François Aubry
François Aubry, né le à Paris[1], mort le à Démérara (Guyane néerlandaise), est un général et homme politique de la Révolution française.
| François Aubry | ||
| Naissance | Paris |
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| Décès | (à 50 ans) Démérara, Guyane néerlandaise |
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| Origine | ||
| Allégeance | ||
| Grade | Général de brigade | |
| Commandement | Armée des côtes de Cherbourg | |
| Conflits | Guerres de la Révolution française | |
| Faits d'armes | Insurrection du 1er prairial an III | |
| Autres fonctions | Député du Gard à la Convention nationale et au Conseil des Cinq-Cents Membre du Comité de salut public |
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Entre 1792 et 1797, il est député du Gard à la Convention nationale, où il vote la mort de Louis XVI et où il siège avec les Girondins, puis au Conseil des Cinq-Cents, où il siège aux côtés des clichyens et d'où il est proscrit à l'issue du coup d'État du 18 fructidor an V (4 septembre 1797).
Biographie
modifierFormation militaire et débuts en politique
modifierD'une famille tourangelle, né à Paris, François Aubry est le fils de Nicolas Marie Aubry (1714-1760), maître ordinaire en la Chambre des comptes de Paris, et de Marie-Anne Leroux, ainsi qu'un cousin de Joseph Robert Aubry-Patas. Il fait ses études dans la capitale puis opte pour la carrière militaire. Il est ainsi formé à l’École royale d’artillerie de La Fère. Il est capitaine d’artillerie lorsque éclate la Révolution. Il prend parti pour les idées nouvelles et devient l’un des chefs des « patriotes » de Nîmes. Il est nommé en 1789 colonel dans la garde nationale nîmoise. En 1791, il entre dans la gendarmerie du Gard avant d'être promu adjudant-général à Dijon.
Mandat à la Convention
modifierLe député de la Gironde
modifierLa monarchie constitutionnelle, mise en application par la constitution du 3 septembre 1791, prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.
En septembre 1792, François Aubry, alors lieutenant-colonel du 38e régiment d'infanterie, est élu député du département du Gard, le cinquième sur huit, à la Convention nationale[2]. Dès le 26 septembre, il est élu membre du Comité de guerre[3].
Il siège sur les bancs de la Gironde. Lors du procès de Louis XVI, il vote la mort, et se prononce en faveur de l'appel au peuple et du sursis à l'exécution de la peine[4],[5] :
J'ai déclaré [...] Louis coupable de conspiration contre la liberté et d'attentats contre la sûreté générale de l'État. Je vote pour la mort, et je renvoie l'exécution après les assemblées primaires qui auront lieu pour la ratification de la Constitution. Mon opinion est indivisible.
Le 13 avril 1793, il vote en faveur de la mise en accusation de Jean-Paul Marat[6]. Le 9 mai, celui-ci le dénonce, dans son journal, comme membre de la « faction des hommes d’État »[7]. Le 28 mai, il vote en faveur du rétablissement de la Commission des Douze[8]. Le 20 juin, François Aubry signe avec ses collègues gardois Jean-Pierre Chazal et Jacques-Antoine Rabaut-Pommier une protestation contre les journées du 31 mai et du 2 juin qu'ils envoient aux autorités du département[9] :
Vous avez été instruits que la Convention nationale a été dernièrement opprimée, et que la violence lui a arraché des décrets. Notre devoir était de vous en écrire les premiers [...].
Le 3 octobre, François Aubry fait partie des « soixante-quinze » députés girondins décrétés d'arrestation après le rapport de Jean-Pierre-André Amar (député de l'Isère), membre du Comité de sûreté générale, pour avoir signé une protestation contre les journées du 31 mai et du 2 juin[10]. Le 18 frimaire an III (le 8 décembre 1794), lui et les autres protestataires sont libérés et réintégrés à leur poste de député.
Sous la Convention thermidorienne
modifierFrançois Aubry prend part à la réaction thermidorienne. Le 14 germinal an III (le 3 avril 1795), le Comité de Salut public est porté à seize membres. Le 15 germinal (le 4 avril), il en est élu membre aux côtés de Jean-Jacques-Régis de Cambacérès (député de l'Hérault), Jacques-Antoine Creuzé-Latouche (député de la Vienne), de Pierre Mathurin Gillet (député du Morbihan), de Denis-Toussaint Lesage (député d'Eure-et-Loir), de Louis-Félix Roux (député de la Haute-Marne) et de Jean-Lambert Tallien (député de Seine-et-Oise)[11].
François Aubry se charge des questions militaires. Il en profite pour effectuer une véritable purge, éliminant soixante-quatorze officiers et généraux jacobins comme Bonaparte et Masséna pour les remplacer par des royalistes. Considérant le futur empereur comme un robespierriste, il le nomme chef de brigade d'infanterie en Vendée et, Bonaparte ayant refusé, le raye des cadres. Il crée la légion de police de Paris et place à sa tête des officiers royalistes. Enfin, il s'acharne à dénoncer Carnot et Prieur de la Côte d'Or, ses prédécesseurs au Comité de l'an II.
Aubry participe aussi très activement à la répression de l’insurrection populaire du 1er prairial an III () : il fait décréter la peine de mort contre quiconque ferait battre la générale, licencie la gendarmerie des tribunaux pour « terrorisme » et dirige lui-même les opérations militaires dans Paris. Une fois le calme revenu, il obtient diverses récompenses pour le général Menou et ses hommes, ainsi que la création d’un camp militaire aux abords de Paris. Profitant de sa position, il n’hésite pas à s’octroyer le grade de général de division, ce qui va causer sa chute.
