Franz Staudegger
Franz Staudegger, né le à Bleiburg en Carinthie et mort le [1] à Francfort-sur-le-Main, est un militaire autrichien et chef de char allemand.
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Biographie
modifierSelon le registre des naissances de la paroisse de Bleiburg en Autriche, son nom s'orthographie Staudecker. Son père est Alois Staudecker et sa mère Maria Peruzzi[2].
On ne connait pas les détails de son enfance en Autriche. Il rejoint à l'âge de 17 ans la Waffen SS dans l'infanterie et est versé en juillet 1940 dans le SS-Infanterie-Ersatz-Bataillon.
Ses premiers combats ont lieu en juin 1941 sur le front russe avec le lancement de l'opération Barbarossa. Il est blessé une première fois le près de Zhytomyr et est évacué vers l'arrière. Lors de sa convalescence, il reçoit sa première médaille : l’ insigne des blessés (en allemand, Verwundetenabzeichen) et est ensuite formé pour devenir chef de char.
Il retourne sur le front russe en février 1942 et intègre le premier régiment de la LSSAH (SS-Panzer-Division "Leibstandarte SS Adolf Hitler"), au sein d'un un peloton de chars légers et de reconnaissance panzer III, sous les ordres de Michael Wittmann, futur as des panzer.
En janvier 1942, il est promu sergent (Unterscharführer) et participe aux combats en Ukraine puis jusqu'à Rostov-sur-le-Don mais son régiment qui a subi de lourdes pertes est envoyé en Normandie pour se regarnir. À cette occasion, sa compagnie reçoit des chars Tigre et les effectifs sont réorganisés selon les nouveaux standards d'une panzerdivision. Staudegger passe alors sur le meilleur char lourd allemand de l'époque, le char Tigre I (Panzerkampfwagen VI) dans la 13e compagnie lourde - 2e Zug char numéro 5 - du premier régiment de la LSSAH.
L'équipage de son char Tigre est composé du pilote Herbert Stellmacher, du radio Gerhard Waltersdorf, d'Heinz Buchner comme tireur et de Walter Henke comme chargeur[3].
Le régiment retourne ensuite sur le front Est et participe à la 3e bataille de Karkhov. Le , suite à la prise de la ville, il reçoit la croix de fer seconde classe puis le l'insigne de combat des blindés[4]
Le au début de l'opération citadelle, roulant de nuit pour la première attaque, il aperçut, bloquant la route, le point rougeoyant d'un soldat fumant par la trappe de tourelle ouverte d'un char, moteur allumé ce qui l'empêchait d'entendre leur arrivée. Voulant faire dégager la route et croyant avoir affaire à un char ami, Staudegger sort de son char et s'en approche seul. Lorsqu'il réalise qu'il s'agit d'un char T-34 soviétique, il dégoupille prestement une grenade, l’envoie dans la trappe entrainant sa destruction. L'explosion et le brasier lui révèlent un deuxième char T-34 juste derrière... voyant que l'équipage ouvrait la trappe pour comprendre ce qui se passe, il jeta à nouveau une grenade dans celui-ci qui explosa à son tour. Ces faits sont relatés par l'historien Patrick Agte[5] mais n'ont jamais pu être vérifiés par d'autres sources.
Pour cet exploit en combat rapproché, Staudegger reçut le lendemain la croix de fer 1re classe.
Mais son plus grand fait d'arme aurait eu lieu trois jours plus tard le dans le secteur sud de la bataille de Koursk. Son char est alors en réparation avec un deuxième Tigre commandé par Rolf Schamp pendant que leur division s'est avancée vers l'ouest. Apprenant qu'une unité toute proche de la 2e compagnie du régiment de grenadier « Großdeutschland » est attaquée par un groupe d'une cinquantaine de T-34 du 10e corps d'armée de la garde, il aurait décidé de leur venir en aide avec son char Tigre qui présentait encore des dégâts mineurs. Le deuxième tigre de Schamp restant derrière lui en couverture. Lors de cette défense, Staudegger aurait utilisé toutes ses munitions perforantes, détruisant 17 chars russes et forçant l'ennemi à battre en retraite. Il les aurait ensuite poursuivi, attaquant avec des obus explosifs, détruisant cinq chars supplémentaires et ne se serait replié qu'une fois complètement à court de munitions[6]. Là encore, ce récit est tiré du livre de Patrick Agte.
