Feng Yuan (chinois simplifié : 冯媛 ; pinyin : Féng Yuàn), née en 1962, est une militante chinoise des droits de l'homme et particulièrement des droits des femmes.

Feng Yuan
Biographie
Naissance
Nom dans la langue maternelle
冯媛 (Féng Yuàn)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Le Quotidien du peuple (-)
China Women's News (en) (-)
Université de Shantou (en)
Made in China Journal (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinction
100 Women ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Elle est particulièrement connue pour son soutien aux femmes victimes de violence domestique, et elle est qualifiée de « pionnière des questions de genre » en Chine. Elle préside le Réseau de lutte contre les violences domestiques et elle est la cofondatrice de l'association Equality. Elle figure en 2024 parmi les 100 femmes de la BBC, distinguées pour leur rôle éminent et leur influence dans le monde[1],[2].

Biographie

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Feng Yuan naît en 1962 dans le comté de Yilong, au Sichuan. Elle épouse en 1987 Wang Ruoshi, philosophe et rédacteur en chef adjoint du journal le Quotidien du Peuple ; leur couple dure jusqu’à la mort de ce dernier en 2002, des suites d'un cancer du poumon[3],[4].

Elle obtient en 1983 une licence en journalisme à l'université Fudan de Shanghai. Elle poursuit ses études supérieures et décroche en 1986 un master à l'Académie chinoise des sciences sociales de Pékin[3],[5].

Après ses études, Feng Yuan travaille principalement comme journaliste de 1986 à 2006, spécialisée sur les questions féminines. Elle collabore au Quotidien du Peuple jusqu'en 1991, date à laquelle elle quitte le journal à la suite de désaccords concernant sa couverture des manifestations et du massacre de la place Tiananmen en 1989 et de leurs suites ; Feng travaille ensuite pour China Women's News[2],[4],[6].

Feng Yuan est en 1985 déléguée à la Conférence mondiale des Nations Unies sur les femmes, qui se tient à Pékin. Après cette conférence internationale, elle travaille pour diverses organisations non gouvernementales chinoises œuvrant pour la promotion des droits des femmes. Les organisations dont elle s'occupe sont notamment le Réseau de surveillance des médias pour les femmes (depuis 1996), le Réseau Genre et Développement en Chine (depuis 2000), le Centre d'études féminines de l'Université de Shantou (depuis 2009) et le Réseau des femmes pour la lutte contre le VIH/SIDA (depuis 2009)[7],[8]. Elle est chercheuse invitée à l'Université de Lund en Suède (1998), ainsi qu'à l'Université Harvard aux États-Unis (2001-2002) et à l'Université de Hong Kong (2019-2020)[5],[6].

Elle est membre fondatrice du Réseau de lutte contre les violences domestiques et en devient la présidente de 2000 à 2014. Elle cofonde l'association Equality (为平 ; Wéipíng) en 2014, une organisation non gouvernementale qui œuvre pour la promotion des droits des femmes et l'égalité des sexes. Cette association soutient également les victimes de violences conjugales et gère la première ligne d'écoute téléphonique bilingue chinois - anglais de Chine. L'association Equality est financée par le Fonds de développement des Nations Unies pour la femme. À la suite de l'essor du mouvement #MeToo en Chine, Feng Yuan dispense des formations aux employeurs sur la prévention du harcèlement sexuel au travail[2],[7],[8].

Le gouvernement chinois annonce en 2022 son intention de réformer sa législation sur les droits des femmes, notamment en redéfinissant le harcèlement sexuel et en interdisant la discrimination au travail ainsi que les violences psychologiques. Feng Yuan salue cette initiative, car elle y voit un moyen d’imposer une « responsabilité morale et une pression » aux institutions chinoises. Elle s’inquiète cependant du fait que les propositions ne prévoient pas de sanctions claires en cas de violation de la nouvelle législation, et la qualifie de « geste symbolique [plutôt] que de plan d’action concret » pour lutter contre les violences sexistes[9].

Feng Yuan est distinguée en parmi les 100 femmes de 2024 de la BBC en reconnaissance de son activité militante pour la promotion des droits des femmes[2].

Notes et références

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  1. (en) Mimi Yana, « We Must Identify the State as the Originator of Women's Problems: "The Voice of Feminism" and the Birth of the Young Feminist Action Group » [archive du ], sur Wainao.me (consulté le ).
  2. 1 2 3 4 (en) « BBC 100 Women 2024: Who is on the list this year? » [archive du ], BBC News, (consulté le ).
  3. 1 2 (zh) « 在美华人学者追忆王若水 » [« Les chercheurs chinois aux États-Unis rendent hommage à Wang Ruoshui »] [archive du ], sur VOA, (consulté le )
  4. 1 2 (zh) « 里戈:冯媛追忆王若水:智慧衍生痛苦 智慧之树常绿 » [« Rigo : Feng Yuan se souvient de Wang Ruoshui : La sagesse engendre la souffrance, mais l'arbre de la sagesse demeure toujours vert »] [archive du ], sur Independent Chinese PEN Center, (consulté le ).
  5. 1 2 (en) « Women´s and girl´s rights in China 30 years after the last World Conference on Women in Beijing », Frauen Solidarität, (lire en ligne [archive du ], consulté le ).
  6. 1 2 (en) « Articles by: Feng Yuan » [archive du ], Made in China Journal (consulté le ).
  7. 1 2 (en) « In the words of Yuan Feng: "Different sectors need to work together to fight domestic violence" », UN Women, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  8. 1 2 (en) « Women’s Rights in China – an Interview with Feng Yuan » [archive du ], China Development Brief (consulté le ).
  9. (en) Vivian Wang, « China Moves to Overhaul Protections for Women’s Rights, Sort Of », The New York Times, (lire en ligne [archive du ], consulté le ).
(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Feng Yuan (activist) » (voir la liste des auteurs).

Voir aussi

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