La forme scolaire est un concept en histoire et sociologie de l’éducation forgé par Guy Vincent au début des années 1980 pour désigner un mode spécifique de socialisation et de transmission des savoirs[1] qui s’est imposé avec l’école moderne, caractérisé par un temps dédié, un espace spécifique et des règles propres à l’institution scolaire.

Ce concept renvoie à une certaine organisation de l'éducation à la fois temporelle, spatiale, didactique, relationnelle et règlementaire[2].

Il s'agit d'une forme institutionnalisée de transmission de valeurs, de capacités, de savoirs, assumée par des professionnels et suivant des règles concernant le comportement des apprenants et enseignants

Histoire

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La notion de « forme scolaire » a été introduite en 1980 par le sociologue et philosophe français Guy Vincent[3] pour désigner la forme de transmission de savoirs et de savoir faire qui se développe entre le XVIe siècle et le XVIIIe siècle dans l'Occident[4]. Son objectif est de comprendre ce qui fait l’unité, la spécificité et la pérennité de l’école.

Pour Guy Vincent, la forme scolaire est un mode de transmission qui privilégie l'écrit, entraîne la séparation de « l'écolier » par rapport à la vie adulte, ainsi que du savoir par rapport au faire. En outre, elle exige la soumission à des règles et à une discipline spécifique[5].

Il la définit comme une relation pédagogique combinant :

  • Un temps dédié (un temps dédié aux heures de classe, à la récréation ou à l’étude) ;
  • Un espace spécifique (l’école, la salle de classe et son organisation avec des rangées de tables, une estrade, un tableau) ;
  • Des règles (comme l’immobilité, le silence, l’écoute et le travail).

La forme scolaire s’est rapidement imposée comme un concept central dans le champ des recherches en éducation où différentes définitions coexistent comme le soulignent Olivier Maulini et Philippe Perrenoud :

« Si tous les chercheurs, sociologues et historiens notamment, définissaient de la même manière la forme scolaire, il suffirait de citer la définition canonique. Ce n’est pas aussi simple, car les traits distinctifs de cette forme ne font pas l’objet d’un consensus. Ceci n’a rien d’étonnant, puisque c’est une abstraction construite à partir d’une grande diversité de pratiques et d’organisations concrètes, une sorte d’idéal-type. »[6]

L'usage initial du concept, tel que conçu par Guy Vincent, vise à décrire, schématiser et analyser la « forme » particulière des écoles de Jean-Baptiste de La Salle telles qu'elle s'instituent au XVIIe siècle[7]. C'est donc un usage descriptif qui renvoie à une forme d’organisation historiquement située.

Par la suite, le concept de forme scolaire, très largement adopté par les chercheurs, a fait l'objet d'une extension à d'autres contextes. Il est dès lors courant de parler de « formes scolaires » au pluriel.

Notes et références

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  1. Julie Delalande et Diane Bedoin, « Édito - Interroger la forme scolaire : pour quoi faire ? », Recherches en éducation, no 56, (ISSN 1954-3077, DOI 10.4000/12qxn, lire en ligne, consulté le )
  2. Christophe Joigneaux, « Forme scolaire », dans Agnès Henriot-Van Zanten et Patrick Rayou, Dictionnaire de l’éducation, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Quadrige », , 2e éd. (ISBN 978-2-13-062808-8), p. 444-447
  3. Guy Vincent, « Chapitre II. La forme scolaire », dans L’École primaire française : Étude sociologique, Lyon, Presses universitaires de Lyon, (ISBN 978-2-7297-0973-0, DOI 10.4000/books.pul.30093, lire en ligne), p. 33‑48
  4. La première définition de la forme scolaire proposée par Guy Vincent en 1980 est aussi neutre que générale : « l’ensemble et la configuration des éléments constitutifs de ce que nous appelons l’école ».
  5. Guy Vincent, Bernard Courtebras et Yves Reuter, « La forme scolaire : débats et mises au point:Entretien de Guy Vincent avec Bernard Courtebras et Yves Reuter », Recherches en didactiques, vol. 13, no 1, , p. 109–135 (ISSN 2116-9683, DOI 10.3917/rdid.013.0109, lire en ligne, consulté le )
  6. Olivier Maulini et Philippe Perrenoud, « La forme scolaire de l'éducation de base : tensions internes et évolutions », dans Les formes de l'éducation : variété et variations, De Boeck Supérieur, , 147–168 p. (ISBN 978-2-8041-4956-7, lire en ligne), p. 148
  7. Manuel Perrenoud, Andreea Capitanescu Benetti et Sandrine Aeby Daghé, « Introduction : le concept de forme scolaire à l’épreuve de ses usages », Raisons éducatives, vol. 27, no 1, , p. 17–31 (ISSN 1375-4459, DOI 10.3917/raised.027.0017, lire en ligne, consulté le )

Voir aussi

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Bibliographie

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Lien externe

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