Frances Browne

écrivaine irlandaise

Frances Browne () est une poétesse et romancière irlandaise. Devenue aveugle après avoir contracté la variole dans sa petite enfance, elle écrit son premier poème à l'âge de sept ans, puis des essais, des critiques, des nouvelles et des poèmes. Elle est surtout connue pour son recueil de contes pour enfants, Granny's Wonderful Chair (en). Une statue de Frances Browne est érigée à Stranorlar en 2010, et depuis 2021, un festival annuel est organisé en son honneur.

Frances Browne
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Surnoms
Слепая поэтесса Ольстера, The Blind Poetess of UlsterVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Œuvres principales
Granny's Wonderful Chair, and its Tales of Fairy Times (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Jeunesse

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Elle nait à Stranorlar, dans le comté de Donegal, en Irlande, septième enfant d'une famille de douze[1]. Son père est le premier facteur de la ville. Elle devient aveugle à la suite d'une crise de variole contractée à l'âge de dix-huit mois. Dans ses écrits, elle raconte comment elle apprend par cœur les leçons que ses frères et sœurs récitent à haute voix chaque soir, et comment elle les incite à lui lire en faisant leurs corvées. Elle s'efforce ensuite de mémoriser tout ce qu'elle a entendu[1].

Elle compose son premier poème, une version du Notre Père, à l'âge de sept ans[1],[2].

Premières publications

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En 1841, les premiers poèmes de Browne sont publiés dans l’Irish Penny Journal. Parmi eux figure le poème lyrique Songs of Our Land, que l’on retrouve dans des anthologies de poésie patriotique irlandaise[3]. Dans les mois qui suivent, elle publie des poèmes dans la revue littéraire londonienne The Athenaeum. Selon Alexis Easley, « presque tous les poèmes publiés par Browne dans The Athenaeum furent immédiatement repris dans des périodiques et des journaux », ce qui permet à son œuvre de toucher un public encore plus large[4].

Browne publie son premier recueil de poésie, The Star of Attéghéi, the Vision of Schwartz, and other Poems, en 1844. L'ouvrage reçoit des critiques majoritairement positives. Cependant, comme le souligne Heather Tilley, les premiers commentaires sur l'œuvre de Browne sont « caractérisés par la fascination qu'exprimait la manière dont une personne pratiquement dépourvue de mémoire visuelle avait pu devenir écrivaine et, de surcroît, une écrivaine capable de transmettre avec précision des concepts et des images visuelles »[5]. Les journaux de province, notamment le Northern Whig de Belfast, republient nombre de ses poèmes, et elle devient largement connue sous le nom de « Poétesse aveugle d'Ulster ». En , le Premier ministre Robert Peel lui accorde une pension annuelle de vingt livres sterling[6].

En , elle publie sa première contribution au magazine populaire Chambers's Edinburgh Journal (en). Il s'agit d'une nouvelle intitulée Le cadeau perdu du Nouvel An, qui raconte l'histoire d'une couturière pauvre à Londres. Elle continue d'écrire pour Chambers's pendant les 25 années suivantes[2].

Émigration vers Édimbourg et Londres

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En 1847, Browne quitte le Donegal pour Édimbourg avec sa sœur Rebecca, qui lui sert également de secrétaire. Elle s'impose rapidement dans les cercles littéraires et, malgré des problèmes de santé, écrit des essais, des critiques, des nouvelles et des poèmes. À Édimbourg, elle publie son second recueil de poésie, Lyrics and Miscellaneous Poems (1848), qu'elle dédie à Robert Peel. Elle publie également une série de douze « Légendes d'Ulster », parues entre 1849 et 1851 dans le Tait's Edinburgh Magazine[6]. Raymond Blair soutient que, si la plupart de ces légendes « mettent l'accent sur l'intervention de forces surnaturelles obscures », elles témoignent aussi d'une « compassion pour les opprimés », et en particulier pour les « jeunes femmes défavorisées »[7].

Illustration de Dora Curtis (en) tirée de l'édition de 1913 de Granny's Wonderful Chair.

