Florence Bell (scientifique)

Florence Ogilvy Bell, née le à Londres et morte le à Hereford, qui prit plus tard le nom de Florence Sawyer, est une scientifique britannique qui a contribué à la découverte de la structure de l'ADN. Cristallographe aux rayons X au sein du laboratoire de William Astbury, ils publient, en 1938, un article dans Nature décrivant la structure de l'ADN comme une « pile de pièces de monnaie ».

Florence Bell
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 87 ans)
HerefordVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Formation
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A travaillé pour
Women's Auxiliary Air Force (à partir de )
British Air Commission (d)
Université de Leeds
Magnolia Petroleum Company (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Membre de
Maître
Directeur de thèse
Personne liée

Biographie

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Jeunesse et formation

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Florence Ogilvy Bell naît au 47 Hanover Road, à Brondesbury Park, à Londres. Elle est la deuxième fille de Thomas Bell et de son épouse, Annie Mary Lucas[1],[2]. Son père, né à Allendale, dans le Northumberland, est photographe puis directeur de la publicité. Elle grandit à Londres et fréquente la Haberdashers' Aske Girls School à Acton[1].

Elle étudie les sciences naturelles au Girton College de Cambridge entre 1932 et 1935, en se spécialisant dans la chimie, la physique et la minéralogie[3]. Pendant ses études à Cambridge, John Desmond Bernal lui enseigne comment utiliser la cristallographie aux rayons X pour étudier les molécules biologiques[3]. Elle rejoint ensuite l'université de Manchester, où elle travaille avec Lawrence Bragg sur la cristallographie des protéines.

Page de couverture de la thèse de Florence Bell de 1939

En 1937, William Astbury écrit à Lawrence Bragg pour lui demander de lui recommander un bon cristallographe, et celui-ci lui propose Florence Bell, qu’il qualifie d’« excellente candidate »[3]. En 1937, elle rejoint le laboratoire d’Astbury à l’université de Leeds. Au cours de ses études supérieures, elle utilise la diffraction des rayons X pour caractériser des biomolécules, notamment des acides nucléiques[4]. Ses premiers travaux portent sur la structure des multicouches protéiques, mais après que le laboratoire eut reçu des échantillons d'ADN hautement purifié, Astbury l'orienta vers l'étude de l'ADN pour la deuxième partie de sa thèse de doctorat. Elle obtient son doctorat en 1939.

Carrière

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À l'origine, William Astbury avait été recruté à l'université de Leeds pour étudier la physique des textiles, domaine dans lequel il a mis en évidence une transformation de la kératine contenue dans les fibres de laine, qui passe de la forme alpha à la forme bêta lorsqu'elles sont étirées[5]. En 1939, Florence Bell donne une conférence sur les textiles lors d'un congrès de l'Institute of Physics à l'université de Leeds, dont le Yorkshire Evening Post rend compte dans un article intitulé « Une femme scientifique explique »[3]. Dans cet article, elle est décrite comme une « jeune diplômée mince de l'université de Cambridge »[3].

En 1937, William Astbury s'intéresse à l'ADN et charge Florence Bell de travailler sur cette molécule[6]. Elle met au point une méthode permettant d'étirer les fibres afin de réaliser des films séchés d'ADN purifié, à partir desquels elle prend des clichés de diffraction des rayons X d'une netteté supérieure à ceux des travaux antérieurs[7]. Ses travaux confirmèrent qu'il s'agissait d'une structure régulière et ordonnée, présentant une périodicité de 3,3 à 3,4 Å le long de l'axe. Elle étudia les acides nucléiques présents dans la levure, le pancréas, le virus de la mosaïque du tabac et le thymus de veau[4],[5]. Elle reconnaît que « les origines de la vie sont clairement associées à l'interaction entre les protéines et les acides nucléiques »[8]. Avec Astbury, elle publie une étude aux rayons X sur l'ADN en 1938, décrivant les nucléotides comme un « tas de pièces de monnaie »[7]. William Astbury présente leurs travaux au Cold Spring Harbor Laboratory[9]. À cette période, ils ignorent que l'ADN pouvait changer de conformation, passant de la forme A à la forme B sous l'effet de l'humidité. Par conséquent, leurs photographies sont plus floues que l'image radiographique « Cliché 51 » prise par Gosling en 1952[4].

Les travaux d'Astbury et Bell sur l'étude des protéines par rayons X font l'objet de communications dans les actes du colloque, intitulées « X-ray and the Stoichiochemistry of Proteins », « An X-ray Study of Thymonucleic Acid » et « Optical and X-ray Examination and Direct Measurement of Built-up Protein Multilayers »[10]. William Astbury admire beaucoup la volonté de Bell de remettre en question ses idées, la qualifiant de « vox diabolica » (l'avocat du diable)[3],[9],[11].

