ligne), p. 5-17.
- ↑ Francis Salet, « Lavergne (Géraud). Fénelon, notice historique et descriptive, 1963 », Bulletin monumental, t. 122, no 1, , p. 122-123 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ P.-Louis Lainé, Généalogie de la maison de Salignac-Fénelon, Paris, Imprimerie de Hauquelin et Bautruche, (lire en ligne), p. 8-10 et 44-60.
- ↑ P.-Louis Lainé, Généalogie de la maison de Salignac-Fénelon, Paris, Imprimerie de Hauquelin et Bautruche, (lire en ligne), p. 4-5.
- ↑ Thierry Rentet, « Entre âpreté et solidarité : les deux pôles des relations réticulaires », dans Anne de Montmorency : Grand maître de François Ier, Rennes, Presses universitaires de Rennes, (lire en ligne), p. 341-382.
- ↑ P.-Louis Lainé, Généalogie de la maison de Salignac-Fénelon, Paris, Imprimerie de Hauquelin et Bautruche, (lire en ligne), p. 22-23.
- ↑ Alexandre Teulet, « Correspondance diplomatique de Bertrand de Salignac de La Mothe-Fénelon, ambassadeur de France en Angleterre de 1568 à 1575 », Bibliothèque de l'École des chartes, (lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 P.-Louis Lainé, Généalogie de la maison de Salignac-Fénelon, Paris, Imprimerie de Hauquelin et Bautruche, (lire en ligne), p. 114-118.
- ↑ P.-Louis Lainé, Généalogie de la maison de Salignac-Fénelon, Paris, Imprimerie de Hauquelin et Bautruche, (lire en ligne), p. 125-128.
- ↑ « Salignac Fénelon, Jean Baptiste Augustin de (1714-1794) », sur FranceArchives (consulté le ).
- ↑ P.-Louis Lainé, Généalogie de la maison de Salignac-Fénelon, Paris, Imprimerie de Hauquelin et Bautruche, (lire en ligne), titre et p. 51-60.
- ↑ P.-Louis Lainé, Généalogie de la maison de Salignac-Fénelon, Paris, Imprimerie de Hauquelin et Bautruche, (lire en ligne), titre.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Jean-Baptiste-Pierre Jullien de Courcelles, Histoire généalogique et héraldique des pairs de France, des grands dignitaires de la Couronne, des principales familles nobles du royaume et des maisons princières de l'Europe, t. 2, Paris, Chez l'auteur, (lire en ligne).
- P.-Louis Lainé, Généalogie de la maison de Salignac-Fénelon, Paris, Imprimerie de Hauquelin et Bautruche, (lire en ligne).
- Armand Jean, Les évêques et les archevêques de France depuis 1682 jusqu'à 1801, Paris, A. Picard, (lire en ligne).
- François-Alexandre Aubert de La Chesnaye-Desbois, Dictionnaire de la noblesse, t. 18, Paris, (lire en ligne).
- Nicolas Viton de Saint-Allais, Nobiliaire universel de France, t. 7, Paris, Bachelin-Deflorenne, (lire en ligne).
- Gilles Deregnaucourt et Philippe Guignet, « Introduction », dans Fénelon, évêque et pasteur en son temps (1695-1715), Villeneuve-d'Ascq, Centre d'histoire de la région du Nord et de l'Europe du Nord-Ouest, (lire en ligne), p. 5-17.
- Thierry Rentet, « Entre âpreté et solidarité : les deux pôles des relations réticulaires », dans Anne de Montmorency : Grand maître de François Ier, Rennes, Presses universitaires de Rennes, (lire en ligne), p. 341-382.
- Ch. Lafon, « Fénelon et sa famille », Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, t. 78, no 3, , p. 159-196 (lire en ligne, consulté le ).
- Géraud Lavergne, « Archives du château de Fénelon », Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, t. 78, no 3, , p. 214-220 (lire en ligne, consulté le ).
- Francis Salet, « Lavergne (Géraud). Fénelon, notice historique et descriptive, 1963 », Bulletin monumental, t. 122, no 1, , p. 122-123 (lire en ligne, consulté le ).
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- « Château de Salignac », sur POP : la plateforme ouverte du patrimoine, Ministère de la Culture (consulté le ).
- « Château de Fénelon », sur POP : la plateforme ouverte du patrimoine, Ministère de la Culture (consulté le ).