Fort Canning Hill

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Fort Canning Hill[Notes 1] (ou Fort Canning), est une colline proéminente d'environ 48 m de haut, dans la partie sud-est de Singapour, dans la zone centrale qui forme le quartier central des affaires de Singapour.

Fort Canning Hill
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Cette colline, point culminant à proximité du centre-ville, possède une longue histoire intimement liée à celle du pays. Elle est également un lieu prisé pour les expositions, les concerts et les activités de plein air.

Étymologie

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La colline de Fort Canning doit son nom au vicomte Charles John Canning, premier vice-roi des Indes. Les Malais l'appelaient Bukit Larangan (« Colline Interdite »). Cette appellation était due à la croyance qu'elle abritait les sépultures des rois de l'ancien Singapour et qu'elle était hantée[1].

On pense également qu'un palais se dressait autrefois sur la colline. Un établissement situé sur cette colline au XVe siècle est mentionné sous le nom de Ban Zu (du malais pancur) par le voyageur Wang Dayuan, de la dynastie Yuan. Plus tard, Sir Stamford Raffles y fait construire sa résidence, qui servit également de résidence à d'autres résidents et gouverneurs. Le lieu est alors connu sous le nom de « Government Hill » jusqu'à son changement de nom en « Fort Canning » en 1861, date à laquelle un fort militaire y est construit[1]. Aujourd'hui, il abrite le réservoir de Fort Canning et le parc du même nom.

Histoire

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Temasek(淡马锡)/Ban Zu

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Début de la période coloniale

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Dessin ancien de la ville de Singapour datant de 1823, avec Fort Canning Hill en arrière-plan, connu simplement sous le nom de « La Colline » dans les premières années.

Le , Temenggong Abdul Rahman et le sultan Hussein Shah signèrent le traité de Singapour avec Stamford Raffles. Le major William Farquhar, accompagné de quelques Malais de Malacca, gravit le Bukit Larangan. Farquhar installa le premier canon et dressa le poste pour hisser l'Union Jack au sommet de la colline, marquant ainsi la naissance de Singapour en tant que colonie britannique. Raffles nomma Farquhar premier résident et commandant de Singapour le même jour. Avant de partir le lendemain, Raffles confia à Farquhar des instructions concernant l'administration de la nouvelle colonie britannique. La colline fut par la suite connue sous le nom de colline de Singapour[2].

Fortification et usage militaire

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La porte du fort Canning.

En 1859, l'absence de défense portuaire entraîne l'utilisation de la colline à des fins militaires. La résidence du gouverneur est démolie et un fort comprenant un dépôt d'armes, des casernes et un hôpital est construit. Le fort est achevé en 1861 et baptisé Fort Canning en l'honneur du vicomte Charles John Canning, alors gouverneur général et premier vice-roi des Indes[3]. Un rapport recommandait d'importantes fortifications, ce qui inquiéta les commerçants, qui craignaient qu'une forteresse de cette envergure ne nuise au commerce[4]. Finalement, des quartiers d'officiers et une série de plates-formes supportant sept canons de 68 livres furent construits face à la mer. En 1867, huit canons à obus de 8 pouces et deux canons à obus de 13 pouces furent ajoutés[3]. Cependant, les fortifications furent considérées comme un échec dès le départ, car les navires pouvaient facilement s'approcher suffisamment pour détruire la ville tout en restant hors de portée des canons du fort. De plus, l'absence d'approvisionnement en eau rendait le fort inutilisable comme refuge[4].

Canon de 9 livres.

En 1907, l'ancien fort est démoli ; seuls subsistent la porte et deux canons de neuf livres[3]. Un quartier général militaire, connu sous le nom de « Quartier général du commandement de Malaisie », est alors construit, avec des pièces souterraines servant de centre d'opérations[5]. Sous l'armée britannique, il servit de quartier général au district de base de Singapour jusqu'à l'extension de la Seconde Guerre mondiale à l'Asie-Pacifique en 1941. Achevé en 1938, ce « bunker » comprenait trente pièces et disposait de son propre générateur[6]. Le , le lieutenant-général Arthur Ernest Percival capitula à Singapour face aux Japonais. Ces derniers utilisèrent également les bâtiments, tant en surface que souterrains, à des fins militaires jusqu'à la fin de l'occupation en 1945, date à laquelle l'armée britannique repren le contrôle de la ville. Le bunker souterrain est cependant abandonné, mais il rouvre ses portes le en tant qu'attraction touristique sous le nom de « The Battle Box (en) »[7].

Alors que l'île s'orientait vers l'autodétermination, les Britanniques cèdent le contrôle du fort aux forces armées singapouriennes en 1963. Le fort abrite le quartier général de la 4e brigade d'infanterie malaisienne jusqu'en , date à laquelle il est à son tour remis aux Forces armées de Singapour. Ces dernières y construisent ensuite l'École de commandement et d'état-major de Singapour, qui ouvre officiellement ses portes le .

