Fort St. John
Fort Saint John ou Fort Saint-Jean[a] est une ville du nord-est de la Colombie-Britannique, dans le district régional de Peace River, sur la rivière de la Paix. Elle compte plus de 21 000 habitants. La ville hérite son nom d'une série de postes de traite qui se succèdent à partir de 1794, destinés au commerce des fourrures entre Européens et Dane-zaas autochtones. La ville se développe à partir des années 1950, avec la prospection et l'exploitation de gisements d'hydrocarbure dans son voisinage.
| Fort St. John | ||
Vue aérienne de Fort Saint John. | ||
| Administration | ||
|---|---|---|
| Pays | ||
| Province | ||
| Région | Peace River | |
| Statut municipal | cité | |
| Maire | Lilia Hansen | |
| Constitution | et | |
| Démographie | ||
| Population | 21 465 hab. (2021 |
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| Densité | 944 hab./km2 | |
| Code géographique | 5955034 | |
| Géographie | ||
| Coordonnées | 56° 15′ 09″ nord, 120° 50′ 47″ ouest | |
| Superficie | 2 274 ha = 22,74 km2 | |
| Divers | ||
| Fuseau horaire | UTC-7 | |
| Localisation | ||
| Géolocalisation sur la carte : Colombie-Britannique
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| Liens | ||
| Site web | fortstjohn.ca | |
| modifier |
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La devise de la cité est : Fort Saint John: The Energetic City (« Fort Saint John : La cité énergique »).
Histoire
modifierPremiers peuples
modifierLa région de Fort Saint John est peuplée traditionnellement par les Dane-zaas (Castors) et Sekanis[1]. Les plus anciennes traces de peuplement connues remontent à 10500 ans, à la grotte du lac Charlie (Tse'K'wa) à cinq kilomètres au nord-ouest de la ville. La grotte comprend une seule salle de 6 m par 4,5 m. C'est toutefois sur le seuil à l'entrée de la grotte qu'ont été trouvés la plupart des vestiges. Le matériel retrouvé est constitué d'outil en pierre et de pointes de flèche cannelées en basalte ou en silex ainsi qu'une perle en forme de tube. Cette dernière constitue le plus ancien ornement retrouvé au Canada. Des restes de foyers et d'animaux témoignent que le site est fréquenté épisodiquement pendant plus de 11 000 ans comme camp de chasse et de pêche. Entre 12000 et 10000 ans, l'environnement est dominé par la toundra et des boisements clairsemés auxquels succèdent vers 9000 ans la forêt boréale, les marais et les tourbières. La pêche dans le lac Charlie et le ruisseau Fish fourni le meunier (Catostomidae) tandis que la chasse concerne une faune variée : lièvre variable (Lepus americanus), herbivores et carnivores. À Pink Mountain, 100 km plus au nord, un site bordant un ancien lac pro-glaciaire à livré un matériel lithique semblable, pour une occupation s'étirant sur 3000 ans[2],[3].
Pionniers européens
modifierAlexander Mackenzie semble être, en 1793, le premier Européen à traverser la région lors de ses explorations vers l'Arctique. Dès l'année suivante, un poste de traite est installé : Rocky Mountain House au sud-ouest de la ville actuelle, au bord de la rivière de la Paix. Il s'agit du premier établissement européen de la Colombie-Britannique continentale. Il ferme en 1805, pour être rapidement remplacé. En 1806, lui succèdent le Fort d'Épinette et un petit établissement de Revillon Frères, ce dernier périclite rapidement. Le Fort d'Épinette est fondé par la Compagnie du Nord-Ouest en aval de la confluence avec la rivière Beatton. Lors du rachat de la compagnie de Nord-Ouest par la Compagnie de la Baie d'Hudson, en 1821, le fort est renommé Fort Saint John. Ce nouveau nom du poste est réputé lié à son ouverture pour la fête de la Saint-Jean Baptiste. Mais il ferme en 1823, après avoir été incendié par les autochtones dane-zaas. Il faut attendre les années 1860 pour qu'un nouveau poste rouvre sur la rive sud de la rivière de la Paix sous le même nom. Il déménage en 1872 sur la rive opposée. En 1910, Revillon Frères tente une nouvelle implantation sans succès. En 1925, le poste de traite de la compagnie de la Baie d'Hudson déménage à nouveau pour s'établir sur le ruisseau Fish sur la nouvelle route qui rallie Fort Nelson. Il fermera définitivement en 1975, alors que noyau urbain s'est déplacé un peu plus au sud[2],[1],[4],[5].
