Forteresses d'Étolie
Les forteresses d'Étolie sont les ouvrages fortifiés édifiés dans cette région de la Grèce centrale au cours de l'Antiquité, du Moyen Âge et de la période moderne. L'Étolie historique correspond approximativement à la partie occidentale de l'actuelle Étolie-Acarnanie, à l'ouest de l'Événos et au nord du golfe de Corinthe.
Antiquité
modifierL'Étolie antique comptait plusieurs cités fortifiées, dont certaines occupaient des positions stratégiques sur les voies de communication et autour du golfe de Corinthe.
- Makynia : l'ancienne cité, située près de l'actuel Antirion, était établie sur la colline de Palaiokastro. Les vestiges comprennent une enceinte fortifiée d'environ 400 mètres de longueur, avec des tours et des ouvrages défensifs. L'identification du site avec l'ancienne Makynia est généralement retenue, bien qu'elle ait été discutée par les chercheurs[1].
- Pleuron : l'ancienne Pleuron était l'une des principales cités d'Étolie. La « nouvelle Pleuron », fondée sur les pentes de l'Aracynthos après la destruction de l'ancienne cité au IIIe siècle av. J.-C., possède une vaste enceinte particulièrement bien conservée. Elle comprend notamment sept portes et trente et une tours, et constitue l'un des ensembles fortifiés les plus importants de l'Étolie antique[2],[3].
- Calydon : l'ancienne cité de Calydon, située au sud de l'Aracynthos et près de l'Événos, était entourée d'une importante enceinte dont le périmètre atteignait près de 4 kilomètres. L'acropole occupait l'une des hauteurs et était elle-même fortifiée. La cité abritait notamment le célèbre sanctuaire d'Artémis Laphria[4].
Médiévale
modifierLa documentation sur les fortifications médiévales de l'Étolie est moins abondante que celle concernant l'Antiquité. Les sites fortifiés connus sont principalement concentrés dans l'Étolie orientale et autour de Naupacte[6].
- Naupacte : le château médiéval est établi sur l'emplacement de l'acropole antique. La ville devient, au Xe siècle, la capitale du thème de Nicopolis et un important centre administratif et militaire. Des parties de la fortification byzantine sont encore conservées dans les niveaux supérieurs du château. Les fortifications sont renforcées au XIIe siècle puis profondément remaniées à la suite des changements politiques des XIIIe et XIVe siècles siècles[7].
- Veloukhovo : dans l'Étolie orientale, le site fortifié de Veloukhovo occupe une hauteur dominant l'ancienne Kallion. Il réutilise l'acropole de la cité antique et constitue l'un des trois sites fortifiés médiévaux identifiés dans cette partie de l'Étolie[6].
Moderne
modifierÀ partir de la domination vénitienne puis ottomane, les fortifications de l'Étolie sont profondément transformées par le développement de l'artillerie et la nécessité de contrôler l'entrée du golfe de Corinthe.
- Forteresse de Naupacte : les Vénitiens renforcent considérablement les fortifications à partir de 1407. Ils agrandissent l'enceinte afin d'inclure la ville basse et le port, surélèvent les murailles et ajoutent des bastions adaptés à l'artillerie. Après la conquête ottomane de 1499, les fortifications sont encore renforcées et adaptées aux armes à feu. L'ensemble actuel conserve ainsi des éléments antiques, byzantins, vénitiens et ottomans[9].
- Forteresse d'Antirion : après la prise de Naupacte par les Ottomans en 1499, le sultan Bayezid II fait fortifier les deux rives de l'entrée du golfe de Corinthe, à Rio et à Antirion. Le fort d'Antirion, appelé également « Kasteli de Roumélie », est remanié à plusieurs reprises au XVIe siècle et au XVIIe siècle. Détruit ou endommagé à plusieurs reprises, il est reconstruit notamment après les destructions de 1532 et 1603, puis remanié sous les Vénitiens à la fin du XVIIe siècle siècle. Il reste sous domination ottomane jusqu'à sa capitulation devant les forces grecques en 1829[10].
- Forteresse de Missolonghi : pendant la guerre d'indépendance grecque, les fortifications de Missolonghi jouent un rôle majeur lors des sièges de la ville par les forces ottomanes. Après la libération de la ville, les anciennes fortifications sont progressivement remplacées et réaménagées. Une nouvelle enceinte est construite en 1838 ; des vestiges de cette fortification sont conservés dans l'actuel Jardin des héros de Missolonghi[11].
Notes et références
modifier- ↑ (en) Stathis C. Stiros, Panos A. Psimoulis et Christos L. Kolonas, « The theatre of Aitolian Makyneia », The Annual of the British School at Athens, vol. 100, , p. 299-313
- ↑ (en) W. M. Murray, « Pleuron », Oxford Research Encyclopedia of Classics, (DOI 10.1093/acrefore/9780199381135.013.5132)
- ↑ (en) « New Pleuron: The Fortifications », Hesperia, vol. 73,
- ↑ (it) « Kalydon », sur Enciclopedia dell'Arte Antica, Treccani (consulté le )
- ↑ (en) « Nafpaktos », sur Hellenic Ministry of Culture — Castle Network (consulté le )
- 1 2 3 (en) Sebastiaan Bommeljé, Three Forts in a Sea of Mountains : The Lidoriki District and the Medieval History of Aetolia, Oxford, Archaeopress, , p. 1-16
- ↑ (en) « Nafpaktos », sur Hellenic Ministry of Culture — Castle Network (consulté le )
- ↑ (en) Sebastiaan Bommeljé, Three Forts in a Sea of Mountains : The Lidoriki District and the Medieval History of Aetolia, Oxford, Archaeopress, , p. 1-16
- ↑ (en) « Nafpaktos », sur Hellenic Ministry of Culture — Castle Network (consulté le )
- ↑ (en) « Antirrio Castle », sur Municipality of Nafpaktia (consulté le )
- ↑ (en) « Fort of Mesolonghi », sur Greek Castles (consulté le )