Filles du Saint-Esprit

congrégation religieuse féminine

Les Filles du Saint-Esprit forment une congrégation religieuse féminine enseignante et hospitalière de droit pontifical.

Filles du Saint-Esprit
Institut de droit pontifical
Approbation pontificale 12 juillet 1960
par Jean XXIII
Institut congrégation religieuse
Type apostolique
But enseignement,
soin des malades
Structure et histoire
Fondation 8 décembre 1706
Plérin
Fondateur Jean Leuduger
Abréviation F.S.E
Autres noms Sœurs blanches
Patron Immaculée Conception
Site web https://www.fillesstesprit.org/
Liste des ordres religieux

Histoire

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Sœurs du Saint-Esprit, Lucien Simon, abri du marin de Sainte-Marine

Le , Marie Balavenne, qui est veuve, et Renée Burel, jeune fille de 22 ans, s’engagent à vivre ensemble dans une maison située au port de Légué dans la commune de Plérin, près de Saint-Brieuc, dans le but d'instruire les filles et de visiter les malades. Elles sont encouragées et soutenues par Jean Leuduger (1649-1722), prêtre dédié aux missions populaires de Bretagne. Elles adoptent un costume semblable à celui des femmes de Plérin mais de couleur blanche, ce qui les fait très vite surnommer « les Sœurs blanches » ou « Filles de la Charité de Plérin ». René-Jean Allenou de Lavillangevin (1685-1753), curé de Plérin, rédige la règle de la communauté qui est approuvée le par Louis-François de Vivet de Montclus, évêque de Saint-Brieuc[1].

En 1789, la congrégation compte 71 membres dans 19 maisons en Bretagne. Leurs biens sont confisqués et les sœurs expulsées de leurs couvents ; certaines sont emprisonnées et l'une d'elles meurt dans les prisons de Nantes. La congrégation se reconstitue en 1800 puis est civilement reconnue par décret impérial du [2]. Félicité de la Villéon est élue supérieure générale en 1814. La congrégation compte alors 58 membres dans 10 établissements[3]. Elle fait réviser la règle et les constitutions, et les fait imprimer pour que chaque sœur en possède un exemplaire. C'est aussi à cette époque que les religieuses adoptent l'usage de porter au cou une colombe en argent, symbole du Saint-Esprit[4].

En 1827, l'abbé Jacques Le Mée (1794-1858), vicaire général du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier, est nommé supérieur de l'institut. Il déplace la maison-mère de Plérin à Saint-Brieuc en faisant construire un couvent dans la rue des capucins où les sœurs déménagent le . Il rédige une nouvelle règle qui est approuvée le par Mathias de La Romagère[5]. Lors des épidémies fréquentes au XIXe siècle, elles sont appelées par les préfets où elles font preuve de très grande disponibilité pour soigner les malades comme lors des épidémies de choléra en 1866 à Concarneau[6]et en 1894 à Guilvinec[7].

En 1901, la loi sur les associations soumet les congrégations religieuses à un régime spécifique, car elles doivent demander une autorisation. Les Filles du Saint-Esprit choisissent la résistance et ne la demandent pas. Leurs écoles libres connaissent une vague de sécularisations en dépit d’une importante mobilisation de la population locale. Dans les congrégations mixtes ou soignantes autorisées, les sœurs peuvent continuer à vivre ensemble et porter l’habit, mais les sœurs enseignantes doivent abandonner soit l’éducation, soit leur costume religieux et la vie commune[8].

Ces expulsions leur donnent l'occasion de fonder des maisons en Belgique (1901), en Angleterre et aux États-Unis (1902), aux Pays-Bas (1904). Elles s'ouvrent aux missions en 1936 avec une fondation en Mandchourie ; elles s'installent ensuite au Cameroun (1954), Chili (1962), Nigeria (1964), au Tchad (1974), au Pérou (1979). L'implantation au Burkina-Faso résulte de la fusion avec les sœurs de Notre-Dame de Briouze (1994). Un institut séculier féminin est fondé en 2003[9]. L'institut reçoit le décret de louange le devenant ainsi de droit pontifical[10].

Deux congrégations ont fusionné avec les Filles du Saint-Esprit dont les sœurs de Briouze[9]qui avaient absorbé 3 instituts par le passé[11].