Browne publie régulièrement des nouvelles dans des magazines destinés principalement à un lectorat féminin, notamment dans le Ladies' Companion, un magazine lu par de nombreuses femmes aisées de l'époque victorienne. Sa première contribution, réalisée alors que Jane Loudon est rédactrice en chef du magazine, est Barbara's Satin: A Tale of the Cumberland Peasantry (). Parmi ses contributions ultérieures figurent l'amusante Mrs Sloper's Swan () et un récit inquiétant se déroulant dans le comté de Fermanagh, intitulé The Botheration of Ballymore ()[2].

En 1852, elle s'installe à Londres. À peu près à la même époque, sa sœur Rebecca se marie, et Browne « forme un partenariat avec Emma Eliza Hickman, qui est sa dame de compagnie et sa secrétaire jusqu'à la fin de sa vie »[4]. En 1856 parait son troisième recueil de poésie, Pictures and Songs of Home, destiné aux très jeunes enfants et agrémenté de magnifiques illustrations. Les poèmes évoquent son enfance dans le comté de Donegal et offrent des descriptions saisissantes de la campagne environnante[2].

Son œuvre la plus connue, Granny's Wonderful Chair, est un recueil de contes de fées d'une grande richesse imaginative. Elle raconte l'histoire de Snowflower, une jeune orpheline pauvre qui a le pouvoir de commander à la chaise de sa grand-mère de lui raconter des histoires et de la transporter dans différents lieux. Transportée au château du roi Winwealth, Snowflower demande à la chaise de raconter une histoire chaque soir pour divertir la cour. Les sept contes de fées racontés par la chaise constituent l'essentiel du livre. Publié pour la première fois en 1857 avec des illustrations de Kenny Meadows (en)[3], Granny's Wonderful Chair est traduit dans plusieurs langues[2]. Selon Humphrey Carpenter et Mari Prichard, il « contient certains des meilleurs contes courts originaux de son époque »[5].

Browne publie son premier roman, My Share of the World, en 1861. Un second roman en trois volumes, The Castleford Case, suit rapidement en 1862. Malgré son impressionnante productivité, Browne connait des difficultés financières. Le Royal Literary Fund lui accorde « cinquante livres en , quarante livres en et trente livres en  ». Malgré cette aide, elle déclare faillite[pas clair] en [6].

Dernières années de vie et controverse posthume

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À Londres, Browne écrit fréquemment pour les périodiques de la Religious Tract Society, The Leisure Hour et Sunday at Home . L'un de ses articles, paru dans The Leisure Hour , est intitulé « 1776: a tale of the American War of Independence », publié à l'occasion du centenaire de la guerre en 1876. Outre la description de certains événements révolutionnaires, il s'agit d'une histoire d'amour magnifiquement illustrée[2]. Son dernier écrit est un poème intitulé « The Children's Day », publié dans The Sunday at Home en 1879[3].

Frances Browne décède le au 19 St John's Grove, à Richmond upon Thames. Elle laisse tous ses biens, d'une valeur inférieure à 100 £, à sa compagne Emma Eliza Hickman[4]. Elle est inhumée au cimetière de Richmond Old Burial Ground le .

En 1886-1887, l'écrivaine britanno-américaine Frances Hodgson Burnett publie un conte intitulé L'Histoire du Prince Pied-de-Fée. Ce conte parait dans trois numéros du magazine américain pour enfants St. Nicholas. Un lecteur remarque que l'histoire est un plagiat du conte L'Histoire de Pied-de-Fée de Browne, extrait de Granny's Wonderful Chair. Burnett présente ses excuses, expliquant qu'elle se souvenait de cette histoire de son enfance, mais qu'elle n'avait pas réussi à retrouver l'ouvrage original. Elle avait prévu de publier le conte avec le sous-titre « Contes du Livre de fées perdu ». Dix-sept ans plus tard, en 1904, alors que l'œuvre est tombée dans le domaine public, Burnett rédige une introduction pour une nouvelle édition de Granny's Wonderful Chair. De nombreuses autres éditions du livre voient le jour au cours des décennies suivantes[3].

Héritage

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Statue de Frances Browne à Stranorlar, comté de Donegal, Irlande.

