Forces populaires (Gaza)

gang armé terroriste créé avec pour but de déstabiliser le Hamas

Les Forces populaires [note 1], également connues sous le nom de Service antiterroriste, sont une organisation criminelle palestinienne impliquée dans le pillage de l'aide humanitaire pendant la guerre à Gaza[1],[2],[3].

Forces populaires
Image illustrative de l’article Forces populaires (Gaza)

Idéologie Inconnue
Objectifs Pillage de l'aide humanitaire
Déstabiliser la gouvernance du Hamas
Statut actif
Fondation
Pays d'origine Gaza
Fondé par Yasser Abu Shabab
Actions
Mode opératoire Pillages, meurtres
Zone d'opération Bande de Gaza
Organisation
Chefs principaux Yasser Abu Shabab , Ghassan al-Duhaini
Membres 100 à 300
Financement Financement israélien et pillage de camions d'aides humanitaires
Soutenu par Drapeau d’Israël Israël
Guerre à Gaza depuis 2023

L'organisation est active dans la bande de Gaza et est soutenue par Israël. Elle était dirigée par Yasser Abu Shabab.

Le groupe, qui a été décrit comme un gang ou une milice armée[4], est composé de 100 à 300 hommes qui opèrent dans l'est de Rafah[5],[4],[6]. Le soutien israélien aux Forces populaires n’a été révélé qu’en , mais le groupe est actif depuis au moins fin 2024[7].

Histoire

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Pillage de l'aide humanitaire

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Environ 40 % de l’aide humanitaire, déjà très insuffisante pour répondre aux besoins de la population, sont pillés durant le mois d’ par les hommes de Yasser Abu Shabab, peu après son entrée dans la bande de Gaza[8].

Le , le gang d'Abou Shabab a attaqué un convoi de 109 camions d'aide des Nations unies, pillant 98 d'entre eux[9],[10].

Les attaques du gangs contre les convois humanitaires sont parfois menées conjointement avec l'armée israélienne. L'historien Jean-Pierre Filiu a documenté durant son séjour à Gaza fin 2024 et début 2025 deux attaques : « Dans la nuit du 22 au 23 décembre 2024, une frappe israélienne tue d’abord deux responsables de la sécurité d’un convoi de 66 camions des Nations unies, puis un tiers de ces camions d’aide sont dérobés dans une embuscade où six gardes sont tués par des drones israéliens. Aux premières heures du 4 janvier 2025, ce sont cette fois 50 camions sur 74 qui sont pillés après des combats qui font onze morts (cinq tués par les drones israéliens et six dans les échanges de tirs interpalestiniens)[8]. »

En , dans une interview au New York Times, des propriétaires d’entreprises de transport, des chauffeurs de camion et des groupes d’aide de Gaza ont affirmé que plusieurs gangs armés avaient participé au pillage de leurs biens. De nombreuses personnes ont accusé Yasser Abu Shabab d'être le commanditaire. Le gang d'Abu Shabab dirigerait une grande partie du quartier de Nasr, à l'est de Rafah, qui a été considérablement endommagé par les bombardements de l'armée israélienne. Un chauffeur de camion dont le camion a été pris en embuscade par des membres de gangs a affirmé que ces derniers lui avaient dit que Yasser Abu Shabab était leur chef. Un autre Gazaoui a déclaré qu'il avait tenté d'acheter de la farine au gang Abu Shabab et qu'il avait vu des hommes armés du gang garder des entrepôts contenant de la nourriture volée aux Nations unies. Il a déclaré que l'un des hommes armés l'avait menacé avec un pistolet[11].

