Fin du monde antique

La fin de l'Antiquité, et la transition vers le Moyen Âge (début du Haut Moyen Âge), en Europe et Méditerranée occidentales, est habituellement corrélée avec le déclin de l'Empire romain d'Occident (300-500), et sa chute et disparition en tant qu'entité politique.

Il s'agit d'une période majeure de l’histoire de l'Europe et du bassin méditerranéen, particulièrement du bassin occidental méditerranéen.

Chronologie : transition Antiquité / Moyen Âge

modifier

Néanmoins, le terme précis (date limite), ou l’évènement majeur pour le définir, ont fait l’objet de débats : plusieurs dates, liées à des évènements distincts, ont été présentées.

Les évènements considérés se situent dans l'Antiquité tardive.

Ve siècle

modifier

Parmi les évènements historiques marquant la fin de l’Antiquité, se trouve donc la période des migrations de peuples au cours du Ve siècle, dans l’Empire romain, notamment en franchissant le ‘’ limes’’, frontière de l'Empire romain[1], après traversée du Rhin ou du Danube.

La déposition du dernier empereur d'Occident en titre, Romulus Augustule, a lieu en 476[2],[3], et marque le point final pour l’Empire romain. Mais les assassinats du général (un des vainqueurs d’Attila) Flavius Aetius en , puis de l’empereur Valentinien III (en ) l’avaient déjà très affaibli.

Les autres dates considérées sont :

L'historien du XIXe siècle Jean-Jacques Ampère regroupe deux faits, et prend 406 comme dernière date : « Je renvoie aussi à l’histoire de la Rome moderne ce qui se rapporte à l’invasion des barbares ; l’invasion des barbares, comme l’établissement du christianisme, en terminant l’histoire ancienne, commence l’histoire moderne »[4].

IVe siècle

modifier

D'autres dates ont été proposées, par divers ouvrages. Les plus anciennes ont en commun d'être, comme 476, la date d'un événement politique ou militaire ayant eu un impact majeur sur l'Empire romain d'Occident :

L'historien Pierre Grimal retient comme rupture le tournant culturel : « On peut admettre qu’avec la victoire (de Constantin) au pont Milvius et l’édit de Milan (313) cesse pour nous la civilisation romaine. L’Empire subsiste matériellement, mais Constantin crée une seconde capitale Constantinople (330), installée au centre de l’Orient où s’est formée et rayonne la pensée chrétienne, nourrie de l’hellénisme et du judaïsme. La civilisation romaine n’est pas morte, mais elle donne naissance à autre chose qu’elle-même, appelé à assurer sa survie »[5].

Selon l'historien Syvlain Destephen, dans son livre "542, La fin de l'Antiquité", cette date de 542 serait plus appropriée pour fixer la fin de l'antiquité[6]. Cette date marque une réelle rupture avec l'abolition du consulat romain par Justinien, et la grande épidémie de peste qui faisait suite au "petit âge glaciaire de l'antiquité tardive" [7].

Portée de la chute de Rome en Occident

modifier
Miniature du XVe siècle représentant le sac de Rome.

Si l'on considère l'Histoire comme une évolution permanente, saccadée mais avec ses continuités, aucun de ces évènements n'est complètement déterminant. Certains parurent à leurs contemporains dépourvus d'un caractère exceptionnel ou significatif :

  • ainsi la division de l'Empire romain de 395 faisait suite à une réunification de quelques mois et qui faisait suite aux précédents partages de 284, 337 et 364 ;
  • la déposition de Romulus Augustule en 476 laissa seulement vacant le trône impérial, comme celles de Avitus en 456 ou de Libius Severus en 465, qui n'eut pas de successeur pendant 2 ans. Officiellement, l'empereur d'Orient redevenait l'unique empereur romain ;
  • en revanche le sac de Rome de 410, réalisation d'un acte impensable, choqua profondément les esprits (voir les commentaires de Jérôme de Stridon, puis d'Augustin d'Hippone).

Maurice Griffe dans son tableau synoptique de l'Italie (frise chronologique) marque à 455 la fin effective de l'Empire romain à Ravenne, les dépositaires du pouvoir ensuite (les Derniers empereurs) n'étant plus que fantoches : Pétrone Maxime, Avitus, Majorien, Libus Sévère, Anthémius, Olybrius, Glycère, Népos, et le fameux Romulus Augustule.

Ultérieurement, en 800, le couronnement de Charlemagne comme empereur fut pour les élites occidentales la renaissance de l'Empire, et pour les Byzantins une usurpation (voir chronologie du haut Moyen Âge).

Notes et références

modifier
  1. « limes », sur Le Robert en ligne
  2. Le Petit Larousse Illustré
  3. 1 2 3 4 Michel Mourre, Dictionnaire historique, Larousse,
  4. Jean-Jacques Ampère, Introduction à L’histoire romaine à Rome,
  5. Pierre Grimal, La civilisation romaine, Flammarion, Paris, 1981, réédité en 1998, (ISBN 2080811010), p. 63
  6. « Fin de l’Antiquité, 476 ou 542 ? (La) | EHNE », sur ehne.fr (consulté le )
  7. « 542, chroniques d’une fin annoncée ? - Nonfiction.fr le portail des livres et des idées », sur www.nonfiction.fr (consulté le )

Voir aussi

modifier