Felis silvestris silvestris
Chat sylvestre (Stricto sensu), Chat forestier d’Europe
Statut CITES
Répartition géographique
- Felis catus ferus Erxleben, 1777 [1] (Protonyme)
- Catus ferox (Martorelli, 1896) [1]
- Felis catus morea Trouessart, 1904 [1]
- Felis tartessia G. S. Miller, 1907 [1]
- Felis silvestris tartessia G. S. Miller, 1912 [1]
- Felis silvestris grampia G. S. Miller, 1912 [1]
- Felis molisana Altobello, 1921 [1]
- Felis silvestris euxina Pocock, 1943 [1]
Felis silvestris silvestris, le Chat sylvestre au sens strict, mais plus communément désigné sous le nom de Chat forestier d’Europe, est une sous-espèce de chat sauvage de l’espèce Felis silvestris, une espèce de mammifères carnivores de la famille des félins, du genre Felis, vivant en Europe.
Taxonomie
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La première mention figurée de la sous-espèce nominale du Chat forestier remonte à 1775 avec la planche CVII. A publiée par Johann Christian Daniel von Schreber sous le nom de Felis catus ferus[2]. La diagnose textuelle correspondante paraît deux ans plus tard, en 1777, sous le protonyme Felis (Catus) silvestris[3].
Par le passé, l’espèce Felis silvestris, désignée sous le nom de « Chat sauvage » englobait un grand nombre de sous-espèces disséminées sur tout l’Ancien monde. Felis silvestris silvestris, la sous-espèce nominale, était le représentant européen de cette espèce[4], désignée sous le nom de « Chat forestier » ou encore « Chat sauvage d’Europe ». Sur l’aire de répartition de la sous-espèce actuelle, trois sous-espèces étaient recensées selon Mammal Species of the World (version 3, 2005) ()[5] :
- Felis silvestris silvestris Schreber, 1777 - Chat sauvage d'Europe
- Felis silvestris grampia Miller, 1907 - Chat sauvage d'Écosse
- Felis silvestris cretensis Haltenorth, 1953 - Chat sauvage de Crète
En 2017, à la suite d’une reclassification de l’ensemble des espèces de félins par la Cat Specialist Group, le chat sauvage d’Europe à pris le statut d’espèce du nom de Felis silvestris[4], le nom Felis silvestris silvestris est alors devenu le nom de la sous-espèce nominale de cette espèce[4].
Dans cette nouvelle classification, F. s. silvestris désigne les chats forestiers vivant dans la grande partie occidentale et septentrionale du continent européen, en opposition à la sous-espèce F. s. caucasica vivant dans le Caucase[4],[note 1].
Description
modifierLe chat forestier d'Europe est un félin de taille moyenne ressemblant à un European shorthair, mais il s'en distingue généralement par une stature légèrement plus grande, des membres plus longs et une constitution plus robuste[6]. L'espèce présente un dimorphisme sexuel notable, les femelles se montrant plus petites que les mâles[6]. Chez le mâle, la longueur tête-corps est comprise entre 43 et 91 cm pour un poids oscillant entre 3,5 et 7,3 kg, tandis qu'elle atteint 40 à 77 cm chez la femelle pour une masse de 2,3 à 4,7 kg[6]. La queue mesure de 23 à 40 cm et la hauteur au garrot varie de 26 à 40 cm[6]. Sur le plan anatomique, le crâne mesure en moyenne 9,4 cm de long pour 7,1 cm de large chez le mâle, contre 9 cm de long et 6,5 cm de large chez la femelle[6]. Sa dentition comprend 30 dents et la formule caryotypique est constituée de 38 chromosomes[6].
Sa tête large porte des oreilles bien écartées munies d'un pinceau apical très court et sombre, blanchâtres à blanc jaunâtre à l'intérieur et brun rougeâtre sur leur face externe[6]. La truffe est rose, le menton blanc est bien individualisé et certains spécimens montrent également une tache blanche sur la gorge[6]. Le sommet de la calotte crânienne et le front sont rayés de quatre bandes noires ou brunâtres particulièrement visibles[6]. Le pelage d'hiver, épais et fourni, présente un fond brun grisâtre à chamois jaunâtre marqué de rayures noires nettes sur la tête, l'encolure et les membres, accompagnées d'une ligne vertébrale sombre continue le long du dos[6]. Le ventre est gris pâle avec de légères nuances ocres[6]. La queue touffue se termine par une pointe arrondie ornée de plusieurs anneaux noirs et d'un manchon terminal sombre[6]. Aucun individu mélanique sauvage n'a été répertorié, les spécimens arborant des patrons pie, roux ou noirs étant tous issus de phénomènes d'introgression génétique avec des chats domestiques[6]. Par rapport à la sous-espèce F. s. caucasia, le F. s. silvestris a la couleur du pelage plus foncée, avec des motifs plus marqués sur les flancs et la queue[6]. Une variation au climat affecte par ailleurs les populations européennes d'ouest en est : les rayures latérales, très contrastées chez les populations occidentales, s'atténuent progressivement chez les individus vivant plus à l'est[6].
