France Pejot
France Pejot ⓘ (ou « Francette Pejot »), née le [1] dans le 2e arrondissement de Lyon et morte le à Perpignan, est une résistante française.
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Francette |
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| Conjoint |
Maurice Jarre (de à ) |
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| Lieu de détention |
Ravensbrück (- |
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Biographie
modifierAprès la mort de leur mère, France Pejot et sa sœur Raymonde habitent place des Jacobins à Lyon 2e. Elles secondent leur père qui tient rue Emile-Zola, un commerce dont le nom est La lingerie pratique[2],[3].
1942 - 1945
modifierPendant la guerre, elle écoute Radio Londres et entre en contact avec des diffuseurs du journal Le Franc-Tireur, édité dans la clandestinité. Après la mort de leur père, en [4], France et sa sœur aînée Raymonde[3] rejoignent le mouvement de résistance Franc-Tireur[5]. L'arrière-boutique du magasin sert de dépôt de journaux clandestins. France fait aussi des faux papiers et devient agent de liaison. Le vaste appartement situé au 4e étage du no 4 de la place des Jacobins, est utilisé pour les réunions clandestines[6] et sert de quartier général à Jean-Pierre Lévy, chef du mouvement Franc Tireur, jusqu'en octobre 1942. Emmanuel d'Astier de la Vigerie, Jean Moulin, et son adjoint Joseph Monjaret, s'y rendent à plusieurs reprises[7].
Le 24 octobre 1942, la police française perquisitionne l'appartement et trouve des journaux et documents suspects. France est arrêtée avec Micheline Eude-Altman, sa collègue et amie [8]. Celle-ci parvient à cacher les papiers importants. Jean-Pierre Lévy se présente alors à l'appartement. France Pejot, jouant la comédie[7], parvient à faire croire qu'elle seule est résistante[9] et qu'il n'est pas au courant de son activité, ce qui lui permet d'échapper à l'arrestation[10] . Micheline Altman est relâchée 3 semaines plus tard. France Pejot est condamnée à 2 mois de prison. Elle reste détenue jusqu'en à la prison Saint-Joseph de Lyon qui est réservée aux femmes. À la fin de la même année, elle échappe à une arrestation par la Milice[7].
Elle rejoint Paris où le comité directeur du mouvement Franc-Tireur s'est réfugié et devient agent de liaison pour Franc-Tireur et NAP[7] . Le 30 juin 1944, elle est arrêtée par deux agents de la Gestapo dans un salon de thé, rue Saint Honoré, qui sert de boite aux lettres pour la Résistance[7]. Elle est emmenée rue de la Pompe, siège d'une officine de la Gestapo responsable de nombreuses tortures et exécutions de résistants[11]. Interrogée par Friedrich Berger, elle arrive à le duper et à gagner du temps[7]. Le lendemain, lorsque elle conduit Berger à son logement celui-ci a pu être vidé par ses camarades. Emprisonnée à Fresnes, elle est déportée vers le camp de concentration de Ravensbrück, par le convoi du 1944, dit convoi des 57000.
De Ravensbrück elle est transférée dans les kommandos de Torgau, Abteroda et Markkleeberg. La nuit du 13 avril 1945, lorsque le camp de Markkleeberg est évacué en direction de Dresde, France Pejot parvient, avec cinq camarades, à s'échapper dans un bois proche de Leipzig[7]. Elle est libérée par les troupes américaines quelques jours plus tard, le 18 avril. Elle retourne en France en voyageant sur le toit d'un wagon.
Après-guerre
modifierFrance Pejot est la mère du musicien Jean-Michel Jarre[12], né en 1948 de son union avec le compositeur Maurice Jarre en . Puisque celui-ci souhaite poursuivre sa carrière aux États-Unis, le couple divorce cinq ans plus tard. Elle élève son fils seule et s'installe à Vanves, dans la banlieue parisienne[13]. Elle ouvre alors un stand de vêtements pour le théâtre et le cinéma au marché aux puces de la porte de Vanves[14].
France Pejot meurt à l’âge de 95 ans, le , dans un hôpital du sud-ouest de la France[15].
Gérard Collomb, sénateur du Rhône et maire de Lyon, déclare en à l’occasion des cérémonies célébrant la Victoire du 8 mai 1945 : « France Pejot était une héroïne de la Résistance[16] ».
