Pärnu (fleuve)

fleuve estonien
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Le Pärnu (en estonien : Pärnu jõgi) est un fleuve du centre et de l'ouest de l'Estonie.

Pärnu
Illustration
Dans la brume matinale près de Lüüste (en)
Carte
Carte interactive du Pärnu
Caractéristiques
Longueur 144 km
Bassin 6 920 km2
Bassin collecteur Pärnu
Débit moyen 64,4 m3/s (Oore)
Cours
Source Roosna-Alliku Allikajärv
· Altitude 76,2 m
· Coordonnées 59° 01′ 35″ N, 25° 41′ 48″ E
Embouchure mer Baltique au nord du golfe de Riga
· Localisation Pärnu
· Coordonnées 58° 22′ 38″ N, 24° 28′ 34″ E
Géographie
Pays traversés Estonie

Géographie

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Le fleuve prend sa source (et) dans les collines karstiques de Pandivere au lac d'Allika (et), situé dans le village d'Allikjärve (en) près du petit bourg de Roosna-Alliku, chef-lieu de l'ancienne commune rurale du même nom, rattachée depuis à celle de Paide. Il s'écoule en direction du sud-ouest à travers la plaine morainique du centre de l'Estonie, le sud de la région de Kõrvemaa (en). Il traverse les villes de Paide et Türi, la zone de protection paysagère de Türi (en), le village de Laupa dans le comté de Järva, puis le village de Kurgja et les villes de Tori et Sindi dans le comté de Pärnu avant d'entrer à Pärnu pour se jeter dans la baie de Pärnu (en) au nord-est du golfe de Riga dans la mer Baltique, en passant entre deux jetées de plus de 1,5 km de long. Sa largeur dépasse alors par endroits les 200 mètres. Sa longueur de 144 km[1] en fait le second cours d'eau le plus long du pays derrière la rivière Võhandu. Son bassin versant, dont une petite partie se situe en Lettonie, s'étend sur 6 920 km2[1],[2], soit environ 16% de la superficie du pays[3]. La période de gel s'étend généralement de la mi-décembre à la fin mars.

Principaux affluents

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Dans son cours supérieur, le bassin est alimenté par des affluents issus du plateau de Pandivere, tandis que ceux provenant du plateau de Sakala (en)[4] apportent une contribution importante à son débit. Dans son cours inférieur, le fleuve reçoit principalement les eaux des pluies printanières et des crues[5].

D'amont en aval :

en rive droite le Pärnu est relié au fleuve Jägala par un canal (et) long de 10,6 km à hauteur du village de Purdi (en)

en rive gauche la Vodya (et) et l'Esna (et) en amont de Paide

en rive droite la Reopalu (et) à hauteur du village de Reopalu sur la commune de Türi

en rive gauche la Prandi (en) en aval du village de Särevere sur la commune de Türi

en rive droite la Lintsi (et) en aval du village de Karjaküla dans la commune de Türi

en rive gauche l'Aruküla (et) à hauteur du village de Samliku (en) dans la commune de Põhja-Pärnumaa

en rive droite la Mädara (et) dans le village d'Oriküla (en)

en rive droite la Käru dans le village de Suurejõe (en)

en rive droite la Vändra dans le village de Kullimaa (en) dans la commune de Põhja-Pärnumaa

en rive gauche son affluent principal la Navesti conflue dans le village de Jõesuu sur la commune de Tori, au niveau du parc national de Soomaa[6], peu après la confluence de celle-ci avec l'Halliste, elle même gonflée depuis quelques kilomètres des eaux de la Raudna.

en rive gauche la Kurina (et) en amont de Sindi

en rive droite la Suuroja (et) dans le village de Vainu (en)

en rive gauche la Reiu dans le village de Paikuse de la commune de Pärnu près de la réserve naturelle des prairies cotières de Pärnu (en)[7]

en rive droite la Sauga dans Pärnu

Histoire

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Un grand nombre d'artéfacts datant de l'âge de la pierre ont été mis au jour sur ses rives, principalement des haches et des herminettes en pierre, ainsi que des objets en os provenant du lit du fleuve dans son cours inférieur.

Près de Sindi, dans le village de Pulli, les vestiges de la plus ancienne colonie (en) connue en Estonie ont été découverts sous une couche de sédiments de 2 à 3 mètres d'épaisseur. Vers 8900 av. J.-C., à l'époque de la culture de Kunda, des chasseurs-pêcheurs y vivaient. Les fouilles ont permis de retrouver des pointes de flèche en silex et en os, des manches de hache, des grattoirs, des couteaux ainsi que des ossements d'élan, de castor, d'ours, d'oiseaux et de poissons. Des sites d'habitation datant de l'époque de Sindi-Lodja (et), postérieurs d'environ 1 500 ans à celui de Pulli, ont également été identifiés le long du fleuve[3]. En 2019, un groupe de chercheurs a publié un article portant sur l'ancien lit de la rivière à l'embouchure de la baie de Pärnu[8],[9].

Le fleuve est mentionné pour la première fois sur la Tabula Rogeriana, carte du monde publiée en 1154 par le géographe arabe Al Idrissi, sous le nom de rivière de Bernu (arabe : nahr bernu).

Au Moyen Âge, le cours inférieur était désigné sous le nom d'Emajõgi, mentionné en 1227 sous les formes latine Mater Aquarum et allemande Embeke, puis sous celui de Pernaw en 1627. Le fait que la Grande Emajõgi et le Pärnu aient porté le même nom pourrait reveler l'existence d'une voie navigable reliant Pärnu, Viljandi et Tartu à cette époque.

