Bauto[1] ou Baudo, de son nom romain Flavius Bauto[réf. nécessaire], mort en 388, est un général romain d'origine franque, maître de la milice et consul en 385[2],[3].

Contexte historique

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Bauto vit à l'époque du Bas-Empire romain, caractérisé par les réformes de Dioclétien en 285 :

Cette organisation a pour but de mieux lutter contre les troubles intérieurs (bagaudes, par exemple) et extérieurs (menace des « barbares »). De ce point de vue, un événement majeur de l'histoire de l'empire, contemporain de Bauto, est en 378 la bataille d’Andrinople lors de laquelle le César Valens est vaincu par une armée de Wisigoths entrés récemment dans l'Empire pour se protéger contre l'avancée des Huns. C'est le début d'un périple qui va les mener à Rome en 410, puis à Toulouse en 418.

Parallèlement, l'armée romaine se germanise : les soldats d'origine germaniques sont de plus en plus nombreux, notamment sous les statuts de lètes ou de fédérés. Les officiers d'origine germaniques, parfois devenus citoyens romains (attesté par leur nom de gens, souvent Flavius), jouent un rôle très important dans le haut commandement de l'armée, certains même à la cour impériale.

Biographie

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Liens familiaux

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Selon la Chronique de Jean d'Antioche (VIIe siècle), il est le père d'Arbogast, neveu de Richomer[4],[5].

Partant du texte de Jean d'Antioche, Christian Settipani pense que Bauto a épousé une sœur de Richomer[5].

Jean-Pierre Poly, se fondant sur l'onomastique germanique pense que Baudo est un proche parent, peut-être un frère, du prince chamave Nebigast, capturé par Charietto en 358 et que son nom[6] est le diminutif de Baudogast[7].

Au total, Bauto semble issu d'une famille de l'aristocratie franque installée dans l'Empire romain, généralement dotée de la citoyenneté romaine.

Carrière

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Selon Karl Ferdinand Werner, son origine élevée lui permet de commencer sa carrière par des postes d'officier dans l'armée romaine[4], atteignant ensuite de hautes fonctions.

Bauto est magister militum (« maître des milices », commandant en chef) sous le règne de Gratien, empereur d'Occident de 363 à 383.

En 380, deux ans après la bataille d’Andrinople, Gratien l'envoie avec Arbogast en Orient afin d'aider l'empereur d'Orient Théodose Ier et Richomer à lutter contre les Wisigoths. Leurs succès suscitent chez Théodose de l'estime pour ces officiers francs[8].

En 383, Bauto est nommé magister peditum praesentalis (« maître de l'infanterie en présence (de l'empereur) », troupes à la disposition directe de l'empereur)..

Après la mort de Gratien en 383, les empereurs restants sont son frère Valentinien II et Théodose Ier à Constantinople, tandis qu'à Trèves, apparait l'usurpateur Magnus Maximus. Théodose nomme son fils Flavius Arcadius empereur, ainsi que consul en 385 avec Bauto comme collègue. En 387, Magnus Maximus s'empare de l'Italie et en chasse Valentinien II qui se réfugie à Constantinople. Arbogast rejoint Maximus, mais ne sait pas à quel camp se rallie Bauto.

Bauto meurt en 388[9].

Descendance

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En plus d'Arbogast, il laisse une fille, Eudoxie, qui devient l'épouse de l'empereur Flavius Arcadius en avril 395[4],[5].

Généalogie

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N
roi des Chamaves
 
 
 
 
 
Teutomer
général franc
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Nebigast
prince chamave
(358)
 
Bauto
consul (385)
(† 388)
 
Ne
 
Richomer
consul (384)
(† 393)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Arcadius
empereur
(395-408)
 
Eudoxie Aellia
(† 404)
 
Arbogast
général
(† 394)
 
 
 
 
 
 
 

Notes et références

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  1. Selon Christian Settipani, « Bauto » est formé sur la racine germanique -bald (« hardi ») et est probablement le diminutif d'un prénom plus long, Balderic (Settipani 1996, p. 29) ou Baudogast (Poly 1993 et Settipani 2000, p. 417, n. 6).
  2. Werner 1984, p. 297.
  3. Settipani 1996, p. 29.
  4. a b et c Werner 1984, p. 298.
  5. a b et c Settipani 1996, p. 28.
  6. Les Germains n'ont pas de prénom, contrairement aux Romains. « Clovis » est le nom de Clovis, pas son prénom.
  7. Poly 1993.
  8. Werner 1984, p. 297-298.
  9. Settipani 1996, p. 31.

Voir aussi

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Sources primaires

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Bibliographie

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Articles connexes

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