Fiodor Kouzmitch
Fiodor Kouzmitch (russe : Фёдор Кузьмич), décédé le (20 janvier selon le calendrier julien) à Tomsk, est un starets orthodoxe russe canonisé comme saint par l'Église orthodoxe en 1984[1].
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Biographie
modifierL'existence de Fiodor Kouzmitch est signalée à partir de 1836. On rapporte qu'il vit dans un grand dénuement, mais acquiert une grande réputation de starets en menant une vie de prière rigoureuse, en enseignant les Écritures saintes et en prodiguant ses conseils. Il ne donne aucun détail sur ses origines et son passé à ses visiteurs, mais fait preuve d'une grande érudition. Pour cette raison, les paysans lui demandent d'apprendre à lire et à écrire à leurs enfants, ce qu'il fait volontiers, faisant don de tout ce qui lui est donné aux pauvres[2]. Il raconte par ailleurs des détails sur les guerres napoléoniennes qui ne peuvent être connus que de quelqu'un ayant été très haut placé dans les cercles du pouvoir[3].
Plusieurs personnes l'identifient de son vivant comme étant en fait le tsar Alexandre Ier, mort officiellement en 1825. Un marchand du nom de Khromov assure l'avoir reconnu, tout comme un prêtre anciennement en poste à St-Pétersbourg (qui a personnellement vu le tsar quand il était en fonction, à plusieurs reprises)[4], ou encore un Cosaque exilé en Sibérie, ancien soldat de la garde impériale, qui assure avoir été stupéfait de reconnaître l'ancien tsar[2]. Peu à peu, les bruits commencent à se répandre dans toute la province. Kouzmitch, interrogé sur qui il est vraiment, refusera de répondre à la question, et refusera également de donner le nom de ses parents[4].
En 1838, pour mettre un terme à la rumeur du « tsar ressuscité », les autorités impériales arrêtent Kouzmitch et l'assignent à résidence en Sibérie dans les environs de Tomsk[5].
Il meurt en 1864. Au moment de sa mort, plusieurs témoins aperçoivent des lueurs miraculeuses au-dessus du lieu où il se trouve[4].
Khromov écrit plus tard à l'empereur Alexandre III et lui fait parvenir des icônes et un portrait de Fiodor Kouzmitch. Troublé, l'empereur fait procéder à l'ouverture du cercueil d'Alexandre Ier qui se révèle vide. Plus tard, Nicolas II se rendra en Sibérie sur la tombe du moine qui est toujours vénéré aujourd'hui[6].
En , des fouilles ont été effectuées sur le lieu où il s'était retiré et avait vécu. Elles ont révélé la présence de son squelette dans une tombe volontairement recouverte par une décharge à l'époque soviétique. A priori, il n'est pas interdit de penser que ces restes soient ceux du tsar. Toutefois, il reste à effectuer des analyses ADN afin d'indiquer s'il s'agit (ou non) du tsar Alexandre Ier[7]. Sa tombe se trouve au monastère Saint-Alexis de Tomsk ; le monument funéraire est l'œuvre de l'architecte Vikenti Orjechko.
Notes et références
modifier- ↑ (ru) « Святой праведный старец Феодор Томский » (consulté le ).
- 1 2 (ru) РИА Новости, « 'Царь оставил трон ради этого'. Что скрывает шифр старца Федора Кузьмича », sur ria.ru, РИА Новости, (consulté le ).
- ↑ Marcel Brion, « Alexandre Ier est-il bien mort à Taganrog en 1825 ? », Le Monde diplomatique, (lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 3 « Николай Головкин. Загадка Федора Кузьмича », sur pravoslavie.ru (consulté le ).
- ↑ « Fiodor Kouzmitch, la réincarnation d'Alexandre 1er » dans Géo Histoire, août-sept. 2012, p.54
- ↑ Le Figaro Histoire, n°6 de février-mars 2013, p.73.
- ↑ Le Secret du Tsar, 2014. Diffusion sur KTO : 7 décembre 2016 à 13h10.