Le Sahara compte environ 1 200 espèces de plantes vasculaires[1]. À proportion, ce désert est dix fois moins riche que l'Europe et la Méditerranée : 160 espèces contre 1 700 pour 10 000 km2[2]. C'est la plus basse valeur observée à la surface du globe, régions arctique et antarctique exceptées.

Daucus sahariensis, la Carotte du Sahara.

En dépit de cette pauvreté relative, la flore du Sahara comporte des espèces endémiques, majoritairement dans les confins nord-occidentaux sahariens, par exemple le chou-fleur de Bou Hamama (Fredolia aretioides, Amaranthacées) ou le crucifère Quezeliantha (Brassicacées)[3]. Une autre spécificité de la flore saharienne réside en ses capacités d'adaptation à des conditions d'aridité extrêmes, montrant la persistance d'une partie de la végétation lors de longues séquences sans précipitations et l'émergence des espèces en dormance après des chutes de pluie[4].

Origines de la flore saharienne

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Éléments géographiques

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La flore saharienne peut être divisée en deux régions principales : la région saharo-arabique, au nord et au centre du Sahara, et la région soudano-deccanienne, au sud[4]. À ces aires de répartitions s'ajoutent des influences méditerranéennes et tropicales[4].

Au sein de ces régions, la flore saharienne occupe des biotopes variés : erg, reg, plateau rocheux, lit d'oued ensablé... À chaque milieu correspondent un groupement, souvent de quelques espèces seulement, et des caractéristiques particulières[4].

Composition systématique

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Biologie des végétaux désertiques

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Adaptation aux conditions climatiques

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Les plantes du Sahara possèdent d'importantes capacités d'adaptation à des conditions climatiques extrêmes, caractéristiques de cette végétation. Afin de résister à la rareté des précipitations, elles présentent des particularités morphologiques ou anatomiques : structure racinaire particulière, adaptations physiologiques ou stratégies de reproduction spécifiques[5].

Les plantes arido-actives, dominantes, sont vivaces et minimisent leur activité photosynthétique pendant la période sèche. Elles présentent des caractéristiques spécifiques de résistance à la sécheresse : dimorphisme foliaire, xérophytes, etc.

Les plantes arido-passives, généralement annuelles, ne présentent aucune activité photosynthétique durant les mois de saison sèche. Elles perdent alors leurs parties aériennes et demeurent sous forme de graines, de rhizomes ou de bulbes jusqu'au retour des pluies[6].

Parmi les plantes arido-passives, l'acheb est une formation végétale herbacée non persistante (éphémérophyte), principalement composés de crucifères et de graminées, qui apparaît après une averse et réalise son cycle de reproduction en quelques jours avant le retour de la période sèche[7]. Elle forme ainsi des pâturages temporaires appréciés et recherchés pour le bétail, mais à la distribution très variable et plus faible que les vivaces[8].

Dissémination des plantes désertiques

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Types de végétation

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Végétation saharienne proprement dite

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Végétation subdésertique

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Utilisations de la flore saharienne

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La flore du Sahara est largement utilisée en médecine traditionnelle par les populations du territoire. À titre d'exemple, près de 130 plantes à usage médicinal ont ainsi été répertoriées dans le Sahara algérien. On utilise généralement la partie aérienne sans séparer les feuilles ni les fleurs, sous forme de décoction, d'infusion, voire de macération. L'administration orale est privilégiée. On note aussi l'emploi de cataplasmes et de fumigations[9].

Certaines espèces sont connues dans l'ensemble du Sahara comme plantes médicinales : c'est le cas de Matricaria pubescens (toux, dysménorrhée), Cotula cinerea (coliques), d,Ammodaucus leucotrichus (indigestions, palpitations), de Ruta tuberculata (courbatures, spasmes digestifs, piqûres de scorpions) ou encore d'Anvillea radiata (diabète, indigestions)[10].

La toxicité de certaines plantes est connue et les pratiques populaires les dosent en conséquence. Ainsi, des espèces comme le datura, la coloquinte, le calotropis ou la jusquiame sont employés avec prudence, et seulement par quelques tradipraticiens[9].

L'emploi de plantes à des fins magiques, visant par exemple à éloigner le mauvais œil, est également documenté[11]. Les plantes peuvent alors être utilisées en fumigations ou portées sur soi en amulettes[12].

Références

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  1. Ozenda 2004, p. 39.
  2. Ozenda 2004, p. 40.
  3. Frédéric Médail et Pierre Quézel, Conservatoire et Jardin botaniques de la ville de Genève, Biogéographie de la flore du Sahara : Une biodiversité en situation extrême, Marseille, IRD Éditions, , 371 p. (ISBN 978-2-7099-2258-6, lire en ligne [PDF]), p. 147-160.
  4. 1 2 3 4 Anne-Catherine Benchelah, Hildegard Bouziane, Marie Maka et Colette Ouahès, Fleurs du Sahara. Voyage ethnobotanique avec les Touaregs du Tassili, Paris, Ibis Press, , 2e éd., 255 p. (ISBN 9782361220211), p. 89-96.
  5. (en) Jeffrey Allman Gritzner, « Sahara - Flora, Fauna, Ecosystems », sur Encyclopaedia Britannica, (consulté le ).
  6. (en) M'hammed Bouallala, Souad Neffar et Haroun Chenchouni, « Vegetation traits are accurate indicators of how do plants beat the heat in drylands : Diversity and functional traits of vegetation associated with water towers in the Sahara Desert », Ecological Indicators, vol. 114, (lire en ligne Accès payant)
  7. « Acheb », sur Aquaportail, (consulté le ).
  8. A. Chehma, I. Bouzegag et Y. Chehma, « Productivité de la phytomasse éphémère des parcours camelins du Sahara septentrional algérien », Fourrages, vol. 194, , pp. 253-256 (lire en ligne [PDF], consulté le ).
  9. 1 2 Maiza Khadra, Pharmacopée traditionnelle saharienne : Sahara algérien (thèse de doctorat en Sciences médicales), Alger, , 407 p. (lire en ligne [PDF]), p. 50 et 325.
  10. Maiza Khadra, R.A. Brac de la Pérrière et V. Hammiche, « Pharmacopée traditionnelle saharienne : Sahara septentrional », Actes du 2e colloque européen d'ethnophmacologie et de la 11e Conférence internationale d'Ethnomédecine « Médicaments et aliments : l'approche ethnopharmacologique », (lire en ligne [PDF]).
  11. Abdelmadjid Chema, Catalogue des plantes spontanées du Sahara septentrional algérien, Ouargla, , 141 p. (lire en ligne [PDF]).
  12. Barbara Fiore, Ibrahim Ag Youssouf et Zakiyatou Oualett Halatine, Maladies et soins en milieu touareg : « Isifran », les remèdes, Paris, L'Harmattan, , 206 p. (ISBN 978-2-14-0208140).

Voir aussi

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Bibliographie

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