Frances Carr (comtesse de Somerset)
Frances Howard (1592 - ), comtesse de Somerset, est une aristocrate anglaise et l'épouse de Robert Carr (1er comte de Somerset). Elle est plus connue comme la figure centrale du Scandale Overbury, dans lequel elle est déclarée coupable de l'assassinat du poète et homme d'État, Thomas Overbury.
| Comtesse de Somerset |
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| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Sépulture | |
| Nom de naissance |
Frances Howard |
| Surnom |
Carr |
| Père | |
| Mère |
Katherine Knyvet |
| Fratrie |
Theophilus Howard Robert Howard (en) Elizabeth Howard (en) Thomas Howard Catherine Howard (en) Charles Howard (d) Edward Howard Henry Howard (d) |
| Conjoint | Robert Devereux (3e comte d'Essex) (ca. 1605-1613) Robert Carr (1er comte de Somerset) (1613-1632) |
| Enfant |
Anne Somerset |
| Lieu de détention |
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Quoique Frances et son mari soient condamnés à la peine de mort en 1616, le roi Jacques Ier les pardonne et ils se retirent en disgrâce en Écosse[1].
Biographie
modifierElle naît en 1591, elle est la fille de Lord Thomas Howard (1er comte de Suffolk) et de sa seconde épouse Catherine Knyvet. Son grand-père paternel est Thomas Howard (4e duc de Norfolk), une figure de richesse et de pouvoir considérables à l'époque, et sa grand-mère est Margaret Audley.
À l'âge de quatorze ans elle est mariée à Robert Devereux (3e comte d'Essex) qui lui-même n'a que treize ans. Comme ils sont tous les deux encore jeunes, le couple vit séparément[2].
Pendant que Robert passe plusieurs années à voyager en Europe, Frances vit à la cour du roi Jacques VI et Ier et y fait connaissance de Robert Carr, un jeune noble écossais qui était devenu le favori du roi. Elle en tombe amoureuse et rejette son époux à son retour en Angleterre en 1609. En 1613, elle cherche à annuler son mariage pour cause de non-consommation. Elle se soumet à des examens exigés par la cour ecclésiastique qui certifie qu'elle est encore vierge. On lui avait pourtant laissé cacher son visage derrière un voile, pour protéger sa « modestie ». Cette dissimulation fait croire à certains qu'elle aurait substitué une vraie vierge à elle-même pendant les examens[1].
Robert Devereux aussi admet au cours du procès qu'il n'a pas su coucher avec sa femme, quoiqu'il proteste qu'il n'en soit pas d'ailleurs incapable. L'incapacité de Devereux est même attribuée à la sorcellerie de sa femme.

L'ami de Robert Carr, Thomas Overbury, s'oppose fortement au mariage de son ami avec Frances Howard. Il lance même un poème calomnieux contre elle, intitulé Une femme, qu'il fait diffuser. Il y décrit les qualités d'une épouse idéale, en insinuant que Frances n'en possède aucune[2]. Le roi Jacques intervient et nomme Overbury comme ambassadeur, espérant ainsi l'écarter. Mais Overbury refuse de quitter le pays et Jacques l'emprisonne à la Tour de Londres comme punition de sa désobéissance. Il y meurt le .
L'annulation du mariage de Devereux et Howard est accordé le et, deux mois plus tard, Frances se marie avec Carr. Le roi le crée à l'occasion du mariage Comte de Somerset et Frances devient désormais la Comtesse de Somerset[1].
L'affaire Overbury
modifierAprès le mariage de Howard et de Carr, des bruits continuent à courir selon lesquels Howard aurait assassiné Overbury. Robert Carr se voit éclipsé dans la faveur du roi par George Villiers (1er duc de Buckingham) et, sa puissance étant diminuée, ses ennemis à la cour s'enhardissent à accuser Frances Carr et à demander une enquête.
Leurs revendications sont appuyées par une confession faite au cours de l'été 1615. Un assistant d'apothicaire à Yorkshire confesse sur son lit de mort que la comtesse de Somerset lui aurait payé un pot-de-vin de 20 livres sterling pour qu’il lui procure des poisons afin d’assassiner Overbury[3]. Sir Ralph Winwood, secrétaire d'État de Jacques Ier, présente l'accusation au roi, qui exhorte son conseil privé à l'enquêter. Une enquête commence, supervisée par Francis Bacon et Edward Coke.
L'enquête conclut que Frances Carr avait fait graduellement empoisonner Overbury pendant son emprisonnement à la tour de Londres. En se servant de son influence, elle avait fait nommer Richard Weston comme gardien d'Overbury à la tour. C'était lui qui passait des pâtisseries à Overbury, et même des lavements empoisonnés au chlorure de mercure, à l'anhydride arsénieux, et d'autres poisons[3]. Howard s'était procuré les poisons par sa confidente, madame Anne Turner, qui elle-même les avait achetés à un apothécaire nommé James Franklin[2].
Le gouverneur de la tour de Londres, Gervase Elwys, avoue aussi sa connaissance de l'intrigue. Selon sa confession, Weston lui aurait confié que la comtesse Howard l'aurait soudoyé pour empoisonner Overbury. Elwys prétend pourtant que dès qu'il aurait appris l'intrigue, il aurait intercepté les pâtisseries empoisonnées et se serait assuré que toute la nourriture destinée à Overbury serait préparée dans sa propre cuisine. Selon Elwys, malgré ses précautions, la comtesse serait quand même parvenue à assassiner Howard avec un lavement[3].
Emprisonnement et condamnation
modifierLe comte et la comtesse de Somerset sont arrêtés en . Pendant son emprisonnement, elle accouche d'une fille, son enfant unique, Anne Somerset[1]. Le procès, qui a lieu à partir de , rend la comtesse coupable du meurtre et Carr complice du crime parce qu'il est démontré qu'il avait brûlé des documents incriminants et versé des pots-de-vin pour cacher la culpabilité de sa femme. Les Carr sont condamnés à mort ainsi que les complices.
En , la comtesse confesse l'assassinat, mais son mari soutient qu'il ignorait le complot de sa femme. Le roi Jacques épargne au couple la peine de mort en ordonnant qu'ils soient emprisonnées à la tour pour la vie. Peut-être parce que Robert d’avouer son implication, ce n'est qu'en que Jacques leur accorde un pardon complet. Les Carr alors se retirent au château de Robert en Écosse[1].
Mort
modifierLa comtesse de Somerset meurt à Chiswick le , peut-être d'une tumeur de l'utérus[1].
Références
modifier- 1 2 3 4 5 6 (en) Sara Read, « Frances Howard Devereux Carr, Countess of Essex and Somerset (1592-1632) », dans Anna Riehl Bertolet, Carole Levin, Jo Eldridge Carney, A Biographical Encyclopedia of Early Modern Englishwomen Exemplary Lives and Memorable Acts, 1500-1650, Taylor & Francis, (ISBN 9781315440712), p. 28-29
- 1 2 3 (en) Emma Poltrack, « A world of poison: The Overbury Scandal », Folger Shakespeare Library, (lire en ligne)
- 1 2 3 (en) Simon Schama, A History of Britain, Vol. II: The Wars of the British (1603-1776), Hyperion, , p. 52-53