  • 1994 : Les Sœurs de Notre-Dame de l'Immaculée Conception de Briouze. En 1802, Charlotte Delaunay (1771-1831) et quatre autres jeunes filles décident de se consacrer à l'enseignement du catéchisme et à l'instruction auprès des enfants de la campagne. Elles commencent la vie commune avec l'accord de l'abbé Morel, curé de Saint-Hilaire[12]. L'association, dirigée par Charlotte Delaunay, ajoute ensuite la visite et le soin des malades à domicile. En 1850, Charles-Frédéric Rousselet, évêque de Séez, transforme l'association en congrégation religieuse avec Julie Olivier comme supérieure générale. Le décret impérial du 5 janvier 1853 reconnaît les statuts des sœurs comme congrégation hospitalière et enseignante à supérieure générale. Elles se répandent dans les départements de l'Orne, de la Mayenne et de la Sarthe où elles dirigent deux cents écoles, situées de préférence dans les campagnes. Dans la plupart de leurs établissements, une sœur est affectée à la visite des malades. Elles ont aussi quelques hospices et hôpitaux. L'expulsion des congrégations oblige les religieuses à se séculariser ou à s'exiler en Angleterre[13]. Elles fusionnent avec les Filles du Saint-Esprit en 1994[9].
    • 1957 : Les Sœurs de Notre-Dame de Chartres fondées le 23 avril 1854 à Berchères-les-Pierres (Berchères-l'évêque à l'époque) par Louis Eugène Regnault, évêque de Chartres[14], pour l'enseignement des filles de la campagne et le soin des malades à domicile. La maison-mère est transférée à Chartres en 1858[15]. Elles fusionnent avec Notre-Dame de Briouze le 18 mars 1957[11].
    • 1964 : Les Sœurs du Saint Cœur de Marie de Chartres. En 1831, Pierre-Alexandre Lecomte (1796-1850) chanoine de la cathédrale Notre-Dame de Chartres[16], fonde un ouvroir dans la capitale de la Beauce. Il nomme Cécile Lefebvre comme institutrice à côté des maîtresses d'ouvrage. La maison est placée sous le vocable du Saint Cœur de Marie mais elle est appelée communément maison bleue. Des jeunes filles accueillies se forment ensuite en congrégation religieuse avec Cécile Lefebvre comme première supérieure. Les sœurs fondent des succursales à Flers, Mortagne-au-Perche et Rémalard[17]. Elles sont absorbées par Notre-Dame de Briouze le 7 octobre 1964[11].
    • 1965 : Les Sœurs du Saint Nom de Jésus fondées en 1865 à Paris par Francine Lefebvre-Duruflé, fille du manufacturier et homme politique Noël Lefebvre-Duruflé[18], dans le but d'aider les jeunes filles de la classe pauvre et ouvrière venues travailler dans les ateliers de la capitale, en leur offrant un abri ainsi qu'une instruction et une formation dans les professions qu'elles veulent exercer. C'est à Paris, quartier du Petit-Montrouge, rue de la Voie Verte, que commence l'œuvre dans une maison que l'abbé de Geslin, curé de Saint-Médard, met à la disposition de la fondatrice et de ses cinq premières compagnes. Deux mois après, le 2 juin 1865, elle loue une maison plus appropriée dans l'avenue de Châtillon. C'est là que la jeune congrégation se place sous le vocable du Saint-Nom de Jésus et que Francine prend le nom de Mère Marie-Françoise. Les sœurs doivent se livrer au travail manuel pour nourrir les jeunes filles et les former, en rendant l'œuvre la plus gratuite possible. Le 4 mai 1866, elle achète un vaste terrain à l'extrémité de la rue de Vanves, dans le quartier de Plaisance, pour bâtir la maison-mère de la congrégation et où les sœurs s'établissent définitivement le 29 juin 1867. Mère Marie-Françoise rédige les constitutions, qui sont approuvées par le cardinal Guibert en 1874[19]. Elles fusionnent avec les sœurs de Notre-Dame de Briouze le 18 juin 1965[11].
  • 2003 : Les Sœurs hospitalières du Saint-Esprit de Poligny. Un établissement d'hospitalières du Saint-Esprit est fondé à Poligny en 1250. La maison reçoit les pèlerins qu'elle héberge et nourrit gratuitement, possède un hospice d'enfants trouvés et un hôpital pour les lépreux. Elle est alors gouvernée par un prêtre hospitalier du Saint-Esprit[20]. En 1792, les sœurs, chassées de leur maison, continuent à travailler à l'hospice civil. Les 3 survivantes reprennent la vie religieuse en 1807[21]pour s'occuper uniquement de l'œuvre des enfants trouvés[22], mais le tour d'abandon est supprimé par l'État en 1863 pour être remplacé par des bureaux d'admission[23]. L'État interdit aux religieuses de recevoir des enfants, et vend tous les bâtiments des hospitalières. Elles s'orientent alors vers l'enseignement ainsi que le soin des malades à domicile et dans les hôpitaux[20]. En 1851, Jean-Pierre Mabile, évêque de Saint-Claude choisit la congrégation pour communauté diocésaine et de nouvelles constitutions sont approuvées en 1864. De 1905 à 1914, les sœurs enseignantes adoptent le costume civil ou s'établissent en Belgique. À Poligny, elles ont un pensionnat de jeunes filles et une école technique de 1950 à 1971[21]. Elles fusionnent avec les Filles du Saint-Esprit en 2003[9].

