François Grosse-Durocher
François Grosse-Durocher, né le à Chantrigné (généralité de Tours, actuel département de la Mayenne), mort le dans la même ville, est un homme politique de la Révolution française.
| François Grosse-Durocher | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Député de la Mayenne | |
| – (1 an et 23 jours) |
|
| Gouvernement | Assemblée législative |
| Député à la Convention nationale | |
| – (3 ans, 1 mois et 22 jours) |
|
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Chantrigné (Mayenne) |
| Date de décès | (à 74 ans) |
| Lieu de décès | Chantrigné (Mayenne) |
| Nationalité | |
| Parti politique | Gauche Montagne |
| Profession | Cultivateur |
| députés de la Mayenne | |
| modifier |
|
Entre 1791 et 1795, il est député de la Mayenne à l'Assemblée nationale législative puis à la Convention nationale où il vote la mort de Louis XVI.
Biographie
modifierOrigine
modifierLe , à Chantrigné, naît François Grosse-Durocher, fils de Guillaume Grosse, sieur du Rocher (un lieu-dit situé sur la commune de Lassay, à la limite sud-est avec celle de Chantrigné), et de Françoise Raimbault[1]. Sa famille, originaire de Niort-la-Fontaine, possède des terres à Lassay, Thubœuf et Chantrigné, qu'il devient lui-même propriétaire et qu'il cultive. En épousant Marie Leroux, il hérite également des biens de son beau-père en 1773. À partir de 1791, il réside au Bois Janvier, à Lassay[1].
Mandat à la Législative
modifierLa France devient une monarchie constitutionnelle en application de la constitution du 3 septembre 1791. Le même mois, François Grosse-Durocher, alors administrateur de de la Mayenne, est élu député du département, le quatrième sur huit, à l'Assemblée nationale législative[2].
Il siège sur les bancs de la gauche de l'Assemblée. Le 9 avril 1792, il vote pour que les soldats du régiment de Châteauvieux, qui s'étaient mutinés lors de l'affaire de Nancy, soient admis aux honneurs de la séance[3]. Le 8 août, il vote en faveur de la mise en accusation du marquis de La Fayette[4].
Mandat à la Convention
modifierLa monarchie prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.
En septembre 1792, François Grosse-Durocher est réélu député de la Mayenne, le troisième sur huit, à la Convention nationale[5].
Il siège sur les bancs de la Montagne. Lors du procès de Louis XVI, il vote la mort, et rejette l'appel au peuple et le sursis à l'exécution de la peine[6],[7] :
« Pour sauver ma patrie et punir le tyran, je vote la mort. »
Le 13 avril 1793, il vote contre la mise en accusation de Jean-Paul Marat[8] :
« Citoyens, je crois qu'il est impossible à un honnête homme de condamner Marat, sans l'avoir entendu. C'est pourquoi je dis qu'il n'y a pas lieu à accusation, quant à présent. »
Le 28 mai, il vote contre le rétablissement de la Commission des Douze[9]. Le 24 juin, il est élu membre du Comité des décrets[10]. Le 14 brumaire an II (4 novembre 1793), alors que la Mayenne est confrontée à la Chouannerie, François Grosse-Durocher et Jacques-François Bissy (député de la Mayenne) rédigent une adresse patriotique à leurs commettants[11] :
« Une horde de brigands vomie par le fanatisme infeste notre sol et cherche à y établir son repaire. Vous ne le souffrirez pas, braves républicains; vous allez vous lever en masse et déployer tous les moyens qui sont en vous pour les exterminer. La liberté, l’égalité attaquées, vous en font un devoir ; la nature outragée vous le commande. »
Après la chute de Robespierre, François Grosse-Durocher siège aux côtés des « derniers Montagnards ». Lors de l'insurrection du 12 germinal an III (), il signe la demande d'appel nominal sur le décret de déportation contre Bertrand Barère (député des Hautes-Pyrénées), Jacques-Nicolas Billaud-Varenne (député de la Seine), Jean-Marie Collot d'Herbois (député de la Seine) et Marc-Guillaume-Alexis Vadier (député de l'Ariège)[12].
Une réunion des députés montagnard
modifierLa Convention dissoute, après avoir quitté le corps législatif, François Grosse-Durocher revient s’installer à Mayenne, où, dans la nuit du 18 au , il participe courageusement à la défense de la ville, lorsque les chouans manquent de s'emparer de la ville.
Il est dénoncé auprès du Directoire du département pour avoir exercé à Mayenne une influence qui suscite la terreur parmi les véritables républicains. Il se retire alors au Grand-Coudray, repoussant à plusieurs reprises des attaques des chouans. Il y décède le [1]. Entouré d’un enterrement civil, il aurait été inhumé dans le jardin de la propriété.
Notes et références
modifier- 1 2 3 « Les figures historiques du Bocage mayennais. François Grosse-Durocher, un révolutionnaire qui "épouvante" », Courrier de la Mayenne, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Claveau, Louis, Laurent, Émile (1819-1897), Mavidal, Jérôme (1825-1896) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 34, Liste des députés par départements »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Claveau, Louis, Laurent, Émile (1819-1897), Mavidal, Jérôme (1825-1896) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 41, séance du 9 avril 1792 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Claveau, Louis, Laurent, Émile (1819-1897), Mavidal, Jérôme (1825-1896) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 47, séance du 8 août 1792 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 52, Liste des députés par départements »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Froullé, Jacques-François (≃1734-1794) et Levigneur, Thomas (≃1747-1794), « Liste comparative des cinq appels nominaux. Faits dans les séances des 15, 16, 17, 18 et 19 janvier 1793, sur le procès et le jugement de Louis XVI »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 57, séance du 16 et du 17 janvier 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 62, séance du 13 avril 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 65, séance du 28 mai 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 67, séance du 24 juin 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Barbier, Gaston, Claveau, Louis, Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 78, séance du 14 brumaire an II (4 novembre 1793) »
, sur https://www.persee.fr, (consulté le ) - ↑ Françoise Brunel, « Les derniers Montagnards et l'unité révolutionnaire », Annales historiques de la Révolution française, vol. 229, no 1, , p. 385–404 (DOI 10.3406/ahrf.1977.1009, lire en ligne, consulté le )
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- « François Grosse-Durocher », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]
- « François Grosse-Durocher », dans Alphonse-Victor Angot et Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Laval, A. Goupil, 1900-1910 [détail des éditions] (BNF 34106789, présentation en ligne)
- Emile Queruau-Lamerie, Les Députés de la Mayenne
Liens externes
modifier- Ressource relative à la vie publique :