Foyer hellénique des jeunes

Le Foyer hellénique des jeunes (en grec moderne : Ελληνική Φοιτητική Εστία / Ellinikí Fititikí Estía), est un lieu d'hébergement des étudiants grecs fondé en 1969 à Châtenay-Malabry et dépendant de la Métropole orthodoxe grecque de France.

Foyer hellénique des jeunes
Histoire
Fondation
Cadre
Siège
Pays
Coordonnées
Organisation
Site web
Carte

À la suite de l'installation en banlieue parisienne d'un certain nombre de membres de la diaspora grecque en France, l'Église orthodoxe, traditionnellement liée au destin des communautés grecques de diaspora, décide d'établir une série de réseaux d'accueil et d'hébergement en faveur des Grecs. Le métropolite Mélétios pousse la métropole nouvellement fondée dans le projet d'établir un foyer pouvant héberger des étudiants grecs. Suite à l'achat du terrain, la construction commence en 1968 et s'achève l'année suivante - le foyer est agrandi dans les années 1970, pour faire face à l'arrivée croissante de résidants. Nikos Aliagas est un ancien résidant célèbre et semble conserver un bon souvenir de la période où il vit au foyer.

En date de 2023, le foyer est mixte et dispose de capacités d'hébergement plus importantes (+50%) pour les étudiantes grecques.

Histoire

modifier

Prémices

modifier

La France voit plusieurs vagues de migration de Grecs à l'époque contemporaine, dont les principales se déroulent pendant la Première Guerre mondiale, dans les années 1920, pour des raisons économiques ou pour fuir les génocides ottomans tardifs, la guerre gréco-turque et un ensemble d'événements désignés sous l'appellation de Grande Catastrophe[1]. Une autre vague de migration suit la Seconde Guerre mondiale et s'étend au moins jusqu'aux années 1970, pendant la dictature des colonels (1967-1974) et l'invasion de Chypre par la Turquie (1974)[2].

Comme dans de nombreuses communautés grecques, l'Église orthodoxe est une institution fondatrice pour un certain nombre de Grecs - selon le géographe Michel Bruneau : « Une communauté grecque se constitue véritablement lorsqu'elle ouvre un lieu de culte, une église orthodoxe »[3]. Elle s'engage par ailleurs dans un certain nombre d'actions en diaspora pour à la fois préserver la culture grecque et aider les Grecs arrivant en France à apprendre le français, leur offre des réseaux d'accueil pour aider à leur installation et commence à partir des années 1950-1960 à chercher à établir de nombreux lieux de culte[3].

L'arrivée à la tête de la Métropole orthodoxe de France, nouvellement créée, de Mélétios Karabinis, voit un certain nombre de projets être lancés, comme l'érection des églises de Sartrouville et Bordeaux, entre autres. À Sartrouville, il soutient la création d'un foyer hellénique pour les jeunes de la communauté - à Marseille, la création d'une nouvelle paroisse, Saint-Irénée, pour les fidèles uniquement francophones[4],[5]. En bref, il cherche à structurer la diaspora grecque en France - permettre le culte orthodoxe dans un maximum de lieux, et établir des structures permettant de le faire[6].

Fondation et histoire

modifier

En 1968, Mélétios, qui est concerné par les questions d'accueil des étudiants grecs à Paris, décide d'établir le Foyer Hellénique des Jeunes - une association chargée d'accueillir les étudiants grecs[7]. Après l'achat d'un terrain à Châtenay-Malabry, la construction et lancée - achevée et inaugurée le [7]. Le foyer commence à accueillir des étudiants en 1971 - en 1979, face à la demande croissante, il est décidé de construire un deuxième bâtiment, attenant au premier, dont la construction est achevée en 1981[7].

Nikos Aliagas est l'un des élèves ayant fréquenté l'établissement, où il côtoie notamment le métropolite de France de la période, Jérémie Calligiorgis - les deux sont proches, Aliagas considérant ce dernier « comme un père » depuis cette époque[8]. Selon son propre témoignage, lorsqu'on lui demande si la culture grecque n'a pas été dure à porter dans son enfance en France, il déclare[9] :

Pas du tout ! J’étais en fait pensionnaire chez des prêtres orthodoxes à Châtenay-Malabry, et c’était un pensionnat très joyeux, très loin des clichés que l’on peut avoir sur la pension. La journée au Lycée français, le soir au foyer Grec. On lisait en grec ancien, en grec moderne, on bouffait de la moussaka, on écoutait de la musique grecque, on montait des pièces de théâtre ! J’avais quinze-seize ans, j’étais un mordu de théâtre. On montait les décors, je m’occupais souvent de la mise en scène. J’ai ensuite continué le théâtre au théâtre du Campagnol, à Châtenay, où j’ai travaillé avec Liliane Mayerowitz.

Capacité d'accueil

modifier

En date de 2023, le foyer dispose de 30 chambres individuelles pour les étudiants et 45 pour les étudiantes grecques[10]. Les chambres disposent de Wi-Fi, d'une douche, d'une bibliothèque, une armoire, un bureau et de toilettes[10].

Culte orthodoxe

modifier

Le foyer héberge la paroisse des Saints-Raphaël-Nicolas-et-Irène[11].

Références

modifier
  1. Pandazog̃lu 2010, p. 10-15.
  2. Cécile Zervudacki, « Les « nouveaux » Grecs de Pont-de-Chéruy. Identité culturelle et deuxième vague migratoire », Le Monde alpin et rhodanien. Revue régionale d’ethnologie, vol. 17, no 3, , p. 91–107 (DOI 10.3406/mar.1989.1423, lire en ligne, consulté le )
  3. 1 2 Michel Bruneau, « Une immigration dans la longue durée : la diaspora grecque en France », Espace Populations Sociétés, vol. 14, no 2, , p. 485–495 (DOI 10.3406/espos.1996.1775, lire en ligne, consulté le )
  4. Pandazog̃lu 2010, p. 93-102.
  5. Borrely 2003, p. 3-15.
  6. Pandazog̃lu 2010, p. 20-50.
  7. 1 2 3 (el) « Ιστορία - Ελληνική Φοιτητική Εστία | Ιερά Μητρόπολη Γαλλίας », sur Foyer Hellénique (consulté le )
  8. Elodie Poinsot, « "Une immense tristesse" : En deuil, Nikos Aliagas rend hommage à cet homme qui a beaucoup compté pour lui », sur www.programme-tv.net, (consulté le )
  9. « De la Grèce inexplicable à la France épousée, les classiques de Nikos Aliagas – Un Texte Un Jour », (consulté le )
  10. 1 2 (el) University of Crete, « Φοιτητικές Εστίες στο Παρίσι από την Ιερά Μητρόπολη Γαλλίας - », (consulté le )
  11. « Saints-Raphaël-Nicolas-et-Irène », dans Samuel Le Corre, Annuaire de l'Église orthodoxe en France, Villebazy, monastère de Cantauque, , p. 60.

Bibliographie

modifier
  • André Borrely, Petit historique de l'église Saint-Irénée (1983-2003), Marseille, Orthodoxes à Marseille (no 90),
  • Konstandinos Pandazog̃lu, Sartroupolis: La Communauté grecque de Sartrouville originaire majoritairement d'Asie Mineure, Istanbul, Gorgias Press, coll. « Les Cahiers du Bosphore », (ISBN 978-1-61719-872-4)