Réservoir de Fort Canning

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La construction du réservoir de Fort Canning débute en 1927 et s'achève en 1929. Il est bâti au sommet de la colline, à l'emplacement d'une ancienne caserne et d'une place d'armes du fort démoli. Les fouilles menées en 1928 pour la construction du réservoir ont permis de découvrir un trésor de bijoux en or de style javanais datant du milieu du XIVe siècle[8]. Le réservoir est couvert et son accès est restreint.

Escalator du parc Fort Canning
L'entrée du parc Fort Canning sur Hill Street
Une poterne sur la colline de Fort Canning
Le « The Battle Box (en) », Centre de Commandement souterrain d'Extrême-Orient
Pierres tombales du cimetière de Fort Canning Green, déplacées du cimetière de Bukit Timah
Centre Fort Canning

Van Kleef Aquarium

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Attractions

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Quelques points d'intérêt que l’on peut trouver dans le parc[9],[10] :

  • Centre culturel de Fort Canning : le centre culturel de Fort Canning était autrefois la caserne de l'armée britannique. Dans les années 1920, l'armée britannique choisit Fort Canning comme quartier général de ses bases de défense afin de protéger les intérêts britanniques en Asie du Sud-Est.
  • Maison Raffles : Sir Stamford Raffles fit construire sa maison sur Government Hill lors de son troisième et dernier séjour à Singapour[3].
Keramat Iskandar Shah.
  • Keramat Iskandar Shah : le Keramat Iskandar Shah est un lieu sacré dédié à Iskandar Shah (que l'on pense être la même personne que Parameswara), le dernier souverain de Singapour au XIVe siècle avant sa fuite à Malacca pour échapper à une attaque siamoise. Bien que portant son nom, les érudits pensaient que ce keramat ne pouvait être le tombeau d'Iskandar Shah, car il était mort à Malacca et enterré au nord de la ville. Aucune trace de sépulture n'a été trouvée sur ce site et l'origine de son association avec Iskandar Shah demeure obscure[11].
  • Site de fouilles archéologiques : en 1984, l'archéologue John Miksic et son équipe ont entrepris des fouilles archéologiques qui se poursuivent encore aujourd'hui. Parmi les artefacts mis au jour figurent des fragments de porcelaine, de faïence et de verre. Ces vestiges suggèrent la présence d'un palais d'un royaume malais sur la colline de Fort Canning, avec peut-être des ateliers de verrerie et d'orfèvrerie.
Sang Nila Utama Garden, Fort Canning Hill, Singapore.
Jardin Sang Nila Utama.
  • Jardin Sang Nila Utama : l'un des neuf jardins historiques ouverts en 2019, il porte le nom du prince de Palembang qui a fondé les débuts de Singapour. Son architecture s'inspire des célèbres jardins d'Asie du Sud-Est. Parmi ses caractéristiques architecturales, on trouve notamment une série de portes javanaises à double battant et un bassin réfléchissant[12].
  • Phare de Fort Canning : construit initialement en 1903, le phare de Fort Canning était l'un des treize phares importants guidant les navires traversant le détroit de Malacca. Il fut désaffecté en 1958 en raison de la multiplication des immeubles de grande hauteur à Singapour, qui obstruaient sa visibilité depuis la mer. Une réplique fut érigée ultérieurement sur la colline de Fort Canning pour commémorer son rôle dans l'histoire maritime de Singapour[13].

Notes et références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Fort Canning Hill » (voir la liste des auteurs).
  1. Anciennement Government Hill, Singapore Hill et Bukit Larangan (Forbidden Hill en malais).

Références

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  1. 1 2 « Forbidden hill of beauty », The Straits Times, , p. 3 (lire en ligne, consulté le )
  2. Lydia Aroozoo, « Fort Canning stands on 'Forbidden Hill' », The Singapore Free Press, , p. 6 (lire en ligne, consulté le )
  3. 1 2 3 4 « Fort Canning Park », Singapore Infopedia, National Library Board
  4. 1 2 Gretchen Liu, Singapore: A Pictorial History, 1819-2000, Psychology Press, (ISBN 978-0-7007-1584-8, lire en ligne)
  5. Singapore's 100 Historic Places, Archipelago Press, , 28–29 p. (ISBN 978-981-4068-23-9)
  6. Wong Heng, « Fort Canning Bunker », sur Singapore Infopedia, National Library Board,
  7. « Fort Canning Bunker », sur Singapore Infopedia, National Library Board
  8. R.O. Winstedt, « Gold Ornaments Dug Up at Fort Canning, Singapore' », Journal of the Malayan Branch of the Royal Asiatic Society, vol. 6, no 4, , p. 1-4 (lire en ligne)
  9. « Your Guide to Colonial History Trail in Fort Canning Park », sur National Parks
  10. « Your Guide to Sculpture Trail in Fort Canning Park », sur National Parks
  11. John Miksic, Singapore and the Silk Road of the Sea, 1300–1800, NUS Press, (ISBN 978-9971695743, lire en ligne), p. 214
  12. (en-US) « Fort Canning Park Singapore - Guide And Things To Do », (consulté le )
  13. « Fort Canning Lighthouse », sur Maritime and Port Authority of Singapore (consulté le )

Liens externes

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