Frances Grundy

informaticienne britannique

Anna Frances Grundy (née en à Dorking) est une informaticienne britannique et chargée de cours en informatique à l'université de Keele. Elle se spécialise sur les études de genre dans le secteur de l'informatique.

Frances Grundy
Biographie
Naissance
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
A travaillé pour

Biographie

modifier

Enfance et formation

modifier

Anna Frances Donaldson naît en 1942 à Dorking, où elle reste avec sa famille jusqu'à ses 4 ans. Son père, avocat de métier, est alors pilote de la Royal Air Force. La famille déménage après guerre à Londres, où son père reprend son métier d'origine, tandis qu'elle fréquente la Hampshire School, une école assez ludique selon ses souvenirs. À 8 ans, elle est envoyée, par tradition familiale, faire ses études en pension[1].

Frances Grundy étudie les mathématiques et l'économie à l'université de Keele et poursuit ses études avec une thèse de doctorat intitulée : L'Infographie interactive dans la recherche statistique multivariée qu'elle obtient en 1977[2].

En 1966, elle se marie avec Jonhn Grunding, un maître de conférences en philosophie rencontré à Keele. En 1968, elle donne naissance à leur fille[1].

Carrière

modifier

Elle travaille pour l'entreprise English Electric Computers pendant plusieurs années avant de rejoindre en 1980 le centre informatique de l'université de Keele. Elle y enseigne ensuite de 1982 jusqu'à sa retraite en 2004. En 1998, elle mène des recherches en tant que scientifique invitée à l'Institut d'informatique et de société de l'université de Fribourg[3]. Des voyages de conférences et de recherche l'ont conduite en Suède, en Finlande, en Autriche et en Allemagne[4],[5].

Engagement

modifier

Frances Grundy est active dans le mouvement syndical universitaire. En tant que vice-présidente puis présidente de l'association Women into Computing (fondée au Royaume-Uni en 1987[6] ), elle s'investit à la British Computer Society sur le sujet des femmes en informatique[7],[8].

Avec son mari John Grundy, elle publie en 1996 un pamphlet intitulé Women and Computers qui, sur fond de critique féministe de la science, s'intéresse aux causes de la faible proportion de femmes dans le domaine de l'informatique et de l'industrie du logiciel[9]. Nicholas Booth, journaliste spécialisé dans les technologies, dans un compte-rendu pour le quotidien anglais The Times en , qualifie son « analyse importante, celle concernant le rôle des femmes dans l'utilisation de la technologie ». Le livre met en évidence « les inconvénients auxquels elles sont confrontées » lorsqu'elles veulent se lancer dans l'informatique »[10].

En 1998, elle commente sa motivation pour son engagement en faveur des femmes dans l'informatique : « ll existe de nombreux domaines professionnels dans lesquels pratiquement aucune femme ne travaille, mais rares sont ceux où la proportion d'étudiantes est aussi faible. Paradoxalement, cela – et le fait que l’informatique soit encore un sujet relativement jeune – est aussi une opportunité : explorer pourquoi il en est ainsi et changer les choses avant qu’elles ne restent bloquées. Quant à moi personnellement, j'ai toujours été fascinée par les ordinateurs depuis que j'ai commencé à travailler avec ces nouveaux outils au milieu des années 1960. Mais je n’ai jamais eu l’impression d’avoir vraiment ma place. Maintenant, au lieu de gaspiller mon énergie à lutter contre ce sentiment, j’ai décidé d’en découvrir les raisons »[3].

Une interview de plus de 49 minutes retraçant sa vie et ses travaux est archivée au International Bomber Command Centre Digital Archive de l'Université de Lincoln[11].

Recherche

modifier

France Grundy fait de la recherche en informatique à l'Université de Keele en mettant l'accent sur le développement de bases de données et de systèmes. Elle devient de plus en plus interdisciplinaire au fil de ses années. Suite à ses expériences d’enseignante dans un domaine à prédominance masculine, elle se tourne vers les études de genre en informatique. Frances Grundy travaille en particulier sur les relations entre genre et technologie, genre et science et genre et informatique[12],[13],[14].

Dans son dernier ouvrage, Righting the wrong - Closing the gender gap in computing (2020), elle reprend les mécanismes historiques et les biais de genre qui ont mené depuis le XVIIe siècle à la marginalisation des femmes en sciences et technologie : inégalités salariales, ridiculisation, commentaires sexistes et silenciation, mécanismes qui se retrouvent dans l'informatique, et mènent à la relégation de bonne part d'entre elles au rang de simples utilisatrices. Le livre montre comment la masculinité imprègne encore l’enseignement et l’industrie de l’informatique, et se veut moteur d'une prise de conscience par chacun des mécanismes en œuvre ainsi qu'un appel à les contester[15].