L'évêque catholique Henri Faraud de la congrégation des Oblats de Marie-Immaculée, vient en mission en 1866 auprès des Dane-zaas. En 1871, le prêtre anglican et futur évêque d'Athabasca, William Bompas, séjourne à Fort Saint John. Ce n'est qu'en 1890 qu'une première chapelle est construite[2],[6].
Lors de la ruée vers l'or du Klondike en 1898, les chercheurs d'or traversent la région par l'ancienne piste de Dunvegan. Les Dane-zaas menacent les chercheurs d'or qu'ils accusent de piller leurs ressources. En juin, 500 d'entre-eux bloquent la région, interdisant le passage aux mineurs et à la police montée. Ils protestent contre des vols de chevaux et la chasse des animaux à fourrure par les Européens et réclament un traité. L'année suivante les Dane-zaas signent le traité n°8 en vue de bénéficier de la reconnaissance de leurs droits de chasse, d'aides financières et matérielles du gouvernement canadien en échange du partage de leur territoire[7],[8],[5].
Colonisation agricole et urbanisation
modifierL'accès à la région est facilité à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle par le développement de la navigation à vapeur sur la rivière de la Paix, navigable sur un large tronçon entre les chutes Vermillon (Alberta) et Hudson's Hope. Parmi les plus célèbres figurent le Peace River, lancé en 1905, acceptant 25 passagers et 50 tonnes de fret pour 33.5 m de long ou le D. A. Thomas lancé en 1916 acceptant 160 passagers et 300 tonnes de fret pour près de 50 m de long. Ce dernier est actif jusqu'en 1930, il est alors retiré du service, victime du développement du chemin de fer[9].
À partir de 1913, la région de Fort Saint-Jean s'ouvre à la colonisation. Le gouvernement fédéral vend les terres du Peace River Block, une région de 14 000 km2. Le produit de la vente est utilisé pour financer la portion britanno-colombienne des chemins de fer transcontinentaux. À la fin des années 1920, la région connait un nouvel afflux de fermiers qui fuient la sécheresse du sud des Prairies. Ils sont encouragés par le 2d Homestead Act. En 1928, C.M. Finch, établi le site moderne de Fort Saint John sur le plateau dominant la rivière de la Paix. Il y construisant un magasin, l'édifice gouvernemental comprenant le bureau des terres, la poste et le télégraphe. Il y cède aussi des terres pour la construction de l'église catholique et de l'hôpital[2],[4]. En 1931, une meunerie est fondée donnant un débouché à l'agriculture régionale[10].
En 1934, la région est marquée par le passage de la croisière blanche menée par Charles Bedaux. En 1942, face à la menace d'attaque japonaise, l'armée américaine et le gouvernement canadien construisent la route de l'Alaska entre Dawson Creek et Delta Junction qui permet de relier Edmonton à Fairbanks en passant par Fort Saint John[2],[4].
En 1914, la bande dane-zaa menée par le chef Montagneuse obtient la réserve de Monteney 172, aussi appelée réserve St. John, d'une superficie de 73,5 km2. Toutefois, en 1946, la réserve constituée de terre à fort potentiel agricole et jugée sous exploitée par les Dan-zaas est vendue pour 70 000 $. Ces terres permettent de lotir 42 vétérans de la seconde guerre mondiale. Les Dane-zaas obtiennent par ailleurs de nouvelles réserves[11].
Hydrocarbures et développement économique
modifierLa prospection des hydrocarbures dans la région de la rivière de la Paix débute entre 1913 et 1916, lorsque lord Rhondda, un magnat gallois du charbon prospecte pour trouver du charbon ou du pétrole sans succès. En 1914, un agriculteur identifie un suintement de pétrole sur les rives de la rivière Pouce Coupé. En 1922, Imperial Oil entreprend un forage près de Rolla où elle découvre du gaz, mais le puits est abandonné, la recherche portant sur le pétrole. En 1948, la compagnie Petroleum and Natural Gas fore le premier puits de gaz naturel exploitable économiquement du côté britanno-colombien du champ d'hydrocarbure de Pouce Coupé[12].
