Fateh Kamel
Fateh Kamel est un membre d'une organisation terroriste islamiste (« cellule de Montréal » liée au GIA)[1] qui a préparé des attentats à Paris. En 2001, il est condamné en France à huit ans d'emprisonnement pour usage de faux passeports en lien avec une entreprise terroriste[2].
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Il a été lié au Gang de Roubaix en France et à Ahmed Ressam, membre d'Al-Qaïda[3].
Biographie
modifierFateh Kamel est né en Algérie en 1960 et s'est installé au Canada en 1987. Il mène en apparence une vie rangée, marié à une Québécoise, commerçant-artisan de profession. En réalité, il se spécialise dans les faux papiers et dirige une cellule djihadiste depuis Montréal, qui a joué un rôle dans la vague d'attentats en France à la fin des années 90.
Il a d'abord combattu en Bosnie, dans le bataillon des Moudjahidin de Zenica, groupe composé de volontaires musulmans étrangers et intégrés à l'armée bosniaque pendant la guerre contre les Serbes, où il rencontre Christophe Caze, fondateur du Gang de Roubaix. C'est lors du démantèlement de ce gang que la justice française fait le lien avec Fateh Kamel[4],[5].
«À l'intérieur du réseau extrémiste islamiste international, Kamel était associé de près au recrutement de volontaires», selon le Service canadien du renseignement de sécurité[6]. Il est considéré comme un responsable du soutien logistique au GIA, ayant glissé en 1997/1998 vers la mouvance Ben Laden[7].
Il a combattu aussi "sans doute en Afghanistan", selon le juge antiterroriste Marc Trévidic[8]. Il est interpellé en mai 1999 en Jordanie, en exécution d'un mandat d'arrêt international de la France.
Il a été jugé par le tribunal de grande instance de Paris et déclaré coupable, notamment de complicité dans la falsification de trois passeports qu'il avait apportés du Canada. Le tribunal a décrit Fateh Kamel comme «le principal animateur des réseaux internationaux déterminé à préparer des attentats et à procurer des armes et des passeports à des terroristes agissant partout dans le monde». Il est condamné à huit ans d'emprisonnement.
"Ce dossier casse-tête est l'un des plus emblématiques de ce qu'est la lutte judiciaire contre le terrorisme. Identifier un ennemi aux multiples visages, masqués derrière d'innombrables identités et liés à une multitude de réseaux éparpillés sur les cinq continents" écrit à son sujet le juge antiterroriste Marc Trévidic[9].
Il est libéré après avoir purgé la moitié de sa peine[10], et rentre au Canada avec un passeport provisoire en 2005. Il demande aux autorités canadiennes un nouveau passeport, qui lui est refusé pour des raisons de sécurité nationale.
Notes et références
modifier- ↑ Xavier Raufer, Atlas de l'islam radical, CNRS Éditions, , p. 51
- ↑ (en) « Canada.Com / Homepage / Canada.Com », sur ocanada (consulté le ).
- ↑ Gilbert Thiel, Solitude et servitudes judiciaires, Fayard, , p. 397
- ↑ Marc Pivois, « Le tribunal remonte la piste milanaise du réseau islamiste », Libération, (lire en ligne)
- ↑ Marc Trévidic, Au coeur de l'antiterrorisme, Paris, JC Lattès, (ISBN 978-2-7096-3569-1), p. 102
- ↑ André Noël, « Pas de passeport pour Fateh Kamel », La Presse, (lire en ligne)
- ↑ Stéphane Albouy, Geoffroy Tomasovitch et Nelly Terrier, « Comment ils ont basculé dans le terrorisme », Le Parisien, (lire en ligne)
- ↑ Marc Trévidic, Au coeur de l'antiterrorisme, Paris, JC Lattes, (ISBN 978-2-7096-3569-1), p. 101
- ↑ Marc Trévidic, Au coeur de l'antiterrorisme, Paris, JC Lattes, (ISBN 978-2-7096-3569-1), p. 102
- ↑ André Noël, « Pas de passeport pour Fateh Kamel », La Presse, (lire en ligne)