Yasser Abu Shahab a admis en que ses hommes, armés de fusils kalashnikov, ont attaqué environ 50 camions d'aide depuis le début de la guerre de Gaza, mais affirme qu'ils pillaient la nourriture pour nourrir leurs familles et leurs voisins, et a accusé le Hamas d'être celui qui vole le plus d'aide[11]. Selon certaines informations, le groupe d'Abu Shahab contrôle un territoire situé à 1,5 km du poste frontière et est composé d'anciens détenus de Gaza, notamment des militants safafistes[12]. Plusieurs responsables de l’ONU ont déclaré que le pillage n’aurait pas pu avoir lieu sans l’aide de l’armée israélienne. L'un d'eux a déclaré : « Ces types sont probablement les seuls à Gaza qui peuvent s'approcher à 100 mètres d'un char israélien ou de soldats israéliens sans être abattus. »[13]. Dans une interview à Sky News, Abu Shabab a nié que ses hommes étaient impliqués dans des pillages ou avaient des liens avec Israël, déclarant : « Nous travaillons pour garantir que l'aide parvienne à notre peuple en toute sécurité, sans interférence ni vol ». Un responsable humanitaire a déclaré que ses affirmations étaient « comiques »[14].

Combats avec le Hamas

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Le Hamas crée en une force appelée « Flèche » pour combattre les pilleurs mais elle ne peut pas intervenir dans les zones occupées par Tsahal[15]. Yasser Abou Shebab survit en à une attaque du Hamas dans laquelle son frère et neuf autres membres de son groupe sont tués. La famille de Yasser Abou Shebab prend officiellement ses distances avec lui dans un communiqué[16].

Le , le Hamas a mis en ligne une vidéo montrant des hommes armés d'Abou Shabab marchant dans un bâtiment avant qu'il ne soit explosé. Le Hamas a affirmé que le groupe avait aidé Tsahal à inspecter les bâtiments avant d'y emménager[6].

En , Abu Shabab a affirmé que son groupe avait chassé les forces du Hamas de l'est de la ville de Rafah[17],[18],[19], une région en réalité contrôlée par l'armée israélienne[20]. Abu Shabab affirme que son groupe est soutenu par l’Autorité palestinienne ce que celle-ci a démenti[21].

En , Avigdor Liberman, ancien ministre de la Défense et chef du parti d'opposition Yisrael Beytenu, a déclaré qu'Israël fournissait secrètement des fusils d'assaut et des armes légères aux gangs de Gaza pour affaiblir le Hamas[22],[23]. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, admettra plus tard qu'il utilise des gangs armés à Gaza contre le Hamas. Il a déclaré que son gouvernement avait « activé des clans puissants » à Gaza sur les « conseils des « responsables de la sécurité ». Associated Press a confirmé que l'un des groupes parrainés par Israël est dirigé par Abu Shabab[24]. Selon certaines informations, Israël aurait fourni au groupe d'Abou Shabab des fusils Kalachnikov, dont certains ont été capturés au Hamas. L'opération a été approuvée par le Premier ministre lui-même[6],[25].

Sécurisation des sites de la Fondation humanitaire de Gaza

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Le cessez-le-feu de 2025 dans la bande de Gaza et la levée du blocus israélien permet provisoirement l'entrée d'aide humanitaire dans des proportions suffisantes, déstabilisant les activités des pilleurs. Le gang d’Abou Shebab est relancé par l’armée israélienne avec le blocus total de l’enclave palestinienne à partir du , puis la reprise le des bombardements massifs et des opérations terrestres[8].

En , Israël autorise à nouveau l'entrée en de très faibles quantités d'aides humanitaires dont la distribution est réalisée par la Fondation humanitaire de Gaza (GHF). Sous la direction de l'armée israélienne, les miliciens d'Abou Shebab sont intégrés avec des mercenaires américains au dispositif[8]. Le , Abu Shabab, affirme qu'il constituait une « armée » pour « sécuriser » les livraisons d'aide dans certaines parties de la bande de Gaza et a publié des images de ses hommes armés organisant le passage de camions d'aide[26]. Son gang continue également d'attaquer les convois humanitaires qui n'émanent pas de la GHF[27].

L’une de ces distributions de la GHF, filmée le , conduit à un massacre : une vidéo montre les miliciens palestiniens s’en prenant à une foule d’affamés. Des images que l’État israélien a tenté de faire passer, le lendemain, pour des exactions du Hamas contre la population palestinienne[12].

