Fralsen
Fralsen, anciennement Kelton est une usine d'horlogerie, membre du groupe américain Timex, et basée à Besançon. Créée en 1955, elle atteint son apogée durant les années 1970, en employant près de 3.000 personnes. Au tournant des années 2000, elle devient une bien plus petite structure. Le , la société est placée en liquidation judiciaire.
| Fralsen | |
Entrée de l'usine Fralsen | |
| Ancien nom | Kelton |
|---|---|
| Création | 1955
1996 (société actuelle) |
| Dates clés | années 1960: installation Z.I. Trépillots
1987: disparition de la marque Kelton 2005: licenciements d'environ 150 employés 2016: réactivation de la marque Kelton |
| Disparition | 09/12/2025 redressement j.
11/03/2026 liquidation j. |
| Forme juridique | SAS, société par actions simplifiée |
| Slogan | Vous vous changez, changez de Kelton (années 70) |
| Siège social | Besancon (25) |
| Direction | Philippe Riviere |
| Activité | Horlogerie |
| Effectif | Entre 50 et 99 salariés (donnée 2023) |
| SIREN | 325 943 710 |
| Site web | https://www.fralsen.com/ |
| Chiffre d'affaires | 6,6 M€ (2024)[1] 7,36 M€ (2023) |
| Résultat net | 760 k€ (2024) perte 104 k€ (2023) perte |
| modifier - modifier le code - voir Wikidata | |
Histoire
modifier1955 - 1973 : un développement rapide
modifierLa société voit le jour sous le nom de Kelton. Filiale du groupe américain Timex elle s'implante à Besançon en 1955[2]. Elle est fondée par Stéphane Bouillier, patron de la marque horlogère vixa, qui, après un voyage aux États-Unis, décide de développer la marque en France. Le nom de Kelton fait référence au Elton Hotel (en), à Waterbury[3].
Une dizaine d'années plus tard, l'entreprise s’installe dans la zone industrielle des Trépillots. Initialement, elle ne fabrique que des pièces et boitiers de montres pour le reste du groupe[2].
En 1962, elle fait partie, aux côtés de Lip et de la Rhodiacéta, des 3 entreprises bisontines de plus de 1000 salariés. Contrairement aux autres entreprises horlogères de la ville, Kelton est spécialisée dans la montre bon marché[4]. Ces dernières sont en vente dans les bureaux de tabac[5].
La marque est alors portée par des personnalités telles-que Emerson Fittipaldi et Sylvie Vartan[3].
Début des années 1970 : apogée, mouvements sociaux
modifierEn , une grève éclate. Suivi par 80% du personnel - soit, plus 1.100 ouvriers -, l'usine est partiellement occupée[6]. Le 18, entre 700 et 800 jeunes ouvrières manifestent dans les rues de Besançon et y tiennent un meeting[7]. Les ouvriers revendiquent, notamment, une augmentation horaire de 50 centimes[7],[8]. Le , syndicats et direction arrivent à un accord[9]. Le travail reprend le au matin[10].
En 1975, Kelton atteint les 2800 employés[2]. Elle aurait atteint les 3000 employés, durant cette décennie[11].

Fin des années 1970 - années 1980 : crise du quartz et fin de la franchise Kelton
modifierCependant, la crise du quartz viendra mettre en danger l'entreprise[11]. Depuis la fin des années 1970, Kelton licencie beaucoup de personnel[12]. En 1982, elle ne compte plus que 1.900 employés[2].
En , Fred Olsen, PDG américain de la société, visite l'entreprise de Besançon qui se nomme désormais Fralsen et emploie 1.400 personnes[13]. En 1987, alors qu'il se vend, en France, 1 million de montres Kelton par an, - pour un chiffre d'affaires de 100 millions de francs -, Timex décide la fin de la commercialisation de la marque[14].

Depuis 2016 : une modeste renaissance
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Une première tentative de la faire renaitre échoue, en 1999[14],[5]. Elle ne revient sur le marché qu'en 2016, en surfant sur la vague rétro-vintage, avec la gamme Idyllic. Un accord de cinq ans est signé avec le nouveau propriétaire asiatique et cette dernière est assemblée à Besançon[5]. En 2005, à la suite d'une délocalisation d'une partie de la production vers la Chine, l'entreprise avait licencié autour de 150 salariés[11],[15]. En 2010, il n'en restait qu'une centaine[11].
En 2018, dans le contexte de la coupe du monde, elle produit une collection en collaboration avec la Fédération Française de Football[3].
Le , une grève débute avec comme principales revendications : une augmentation des salaires, la mise en place d'un intéressement, ainsi que le prolongement des journées enfants malades jusqu’à l'age de 14 ans. Toutefois, la grève prend fin le à la suite du versement d'une prime de 200 euros[16].
En , dans le contexte de l'épidémie de covid-19, l'entreprise cesse temporairement son activité[17].
En 2023, Fralsen commercialise le modèle Chronographe 1972. Cette gamme est disponible en deux séries limitées à 100 exemplaires nommée : Kelton et Chapal[3].
Suite à des difficultés de trésorerie la société est placée en redressement judiciaire puis en liquidation judiciaire comme son holding[18].
Notes et références
modifier- ↑ « Société FRALSEN (325943710) : Chiffre d'affaires, statuts, extrait d'immatriculation », sur pappers.fr (consulté le ).
- 1 2 3 4 Fohlen 1982, p. 644.
- 1 2 3 4 Hervé Gallet, « Le changement selon Kelton », Le Point, (lire en ligne)
- ↑ Fohlen 1982, p. 519-521.
- 1 2 3 « La montre Kelton est de retour », sur Franceinfo, (consulté le )
- ↑ « Inter actualités de 19H00 du 17 septembre 1973 (à 10 min 40) | INA », sur ina.fr (consulté le )
- 1 2 « Inter actualités de 19H00 du 18 septembre 1973 (à 5 min 34) | INA », sur ina.fr (consulté le )
- ↑ « Inter actualités de 19H00 du 19 septembre 1973 (à 5 min 30) | INA », sur ina.fr (consulté le )
- ↑ « Inter actualités de 19H00 du 20 septembre 1973 (à 9 min) | INA », sur ina.fr (consulté le )
- ↑ « Inter actualités de 19H00 du 25 septembre 1973 (à 6 min 05) | INA », sur ina.fr (consulté le )
- 1 2 3 4 Fralsen relocalise quelques pièces, sur France 3 Bourgogne Franche-Comté (consulté le ).
- ↑ Fohlen 1982, p. 638.
- ↑ Visite de Fred Olsen, PDG de Fralsen, à la filiale de Besançon, sur le site de l'INA (consulté le ).
- 1 2 « La marque Kelton va renaître en France », sur Les Echos, (consulté le )
- ↑ Horlogerie : Fralsen remonte le temps, sur MaCommune.info (consulté le ).
- ↑ « Fin de grève pour les salariés de l'entreprise Fralsen à Besançon », sur ici, par France Bleu et France 3, (consulté le )
- ↑ « Coronavirus Covid19 à Besançon : Stanley, Fralsen, Auge... la liste des entreprises qui ferment s'allonge », sur France 3 Bourgogne-Franche-Comté (consulté le )
- ↑ « Franche-Comté. Liquidation de Fralsen : un échec politique et économique », sur www.estrepublicain.fr, (consulté le )
https://www.macommune.info/a-besancon-lentreprise-fralsen-est-mise-en-liquidation-judiciaire/
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Claude Fohlen (dir.), Histoire de Besançon : De la conquête Française à nos jours, t. 2, Cêtre,