Fraction continue de Rogers-Ramanujan
La fraction continue de Rogers-Ramanujan est une fraction continue généralisée découverte par Leonard James Rogers en 1894 et indépendamment par Srinivasa Ramanujan vers 1910, qui est étroitement reliée aux identités de Rogers-Ramanujan ; il est possible d'en donner une forme explicite pour de nombreuses valeurs de son argument.

Définition
modifierÉtant données les fonctions G(q) et H(q) apparaissant dans les identités de Rogers-Ramanujan,
et
où représente le q-symbole de Pochhammer infini, j est le j-invariant, et 2F1 est la fonction hypergéométrique (les coefficients des développements en séries entières forment les suites de l'OEIS
A003114 et
A003106, respectivement), la fraction continue de Rogers-Ramanujan est
Fonctions modulaires
modifierSi , alors et , ainsi que leur quotient , sont des fonctions modulaires de . Comme elles ont des coefficients entiers, la théorie de la multiplication complexe implique que leurs valeurs, lorsque est de la forme , sont des nombres algébriques qui peuvent être calculés explicitement.
Exemples
modifieroù est le nombre d'or (ces formules figuraient dans la première lettre que Ramanujan avait envoyée à Hardy, et faisaient partie de celles qui avaient stupéfié ce dernier[1]).
Liens avec les formes modulaires
modifierpeut s'exprimer à l'aide de la fonction êta de Dedekind, une forme modulaire de poids 1/2, car on a (en posant )[2] :
Liens avec le j-invariant
modifierParmi les nombreuses relations vérifiées par le j-invariant, on a
où
Éliminant le quotient, on peut exprimer j(τ) en termes de :
où le numérateur et le dénominateur sont des invariants polynomiaux de l'icosaèdre. La relation modulaire entre et a pour conséquence
Soit ; alors
où
ce qui est le j-invariant de la courbe elliptique , paramétrée par les points réguliers de la courbe modulaire .
Équation fonctionnelle
modifierOn pose désormais systématiquement , avec q = e2πiτ. Là où d'autres fonctions modulaires, par exemple le j-invariant, vérifient :
et qu'on a pour la fonction êta de Dedekind :
l'équation fonctionnelle de la fraction continue de Rogers–Ramanujan met en jeu[3] le nombre d'or :
- .
On a d'autre part .
Équations modulaires
modifierIl y a des relations modulaires entre et , particulièrement élégantes pour certaines petites valeurs premières de n[4] :
Soit et ; alors :
Pour ,
Pour ,
Pour ,
Pour ,
De plus, on peut remarquer que les facteurs apparaissant pour se retrouvent dans le cas , puisque :
Autres résultats
modifierRamanujan a découvert beaucoup d'autres propriétés intéressantes de R(q)[5]. Posant , , et le nombre d'or,
- si , alors
- si , alors
Les puissances de R(q) vérifient également des relations inattendues. Ainsi,
où
Posant , on a
Notes et références
modifier- ↑ (en) Godfrey Harold Hardy, « The Indian Mathematician Ramanujan » [« Le mathématicien indien Ramanujan »], The American Mathematical Monthly, vol. 44, no 3, , p. 137-155 (lire en ligne)
- ↑ (en) Duke, W. "Continued Fractions and Modular Functions", http://www.math.ucla.edu/~wdduke/preprints/bams4.pdf
- ↑ (en) Duke, W. "Continued Fractions and Modular Functions" (p.9)
- ↑ (en) Berndt, B. et al. "The Rogers–Ramanujan Continued Fraction" [lire en ligne].
- ↑ (en) Berndt, B. et al. "The Rogers–Ramanujan Continued Fraction"
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- (en) L. J. Rogers, « Second Memoir on the Expansion of certain Infinite Products », Proc. London Math. Soc., vol. s1-25, no 1, , p. 318–343 (DOI 10.1112/plms/s1-25.1.318)
- (en) B. C. Berndt, H. H. Chan, S. S. Huang, S. Y. Kang, J. Sohn et S. H. Son, « The Rogers–Ramanujan continued fraction », Journal of Computational and Applied Mathematics, vol. 105, , p. 9 (DOI 10.1016/S0377-0427(99)00033-3, lire en ligne)
Liens externes
modifier- (en) Eric W. Weisstein, « Rogers-Ramanujan Identities », sur MathWorld
- (en) Eric W. Weisstein, « Rogers-RamanujanContinuedFraction », sur MathWorld