Soutien israélien

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Le gouvernement israélien s'est rapproché des réseaux criminels ou djihadistes palestiniens pour combattre le Hamas et ses alliés pendant la guerre de Gaza[27]. Ainsi, en plus de celui de Yasser Abou Shebab, Israël a fait appel à un autre gang dirigé par le trafiquant Shadi Al-Soufi, qui était lui aussi emprisonné à Gaza avant la guerre. L’État hébreu a aussi tenté de retourner l'influent clan Doghmush, dont est issu le groupe djihadiste Jaïch al-Islam[27].

Selon l'historien Jean-Pierre Filiu, en parrainant le crime organisé et le djihadisme, le Premier ministre Benyamin Netanyahou chercherait à affaiblir le Hamas mais aussi à écarter l'Autorité palestinienne de la gouvernance de la bande de Gaza par crainte qu'elle ne relance la « solution à deux États », une hypothèse fermement combattue par son gouvernement[8],[28].

Mairav Zonszein, analyste à l’International Crisis group, estime qu'« Israël sait pertinemment ce qu’il fait. Il expose les Palestiniens à une violence et un chaos sans fin qui justifieront son rejet et son intransigeance face à une solution juste ». Hugh Lovatt, spécialiste de la Palestine à l’European council for foreign relations (ECFR), note pour sa part que « cette stratégie d’affaiblissement des groupes palestiniens permet aussi de marginaliser, voire de supprimer les mécanismes humanitaires de l’ONU. Et d’encourager le nettoyage ethnique de l’enclave en provoquant l’effondrement de l’ordre public, pour pousser les Palestiniens à quitter Gaza »[27]. Le secrétaire général adjoint de l’ONU a dénoncé la volonté israélienne de rendre « dangereux de protéger les convois d’aide, alors qu’on peut les piller sans danger »[8].

Pour Le Figaro, cette stratégie « pragmatique mais risquée » avait déjà été utilisée dans les années 1970 et 1980, lorsque Israël avait soutenu l'émergence du Hamas et d'autres petits mouvements islamistes afin d'affaiblir l'Organisation de libération de la Palestine[29].

Liens potentiels avec l’État islamique

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Le groupe d'Abou Shabab opère sous les noms de « Forces populaires » et « Unité antiterroriste », et de nombreuses sources arabes l'ont accusé d'avoir des tendances idéologiques radicales. Selon The New Arab, un journal basé à Londres, la milice a progressivement évolué d'un gang criminel peu organisé vers un groupe salafiste-djihadiste inspiré notamment par l'État islamique. Il a également déclaré que le groupe n'a changé de nom, passant de « Unité antiterroriste » à « Forces populaires », qu'en , peut-être pour cacher ses anciennes affiliations[30],[31].

L'ancien ministre israélien de la Défense Avigdor Liberman, un responsable de la sécurité israélienne anonyme et le ministère de l'Intérieur de la bande de Gaza ont affirmé que les Forces populaires étaient affiliées à l'État islamique[2],[32],[33].

Depuis décembre 2025, le gang est dirigé par Ghassan al-Duhaini, un ex-membre de Jaysh al-Islam, un groupe jihadiste palestinien apparenté à l’État islamique[34].