Au nord de la rivière de la Paix, il faut attendre 1951 pour qu'un premier forage atteigne, près de Fort Saint-Jean, un gisement de gaz à 1524 m de profondeur. L'année suivante un forage gazier profond atteint 4418 m. Au début des années 1960, Fort Saint-Jean devient le premier centre de la prospection des hydrocarbures dans la région de la rivière de la Paix devant sa voisine du sud Dawson Creek[2],[12]. En 1958, le chemin de fer, de la compagnie provinciale de la Pacific Great Eastern (P. G. E.), arrive à Fort Saint Jean après plusieurs décennies d'attente. Il relie la ville au reste de la Colombie-Britannique par Chetwynd et Prince George. Il se connecte aussi au chemin de fer de l'Alberta à Dawson Creek. La construction de la ligne se poursuit au nord de la ville, elle atteint en 1971 Fort Nelson[13],[14].
Situation
modifierFort Saint John se situe au nord-est de la province canadienne de la Colombie-Britannique dans le district régional de Peace River. Elle est la principale ville du district régional devant son chef-lieu : Dawson Creek. Elle est enclavée dans l'aire électorale C. La ville s'étend sur 32,67 km2, entre 600 et 717 m d'altitude. Du point de vue hydrographique, la ville est à proximité de la rive nord de la rivière de la Paix (1 km) et de la rive sud de la rivière Beatton (5 km). Elle borde le ruisseau Fish respectivement sous-affluent et affluent de ces deux cours d'eau. Le barrage hydroélectrique du Site C sur la rivière de la Paix est au sud-ouest de la ville[15],[16],[17],[18],[19].
Transport
modifierFort Saint John se situe sur la route de l'Alaska (BC 97) entre Taylor (15 km), Dawson Creek (75 km), Grande Prairie (200 km) au sud et Fort Nelson (380km) au nord. L'intersection avec la route provinciale BC 29, à Charlie Lake, au nord de la ville permet de rejoindre Hudson's Hope (85 km) vers l'ouest. De plus, la route du lac Cecil rejoint vers l'est la frontière de l'Alberta (65 km) et la route albertaine 64 puis Fairview (190 km). La ville bénéficie aussi d'une desserte ferroviaire ainsi que d'un aéroport : l'aéroport régional de North Peace. Des vols quotidiens sont proposés à destination de Calgary ou Vancouver par les compagnies Air Canada et WestJet[17],[20].
Démographie
modifierLa population de Fort Saint John atteint 21 465 habitants au recensement de 2021 soit une augmentation de 5,9% par rapport au recensement précédent de 2016. L'aire électorale C qui enclave la ville compte 5 947 habitants sur 568 km2[16].

Administration
modifierLa municipalité de Fort St. John a le statut de cité. Elle est dirigée par un conseil municipal composé d'un maire et de six conseiller élus pour quatre ans. Depuis 2022, Lilia Hansen est mairesse de la ville[27]. La municipalité fait partie du district régional de Peace River où elle nomme 2 des 12 directeurs qui y dispose de 8 voix sur 27 lors des votes à majorité pondérée[28].
| 1971-1977 | 1977-1980 | 1980-1986 | 1986-1990 | 1990-2005 | 2005-2008 | 2008-2011 |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Peter Frankiw[29] | Patrick Walsh[29] | Brian Palmer[29] | Patrick Walsh[29] | Stephen Thorlakson[29] | Jim Eglinski[29] | Bruce Lantz[29] |
| 2011-2022 | 2022-2026 | |||||
| Lori Ackerman[30],[31] | Lilia Hansen[27] |
Fort St. John est incluse dans les circonscriptions législatives de Peace River North pour les élections provinciales et de Prince George—Peace River— Northern Rockies pour les élections fédérales[32],[33].
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ La forme française, Fort Saint-Jean, est par exemple utilisée dans la version française du « Rapport de recherches sur les traités - Traité n°8 » de Dennis Madill.
