Fokonolona

communauté villageoise du pays mérina à Madagascar

Le fokonolona (abréviation administrative : FKL) est une communauté villageoise du pays merina à Madagascar. Traditionnellement, le fokonolona (de foko, « clan », « tribu », « ethnie » et olona « personne », « être humain », désigne littéralement un « groupe de descendance »[1]) réunissait les membres d'un ou de plusieurs clans et plus spécifiquement un ensemble de descendants d’un même ancêtre[1], résidant sur un territoire délimité. Chaque fokonolona bénéficiait d'une large autonomie de gestion, y compris sur le plan sécuritaire et judiciaire, et fonctionnait selon un mode démocratique, avec la participation des femmes et des enfants. Les décisions sont prises à l'unanimité suivant le dina (règles coutumières)[2].

Les rai-amandreny père et mère », littéralement) détiennent le pouvoir des aînés, c'est-à-dire le respect des cadets (structure du foko).

Depuis le XIXe siècle, en particulier sous Andrianampoinimerina et ensuite, les directives du Premier ministre Rainilaiarivony, l'institution du fokonolona subit de nombreuses réformes, mais sans beaucoup perdre de ses prérogatives traditionnelles, tout en assurant un contact permanent entre le roi et le peuple[1]. Sous le régime colonial et la 1re République, les autorités tentèrent de récupérer cette institution, en particulier pour les besoins sécuritaires, mais aussi en en faisant un « organe de suppléance et de relais », notamment en vue de promouvoir le progrès technique agricole[1]. À partir des années 1970, sous l'impulsion du ministre de l'intérieur Richard Ratsimandrava, le pouvoir tenta de lui redonner son importance afin qu'il devienne un organe de « maîtrise populaire du développement » (ordonnance no 73-009 du 24 mars 1973)[1]. Ce rôle fut ensuite repris sous la seconde république par Didier Ratsiraka dans son boky mena livre rouge » ou « Charte de la révolution socialiste ») où il est qualifié désormais de « socialiste », devait être « l’instrument privilégié de réalisation des objectifs économiques, politiques et sociaux de la nation » (Charte de la révolution socialiste malgache, 1975)[1].

Le fokontany (abréviation administrative : FKT), reprend les prérogatives du fokonolona sur une base plus territoriale, avec l'intention d'en répandre le modèle dans toute l'île.

Une commune compte en moyenne 30 fokonolona et 10 fokontany[3].

Annexes

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Articles connexes

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Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 Jean-Michel Wachsberger, « Le fokonolona malgache : une utopie réelle ? », Mouvements, vol. 101, no 1, , p. 163–169 (ISSN 1291-6412, DOI 10.3917/mouv.101.0163, lire en ligne, consulté le )
  2. Assemblée Nationale, « LOI no 2001 - 004 portant réglementation générale des Dina en matière de sécurité publique », Journal officiel, (lire en ligne [PDF])
  3. (en + fr) Decentralization in Madagascar, World Bank, coll. « A World Bank country study », (ISBN 978-0-8213-5841-2 et 978-0-8213-5842-9, lire en ligne), p. 48