Ferme de Pouy
La ferme de Pouy est une ancienne ferme modèle du domaine impérial de Solférino, fondé par Napoléon III, située sur la commune de Solférino, dans le département français des Landes. Construite entre 1857 et 1859 sous la direction de l'ingénieur Henri Crouzet, elle est l'une des neuf fermes modèles édifiées sur ce domaine expérimental et la seule à avoir conservé son aspect d'origine. Elle est inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du 16 décembre 2010[1].
| Destination initiale | |
|---|---|
| Style | |
| Construction |
1857-59 |
| Patrimonialité |
| Région | |
|---|---|
| Département | |
| Commune |
| Coordonnées |
|---|
Localisation
modifierLa ferme de Pouy est implantée au centre du domaine impérial de Solférino, à proximité immédiate du bourg fondé par Napoléon III[1].
Historique
modifierEn mars 1857, Napoléon III acquiert, sur les fonds de sa liste civile, environ 7 000 hectares de landes marécageuses[n 1] prélevés sur le territoire des communes de Commensacq, Escource, Labouheyre, Lüe, Morcenx, Onesse et Sabres[2]. L'emplacement est choisi de part et d'autre de la ligne de chemin de fer de Bordeaux à Bayonne, récemment mise en service par la Compagnie des chemins de fer du Midi. Ce domaine expérimental répond à la loi du 19 juin 1857 relative à l'assainissement et à la mise en culture des Landes de Gascogne, dont l'objectif est d'imposer de vastes travaux de drainage préalables à l'implantation de pins maritimes (Pinus pinaster), qui formera la forêt des Landes[3].
L'aménagement du domaine, mené de 1857 à 1863, est confié à Henri Crouzet (1818-1880), polytechnicien, ingénieur des Ponts et Chaussées et ingénieur du service hydraulique des Landes, l'un des inspirateurs de la loi de 1857[4], assisté de l'ingénieur agronome Eugène Tisserand, chef de division des établissements agricoles de la couronne[2]. Deux gardes généraux résident sur place, dont Léon Bernardin, qui devient régisseur du domaine jusqu'en 1870[3]. Au-delà de ses visées économiques, le projet impérial poursuit un but politique et social : Napoléon III entend faire de ce domaine un village pionnier destiné à soutenir le progrès social et les vertus de l'industrie, dans l'esprit du positivisme d'Auguste Comte et de Saint-Simon[5]. En 1863, à la suite de la victoire des troupes franco-sardes sur les Autrichiens à la bataille de Solferino (Lombardie) en 1859, l'empereur donne ce nom à son domaine landais, érigé la même année en commune[5].
Quatorze fermes modèles sont initialement prévues. Neuf seulement sont réalisées entre 1857 et 1861 : Bel-Air et Tuyas au nord, Montine et Tuc-Gaillard au sud, Jaugue-Burlade à l'ouest, La Serre à l'est, Pouy au centre, puis Bouhemy et Taston, implantées en 1860 et 1861[3]. La ferme de Pouy est construite entre 1857 et 1859 par Henri Crouzet [1]. Bâtie au centre du domaine, à proximité du bourg, elle abrite le logement du garde général puis du régisseur Bernardin[3].
Après la chute du Second Empire[n 2] , le domaine, confisqué, est administré par l'État jusqu'à sa restitution en 1873 à l'impératrice Eugénie, qui le conserve jusqu'en 1905[3]. La plupart des neuf fermes impériales sont ensuite tombées en ruine ou ont été profondément transformées : celle de Taston a été aménagée en ferme-auberge, celles de La Serre et de Bouhemy sont devenues des pavillons de chasse, celle de Tuyas a disparu, et les autres subsistent au centre d'exploitations agricoles modernes. Seule la ferme de Pouy, la plus proche du bourg, a conservé l'aspect qu'elle avait à sa construction[3]. Elle appartient à une société civile immobilière privée[1].
Architecture
modifierLes neuf fermes du domaine sont tracées et édifiées selon un plan identique[1]. Un chalet isolé à un étage, destiné au logement du chef de culture, fait face à un ensemble de bâtiments d'exploitation réunis à angle droit en forme de fer à cheval, ouverts vers l'est, qui délimitent une cour rectangulaire pourvue d'un puits[3]. Le corps central de ce bâtiment d'exploitation comporte un rez-de-chaussée à usage domestique surmonté d'un étage servant de grenier à fourrages, tandis que le reste de la façade, sans étage, est divisé en écurie, étable et bouverie. Les ailes perpendiculaires sont réservées à la bergerie, à la porcherie et aux remises de matériel et d'outils[2]. À la ferme de Pouy, comme à celle de Jaugue-Burlade, le chalet du chef de culture est orné d'une frise à feuilles d'acanthes, et la partie centrale du corps de ferme présente un fronton et une façade à pans de bois (colombage), particularité que ne partagent pas toutes les fermes du domaine[3].
Exploitation agricole
modifierChaque ferme du domaine dispose d'un potager, de 15 à 49 hectares de terres défrichées et ensemencées en fourrages et céréales, de 500 à 600 hectares de plantations de pins, de deux attelages de bœufs, d'une douzaine de vaches et de 200 à 300 brebis[3]. Plusieurs semblent avoir eu une vocation particulière, l'une étant tournée vers l'élevage ovin, une autre vers les bovins, d'autres encore vers la vigne ou le maïs ; l'une d'elles est spécialisée dans l'essai de cultures étrangères, originaires de Chine, d'Afrique, de Sibérie ou du Pérou, des essais de coton ayant par ailleurs été rapidement abandonnés[3]. L'ensemble des terres labourées, cultivées ou en prés représente alors plus de 350 hectares, au sein d'un espace forestier et marécageux d'environ 6 500 hectares [3].
L'assainissement du domaine est assuré par plus de 200 kilomètres de canaux et fossés de drainage tracés selon les lignes de pente, tandis que la plantation forestière, principalement en pin maritime, est complétée par des essais de feuillus, notamment de chênes et de chênes lièges. Deux pépinières expérimentales, établies dès 1858 à Sabres et à Labouheyre, réunissent plus de 500 000 plants de multiples essences forestières et horticoles[3]. Le domaine comprend également un arboretum rassemblant diverses essences de feuillus et de résineux [2].
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Voir l'histoire des Landes.
- ↑ Voir la bataille de Sedan.
Références
modifier- 1 2 3 4 5 « Inscription de ferme de Pouy », notice no PA40000076, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture. Consulté le 7 juillet 2011.
- 1 2 3 4 Philippine Piel (service Patrimoine bâti du Parc naturel régional des Landes de Gascogne), « L'histoire de Solférino », Tourisme Landes, 15 octobre 2019.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 « Solférino impérial », Landes en vrac (d'après Michèle Tastet, Solférino, domaine impérial, éd. Pyrémonde, 2008 et Roger Sargos, Contribution à l'histoire du boisement des Landes de Gascogne, éd. Delmas, 1949).
- ↑ Jean-Jacques et Bénédicte Fénié, Dictionnaire des Landes, Bordeaux, Éditions Sud Ouest, , 349 p. (ISBN 978-2-87901-958-1), p. 119.
- 1 2 Philippe Cachau, « Le domaine impérial de Solférino (Landes) », philippecachau.fr ; voir aussi Philippe Cachau, article paru dans Le Festin, n° 100, décembre 2016, p. 48-53.
Voir aussi
modifierLiens externes
modifier- Ressource relative à l'architecture :
- Solférino Impérial sur Landes en vrac

