Ferruccio Malvezzi, né le à Romano di Lombardia, est un journaliste et syndicaliste italien.

Ferruccio Malvezzi
Ferruccio Malvezzi en 1919.
Biographie
Naissance
Nom de naissance
Ferruccio Alberto Malvezzi
Nationalité
Activité
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Parti politique

Biographie

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Organisateur syndicaliste révolutionnaire et journaliste

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Né en à Romano di Lombardia, Ferruccio Malvezzi grandit dans un milieu modeste, étudie brièvement au séminaire épiscopal de Orta San Giulio sans obtenir de diplôme, puis travaille successivement à la Compagnie Gazière d’Intra et, à partir de 1906, comme employé puis directeur de gare à la Ferrovia della Valle Seriana[1].

Licencié en 1910 pour tentative d’organisation syndicale du personnel, il s’engage rapidement dans le militantisme révolutionnaire : il devient l’un des animateurs du Fascia Operaio de Bergame et de sa province, collabore à la revue Azione Proletaria et accompagne l'anarchiste Maria Rygier lors de meetings antimilitaristes[1]. Orateur actif, il multiplie les conférences sur les questions sociales, le coût de la vie et les luttes ouvrières.

Entre , il s'installe à Reggio Emilia où il entretient des contacts avec le cercle local « Francisco Ferrer », composé principalement d'anarchistes[1]. À la mi-, il quitta Reggio Emilia pour Parme avant de venir à Savone début après s'être rendu à Sampierdarena. En 1913, il publie à Savone la revue syndicaliste révolutionnaire Battaglie Nuove, organe de l'Unione Sindacale Italiana (USI), dont le but est de s'opposer à la candidature aux élections de l'avocat socialiste réformiste Giuseppe Garibaldi (1869-1918).

De retour à Bergame en , il participe aux manifestations contre la répression d’Ancône, mais affirme aussi vouloir se retirer temporairement de la lutte pour raisons de santé[1]. En , en désaccord avec le syndicat local, il fonde avec quelques camarades le Groupe libertaire Bergamasco et lance la revue Liberta, dans laquelle il défend alors des conceptions libertaires, athées et antiautoritaires en affirmant, dans le seul numéro publié, que « la conception libertaire, en niant Dieu et en ruinant l'autorité, transformera entièrement le régime de la société. »[1]

De l'interventionnisme au premier fascisme

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En , Malvezzi surprend son entourage en participant activement aux manifestations interventionnistes en faveur de l’entrée en guerre de l’Italie[1]. Engagé volontaire dans les Alpins, il est grièvement blessé et sa mort est même annoncée à tort par la presse en [1]. De retour en permission en , il prononce des discours interventionnistes virulents dans lesquels il attaque les modérés et les catholiques. Condamné à quatre mois de prison militaire pour insubordination et calomnie, il termine la guerre avec le grade de sergent[1].

Après l’armistice, Malvezzi reprend une activité professionnelle aux usines Franchi-Gregorini de Dalmine comme chef de bureau. En , il participe à la première occupation ouvrière de l’usine et y rencontre Benito Mussolini, avec qui il entretient ensuite une correspondance[1]. En septembre-, il joue un rôle central dans la seconde occupation aux côtés de Giovanni Battista Pozzi et d’autres[1]. Élu président de la Commission interne des employés, il défend l’idée d’autogestion ouvrière en cas de vente de l’usine à des capitaux étrangers. Après l’échec de l’expérience, il est licencié et, le [1].

En 1921, il se présente sans succès sur la liste des combattants à Bergame, puis s’installe à Milan. En , il rejoint Côme comme secrétaire général des syndicats fascistes[1]. Ses méthodes, jugées trop « rouges », provoquent rapidement des tensions avec les dirigeants locaux. En 1924, il publie l’ouvrage Luci e verità dans lequel il utilise des lettres de Mussolini pour défendre son interprétation des événements de Dalmine, entrant en conflit ouvert avec la frange dirigée par Giacomo Suardo. Après un an de conflit, il est licencié et expulsé du fascio et retourne à Bergame en [1].