Notes et références

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  1. arabe : القوات الشعبية.
  1. (en) Einav Halabi, Yossi, « Gaza militia leader Israel is arming to challenge Hamas: Who is Yasser Abu-Shabab? », Ynet News, (lire en ligne)
  2. 1 2 « Israel arms ‘criminal gangs' in Gaza: Ex-defense minister », Yeni Şafak, (consulté le )
  3. (en) Tareq Hajjaj, « Inside the Hamas unit fighting Israeli-armed gangs that loot aid and facilitate displacement in Gaza », Mondoweiss, (consulté le )
  4. 1 2 (en-GB) Lorenzo Tondo, « Israel accused of arming Palestinian gang who allegedly looted aid in Gaza », The Guardian, (lire en ligne)
  5. (en) « TRT Global - Netanyahu admits Israel supporting anti-Hamas 'criminal gang' in Gaza », TRT,
  6. 1 2 3 (en-US) Emanuel Fabian, Yohanan, Freiberg et Staff, « Israel providing guns to Gaza gang to bolster opposition to Hamas », The Times of Israel,
  7. (en) « Netanyahu Says Israel Fighting Hamas 'In Various Ways' Amid Claims It Armed ISIS-affiliated Gaza Militia », Haaretz,
  8. 1 2 3 4 5 6 « Un gang de pillards au service d’Israël dans Gaza », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
  9. (en) Sally Ibrahim, « Gaza: Hamas security forces kill 20 aid looters 'linked to Israel, ISIS' », The New Arab, (consulté le )
  10. (en) « Israel army allows looting of aid convoys in Gaza », Middle East Monitor, (consulté le )
  11. 1 2 (en-US) Adam Rasgon, Aaron, « Organized Looting Throws Gaza Deeper Into Chaos », The New York Times, (lire en ligne)
  12. 1 2 Patrick Angevin, « Dans la bande de Gaza, Israël arme des Palestiniens contre le Hamas », Ouest-France, (lire en ligne)
  13. (en) Jana Tauschinski, Malaika Kanaaneh, « How gangsters took over Gaza’s aid routes », Financial Times, (lire en ligne)
  14. (en) Sam Doak, « How the rollout of new Gaza aid system collapsed into chaos », Sky News,
  15. « A Gaza, le pillage de l’aide humanitaire sous l’œil de l’armée israélienne », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
  16. « Que sait-on sur Yasser Abu Shabab, l’homme accusé de pillage à Gaza ? », sur Les Observateurs - France 24, (consulté le )
  17. (en) Itamar Eichner, Einav, « Liberman accuses Netanyahu of arming ISIS-linked militias in Gaza; PM’s office offers no denial », Ynetnews, (lire en ligne, consulté le )
  18. (en) « Yasser Abu Shabab: Gaza's New Strongman Or Israel's Proxy? », NDTV,
  19. (en) « Militia leader calls for East Rafah residents to come under his protection », i24NEWS,
  20. (en-GB) Lorenzo Tondo, « Israel accused of arming Palestinian gang who allegedly looted aid in Gaza », The Guardian, (lire en ligne, consulté le )
  21. (en) Einav Halabi, Yossi, « Gaza militia leader Israel is arming to challenge Hamas: Who is Yasser Abu-Shabab? », Ynetnews, (lire en ligne, consulté le )
  22. (en-US) « Did Israel covertly arm Gaza's ISIS-linked militia? », Israel Hayom,
  23. (en) « Israel opposition leader says Netanyahu arming 'equivalent of Isis' gangs in Gaza », sur Middle East Eye (consulté le )
  24. (en) « Netanyahu admits Israel backing ‘criminal’ groups, rivals of Hamas, in Gaza », Al Jazeera,
  25. (en) « Israel arming ISIL affiliated gang to loot aid in Gaza », MEHR News Agency,
  26. (en) Nidal Al-Mughrabi, Nidal, « Hamas-led groups execute four for looting aid trucks amid some Gaza dissent », Reuters, (lire en ligne)
  27. 1 2 3 4 Samuel Forey, « A Gaza, Israël promeut des milices anti-Hamas liées à des réseaux criminels », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
  28. « Le pari perdu de Nétanyahou sur les clans de Gaza », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
  29. Toscane O'Sullivan, « Le jeu dangereux d’Israël avec le Hamas et les milices palestiniennes », sur Le Figaro,
  30. (en) « Who are the ‘ISIS-linked, aid-stealing’ Gaza militia supported by Israel? », The New Arab,
  31. (ar) Mahmoud Al-Aila, « Aid is a weapon of war... Reproducing Lapid's army in Gaza », Al-Araby Al-Jadeed,
  32. (en-US) Kieron Monks, « The 'Isis-linked' bandit gang working with Israel in Gaza », The i Paper, (consulté le )
  33. (en) Sally Ibrahim, « Gaza: Hamas security kill aid looters ’linked to Israel, ISIS’ », The New Arab, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  34. (en) « Who is Ghassan al-Duhaini, Abu Shabab’s successor? », sur Al Jazeera

Articles connexes

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