Une statue en bronze de Browne est érigée à Stranorlar en 2010[3]. Depuis 2021, le Festival littéraire Frances Browne est un événement annuel qui se tient dans les villes jumelles de Stranorlar et Ballybofey[5]. Ce festival, qui a lieu en octobre, « célèbre le riche patrimoine culturel et littéraire de l'est du Donegal ». Il propose des conférences, des concerts et un concours de poésie multilingue, avec des prix pour des poèmes en anglais, en irlandais et en scots d'Ulster. Parmi les invités récents figurent Annemarie Ní Churreáin (en) et Nessa O'Mahony (en)[2]. L'écrivaine locale Shirley Anne Godfrey écrit une pièce de théâtre, Frances Browne : In My Mind's Eye, créée en 2016, année du bicentenaire de la naissance de Browne[2].

Pour en savoir plus

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La biographie la plus détaillée est The Life and Works of Frances Browne de Patrick Bonar, auto-éditée vers 2008[3].

Thomas McLean examine son poème le plus long, « L’Étoile d’Attéghéi », et son lien avec la guerre en Circassie dans une monographie de 2012, The Other East and Nineteenth-Century British Literature[3]. Raymond Blair résume et analyse cinq des « Légendes d’Ulster » de Browne dans son article de 2008 paru dans le Donegal Annual , intitulé « Frances Browne and the Legends of Ulster »[7].

La carrière de Browne est traitée par Paul Marchbanks dans Irish Women Writers: An A-to-Z Guide[3] et par Linde Lunney dans le Dictionary of Irish Biography, publié sous les auspices de la Royal Irish Academy[8].

Ouvrages

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  • (en) The Star of Attéghéi, the Vision of Schwartz, and other Poems, Londres, Edward Moxon, .
  • (en) Lyrics and Miscellaneous Poems, Édimbourg, Sutherland and Know, .
  • (en) The Ericksons. The Clever Boy; Or, Consider Another, Édimbourg, Paton and Ritchie, .
  • (en) Pictures and Songs of Home, Londres, Thomas Nelson and Sons, .
  • (en) Granny's Wonderful Chair, and its Tales of Fairy Times, Londres, Griffith and Farran, .
  • (en) Our Uncle the Traveller's Stories, Londres, W. Kent & Co., .
  • (en) My Share of the World, Londres, Hurst and Blackett, .
  • (en) The Castleford Case, Londres, Hurst and Blackett, .
  • (en) The Orphans of Elfholm, and Other Stories, Londres, Groombridge and Sons, .
  • (en) The Hidden Sin, Londres, Richard Bentley, .
  • (en) The Exile's Trust, A Tale of the French Revolution, and other Stories, Londres, Leisure Hour, .
  • (en) The Nearest Neighbour, and other Stories, Londres, The Religious Tract Society, .

Références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Frances Browne » (voir la liste des auteurs).
  1. 1 2 3 (en) Linde Lunney, « Browne, Frances », Dictionary of Irish Biography, (DOI 10.3318/dib.001023.v3, consulté le )
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 (en) « Frances Browne (1816 – 1887) », sur Gateway to the Classics
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 (en) Pádraig Breathnach, Songs of the Gael, Dublin, , p. 5
  4. 1 2 3 (en) Alexis Easley, New Media and the Rise of the Popular Woman Writer, 1832-1860, Edinburgh, Edinburgh University Press, (ISBN 978-1-4744-7592-1)
  5. 1 2 3 (en) Heather Tilley, « Frances Browne, the "Blind Poetess": Toward a Poetics of Blind Writing », Journal of Literary & Cultural Disability Studies, vol. 3, no 2, , p. 147–161 (ISSN 1757-6458 et 1757-6466, DOI 10.1353/jlc.0.0017, lire en ligne, consulté le )
  6. 1 2 3 (en) Thomas McLean, « Arms and the Circassian Woman: Frances Browne's 'The Star of Attéghéi'. », Victorian Poetry, vol. 41, no 3, , p. 295–318 (DOI 10.1353/vp.2003.0038)
  7. 1 2 (en) Raymond Blair, « Frances Browne and the Legends of Ulster. », Donegal Annual, vol. 60, , p. 134–143 (ISSN 0416-2773)
  8. (en) Dictionary of Irish Biography, vol. I, Dublin, Royal Irish Academy-Cambridge University Press, (ISBN 978-0-521-63331-4)

Liens externes

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