Fulcran Vigouroux

bibliste sulpicien et hébraïsant français

Fulcran Grégoire Vigouroux (Nant (Aveyron) 1837 - Issy-les-Moulineaux, 1915[1]) est un prêtre de la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice qui enseigna l'Écriture sainte au séminaire de Saint-Sulpice (1860-1895) puis à l'Institut catholique de Paris (1890-1903). Il fut ensuite appelé à Rome pour devenir le secrétaire de la Commission biblique pontificale (1902). Il est l'auteur d'un Manuel Biblique (1880), concepteur d'une Bible polyglotte (1900-1909) et d'un Dictionnaire de la Bible (1891-1912) reconnu par le prix Bordin reçu de l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1913.

Informations essentielles

Fulcran Vigouroux
Fonctions
Premier secrétaire (d)
Commission biblique pontificale
-
Abbé
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Distinction
Prix Bordin ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres principales
Dictionnaire de la Bible (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Biographie

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Fulcran Grégoire Vigouroux est admis au collège à quinze ans, et poursuit sa scolarité au Grand Séminaire de Rodez puis au séminaire de Saint-Sulpice de Paris, où il étudie l'hébreu.

Après son ordination le 21 décembre 1861, il est recruté comme professeur de Philosophie au grand Séminaire d’Autun, puis rejoint le séminaire d'Issy en 1864. Quatre ans plus tard, Vigouroux se voit confier la chaire d'Exégèse biblique au séminaire Saint-Sulpice de Paris, et, de 1890 à 1903, devient professeur de l’Institut Catholique de Paris. Il est membre de la Commission biblique pontificale dès sa création en 1902, et en devient le premier secrétaire jusqu'en 1903. Il passera désormais l'essentiel de son temps à Rome, à rédiger les décrets de cette institution, de 1905 à 1912.

La Commission dut prendre position sur certaines questions difficiles touchant le Nouveau Testament : si le quatrième Évangile était bien l'œuvre du disciple bien-aimé, l’apôtre Jean (De quarto evangelio, 1907) ; s'il fallait se fier à la tradition selon laquelle l'Évangile selon Matthieu avait bien été rédigé en premier, et s'il l'avait été en langue araméenne (Quæstiones de evangelio secundum Matthæum, 1911). Elle désapprouva la théorie des deux sources, qui contredisait l’exégèse catholique (De quæstione synoptica, 1912, cf. Quæstiones de evangeliis secundum Marcum et secundum Lucam, 1912).

Elle a consacré une monographie à l’historicité des trois premiers chapitres du Livre de la Genèse. Les théories qui critiquent l’interprétation du texte ou mettent en cause l'historicité du récit avec des prétentions scientifiques, s'attaquent aux fondements de la religion chrétienne : la Création d’Adam et Ève, le couple primordial, leur innocence originelle au regard de la justice, leur jeunesse éternelle et leur immortalité, la désobéissance au commandement divin provoquée par Satan sous forme du serpent, la malédiction de leur descendance en raison de ce péché originel et la promesse du rachat de l'Homme, n’ont selon Vigouroux aucun véritable fondement. (De charactere historico trium priorum capitum Geneseos, 1909).

Rentré en France en 1913, Vigouroux fut atteint de paralysie et s'éteignit le 21 février 1915 à Issy.

L'apologiste

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Fulcran Vigouroux s'est essentiellement consacré à justifier la sainteté de la Bible sur des bases scientifiques et historiques. Il opposa toute une contre-argumentation raisonnée aux critiques de son temps qui, tels Renan, relativisaient la doctrine catholique sur l'authenticité et la constitution de la Bible. Malgré ses prévenances envers les philosophes, il était ouvert à l'approche scientifique des questions religieuses[2]. Il mit ainsi son érudition au service d'une apologétique, convaincu que le progrès des sciences historiques et de l’Archéologie confirmeraient l'authenticité des livres de la Bible[3].

Ses tentatives de concilier par tous les moyens les dernières connaissances scientifiques et les récits de la tradition judéo-chrétienne ont nourri année après année ses essais : « La Bible et les Découvertes modernes en Égypte et en Assyrie » (1877 : la 6e édition augmentée, parue en 1896, s’intitule « La Bible et les découvertes modernes ») et « Le Nouveau Testament et les Découvertes archéologiques modernes » (1890). Sa réfutation des travaux de la critique protestante s’expriment dans « La Bible et la critique, réponse aux Souvenirs d’enfance et de jeunesse de M. Renan » (1883) ou « Les livres saints et la critique rationaliste : histoire et réfutation des objections des incrédules contre les saintes écritures » (1886–1887). Son « Manuel biblique ou cours d’Écriture Sainte à l’usage des séminaires » s’est maintenu en usage dans les séminaires francophones pendant tout le XXe siècle.

Outre sa réédition de la traduction en français de la Bible de Jean-Baptiste Glaire, il faut encore mentionner son « Dictionnaire de la Bible » en 5 volumes (1891–1912), dont il a assuré la coordination entière, et sa « Sainte Bible polyglotte » (hébreu, grec ancien, latin et français moderne en huit tomes (1900–1909).

Postérité

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Le pape Pie X a rendu hommage aux apports de Vigouroux dans l'affermissement du dogme catholique (Motu proprio Præstantia Scripturæ, 1907). Toutefois, une part importante de l'exégèse catholique issue des travaux de la Commission apostolique de la Bible est considérée comme dépassée sur divers points. Selon Albert Strobel, « le principal mérite [de Fulcran Vigouroux] est d'avoir renouvelé, comme aucun autre avant lui, l'étude des Écritures dans l'Eglise catholique, et d'avoir élargi le champ des études des séminaires[4]. »

Œuvres

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Références

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  1. ↑ Acte de décès (avec date et lieu de naissance) à Issy-les-Moulineaux, n° 89, vue 24/120.
  2. ↑ P. F. Chirico et Berard L. Marthaler (dir.), New Catholic Encyclopedia, vol. 14, Washington, D.C., (réimpr. seconde édition), « Vigouroux, Fulcran Grégoire. », p. 512
    Conservative in temperament, he was yet open to the new currents in Biblical studies.
  3. ↑ I. Noye, G. Mathon et G.-H. Baudry (dir.), Catholicisme. Hier – Aujourd’hui – Demain, vol. 15, Paris, , « Vigouroux (Fulcran) », p. 1129
    Il avait mis sa grande érudition au service d’une visée apologétique, persuadé que les progrès de l’histoire et de l’archéologie confirment les données des livres bibliques.
  4. ↑ Albert Strobel, Lexikon für Theologie und Kirche, vol. 10, Fribourg-en-Brisgau, 1993–2001 (réimpr. 3e), « Vigouroux, Fulcran Grégoire. », p. 789 et suiv.
  5. ↑ « Bible Catholique Vigouroux », sur jesusmarie.free.fr (consulté le )

Bibliographie complémentaire

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