Géologie

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De sa source jusqu'à sa confluence avec la Navesti, le bassin versant du Pärnu est constitué principalement de dépôts du Silurien inférieur, tandis qu'au sud de celle-ci, il se compose essentiellement de dépôts du Dévonien moyen[2]. Sur le site de Tori Hell (et), des affleurements de grès, des falaises et des grottes bordent le fleuve[3]. Dans ses sections nord et est, le fleuve s'écoule sur une couche de sol superficiel mince variant de 1 à 5 mètres d'épaisseur, alors qu'à proximité de la mer, cette couche peut atteindre 60 mètres de profondeur[2].

Hydrologie

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Le débit du Pärnu connaît d'importantes variations, dues en partie à l'absence de grands lacs dans son bassin versant[2]. Pour cette raison, et du fait de son tracé sinueux, il a été surnommé le « Mississippi estonien »[4]. Le fleuve est soumis à des crues au printemps, mais aussi après de fortes pluies en automne et en été. La station hydrologique d'Oore (en), située à 26 kilomètres de l'embouchure, a enregistré un débit maximal dépassant de plus de cent fois le débit minimal[2],[4] alors que son débit d'eau moyen y est de 64,4 m3/s.[10],[11],[12] Le relief plat accentue les effets des inondations, et de vastes étendues le long des rives sont caractérisées par des prairies inondables, des forêts alluviales et des forêts marécageuses. Ces forêts alluviales sont rares en Estonie comme dans le reste de l'Europe, où peu d'entre elles ont été préservées. Le nombre de prairies inondables a diminué faute d'entretien ; toutefois des efforts ont été entrepris pour les restaurer[4].

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La navigation sur le fleuve est limitée à la zone de son embouchure. Son interruption est due à la présence de nombreux rapides et de 11 barrages et petites centrales hydroélectriques comme celle de l'usine textile de Sindi (1904–1963), dotée d'une capacité de production de 560 kW, ainsi que celle de Särevere (1927–1941), d'une capacité de 44 kW.

Le barrage de Sindi (et), achevé en 1834, a été démantelé en 2018[13] pour faire place en 2020 à un rapide artificiel[14]. La suppression d'autres barrages est prévue, grâce aux financements conjoints du gouvernement estonien et de l'Union européenne, afin de rétablir les populations de saumons atlantiques et d'autres espèces de poissons[15].

Dans son cours inférieur, à partir du confluent avec la Reiu, la profondeur est d'environ 8 mètres et présente un tronçon navigable de 9 km. En 1923-1924, un tronçon de cinq kilomètres, situé à son embouchure, était classé comme voie navigable. À cette époque, pour être considérée comme telle, une rivière devait répondre à certains critères de largeur et de profondeur (au moins 0,5 mètre), être exempte de rapides et présenter un tracé suffisamment rectiligne. Une grande partie du cours du fleuve était considérée comme une voie navigable adaptée au flottage du bois[16].

Parmi la trentaine d'espèces de poissons présentes dans le fleuve, il y a la lamproie de rivière, la truite arc-en-ciel, le corégone, le brochet, l'anguille, le gardon, la brème et la perche. La pêche au saumon et à la truite de mer est interdite au droit de l'ancien barrage de Sindi.

Galerie

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Notes et références

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  1. 1 2 « Article Pärnu de la Grande Encyclopédie soviétique »
  2. 1 2 3 4 5 « RIVER PÄRNU, ESTONIA » [archive], Partnership for European Environmental Research (consulté le )
  3. 1 2 3 « Pärnu River » [archive du ], Eesti Maaturism (consulté le )
  4. 1 2 3 4 « The Pärnu River basin and floods », Estonica (consulté le )
  5. ↑ « Eesti Entsüklopeedia. Pernu upe » [archive] (consulté le )
  6. ↑ « The Pärnu River basin and floods » [archive] (consulté le )
  7. ↑ (et) « Pärnu rannaniidu looduskaitseala »
  8. ↑ Triine Nirgi, Alar Rosentau, Hando-Laur Habicht, Tiit Hang, Tõnno Jonuks, Argo Jõeleht, Kersti Kihno, Aivar Kriiska, Mario Mustasaar, Jan Risberg, Sten Suuroja, Peeter Talviste, Hannes Tõnisson, publié pour la première fois le 7 août 2019, Variations relatives du niveau du littoral à l'Holocène et paléogéographie de l'âge de pierre de la baie de Pärnu, mer Baltique orientale
  9. ↑ 26 août 2019, Triine Nirgi, Le secret de la rivière Pärnu
  10. ↑ (en) « Pärnu River Basin Management Plan », AS Maves (consulté le )
  11. ↑ (fi) Venäjän federaation paikannimiä, Helsinki, (ISBN 952-5446-18-2, lire en ligne), p. 155
  12. ↑ (fi) Närhi, Eeva Maria, Genevenjärvi vai Genevejärvi (lire en ligne)
  13. ↑ « Algasid Sindi paisu lammutustööd », ERR
  14. ↑ « Sindi kärestik sai valmis », ERR
  15. ↑ « Sindi Dam, Estonia »
  16. ↑ Eesti sadamad, veeteed, kaubalaevastik ja laevasõit 1923/1924, lk. 17

Voir aussi

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Liens externes

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Articles connexes

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