Fort de Malonne
Le fort de Malonne est un des neuf forts semi-enterrés composant la position fortifiée de Namur établie à la fin du XIXe siècle en Belgique. Ce fort est construit de 1888 à 1892 selon les plans du général Brialmont. Contrairement aux forts français construits à la même époque par Séré de Rivières, ce fort était en béton non-armé, nouveau matériau pour l'époque, au lieu de maçonnerie. Lors de la bataille de Namur, le à 8h, le fort qui n'a subi aucun bombardement de la part de l'artillerie allemande est abandonné par sa garnison et se rend à une patrouille. Le fort de Malonne est remis à niveau en 1930 dans l'espoir de prévenir ou ralentir une, alors hypothétique, attaque allemande. En 1940, il subit d'intenses bombardements et est capturé le . Depuis 1991, le fort forme une réserve naturelle destinée à la protection des chauves-souris.
| Fort de Malonne | ||
| Lieu | Malonne |
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|---|---|---|
| Fait partie de | Position fortifiée de Namur | |
| Type d’ouvrage | Fort | |
| Construction | 1888-1892 | |
| Matériaux utilisés | béton non-armé | |
| Utilisation | Défense de Namur | |
| Utilisation actuelle | Réserve naturelle | |
| Ouvert au public | ||
| Appartient à | ||
| Contrôlé par | ||
| Guerres et batailles | Siège de Namur Campagne des 18 jours |
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| Coordonnées | 50° 26′ 40″ nord, 4° 48′ 30″ est | |
| Géolocalisation sur la carte : Belgique
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Description
modifierLe fort de Malonne est situé à 4,5 km au sud-ouest du centre de Namur sur la rive gauche de la Meuse entre le fort de Suarlée au nord et le fort de Saint-Héribert au sud-est.
Le fort de Malonne est un petit fort de forme quadrangulaire comme celui de Maizeret. Les petits forts de moins grande taille sont moins bien pourvus en artillerie et en personnel d'artillerie constitué de troupes de forteresse relevant de l'armée d'active.
L'armement principal est concentré sur le massif central, étroitement rassemblé sous un épais béton[1]. L'armement du fort de Malonne inclut une tourelle rotative avec un canon de 210 mm, une tourelle avec deux canons de 150 mm et deux tourelles avec un canon de 120 mm pour l'attaque à longue distance. L'artillerie lourde du fort était de fabrication allemande (Krupp) alors que les mécanismes des tourelles étaient d'origines diverses. Les canons utilisaient la poudre noire, ce qui produisait des gaz asphyxiant dans les espaces confinés et qui se propageaient dans le fort[2].
Il est entouré de fossés profonds de 6 mètres et larges de 8 défendus par trois tourelles rétractables équipées de canons de 57 mm pour la défense rapprochée. Sept canons de 57 mm à cadence rapide dans des casemates situées dans la contrescarpe.ainsi que deux canons mobiles équipent les casemates pour la défense des fossés et de la poterne[2],[3]. La défense des glacis est confiée aux fantassins à l'usage desquels des banquettes de tir coiffent le massif central.
Le fort possède également une tourelle d'éclairage à éclipse. La communication entre les forts voisins se fait au moyen de signaux lumineux en morse. Un personnel d'observation est disposé sur les clochers des environs, sur les carrefours et points dominants et communique les informations par téléphone[4].
Les forts belges faisant peu de provisions par rapport aux besoins quotidiens d'une garnison en temps de guerre et les latrines, douches, cuisines et morgue se retrouvant dans la contrescarpe, les rendaient intenables pendant des combats. Cela aura des conséquences importantes sur la capacité des forts à résister à un assaut de longue durée. La zone de service était placée en face des baraquements qui donnaient sur le fossé à l'arrière du fort (en direction de Namur) et qui bénéficiaient d'une protection moindre que le front ou les saillants.
Histoire
modifierPremière Guerre mondiale
modifierEn , la garnison du fort est constituée de 210 artilleurs et de 90 fantassins sous les ordres du capitaine-commandant Maurice Damseaux.
Effrayée par la puissance de l'artillerie allemande telle que relatée par un soldat en fuite, sa garnison l'abandonne le . Seuls quatre officiers et neufs hommes restent sur place[5].
Le reliquat de la garnison se rend le à 8 h à une patrouille de reconnaissance allemande de quatre hommes commandés par un officier. Il n'y a eu aucun bombardement[6].
Jusqu'au début de l'année 1916, les Allemands remettent le fort en état. Ils souhaitaient faire de Namur une place de repli, au cas où la ligne de front devrait reculer[5].
Entre-deux-guerres
modifierL'armement du fort est amélioré en 1930 dans le but de dissuader une éventuelle incursion allemande[7]. Les tourelles de 210 mm sont remplacées par des tourelles de 150 mm à longue portée. Les anciennes tourelles de 150 mm sont quant à elles remplacées par des tourelles avec mitrailleuse et lance-grenade et les tourelles de 120 mm par des tourelles comportant 2 canons de 105 mm. La protection est substantiellement améliorée ainsi que la ventilation, les commodités et la communication notamment par l'installation de l'électricité[3]. Une tour d’aération est construite à l’écart dans le bois reliée par une galerie souterraine ainsi qu'un central bétonné éloigné mais relié par câble souterrain[5].
Seconde Guerre mondiale
modifierEn 1940, durant la bataille de France, le fort est commandé par le capitaine-commandant Demaret.
Lors de la campagne des 18 jours, Le fort est bombardé en et cinq soldats perdent la vie. Il se rend le après avoir épuisé toutes ses capacités de riposte. Avant de se rendre, la garnison sabote tout l'armement resté intact. La reddition du fort est acceptée par les Allemands qui rendent à sa garnison les honneurs militaires[3].
Situation actuelle
modifierLe site du fort est une réserve naturelle, administré par le Service Public de Wallonie - Département de la Nature et des Forêts . Depuis 1991, l'accès est interdit au public pour devenir une zone d'habitat protégé pour les chauves-souris.
Références
modifier- ↑ (en) Clayton Donnell, The Forts of the Meuse in World War I, Oxford, Osprey, , 64 p., poche (ISBN 978-1-84603-114-4, LCCN 2007275453), p. 32
- 1 2 Donnell, p. 17
- 1 2 3 Jean Puelinckx, « Malonne (fort de) », Index des fortifications belges, fortiff.be
- ↑ Les forts d'Emines et de Cognelée, La Bruyère, Maison de la mémoire rurale. Syndicat d'initiative de La Bruyère, , p. 22-23
- 1 2 3 Jean-François Pacco, « Le fort de Malonne », sur sentiers. Malonne (consulté le )
- ↑ Les forts d'Emines et de Cognelée, La Bruyère, Maison de la mémoire rurale. Syndicat d'initiative de La Bruyère, , p. 22-23
- ↑ Donnell, pp. 55-56
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Fort de Malonne » (voir la liste des auteurs).