Références
modifier- 1 2 (en) « Visit Fort St. John », sur Fort St.John (consulté le ), History & Heritage
- 1 2 3 4 5 6 (en) Murray Lundberg, « The History of Fort St. John, British Columbia », sur ExploreNorth (consulté le )
- ↑ (en) Alessandria Testani, Zooarchaeology and Ethnozoology at Tse'K'wa (Charlie Lake Cave), North Peace Region, British Columbia (thèse), Simon Fraser University, , 179 p. (lire en ligne), iii, 116-124
- 1 2 3 (en) Craig Baird, « The History Of Fort St. John », sur Canadian History Ehx, (consulté le )
- 1 2 (en) « Fort St. John City », sur BC Geographical Names (consulté le )
- ↑ Kerry M. Abel, « Bompas, William Carpenter », Volume XIII (1901-1910), sur Dictionnaire bibliographique du Canada, Université Laval / Université de Toronto, (consulté le )
- ↑ (en) Alessandria Testani, Zooarchaeology and Ethnozoology at Tse'K'wa (Charlie Lake Cave), North Peace Region, British Columbia (thèse), Simon Fraser University, , 179 p. (lire en ligne), p. 9-11
- ↑ Dennis F. K. Madill, « Rapport de recherches sur les traités - Traité no. 8 (1899) » [PDF], sur Gouvernement du Canada, Ministère des Affaires indiennes et du Nord Canada, (consulté le ), p. 5-13
- ↑ (en) G. R. Clare, « 03-019: Going up the River? », sur South Peace History Society, (consulté le )
- ↑ (en) « New Flour Mill at Fort St. John Opened Saturday », sur South Peace Historical Society, Peace River Block News, Rolla / Dawson Creek, (consulté le )
- ↑ (en) Dorthea Calverley, « 01-125: The “St. John Reserve” Agricultural Settlement », sur South Peace Historical Society (consulté le )
- 1 2 (en) Gerald Clare, « 12-020: History of the Oil & Gas Industry in the South Peace », sur South Peace Historical Society, (consulté le )
- ↑ (en) Dorthea H. Calverley, « The First P.G.E. Train Arrives at Fort St. John, Oct. 3, 1958 », sur South Peace Historical Society (consulté le )
- ↑ (en) « Pacific Great Eastern Railway Series » (fiche descriptive du fond d'archive), sur Northern BC Archives (consulté le )
- ↑ (en) « Peace River Regional District » [PDF], sur British Columbia, (consulté le )
- 1 2 3 « Statistique Canada - Recensement de 2021 - Tableau de Profil - Fort St. John, CY - PeaceRiver C (RDA) » (consulté le )
- 1 2 Les contributeurs d'OpenStreetMap, « Fort St. John, Peace River Regional District, Colombie-Britannique, Canada », sur OpenStreetMap (consulté le )
- ↑ « Fort St. John, Peace River Land District, Colombie-Britannique (Ville) », sur Toporama (consulté le )
- ↑ (en) « Electoral Map and Voting Stations », sur PRRD | Peace River Regional District (consulté le )
- ↑ (en) « Where is YXJ connecting you ? »
- ↑ Recensement du Canada de 1971 - Population : Tableaux chronologiques (subdivisions de recensement)., Ottawa, Statistique Canada, , 160 p. (lire en ligne), p. 2-115
- ↑ « Recensement du Canada de 1976 - Population : Répartition géographique - Divisions et subdivisions de recensement - Provinces de l'Ouest et les Territoires » [PDF], Ottawa, Bureau Fédéral de la Statistique, (consulté le ), p. 2-116
- ↑ « Profil du recensement pour le Canada, provinces et territoires, divisions de recensement et subdivisions de recensement, recensement de 1986 - Partie A », lien de téléchargement [IVT], sur Statistique Canada (consulté le )
- ↑ « Recensement de 1996 - Profil des secteurs - Fort St. John, C », sur Statistique Canada, (consulté le )
- ↑ « Statistique Canada - Profils des communautés de 2006 - Fort St. John » (consulté le )
- ↑ « Statistique Canada - Profils des communautés de 2016 - Fort St. John » (consulté le )
- 1 2 (en) « 2022 Candidates and Results », sur civicinfobc (consulté le )
- ↑ (en) « Peace River Regional District » [PDF], sur British Columbia, (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 (en) « 1949-2018 Council and Staff Historical Information » [PDF], sur Fort St. John, (consulté le )
- ↑ (en) Shailynn Foster, « From Prairies to Peace: Lori Ackerman’s journey », sur Energetic city, moose media, (consulté le )
- ↑ (en) « 2018 Candidates and Results », sur civicinfobc (consulté le )
- ↑ (en) « Electoral districts of British Columbia » [PDF] (carte), sur Elections BC, (consulté le )
- ↑ « Prince George–Peace River–Northern Rockies » (carte), sur Élections Canada, (consulté le )
Annexes
modifierArticles connexes
modifier- Parc provincial de Dunvegan, ancien fort et poste de traite sur la rivière de la Paix ;
- Baie de Nootka, premier établissement européen de Colombie-Britannique, sur l'île de Vancouver.
Liens externes
modifier- (en-CA) Site officiel
- Ressources relatives à la géographie :
- Ressource relative à la musique :
- (en) Cartes postales anciennes de la ville de Fort St.John sur le site Images of Prairie towns.