Pour cette action et les 22 chars russes crédités, il sera fait chevalier de la croix de fer le 10 juillet 1943 et deviendra le premier tankiste à atteindre ce rang. Plus tard, il aurait eu l'honneur de rencontrer Hitler et de lui raconter son exploit en personne.
Il participe également à la bataille de Normandie, à la bataille des Ardennes puis à l'ultime défense allemande contre les Russes en Hongrie et Autriche où son régiment se débande puis se rend aux Américains à Steyr.
Il survit à la guerre, travaille ensuite dans les chemins de fer puis une compagnie d'assurances et meurt à Francfort le [1]. Il est enterré le 23 mars 1991 à Loibach en Autriche, proche de son village natal[2].
Controverse historique
modifierL'analyse historique moderne des pertes officielles de l'Armée rouge fait émettre des doutes sur la véracité de l'exploit du car aucune unité soviétique dans ce secteur ne rapporte de telles pertes en char le [7]. À cette date sur le saillant Sud, les Russes sont principalement sur la défensive et n'ont pas encore reçu de renforts des grandes unités mobiles, notamment le 10e corps de char qui se déplace et se prépositionne seulement pour défendre[8] Les grandes contre offensives soviétiques n'ont lieu qu'autour du 10 - 12 juillet. Il est très probable que les faits ont été exagérés par la propagande nazie pour exagérer l'efficacité des chars Tigre. Les pertes de chars russes auraient ainsi été attribuées faussement à Staudegger alors que la Luftwaffe et les canons antichars ont aussi beaucoup détruits de chars dans ce secteur. Les faits historiques avérés montrent aussi que cette action n'a pas changé le cours de l'offensive allemande dans le secteur sud de Koursk qui s'arrête le 12 juillet.
La principale source relatant ses exploits manque aussi de crédibilité : il s'agit du livre très hagiographique d'un historien allemand d'extrême droite, Patrick Agte, portant sur l'unité de panzer SS Leibstandarte Adolf Hitler et son as le plus connu, Michael Wittmann[5]. On ne dispose pas du récit direct de Staudegger sur ces faits.
Décorations
modifier- Insigne des blessés (en allemand, Verwundetenabzeichen) : janvier 42 pour blessure nov 1941
- Insigne de combat d'infanterie (Infanterie-Sturmabzeichen in Bronze) : 23 fevrier 1942
- Médaille du front de l'Est. (Winterschlacht im Osten 1941/42) : aout 1942
- Croix de fer seconde classe : 20 mars 1942
- Insigne de combat des blindés : 01 avril 1943
- Croix de fer 1ère classe : 06 juillet 1943
- Chevalier de la croix de fer : 10 juillet 1943
Notes et références
modifier- 1 2 (de) prêtre catholique, « Index zu Sterbbüchern »

- 1 2 (de) pretre, « geburtsbuch »
(consulté le ) - ↑ (de) « Franz Staudegger »
- ↑ (de) « Staudegger Franz » (consulté le )
- 1 2 (de) Patrick Agte, Michael Wittmann, erfolgreichster Panzerkommandant im Zweiten Weltkrieg und die Tiger der Leibstandarte SS Adolf Hitler p.67 et p.123, DVG Deutsche Verlagsgesellschaft,
- ↑ (en) « Staudegger's Run »
- ↑ (en) Christopher A. Lawrence, « Revised Footnote on Staudegger », sur dupuyinstitute.org
- ↑ https://www.tankarchives.com/2022/08/cheating-at-statistics-staudeggers.html?m=1