Activités et diffusion

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Les Filles du Saint-Esprit se vouent à l'enseignement et au soin des malades.

Elles sont présentes en[24]:

La maison-mère est à Rennes.

En 2017, la congrégation comptait 912 sœurs dans 132 maisons[25].

Notes et références

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  1. du Bois de La Villerabel 1924, p. 230-244.
  2. Anonyme 1912, p. 7-8.
  3. Lemercier 1888, p. 122.
  4. Anonyme 1912, p. 9.
  5. Hippolyte Hélyot, Dictionnaire des ordres religieux : ou histoire des ordres monastiques, religieux et militaires, t. IV, Petit-Montrouge, Ateliers Catholiques, (lire en ligne), p. 1558-1563
  6. Louis-Pierre Le Maître, Les sillons de Beuzec au pays de Concarneau, Le Maître, , 324 p., p. 132
  7. Roland Chatain, La pêche bigoudène : Histoire et évolution, Plomeur, R. Chatain, coll. « Mémoire », , 160 p., p. 103
  8. Anne Jusseaume, « « Sécus » et sœurs blanches, les Filles du Saint-Esprit et leurs habits dans les établissements scolaires bretons de la première moitié du XXe siècle », dans L’Église dans l’enseignement secondaire, Presses universitaires de Rennes, , 119–132 p. (ISBN 978-2-7535-8320-7, lire en ligne)
  9. 1 2 3 4 Paisant 2014, p. 351-352.
  10. (it) Guerrino Pelliccia et Giancarlo Rocca, Dizionario degli Istituti di Perfezione, vol. IV, Milan, Edizione Paoline, 1974-2003, p. 15-16
  11. 1 2 3 4 Molette 1974, p. 252-253.
  12. « Saint-Hilaire-de-Briouze », bulletin de la Société historique et archéologique de l'Orne, vol. XII, , p. 233-235 (lire en ligne, consulté le )
  13. Anonyme 1919, p. 2-8.
  14. « Mgr Regnault, évêque de Chartres », Annales catholiques, , p. 582 (lire en ligne, consulté le )
  15. Alfred Marchand, Moines et nonnes, t. I, Paris, Fischbacher, (lire en ligne), p. 369-370
  16. Goussard 1894, p. 10.
  17. Goussard 1894, p. 47-49.
  18. Claude Langlois, Le Catholicisme au féminin : Les congrégations françaises à supérieure générale au XIXe siècle, Cerf, (ISBN 9782204022156), p. 277-278
  19. « Vie de la Révérende Mère Marie Françoise », Polybiblion : revue bibliographique universelle, vol. 73, , p. 410-411 (lire en ligne, consulté le )
  20. 1 2 Joseph Martin Maillaguet, Le miroir des ordres et instituts religieux de France, t. I de A-F, Avignon, Chaillot, (lire en ligne), p. 317-319
  21. 1 2 Durand-Dol 2001, p. 130.
  22. Pierre Mabile, Monseigneur Mabile, évêque de Versailles : d'après son livre-journal et ses œuvres pastorales, , 439 p. (lire en ligne), p. 313-316
  23. Pierre-Brice Lebrun, Guide pratique du droit de la famille et de l'enfant en action sociale et médico-sociale, Dunod, , 384 p. (ISBN 9782100558995), p. 123
  24. « Où nous sommes » (consulté le )
  25. (it) Annuaire pontifical, Vatican, Librairie éditrice vaticane, , 2329 p. (ISBN 978-88-209-9975-9 et 88-209-9975-7), p. 1648

