Fluidothérapie

traitement par apport liquidien

La fluidothérapie est l'administration médicale de solutés hydriques, généralement par voie intraveineuse, dans le but de maintenir ou de restaurer le volume sanguin circulant dans l'organisme, et de maintenir ou corriger l'équilibre acido-basique et l'équilibre électrolytique du corps.

De petites bouteilles médicales de plastique d'un litre.
Des poches de liquide isotonique, contenant du chlorure de sodium.

L'administration de fluides doit être adaptée à chaque individu et requiert une surveillance médicale continue.

Objectifs

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La fluidothérapie permet de corriger une éventuelle déshydratation et une hypovolémie et/ou un déséquilibre des ions (sodium, potassium, calcium, magnésium...)[1] tout en subvenant aux besoins d'entretien de l'organisme[2].

Elle est ainsi indiquée dans le traitement du déficit hydrique lorsque le patient ne peut pas boire suffisamment, ainsi qu'en réanimation dans les cas d'hypovolémie à des fins de remplissage vasculaire. Des fluides sont également administrés pour subvenir aux besoins de base d'eau, de glucose et d'ions de patients hospitalisés. Enfin, elle peut être employée dans le cadre d'une nutrition parentérale[3].

Principes

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Environ 60 % du poids d'un animal est constitué d'eau, répartie dans le milieu extracellulaire (sang, liquide interstitiel) et le milieu intracellulaire. Les ions comme le sodium, le potassium, le calcium, le chlore et le magnésium sont également présents en proportion variable selon les milieux, formant des gradients de concentration nécessaires au bon fonctionnement de l'organisme, selon la loi de Gibbs-Donnan pour maintenir un équilibre osmolaire. En fonction de la concentration osmolaire, l'eau peut se déplacer du compartiment intracellulaire vers le compartiment extracellulaire ou l'inverse, les membranes cellulaires agissant comme des membranes biologiques semi-perméables[2].

De même, les mouvements de fluide au sein du milieu extracellulaire, entre le compartiment sanguin et le compartiment interstitiel, obéissent aux mêmes lois physiques. Les mouvements de fluides sont influencés par la pression hydrostatique du sang et par la pression oncotique générée par les molécules osmotiquement actives[2].

Types de liquides

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Solutés cristalloïdes

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Les solutés cristalloïdes contiennent des ions en solution, dans des concentrations variables en ions selon les formulations.

Les solutés isotoniques présentent la même osmolarité que le plasma[1] et ont un pouvoir d'expansion volumique de 25 %[2]. Les solutions isotoniques se dispersent dans le milieu extracellulaire[2]. Ce sont les fluides les plus utilisés en médecine vétérinaire[4] car ils présentent de nombreuses indications. Ils sont utilisés pour couvrir des besoins d'entretien, mais aussi dans les cas critiques en cas d'hypovolémie aigue[2],[5].

Les solutions hypotoniques ne sont quasiment pas utilisées en médecine vétérinaire, car elles génèrent de l'oedème et diminue la perfusion en oxygène des tissus[5].

Les solutés cristalloïdes hypertoniques sont utilisés lors d'états de choc, car ils ont pour effet d'attirer les liquides corporels dans le système sanguin[2]. Leur pouvoir d'expansion volumique s'élève à 400 % environ[2]. Les solutions de glucose 5 %, hypertoniques, ont un effet hypotonique car le glucose est métabolisé par l'organisme en une trentaine de minutes[2].

Solutés colloïdes

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Les solutés colloïdes présentent un pouvoir d'expansion volumique qui varie entre 100 et 150 %. Ils restent dans le système sanguin et sont donc utilisés pour induire un remplissage vasculaire rapide[2]. Ils sont très peu utilisés en médecine vétérinaire.

Matériel

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Établissement d'un plan de fluidothérapie

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Les volumes de fluides à administrer doivent tenir compte des besoins d'entretien de l'animal, ainsi que des déficits existants et des pertes à venir[2]. L'état du patient doit être réévalué régulièrement pour adapter la fluidothérapie en conséquence[2].

Estimation des besoins

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Il est nécessaire d'évaluer l'état d'hydratation du patient et d'estimer si ce dernier n'a besoin que d'une fluidothérapie d'entretien, de remplacement ou bien de réanimation[1]. Les quantités administrées dépendront de ces choix.

Choix du fluide

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Voie d'administration

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Un chien de recherche recevant une réhydratation sous-cutanée, dans le cadre des recherches des victimes des attentats du 11 septembre 2001.

Les fluides sont principalement administrés par voie intraveineuse. Il est également possible dans certains cas d'opter pour une voie sous-cutanée en entretien, et parfois une voie intra-osseuse lorsque la voie intraveineuse n'est pas envisageable[2].

Arrêt de la fluidothérapie

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Complications

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Une surchage volumique est possible si trop de fluides sont administrés, ce qui peut provoquer de l'oedème et des troubles électrolytiques[6].

Références

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  1. 1 2 3 Maxime Cambournac, « Établir un plan de fluidothérapie - Le Point Vétérinaire n° 397 du 01/07/2019 » Accès payant, Le Point Vétérinaire, (consulté le )
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 Julien Guillaumin, « Fluidothérapie et remplissage vasculaire », Le Point Vétérinaire, no 263, , p. 32-37 (lire en ligne Accès payant)
  3. (en) Manu L. N. G. Malbrain, Michaël Mekeirele, Matthias Raes et Steven Hendrickx, « The 4-indications of Fluid Therapy: Resuscitation, Replacement, Maintenance and Nutrition Fluids, and Beyond », dans Rational Use of Intravenous Fluids in Critically Ill Patients, Springer International Publishing, , 167–202 p. (ISBN 978-3-031-42204-1, DOI 10.1007/978-3-031-42205-8_8, lire en ligne)
  4. Karim Adjou et Daniel L. Chan, « Fluidothérapie : faire son choix en situation d’urgence (1re partie) », La Semaine Vétérinaire, no 1599, , p. 52-53
  5. 1 2 Daniel L. Chan, « Fluithérapie : faire son choix en situation d'urgence (2e partie) », La Semaine Vétérinaire, no 1600, , p. 44-45 (lire en ligne Accès payant)
  6. « Points clés de la fluidothérapie chez le chien et le chat - Fiche de synthèse », Le Point Vétérinaire, no 397, , p. 42 (lire en ligne Accès payant)