Intimidations et mise à l'écart

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Les mois suivants sont marqués par une véritable traque fasciste à son encontre : expédition punitive, intrusion nocturne dans sa maison par des squadristes, menaces répétées, encerclement de son domicile. En effet, une lettre au préfet datée du , et signée par le lieutenant-colonel Paolo Annoni, raconte les évènements :

« Le 2 du mois courant, vers 20 h 30, alors que le nommé Ferruccio Malvezzi, individu subversif, rentrait chez lui, il croisa dans la via Nazario Sauro le fasciste Gazzaniga ; entre les deux hommes s’échangèrent des regards peu amènes. Vers 22 heures, Malvezzi eut à nouveau l’occasion de rencontrer Gazzaniga, alors que ce dernier se trouvait à l’entrée de la trattoria « Riva », située dans la rue précitée. En passant, Malvezzi affirme avoir entendu le susnommé Gazzaniga parler en mal de lui. Il rentra alors chez lui, prit avec lui son frère Roberto et se rendit avec celui-ci à la trattoria mentionnée, où il invita Gazzaniga à sortir pour justifier son attitude. Gazzaniga sortit effectivement de l’établissement, accompagné d’un certain Gelmini Eugenio, âgé de 53 ans, et de la fille de ce dernier, Antonietta, fiancée de Gazzaniga. Entre les frères Malvezzi et les personnes susmentionnées s’engagea un vif échange d’insultes et d’accusations réciproques, qui dégénéra en bagarre à coups de poing, sans toutefois entraîner de conséquences graves. L’intervention de tiers mit fin à l’incident. Les frères Malvezzi se retirèrent alors à leur domicile. Vers 23 heures, alors que les membres de la famille Malvezzi s’apprêtaient à se coucher, ils entendirent dans la rue en contrebas un groupe de personnes qui exigeait que Ferruccio Malvezzi sorte de la maison. Le père ayant répondu que son fils n’était pas là, les individus en question entrèrent dans un magasin voisin en réparation, s’emparèrent d’une table et d’une échelle, et grimpèrent jusqu’à une fenêtre de l’habitation des Malvezzi. Après avoir brisé un carreau et ouvert les volets, cinq d’entre eux pénétrèrent dans la maison et la fouillèrent afin de retrouver les Malvezzi. Les recherches demeurèrent vaines, car les deux frères, avertis de la menace, s’étaient enfuis par la campagne en escaladant une terrasse. Les intrus, sans commettre de violences, ressortirent alors par la même fenêtre. La mère de Malvezzi affirme avoir reconnu parmi les intrus le nommé Gazzaniga et déclara également que celui-ci était armé d’un revolver. Des agents de la Questure locale, alertés par téléphone, se rendirent sur les lieux. La Questure locale procéda à la dénonciation de Gazzaniga. Il n’a toutefois pas été possible, jusqu’à présent, d’identifier ses complices. »[1]

Désespéré, Malvezzi adresse de nombreuses lettres au préfet, à Arnaldo Mussolini et à Roberto Farinacci pour demander protection et justice. Malgré une surveillance policière renforcée, il finit par se réfugier à Milan. Le conflit avec la fédération de Côme se termine par une indemnisation tardive obtenue en 1925-1926[1].

En 1929, il s’installe en Sicile comme inspecteur itinérant du Fonds national de santé des travailleurs commerciaux, puis revient à Milan où il occupe divers postes administratifs dans les organismes fascistes de prévoyance. Dans les années 1930, il vit entre Milan et Brescia, gérant un temps un commerce de fruits exotiques (bananes)[1]. Les autorités continuent de le surveiller discrètement, notant qu’il reste fidèle à ses principes politiques d’origine sans pour autant susciter de critiques de la part des autorités. La dernière mention du dossier le situe encore à Brescia en , toujours considéré comme un individu à surveiller en raison de son passé subversif[1].

Notes et références

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