Bibliographie

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  • Anonyme, Constitutions et règles de la congrégation des Filles du Saint-Esprit, Saint-Brieuc, L. Prud'homme, , 179 p. (lire en ligne)
  • Anonyme, Constitutions et règles de la congrégation des Filles du Saint-Esprit, Saint-Brieuc, L. Prud'homme, , 179 p. (lire en ligne)
  • Charles Lemercier, Notice sur la congrégation des Filles du Saint-Esprit : 1706-1850, Saint-Brieuc, L. & R. Prudhomme, , 180 p. (lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Anonyme, Congrégation des filles du Saint-Esprit : état actuel de la colonie des États-Unis d'Amérique, Hartford, , 125 p. (lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • André du Bois de La Villerabel, Dom Jean Leuduger : fondateur de la congrégation des Filles du Saint-Esprit, Saint-Brieuc, René Prud'homme, , 484 p. (lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Anonyme, La Révérende Mère Saint-Georges : douzième supérieure générale de la Congrégation des Filles du Saint-Esprit, Saint-Brieuc, René Prud'homme, , 282 p. (lire en ligne)
  • Marguerite Félicié (Sœur), Un missionnaire Breton : Dom Jean Leuduger, Worcester, Caron Press, , 125 p.
  • Anonyme, Les Filles du Saint-Esprit. Sœurs Blanches de Bretagne, Lescuyer & fils, , 72 p.
  • Anonyme, Les Filles du Saint-Esprit : Souvenance, Châteaulin, Jos Le Doaré, , 47 p. (lire en ligne)
  • Simone Houeix, « Saint-Esprit de Plérin », dans Daniel-Odon Hurel (dir.), Guide pour l'histoire des ordres et des congrégations religieuses France XVIe au XXe siècle, vol. 111, Brepols, coll. « Bibliothèque de l'École des Hautes Études, Sciences Religieuses », (ISBN 9782503561059), p. 264-265
  • Françoise Durand-Dol, « Sœurs hospitalières du Saint-Esprit », dans Daniel-Odon Hurel (dir.), Guide pour l'histoire des ordres et des congrégations religieuses France XVIe au XXe siècle, vol. 111, Brepols, coll. « Bibliothèque de l'École des Hautes Études, Sciences Religieuses », (ISBN 9782503561059), p. 129-131. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Chantal Paisant, De l'exil aux tranchées : 1901/1914-1918 : Le témoignage des sœurs, Karthala, coll. « mémoire d'Églises », , 374 p. (ISBN 978-2-8111-1213-4). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Anonyme, Constitutions et règles des sœurs de l'Immaculée-Conception de Briouze, Séez, Montauzé, , 92 p. (lire en ligne)
  • Anonyme, Constitutions et règles des sœurs de l'Immaculée-Conception de Briouze (suivi du cérémonial des sœurs), Soligny-la-Trappe, Imprimerie de la Trappe, , 186 p. (lire en ligne)
  • Victor-Jean Gourdel, Notre-Dame de Briouze : Étude historique sur l'institut des sœurs de l'Immaculée Conception, Imprimerie Montligeon, , 217 p.
  • Anonyme, Notice sur la congrégation des Sœurs de Notre-Dame de l'Immaculée-Conception de Briouze (Orne), Flers, Imprimerie catholique, , 10 p. (lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • André-Florentin Goussard, Un archiprêtre de Notre-Dame de Chartres, M. Pierre-Alexandre Lecomte, Chartres, Garnier, , 268 p. (lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Anonyme, Vie de la Révérende Mère Marie Françoise : fondatrice de la congrégation des religieuses du Saint Nom de Jésus, V. Lecoffre, , 488 p.
  • Anonyme, L'ordre hospitalier du Saint-Esprit et les Religieuses du St-Esprit de Poligny, , 11 p.
  • Charles Molette, Guide des sources de l'histoire des congrégations féminines françaises de vie active, Éd. de Paris, , 477 p. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Articles connexes

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