En 1941, Florence Bell s'engage dans la Women's Auxiliary Air Force. L'université de Leeds et William Astbury se battent pour la faire revenir au laboratoire, en lui gardant son poste en attente et en écrivant au Bureau de la Guerre[3]. Cependant, elle tombe amoureuse d'un militaire américain, le capitaine James Herbert Sawyer[1], et écrit à l'université pour lui faire savoir qu'elle va se marier et s'installer aux États-Unis[3].

Ils se marient le à l'église St. Mary's d'Ambleside. Elle s'installe ensuite avec son mari aux États-Unis, où elle est employée par la Commission aérienne britannique à Washington, puis travaille comme chimiste industrielle pour la Magnolia Petroleum Company à Beaumont, au Texas[11]. Elle meurt à Hereford en 2000[12].

Héritage

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L'importance des travaux de Bell sur l'ADN réside dans le fait que, même si nous savons aujourd'hui que plusieurs aspects du modèle qu'elle a proposé sont erronés, ceux-ci ont néanmoins démontré que l'ADN possédait une structure régulière et ordonnée pouvant être étudiée par cristallographie aux rayons X, jetant ainsi les bases des travaux ultérieurs de Maurice Wilkins, Rosalind Franklin et Raymond Gosling, tout en fournissant à James Watson et Francis Crick une mesure essentielle, la distance entre les bases adjacentes, lorsqu'ils se sont eux-mêmes lancés dans la construction d'un modèle de l'ADN[13].

Son cahier de notes et sa thèse sont conservés aux Collections spéciales de l'université de Leedss[14],[15]. Elle figure dans le Dictionary of National Biography[12].

Une salle de séminaire dans le bâtiment Sir William Henry Bragg, inauguré, en 2022, sur le campus de l'université de Leeds porte son nom[16]. Son nom figure également sur la sculpture Ribbons (en), dévoilée en 2024[17],[18].

Références

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  1. 1 2 3 (en) K. T. Butler, Girton College Register, 1869–1946, Cambridge, Girton College, (lire en ligne), p. 456
  2. (en) British Academy, Oxford dictionary of national biography., Oxford, Oxford University Press, Online éd. (ISBN 9780198614128, OCLC 56568095)
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 (en) « Florence Bell: The Other 'Dark Lady of DNA'? – The British Society for the History of Science (BSHS) », sur www.bshs.org.uk (consulté le )
  4. 1 2 3 (en) Michael Fry, Landmark experiments in molecular biology, Londres, Academic Press, (ISBN 978-0128021088, OCLC 951807569)
  5. 1 2 (en) Kersten Hall, « William Astbury and the biological significance of nucleic acids, 1938–1951 », Studies in History and Philosophy of Science Part C: Studies in History and Philosophy of Biological and Biomedical Sciences, vol. 42, no 2, , p. 119–128 (ISSN 1369-8486, PMID 21486649, DOI 10.1016/j.shpsc.2010.11.018)
  6. (en) « Florence Bell », sur whatisbiotechnology.org
  7. 1 2 (en) Gareth Williams, Unravelling the Double Helix, New York, Pegasus Books, , 159–162 p. (ISBN 978-1-64313-215-0, lire en ligne)
  8. (en) Martin Wainwright, « Sidelined scientist who came close to discovering DNA is celebrated at last », sur The Guardian, (consulté le )
  9. 1 2 (en) Robert C. Olby, The path to the double helix: the discovery of DNA, New York, Dover Publications, (ISBN 9780486166599, OCLC 608936643)
  10. (en) W. T. Astbury et Florence O. Bell, « Some Recent Developments in the X-Ray Study of Proteins and Related Structures », Cold Spring Harbor Symposia on Quantitative Biology, vol. 6, , p. 109–121 (ISSN 0091-7451, DOI 10.1101/SQB.1938.006.01.013)
  11. 1 2 (en) Kersten T. Hall, The Man in the Monkeynut Coat: William Astbury and the Forgotten Road to the Double-helix, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-870459-1, OCLC 866619867, lire en ligne), p. 105
  12. 1 2 (en) Kersten Hall, « Bell [married name Sawyer], Florence Ogilvy (1913–2000), biophysicist and molecular biologist », dans Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, (lire en ligne Inscription nécessaire)
  13. (en) James D. Watson, The Double Helix, Weidenfeld & Nicolson, , p. 54
  14. (en) Florence Bell, « X-ray and related studies of the structure of the proteins and nucleic acids », sur leeds.ac.uk, University of Leeds, (version du sur archive.org).
  15. (en) « Florence Bell's PhD Thesis », sur leeds.ac.uk (version du sur archive.org).
  16. (en) Épisode Florence Bell: An unsung heroine of DNA de la série The Naked Scientists. Visionner l'épisode en ligne
  17. (en) « 383 Inspirational Women of Leeds » [archive du ], sur Ribbons Sculpture Leeds (consulté le )
  18. (en) « Leeds: Ribbons sculpture celebrates city's inspiring women », sur www.bbc.com,

Liens externes

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