Fort Saint-Pierre de la Martinique
Le Fort Saint-Pierre de la Martinique était un fort militaire situé à Saint-Pierre, au milieu du quartier Saint Pierre (par la suite quartier du Fort). Il est construit en 1635 et démoli en 1837.
| Fort Saint-Pierre de la Martinique | |||
| Nom local | Fort Villaret | ||
|---|---|---|---|
| Type | Fort militaire | ||
| Début construction | 1635 | ||
| Fin construction | 1695 | ||
| Destination initiale | Fort militaire | ||
| Coordonnées | 14° 44′ 55″ nord, 61° 10′ 44″ ouest | ||
| Pays | |||
| Région historique | Martinique | ||
| Quartier | Fort | ||
| Commune | Saint-Pierre | ||
| Géolocalisation sur la carte : Petites Antilles
Géolocalisation sur la carte : Martinique
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Histoire
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Le , le flibustier Pierre Belain d'Esnambuc, gentilhomme normand, arrive en vue de l’île de la Martinique[1],[2]. Il commande 100 hommes, choisis parmi les vétérans de la colonie de Saint-Christophe, et est muni d'abondante provision d'armes. Il jette l’ancre au nord de la côte Caraïbe, à l’embouchure d’une rivière qu'il baptise du nom de son navire amiral « Roxelane ». Il fait chanter le Te Deum et prend possession de l’île au nom du roi de France, des seigneurs de la Compagnie des îles d'Amérique et de la Sainte Église catholique, apostolique et romaine.
Des escarmouches ont lieu avec la population de l'île, les Caraïbes ; l'armement européen fait la différence. Des accords sont passés avec les chefs caraïbes : ils laissent les hommes de d'Esnambuc s'installer sur la côte. Afin de protéger la colonie des indiens, d'Esnambuc édifie un fortin en bois au bord de la mer, sur la rive droite de l'embouchure de la Roxelane ; il le voue à son saint patron en le nommant Fort Saint-Pierre de la Martinique et le renforce de canons. Il fait défricher un terrain alentour, y trace les limites d'une habitation, et y plante du manioc et des pommes de terre. Cette installation dure six mois ; il rentre ensuite à Saint-Christophe.
Les habitations installées aux environs du fort, le long de la mer et sur les mornes voisins, commencent à former un bourg : il prend le nom de Fort Saint-Pierre de la Martinique.
Une querelle s’élève entre Caraïbes et Français. Les Caraïbes de Madinina s'embarquent dans des pirogues et vont chercher de l'aide sur Wai'tu kubuli, Karukera et Hairoun. Ils reviennent au nombre d'environ 1 500. Le lieutenant à la Martinique, Jean du Pont, fait rentrer les colons dans le fort et prépare trois canons chargés à mitraille. Il recommande aux colons de ne pas se montrer ; les Caraïbes croient les Français ont fui, viennent à portée des canons. Un carnage s'ensuit. Les colons vont agrandir leur domaine autour du fort, qui reste leur quartier général.
Un fort en pierres maçonnées est bâti pour le roi en 1665 par M. de Closdoré, gouverneur de la Martinique, sous l'autorité de la Compagnie française des Indes occidentales. Il est peu imposant au début, bâti pour réprimer les séditions des habitants contre la compagnie et le système de l'Exclusif.
En 1671, le Fort Saint-Pierre devient la résidence du gouverneur-général des îles du vent lorsque le représentant du roi, le comte de Baas-Castelmore, y transfère le gouvernement général des îles, au détriment de Basse-Terre de Saint Christophe. Celui-ci s'installe ensuite à Fort-Royal en 1674.
En 1695, un ouragan emporte la moitié du fort située du côté de la mer, avec la batterie de l'angle du côté de la rivière. Les travaux se limitent à relever le mur et faire une plateforme sur l'angle où étaient des bâtiments (ils servaient en partie de logement au gouverneur-général). Le , un nouvel ouragan, estimé de catégorie 5 dans l'échelle de Saffir-Simpson, frappe la côte-sous-le-vent de la Martinique. Le fort ne résiste pas aux vagues de plus de 8 mètres.
Vers 1820, le Fort Saint-Pierre prend le nom de « Fort Villaret », du nom de l'ancien gouverneur Villaret de Joyeuse, qui défend la Martinique contre les Britanniques en 1809.
Il est démoli en 1837 ; un entrepôt des douanes, accordé au port de Saint-Pierre par la loi du [3], figure à l'emplacement du fort sur les plans de la ville de Saint-Pierre de la fin de la première moitié du XIXe siècle ; le marché du Fort occupe l'emplacement de la place d'armes.
Description
modifierLe Fort Saint-Pierre de la Martinique a la forme d'un carré long dont un des longs côtés, du côté de la mer, est percé de plusieurs embrasures pour défendre la rade de Saint-Pierre. Le côté opposé est flanqué de deux tours rondes avec des embrasures pour mettre quatre pièces de canons à chacune. La muraille qui joint ces tours est percée de meurtrières, sans postes, chemins couverts, ou palissades. Le troisième côté est bordé par la rivière Roxelane au sud.
La porte du fort est du côté de la place d'armes ; elle est couverte par une longue cour murée du côté de la mer et avec seulement des meurtrières et palissades du côté de la place. L'extrémité nord de la cour est occupée par un corps de garde, une chapelle et un petit logement pour un chapelain.
Le fort est renforcé de tous les côtés, excepté de celui de la mer.
La place d'armes, qui est devant le fort, du côté du bourg, peut avoir cinquante toises en carré. Le fort fait un des côtés de la place, les trois autres étant bordés par des maisons de ville[4]. Sur cette place, était rendue la justice.
Références
modifier- ↑ La Martinique devient française Source : Hérodote
- ↑ Revue historique de l'Ouest, Volume 15 Régis Marie, 1889.
- ↑ Ordonnance royale du 31 août 1838 publiée en France portant création d'entrepôts réels de douane à la Martinique et à la Guadeloupe, Le Moniteur, 1838
- ↑ Marin Saugrain, Cl., Dictionnaire universel de la France ancienne & moderne, et de la Nouvelle-France, Tome troisième, Saugrain Père-Veuve J. Saugrain et Pierre Prault, Paris, 1726, p. 1340