Flèche faîtière
Emblème et prestige de la chefferie en Nouvelle-Calédonie, la flèche faîtière, élément traditionnel de l’habitat kanak, est une sculpture sur bois qui domine et orne l’imposant toit de chaume en forme de cône de la grande case ou case cérémonielle d’un clan.

Description
modifierLes flèches faîtières sont des sculptures en bois placées au sommet des grandes cases kanak[1]. Généralement taillées dans le houp (Montrouziera cauliflora), elles incarnent l'ancêtre fondateur du clan et constituent un marqueur identitaire essentiel de l'architecture traditionnelle. Leur apparence (motifs, proportions et organisation des éléments) diffère selon les régions de Nouvelle-Calédonie, témoignant de la diversité des pratiques coutumières.
Les caractéristiques
modifierLa flèche faîtière mesure en moyenne 2,50 m. Elle est sculptée dans une seule pièce de bois allongée. On distingue 3 parties: le pied, le motif central et l'aiguille au sommet[2].
Le pied, long d'au moins un mètre, est taillé en pointe pour être fixé dans la structure faîtière. Une fois installée et recouverte de paille, seules les deux parties supérieures restent visibles au-dessus du toit de la case. Il est souvent interprété comme l'ancrage du clan dans son sol coutumier, rappelant que l'autorité du chef s'exerce toujours en lien avec la terre et les alliances qui la structurent.
Le motif central forme un ovale. Il représente le corps et porte, en son centre, un visage humain. Ce visage est l'image de l'ancêtre fondateur du clan. Il rappelle son rôle protecteur et la continuité de la lignée.
L'aiguille, la partie supérieure est une pointe fine. Des coquillages, les tritons, y sont enfilés. Le plus haut contient des herbes protectrices du pays. Ces coquillages, utilisés comme conques d'appel, servent à transmettre des messages. Placés sur la pointe de la flèche, ils symbolisent le souffle et la parole du chef. Tournée vers le ciel, elle rappelle l'élévation de la case et la manière dans le clan se relie au monde spirituel[3].
Les fonctions
modifierLa flèche faîtière a une fonction symbolique: elle a une valeur spirituelle. Elle représente le lien entre les vivants et les ancêtres. Elle marque le passage entre le monde des morts et celui des vivants. Le visage placé au centre rappelle l'ancêtre fondateur du clan, protecteur de la communauté[4].
La flèche faîtière a aussi une fonction politique : elle appartient au chef et signale son autorité. Elle montre son pouvoir et son rôle dans la vie du clan.
La flèche faîtière joue aussi un rôle social, car elle rappelle les liens qui unissent les différents clans lors des rencontres coutumières[4].
Références
modifier- ↑ Moyse-Faurie, Claire, « Flèches faîtières de cases traditionnelles (Canala), LACITO », (consulté le )
- ↑ « Le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, DENC. » [Flèche faîtière nommée pwamabaï : Arts de l'espace (pdf)], sur gouv.nc
- ↑ Bonnard Marie-Thérèse, « La flèche faitière de Nouvelle-Calédonie, Musée d'Océanie. », sur musee-oceanie.fr,
- 1 2 Frédéric Ramade, « Arts du mythe : Flèche faitière Kanak » (document projeté ou vidéo), sur Centre documentaire Musée de la Nouvelle-Calédonie,
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- André Sirota, « Une flèche faîtière pour parler avec les autres », sur Yakamédia (consulté le ).
- « La flèche faîtière », sur La culture kanak (consulté le ).
- Marie-Thérése Bonnard, « La flèche faîtière de Nouvelle-Calédonie », sur Musée d'Océanie, (consulté le ).
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- (en) « Roof finial », sur The Met (consulté le ).