En effet la mainmise de ce royaliste sur les forces armées de la république rend son élimination du Comité nécessaire à tous les républicains. Le , le girondin Quirot et le jacobin Antoine Dubois de Bellegarde le dénoncent pour son auto-promotion et pour avoir peuplé l’institution militaire d’officiers royalistes. Aubry doit démissionner le lendemain , pour être remplacé par un autre réactionnaire, Doulcet de Pontécoulant.
Le 13 vendémiaire
modifierPeu après il demande que les députés des futurs Conseils soient nommés par les assemblées électorales, afin de favoriser les candidats de droite. Il refuse aussi que les militaires présents à Paris s’assemblent pour accepter la constitution de peur qu’ils soient des déserteurs. Aubry souhaite en effet désormais garder l’armée hors de Paris afin de protéger les sections peuplées de royalistes. Après les évènements de vendémiaire, il se retrouve gravement menacé pour ses liens avec les rebelles, mais aussi pour son passage désastreux au Comité. Rendu responsable des échecs militaires sur le Rhin, il est décrété en état d’arrestation le , mais le succès royaliste aux élections législatives rend cette décision caduque. Lui-même réélu par le Gard, il peut siéger au Conseil des Cinq-Cents.
Le Directoire
modifierLe député clichyen
modifierSous le Directoire, François Aubry est réélu député du Gard et siège au Conseil des Cinq-Cents.
Initialement tiré au sort pour quitter le Conseil le 1er prairial an VI (le 20 mai 1798)[12], il est décrété de déportation à l'issue du coup d'État du 18 fructidor an V (4 septembre 1797)[13].
Aubry poursuit sous le Directoire la ligne politique qu'il s'est tracée sous la Convention. Royaliste patenté, il est un des principaux animateurs du Club de Clichy.
Le , il présente devant l'assemblée un rapport dans lequel il dénonce la subordination des commissaires de guerre aux généraux. Le , il soutient l'amnistie générale proposée par Camus, ajoutant que la Révolution avait été entachée d'une multitude de crimes, puis demande la suppression de la loi du 3 brumaire[Quoi ?]. Plus tard, il se fait remarquer en rédigeant un code pénal militaire qui reste en partie en vigueur de nombreuses années. Il présente aussi un mode d'établissement des conseils de guerre.
Après le triomphe des royalistes lors des élections de l'an V, il entre au comité militaire du Conseil des Cinq-Cents, où il retrouve d'autres clichyens comme Pichegru et Willot. Il y attaque les généraux républicains Bonaparte et Hoche. Afin de hâter le retour de la monarchie, il tente avec ses amis de priver le Directoire du contrôle sur les institutions fiscales et militaires. Il propose d'instaurer un code de justice militaire et rapporte ce projet devant le Conseil.
Membre du comité chargé d'assurer la garde du Conseil, il s'inquiète des projets de coup d'État du Directoire et de la présence de l'armée d'Augereau dans Paris.
Déportation, fuite et décès
modifierArrêté par Augereau lors du 18 fructidor avec les autres députés royalistes, Aubry est condamné à la déportation. Embarqué à Rochefort, il parvient à s’évader une fois arrivé en Guyane avec sept compagnons dont Pichegru et l'ancien directeur Barthélémy. Mais il meurt peu après son arrivée au Suriname, le . Il avait cinquante ans.
Notes et références
modifier- ↑ Archives de Paris, « État civil reconstitué, registre des naissances, vue 48 / 101, V3E/N 53 »
, sur https://archives.paris.fr (consulté le ) - ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 52, Liste des députés par départements »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 52, séance du 26 septembre 1792 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 57, séance du 16 et du 17 janvier 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Froullé, Jacques-François (≃1734-1794) et Levigneur, Thomas (≃1747-1794), « Liste comparative des cinq appels nominaux. Faits dans les séances des 15, 16, 17, 18 et 19 janvier 1793, sur le procès et le jugement de Louis XVI [...] »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 62, séance du 13 avril 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Michel Pertué, « La liste des Girondins de Jean-Paul Marat », Annales historiques de la Révolution française, vol. 245, no 1, , p. 379–389 (DOI 10.3406/ahrf.1981.4254, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 65, séance du 28 mai 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k49580t/f519, (consulté le ) - ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 69, séance du 23 juillet 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Barbier, Gaston, Claveau, Louis, Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 75, séance du 3 octobre 1793 », sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
- ↑ Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 21 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Gazette nationale ou le Moniteur universel n°167, « Conseil des Anciens et Conseil des Cinq-Cents, séance du 15 ventôse (5 mars) »
, sur https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4413705f/f6, 17 ventôse an 5 (7 mars 1797) (consulté le ) - ↑ Gazette nationale ou le Moniteur universel n°354, « Conseil des Cinq-Cents, séance du soir du 18 fructidor (4 septembre) »
, sur https://gallica.bnf.fr, 24 fructidor an 5 (10 septembre 1797) (consulté le )
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- « François Aubry », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]
- Georges Lefebvre, La France sous le Directoire (1795-1799), Paris, Éditions sociales, 1977.
- Albert Soboul, Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, PUF, 2005.
- Bernard Gainot, Dictionnaire des membres du comité de Salut Public : Dictionnaire analytique biographique et comparé des 62 membres du Comité de Salut Public, Paris, Tallandier, , 163 p. (ISBN 9782235018524), p. 81-82.
Liens externes
modifier- Archives conservées par : Service historique de la Défense (GR 7 YD 234, FRSHD_PUB_00000355.pdf)
- Ressource relative à la vie publique :