Frères Isola

artistes prestidigitateurs et des directeurs de nombreuses salles de spectacles à Paris

Émile Isola ( à Blida, Algérie française - à Paris) et Vincent Isola ( à Blida - à Paris) sont des artistes prestidigitateurs et des directeurs de nombreuses salles de spectacles à Paris, connus sous le nom des frères Isola.

Émile Isola... et Vincent Isola, vers 1913.

Biographie

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Nés en Algérie française, de Joséphine Belvisi et d'Antoine Isola, tailleur, des parents d'origine italienne, Émile et Vincent Isola montent d'abord à Bordeaux au milieu des années 1880 et, passant par Marseille, exercent divers petits emplois avant de monter un tour de prestidigitation[1], dont leur numéro de transmission de pensée présenté aux Folies Bergère[2],[3].

À Paris, ils se rendent acquéreurs en 1890 du théâtre des Capucines[4], une salle de conférences qu'ils rebaptisent deux ans plus tard théâtre Isola, créant un premier spectacle d'« attractions féériques », Pierrot aux Enfers[5]. Leurs numéros attirent le tout-Paris. On y voit Victorien Sardou, Cléo de Mérode ou le duc d'Aumale Henri d'Orléans. Ils présentent les tours de la cabine spirite, la disparition sur la chaise, la malle des Indes, la lévitation, des automates, les suggestions musicales, etc. Dans leur numéro « Océan de Lumières », Émile se plaçait au milieu du public et devinait les informations téléphoniques des spectateurs (numéro de téléphone, la page où se trouve leur numéro dans le bottin, etc.)[2].

Fin 1895, les frères Isola découvrent l'invention des frères Lumière, le cinématographe, et mettent au point un projecteur appelé Isolatographe dont les films étaient fournis par les frères Émile et Charles Pathé. Ils colorisèrent quelques pellicules et purent diffuser au théâtre Isola des « films en couleurs »[6]. Les frères Isola ont diffusé Unter den Linden 21 à Berlin le avec leur Isola-Apparat conçu par un dénommé Louis Charles[7].

En 1897, ils achètent le Parisiana et abandonnent leurs numéros et la direction du théâtre Isola en 1900 pour devenir producteurs de spectacles. Ils deviennent successivement propriétaires de l'Olympia[8] en 1898, des Folies-Bergère en 1902[3], de la Gaîté lyrique en 1903, de l'Opéra-Comique en 1913, du théâtre Mogador et reprennent le bail du théâtre Sarah Bernhardt à la ville de Paris en 1926. Sem et Cappiello conçoivent leurs affiches[3]. Ce dernier lieu causera leur ruine malgré les succès des Ballets russes de Serge de Diaghilev ou de Sacha Guitry et Yvonne Printemps. En , les frères Isola vendent les Folies Bergères à Clément Bannel, alors administrateur du lieu[9].

Ils travaillent au développement de l'opérette Nationale 7 (sortie plus tard au cinéma, Prends la route !) mais abandonnent leur projet en cours de route après leur faillite début 1936. Ils écrivent les rôles pour Georges Milton et Henry Garat et la chanson principale, Y'a toujours un passage à niveau[10]. Les frères Isola sont obligés de recréer leur duo de prestidigitation dès 1936 à l'ABC. Sous l'occupation, ils se voient confier la direction du théâtre Pigalle. Ils meurent peu après la guerre, en partie ruinés, leurs disparitions étant signalées par la presse[11],[12]. En cinquante ans de carrière, les frères Isola ont marqué l'histoire du music-hall français grâce aux adaptations d'opérettes (No no Nanette, L'Auberge du Cheval-Blanc...), aux danseuses qu'ils engagèrent, telle Loïe Fuller, et aux créations qu'ils encouragèrent, signées André Messager ou Alfred Bruneau.

Ils sont inhumés à Paris au cimetière des Batignolles (9e division).

Le journaliste Henri Rochefort était un admirateur des frères Isola. Brûlant de curiosité, il s'enquérit sur leurs secrets auprès de l'un des deux frères qui lui répondit « Lorsque vous connaîtrez nos secrets, vous ne reviendrez pas ! », ce à quoi Rochefort rétorqua « Gardez vos secrets, je préfère revenir ! »[13].

Galerie

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  1. « Spectacle d'attractions aux Folies-Bordelaises », in: La Petite Gironde, Bordeaux, 6 septembre 1886, p. 3.
  2. 1 2 Maurice Saltano, « Les Frères Isola », sur www.arcane-magazine.com (consulté le )
  3. 1 2 3 « MUSIC HALL FOLIES BERGERE ALFREDO ARIAS MET EN SCENE LA REVUE " FOUS DES FOLIES " NAISSANCE ET VIE D'UNE LEGENDE », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
  4. Le Français, Paris, 10 octobre 1890, p. 4.
  5. Le Réveil, Paris, 23 février 1892, p. 4.
  6. Souvenirs des Frères Isola, cinquante ans de vie parisienne, recueillis par Pierre Andrieu, Flammarion, Paris, 1943.
  7. « Projecteur de film 35 mm (AP-95-1451) - Collection - Catalogue des appareils cinématographiques - La Cinémathèque française », sur www.cinematheque.fr (consulté le )
  8. Programme de l'Olympia-Théâtre en 1900, sur Gallica.
  9. Nathalie Coutelet, « Annexes », Théâtres du monde, , p. 241–263 (lire en ligne, consulté le )
  10. Jérôme Rossi, « De la scène à l’écran », Genesis. Manuscrits – Recherche – Invention, no 57, , p. 93–107 (ISSN 1167-5101, DOI 10.4000/genesis.8819, lire en ligne, consulté le )
  11. « Mort d'Émile Isola », in: La France, Paris, 25 mai 1945, p. 8.
  12. « Vincent Isola... est mort », in: Ce soir, Paris, 3 septembre 1947, p. 3.
  13. Renaud Czarnes, « Les réapparitions de Robert-Houdin », Les Échos, (lire en ligne)

Annexes

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Bibliographie

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  • Souvenirs des Frères Isola, cinquante ans de vie parisienne, recueillis par Pierre Andrieu, Flammarion, Paris, 1943.
  • Max Dif, Histoire illustrée de la prestidigitation, Maloine, (ISBN 978-2224012137)

Articles connexes

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Liens externes

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