Écologie et comportement
modifierRépartition et habitat
modifierLa sous-espèce est répartie sur une grande partie de l’Europe occidentale, incluant également l’Écosse (où les animaux ont été décrits sous le taxon synonyme grampia), la Sicile et la Crète[4],[6]. L'aire indigène englobe l'Albanie, l'Andorre, l'Autriche, la Biélorussie, la Belgique, la Bosnie-Herzégovine, la Bulgarie, la Croatie, la France, l'Allemagne, la Grèce, la Hongrie, l'Italie, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, la Macédoine du Nord, la Moldavie, le Monténégro, la Pologne, le Portugal, la Roumanie, la Russie, la Serbie, la Slovaquie, la Slovénie, l'Espagne, la Suisse, l'Ukraine et le Royaume-Uni[6]. L'animal est en revanche considéré comme éteint aux Pays-Bas et potentiellement disparu en République tchèque[6]. Ce félin montre une affinité marquée pour le couvert boisé et abonde dans les massifs feuillus ou mixtes, jusqu'à 2 250 m d'altitude dans les Pyrénées[6]. Il s'installe également en milieu steppique, dans les prairies, les maquis méditerranéens, les ripisylves, ainsi qu'aux franges des zones humides, des marais côtiers et des lagunes, mais délaisse d'une façon générale les espaces agricoles voués aux cultures intensives[6].
Activité et alimentation
modifierLe chat forestier d’Europe est une sous-espèce strictement solitaire et territoriale dont les domaines vitaux couvrent de 1 à 8,7 km²[6]. Le domaine d'un individu mâle est plus étendu que celui des femelles et recouvre le territoire de trois à cinq d'entre elles[6]. La communication olfactive repose sur des aspersions d'urine réalisées par les deux sexes ainsi que sur des fèces délibérément laissées à découvert[6]. Bien que les émissions sonores existent tout au long de l'année, elles connaissent une forte augmentation durant la période d'accouplement[6]. D'activité principalement nocturne, il s'active également en journée lorsqu'il vit dans des secteurs dépourvus de dérangement humain, avec des pics crépusculaires et matinaux[6]. Quoiqu'il grimpe très facilement, il chasse essentiellement au niveau du sol, progressant par approche furtive avant d'assaillir rapidement sa cible[6]. Son régime repose avant tout sur les rongeurs, tels que les campagnols, les rats et les souris, complétés par les lapins de garenne[6]. De manière opportuniste, il peut s'attaquer aux oiseaux, aux lézards, aux grenouilles, aux lièvres, aux invertébrés, aux volailles, aux charognes et à de petits carnivores comme les belettes, les putois et les martres[6].
Reproduction
modifierLa période de reproduction s'étale de janvier à mars, induisant un pic des naissances situé en avril et mai[6]. Après une gestation durant entre 64 et 71 jours, les portées comptent 2 à 4 chatons[6]. Le sevrage intervient vers le quatrième mois, tandis que la dispersion et l'émancipation des jeunes s'effectuent entre l'âge de 5 et 10 mois[6]. La maturité physiologique s'établit entre 7 et 11 mois chez les mâles et dès 9 à 10 mois chez les femelles, pour une longévité maximale observée atteignant 18 ans en parc zoologique[6].
Menaces et statut de conservation
modifierStrictement protégé au plan européen, le taxon est placé sous le statut de « préoccupation mineure » (LC) par l'UICN et répertorié à l'Annexe II de la CITES[6]. Ses effectifs demeurent néanmoins fragmentés et soumis à une régression générale[6]. La menace principale est l'hybridation introgressive avec le chat domestique, un processus ayant conduit à la raréfaction des spécimens de souche pure sur une part importante de son aire de répartition[6]. Ce problème est aigu en Écosse où près de 88 % des effectifs sont des hybrides ou des chats harets, mais il s'observe également en Hongrie avec 30 % d'hybridation, en Italie avec 8 %, ainsi qu'en Belgique, en Allemagne, au Portugal et en Suisse[6]. Seules les populations d'Europe de l'Est semblent conserver un statut génétique globalement indemne et intègre[6].
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Du point de vue des territoires européen francophone, ce glissement taxinomique n’apporte aucun changement particulier, puisque cette sous-espèce était déjà désignée sous le même nom par le passé. Il convient juste de prêter attention à la provenance des informations sur les individus étiquetées Felis silvestris silvestris en provenance des pays du Caucase.
Références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
- ↑ Schreber 1775, p. pl. CVII. A
- ↑ Schreber 1777, p. 397
- 1 2 3 4 5 (en) Kitchener, A. C., « A revised taxonomy of the Felidae: The final report of the Cat Classification Task Force of the IUCN Cat Specialist Group », Cat News, no Special Issue 11, , p. 16–17 (lire en ligne)
- ↑ Mammal Species of the World (version 3, 2005), consulté le .
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 José R. Castello (trad. Anne Saint-Girons), Félins et Hyènes du monde, Paris, Delachaux et Niestlé, coll. « Mammifères », (ISBN 978-2603028636), p. 176-179
Bibliographie
modifierDocuments originaux
modifier- (la) Johann Christian Daniel von Schreber, Die Säugthiere in Abbildungen nach der Natur, mit Beschreibungen, vol. Supplément (Planches), Erlangen, Expedition des Schreber'schen Säugthier- und des Esper'schen Schmetterlingswerkes, (DOI 10.5962/bhl.title.67399, lire en ligne), pl. CVII. A
- (de) Johann Christian Daniel von Schreber, Die Säugthiere in Abbildungen nach der Natur, mit Beschreibungen, vol. 3, Erlangen, Wolfgang Walther, (OCLC 16860541, DOI 10.5962/bhl.title.67399, lire en ligne), « Die Kaze. Felis Catus », p. 397–402
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- (en) Catalogue of Life : Felis silvestris silvestris Schreber, 1777 (consulté le )
- (en) BioLib : Felis silvestris silvestris Schreber, 1777
- (fr + en) ITIS : Felis silvestris silvestris Schreber, 1777
- (en) NCBI : Felis silvestris silvestris Schreber, 1777 (taxons inclus)
Autres liens
modifier- « Chat forestier (Felis silvestris silvestris) », sur Portail technique de l'Office français de la biodiversité