Francisca Flores (décembre 1913, San Diego, Californie - avril 1996) était une militante des droits des travailleuses et travailleurs, féministe chicana, éditrice de journal et militante contre la pauvreté.

Biographie

modifier

Francisca Flores est née en 1913 à San Diego, en Californie[1], de Maria Montelongo, représentante syndicale et cuisinière, et de Vicente Flores, ouvrier dans un abattoir. En 1926, l'un de ses frères est mort de la tuberculose. La même année, Francisca Flores a contracté la même maladie et a passé les 10 années suivantes dans un sanatorium[2]. Pendant son séjour, elle s'est liée d'amitié avec des vétéranes de la révolution mexicaine. Ces amitiés l'ont amenée à organiser un groupe de discussion politique pour les femmes du sanatorium, Hermanas de la Revolución Mexicana (soeurs de la révolution mexicaine). Son expérience avec ce groupe l'a incitée à défendre les droits des femmes et a fortement influencé ses idées sur la politique, le travail et les droits civiques, pour en faire une militante de gauche et résolument pro-mexicaine[3]. Elle a quitté le sanatorium en 1936 à l'âge de 23 ans.

Militantisme

modifier

En 1943, Francisca Flores a rejoint le Sleepy Lagoon Defense Committee, un groupe d'activistes californiens engagés pour disculper un groupe de 12 jeunes hommes mexicano-américains faussement condamnés pour meurtre dans ce qui allait devenir le procès de Sleepy Lagoon[3]. Francisca Flores a également organisé des projections clandestines du film pro-syndical de 1954 Salt of the Earth (le sel de la terre), qui a été mis sur liste noire pendant la répression maccarthyste[3]. En 1960, elle a contribué à fonder la Mexican American Political Association (MAPA)[3].

Francisca Flores estimait que le mouvement chicano des années 1960 et 1970 ne répondait pas suffisamment aux besoins et aux droits des femmes chicanas, elle s'est donc détachée du mouvement et, avec d'autres militante, a créé la Comisión Femenil Mexicana Nacional (commission féminine mexicano-américaine), la première organisation féministe chicana nationale aux États-Unis[4]. Elle estimait que cela améliorerait les conditions politiques et économiques des femmes mexicaines aux États-Unis. Dans les années 1970, la Comisión a ouvert le Chicano Service Action Center (CSAC), un centre d'emploi situé à Los Angeles, deux garderies bilingues (Centro de Niños) et un refuge pour les victimes de violence intrafamiliale. Plus de 20 sections actives ont été créées, regroupant environ 300 membres dans les années 1980.

Aujourd'hui, Francisca Flores est reconnue comme une féministe chicana qui a œuvré pour la libération des femmes mexicano-américaines. Elle s'est heurtée à de vives critiques visant le mouvement féministe chicana. A la critique selon laquelle le féminisme était « une trahison de la culture et du patrimoine chicano », elle a répondu « Our culture hell » (notre enfer culturel), phrase qui est depuis devenue un slogan pour le mouvement féministe chicana[5],[6].

Francisca Flores était éditrice de Regeneración, un magazine féministe inspiré du journal anarchiste mexicain du même nom qui avait été publié par les frères Magnón au début des années 1900[7]. Elle y a écrit : « Les Chicanas ne peuvent plus rester dans un rôle subalterne ou comme forces auxiliaires au sein du mouvement Chicano. Elles doivent être incluses en première ligne de la communication, du leadership et de la responsabilité organisationnelle […] La question de l’égalité, de la liberté et de l'autodétermination des Chicanas – tout comme le droit à l’autodétermination, à l’égalité et à la libération de la communauté chicano mexicaine – n’est pas négociable »[8].

Francisca Flores était également une militante active pour la défense des droits des femmes, notamment en ce qui concerne l'accès à la contraception et les droits reproductifs des femmes. Elle a écrit : « L’avortement, à notre avis, est une décision personnelle. Les femmes doivent être autorisées à le faire sans restrictions légales »[9].

Références

modifier
(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Francisca Flores » (voir la liste des auteurs).
  1. (en) F. Arturo Rosales, « Francisca Flores », dans N. Kanellos, Greenwood Encyclopedia of Latino Literature, Santa Barbara, Bloomsbury Publishing, , 1456 p. (ISBN 9780313087004)
  2. (en) « Flores, Francisca (December 1913–27 April 1996) | American National Biography », www.anb.org (DOI 10.1093/anb/9780198606697.article.1501391, consulté le )
  3. 1 2 3 4 (en) Francisca Flores, Latinas in the United States: A Historical Encyclopedia, vol. 1, Indiana University Press, , p. 246-265
  4. Marisela R. Chavez, No Permanent Waves: Recasting Histories of U.S. Feminism, New Brunswick, NJ, Rutgers University Press, , 77–97 p. (ISBN 9780813547244)
  5. (en) Alma Garcia, « Santa Clara: Sociologists for Women in Society », Gender and Society, vol. vol. 3, , p. 217-238
  6. (en) Perlita R. Dicochea, « Chicana Critical Rhetoric: Recrafting La Causa in Chicana Movement Discourse, 1970-1979 », Frontiers: A Journal of Women Studies, vol. vol. 25, no n°1, , p. 77-92 (lire en ligne)
  7. Alma M. García, Chicana feminist thought: the basic historical writings, Routledge, , 150– (ISBN 978-0-415-91801-5, lire en ligne)
  8. (en) Alma M. Garcia, Chicana Feminist Thought, The Basic Historical Writings, New York, Psychology Press, , p. 313
  9. (en) Francisca Flores, « Comision Femenil Mexicana », Regeneracion, vol. vol. 2.1,