Publications

modifier
  • (en) Interactive Computer Graphics in Multivariate Statistical Research, Keele, Keele University, (lire en ligne)
  • (en) avec British National Conference on Databases (ed.), Proceedings of the Fourth British National Conference on Databases (BNCOD4), University of Keele 10–12 July 1985, Cambridge, Cambridge University Press, (ISBN 978-0-521-32020-7)
  • (en) Michael F. Worboys (éditeur scientifique) et Grundy (dir.), Advances in Databases. 11th British National Conference on Databases, BNCOD 11, Keele, UK, July 7–9, 1993. Proceedings : Lecture Notes in Computer Science, vol. 696, Berlin und Heidelberg, Springer, (ISBN 978-3-540-56921-3, DOI 10.1007/3-540-56921-9)
  • (en) avec John Grundy, Women and Computers, Oxford, Intellect Books, (ISBN 978-1-871516-36-4)
  • (en) avec Doris Köhler, Veronika Oechtering, Ulrike Petersen (eds.), Women, Work and Computerization: Spinning a Web from Past to Future, Berlin, Springer, (ISBN 978-3-540-62610-7)
  • (en) avec Jacqueline Achibald, Judy Emms, Janet Payne, Eva Turner (eds.), The Gender Politics of ICT, Middlesex, Middlesex University Press, (ISBN 978-1-904750-46-8)
  • (en) Righting the Wrong. Closing the Gender Gap in Computing, Morrisville, Lulu Publishing, (ISBN 978-1-716-78065-3)

Références

modifier
  1. 1 2 Dan Ellin, « Interview with Frances Grundy », sur ibccdigitalarchive.lincoln.ac.uk, (consulté le )
  2. (en) Keele University, « Research, Keele University », sur Keele University (consulté le )
  3. 1 2 (de) Patricia Jung et Frances Grundy, « Frauen und Computer Interview mit Frances Grundy », sur www.trish.de, (consulté le )
  4. Frances Grundy : Where is the Science in Computer Science ?, dans : 25e Congrès des femmes dans les sciences naturelles et la technique, documentation, FiT-Verlag, Darmstadt, 1999, p. 329-333.
  5. (de) Eva Nebenführ, « Frauen, Technologie und Zeit », Der Standard, (lire en ligne)
  6. (en) Frances Grundy, « Women into Computing », dl.gi.de, , p. 37–39 (lire en ligne, consulté le )
  7. (en) « Degrees ‘work against women’ », Computer Bulletin, vol. 42, no 3, , p. 11 (ISSN 0010-4531)
  8. (en) Alison Adam, « Women and Computing in the UK », Communications of the ACM, vol. 38, no 1, , p. 43 (ISSN 0001-0782 et 1557-7317, DOI 10.1145/204865.1023607, lire en ligne, consulté le )
  9. (en) Ursula Martin, « Review: Frances Grundy with John Grundy: Women and Computers », The Computer Journal, vol. 39, no 6, , p. 558–559 (ISSN 0010-4620 et 1460-2067, DOI 10.1093/comjnl/39.6.558, lire en ligne, consulté le )
  10. « It is an important analysis of women's role in using technology. The book charts the disadvantages they face when they want to take up computing. [...] the book is a valid entry into the usually jargon-infested canon of work on computer science ». (en) Nicholas Booth, « Interface: Breaking out of the gender trap » [« Interface : Sortir du piège du genre »], The Times, nos 65,532, , p. 5S
  11. « Interview with Frances Grundy · IBCC Digital Archive », sur ibccdigitalarchive.lincoln.ac.uk (consulté le )
  12. (en) « Vortrag: Women, Technology and Time », sur pressetext (consulté le )
  13. (en) Louise E. Moses, Rachelle D. Isles, Frances Grundy et Danielle R. Bernstein, « Too few women! Too few minorities! What can we do? (abstract) », CrossRef, ACM, , p. 367–368 (ISBN 978-0-89791-646-2, DOI 10.1145/191029.191171, lire en ligne, consulté le )
  14. Frances Grundy, « Women in the Computing Workplace: Some Impressions », Proceedings of the IFIP TC9/WG9.1 Fifth International Conference on Woman, Work and Computerization: Breaking Old Boundaries - Building New Forms, Elsevier Science Inc., , p. 349–363 (ISBN 978-0-444-81927-7, DOI 10.5555/647314.722853, lire en ligne, consulté le )
  15. « Dr Frances Grundy's book: Righting the wrong - Closing the gender gap in computing », sur www.bcs.org, (consulté le )

Voir aussi

modifier

Bibliographie

modifier
  • Debora Weber-Wulff et Stefanie Nordmann, De-gendering Computing. The works of Frances Grundy on Gender and Computing Informatique dégenrée. Les travaux de Frances Grundy sur le genre et l'informatique »] (essai), Université technologique et économique de Berlin,
  • Milbry Polk et Mary Tiegreen, Women of Discovery – A Celebration of intrepid Women who explored the World Women of Discovery – Une célébration des femmes intrépides qui ont exploré le monde »], New York, Clarkson Potter, (ISBN 978-1-902686-17-2)
  • Milbry Polk et Mary Tiegreen, Frauen Erkunden die Welt – Entdecken, Forschen, Berichten Les femmes explorent le monde – Découverte, recherche, reportage »], Frederking et Thaler, (ISBN 3-89405-520-0)

Liens externes

modifier