Distinctions et hommages
modifier| Décoration | Ruban | Observations |
|---|---|---|
| Officier de la Légion d'honneur par décret du [15],[17] | ||
| Croix de guerre 1939-1945[15] | avec palmes | |
| Médaille de la Résistance par décret du [15],[18] | avec rosette |
Passage France Péjot
Un passage, rénové et devenu piétonnier et cycliste, sous la gare de Lyon-Perrache dans le 2e arrondissement de Lyon, porte son nom depuis [19].
- Plaques de rue ancienne et nouvelle
- Passage France Pejot entre château Perrache et la place des Archives.
- Passage depuis la place Carnot en direction du sud
Notes et références
modifier- ↑ Ville de Lyon, « Acte de naissance n°3580 du 17/10/1914 », extr. du registre d'état civil de Lyon 2e, cote 2E 3726, image 117, sur Archives municipales de Lyon (consulté le ), p. 777.
- ↑ André Courvoisier, Le réseau Heckler : de Lyon à Londres, Paris, Editions France-Empire, , 299 p. (ISBN 978-2-7048-0342-2), p. 146-178
- 1 2 Thierry Messirel, « Une rue à Lyon va porter le nom de la mère de Jean-Michel Jarre, France Pejot », Le Progrès, (lire en ligne)
- ↑ Bruno Permezel, Résistants à Lyon : 1,144 noms, vol. 1, p. 373, éd. BGA Permezel, 1992
- ↑ Guylaine Guidez, Femmes dans la guerre : 1939-1945, p. 188, d. Lavauzelle-Graphic Éditions, 2006, (ISBN 2702513085)
- ↑ Francia, vol. 37, Deutsches Historisches Institut de Paris, p. 208, éd. Artemis Verlag, 2010
- 1 2 3 4 5 6 7 « France Péjot », sur chrd.lyon.fr, (consulté le )
- ↑ Evelyne Morin-Rotureau, 1939-1945 : combats de femmes, autrement, , 240 p. (ISBN 978-2-7467-0143-4), Franc-Tireur témoignage de Micheline Eude-Altam page 127 et 133
- ↑ Marcot, François, 1947- ..., Leroux, Bruno, historien, 19..- ... et Levisse-Touzé, Christine, 1955- ..., Dictionnaire historique de la Résistance : Résistance intérieure et France libre, Paris, R. Laffont, , 1187 p. (ISBN 2-221-09997-4 et 9782221099971, OCLC 421137830, lire en ligne)
- ↑ Jean-Pierre Levy, Dominique Veillon, Mémoires d'un franc-tireur. Itinéraire d'un résistant (1940-1944, p. 86, Paris, éd. Complexe-CNRS-IHTP, 1998
- ↑ Marie-Josèphe Bonnet, "Tortionnaires, truands et collabos, la bande de la rue de la Pompe, 1944"., Rennes, Ed. Ouest-France, , 190 p. (ISBN 978-2-7373-6042-8), p.47-48
- ↑ Michael Duguay, 'Jean-Michel Jarre, le magicien du son et de la lumière, Companyëtquen, , 222 p. (ISBN 978-2-84993-058-8 et 2-84993-058-X), p. 11
- ↑ « Décès de la résistante France Pejot, mère de Jean-Michel Jarre », sur leparisien.fr,
- ↑ AFP, « Décès de la résistante France Pejot », sur Le Figaro, (consulté le )
- 1 2 3 4 AFP, « Décès de la résistante France Pejot », sur Le Figaro, .
- ↑ « Discours de Gérard Collomb », , p. 4.
- ↑ Liste unique des décorés, « Pejot France », sur archives.legiondhonneur.fr (consulté le )
- ↑ Base des médaillés de la résistance, « Pejot France », sur www.memoiredeshommes.defense.gouv.fr (consulté le )
- ↑ "Lyon : inauguration du passage France Pejot, son fils Jean-Michel Jarre présent" par JD, Lyon Mag, 12 juillet 2020
Voir aussi
modifierSources
modifier- Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation
- (de) Margaret Collins Weitz, Frauen in der Résistance,p. 224-314, éd. Unrast Verlag, 2002, (ISBN 3897714108)
- Évelyne Morin-Rotureau (red.), Micheline Eude-Altman, 1939-1945, combats de femmes : Françaises et Allemandes, les oubliées de l'histoire, p. 123-133, éd. Autrement, 2001, (ISBN 274670143X)
- Témoignage de Mme Péjot France, épouse Jarre [Vidéocassette] : recueilli le 7 juillet 1997 / Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Archives conservées par : Service historique de la Défense - site de Vincennes (GR 16 P 463271)
- Ressource relative aux militaires :


