Funiculaire de Pau

funiculaire français

Le funiculaire de Pau, est un funiculaire situé à Pau dans le département des Pyrénées-Atlantiques en France. Il permet de relier la gare au boulevard des Pyrénées au niveau de la place Royale.

Funiculaire de Pau
Ligne de la gare de Pau SNCF à Place Royale
Image illustrative de l’article Funiculaire de Pau
Carte de Pau.
Funiculaire
Boulevard des Pyrénées

Carte de la ligne.
Pays Drapeau de la France France
Villes desservies Pau
Historique
Mise en service  
Fermeture
Caractéristiques techniques
Longueur 0,103 km
Pente maximale 300 
Nombre de voies Voie unique
Trafic
Propriétaire Syndicat mixte Pau Béarn Pyrénées Mobilités
Exploitant(s) Syndicat mixte Pau Béarn Pyrénées Mobilités

Mis en service en , il voit son exploitation interrompue à plusieurs reprises au cours de son histoire, notamment dans les années 1950 et 1970. Long de 103 mètres, il gravit les 26 mètres de dénivelée avec une pente de 30 %. Depuis 2023, ses éléments constitutifs ainsi que le pavillon des Arts, sont protégés au titre des monuments historiques.

Exploité en régie directe par le Syndicat mixte Pau Béarn Pyrénées Mobilités, autorité organisatrice de la mobilité de l'agglomération paloise, son accès est gratuit depuis 1978.

Histoire

modifier
Vue générale du funiculaire, peu après sa mise en service.

La construction du pavillon des Arts et du funiculaire est à replacer dans le contexte du développement touristique de la ville au XIXe siècle et de la nécessité de relier cette dernière à sa gare, implantée en fond de vallée alors que la ville s'est développée en sommet de plateau[1].

L'idée d'un funiculaire remonte à 1874 sous la forme d'un ascenseur proposé par Léon Edoux, puis en 1885 d'un funiculaire[1]. L'idée revient sur le devant de la scène en 1896 mais l'opposition des riverains enterre à nouveau le projet[1].

Le , l'ingénieur parisien Hérard associé à M. Médebelle proposent la création d'une « passerelle » (un escalier roulant) entre la gare de Pau et la place Royale : la ville signe une convention le , mais face aux nombreuses oppositions des riverains et de la Société béarnaise des tramways urbains (SBTU) qui exploitait le tramway, le projet est à nouveau abandonné en 1904[1],[2].

Le , Jean Bonnamy, entrepreneur de travaux publics bordelais, propose un funiculaire sans construire de gare supérieure, anticipant les oppositions des riverains face à une éventuelle dégradation visuelle du site[1]. Le projet est supervisé par l'ingénieur Schlussel[3]. Il signe une convention avec la ville le et obtient le suivant une convention de 75 ans pour son exploitation[1].

Dans son rapport, le rapporteur de la Commission des travaux publics écrit : « les adversaires du projet, dans leurs susceptibilités d'artistes, craignent qu'une armature de fer fasse tache parmi les frondaisons »[2].

Malgré l'opposition des riverains et du Touring club de France qui qualifie l'ouvrage d'« horreur de ferraille suspendue dans les airs », le funiculaire est mis en service le samedi à 7 h du matin[1],[3],[4],[2].

Construit par Von Roll et exploité par la Société anonyme du funiculaire électrique de Pau, la ligne est accessible au prix de 10 centimes de francs l'aller (les vélos sont autorisés[2]), soit une section tarifaire de tramway[1],[3]. Une corne de brume annonce le départ des cabines[3].

Après la première Guerre Mondiale et face aux faibles bénéfices, la ligne est en mauvais état et doit fermer le , tandis que l'exploitant est liquidé et la ville de Pau rachète l'installation[1],[5]. Vendue aux enchères, la ligne est rachetée en 1922 par M. Guagnino du de la compagnie du chemin de fer de Pau-Oloron-Mauléon et fonde la Société nouvelle du funiculaire électrique de Pau qui obtient une concession de 60 ans[5].

Rouverte, la ligne est modernisée durant la seconde Guerre mondiale mais ferme en 1952 en raison de faibles bénéfices et l'exploitant est à nouveau liquidé, la ville en reprenant cette fois l'exploitation et rouvre la ligne en 1954[5]. Entre 1960 et 1961, le câble et les cabines sont changées, passant d'une caisse en bois à une caisse métallique[5],[6],[3].

Le funiculaire est à nouveau fermé le pour déficit chronique et insécurité, l'exploitation étant chaotique[5],[2]. Après une tentative de classement aux monuments historiques refusée en 1973, la ville profite du réaménagement des espaces publics attenant pour moderniser le funiculaire : rénovation des voitures et changement de la machinerie[5].

Il rouvre [5] et est gratuit depuis lors[6].

La ligne est à nouveau stoppée en 1993 pour repeindre les voitures puis des fissures sont découvertes dans les poulies de guidage du câble[5]. La ligne enchaîne alors les problèmes : présence d'à coups en entrée de station lors des essais, nécessitant de changer les moteurs en 1995 puis découvertes de malfaçons au niveau du réducteur de vitesses, repoussant la réouverture à l'été 1996[5]. Les véhicules ont été à nouveau révisés en 2006[6].

Le funiculaire a été arrêté durant l'été 2010[7] afin de procéder à de lourds travaux de rénovation :

  • changement du moteur et de l'installation électrique, datant de 1978 ;
  • rénovation des cabines (nouvelles couleurs) et réaménagement de l'intérieur ;
  • rénovation du viaduc ;
  • mise aux normes de l'ensemble pour le rendre accessible aux personnes à mobilité réduite ;
  • semi-automatisation du funiculaire.

Le coût des travaux, entièrement financés par la ville de Pau, s'élève 1 085 430 euros. Le service a été assuré pour la durée des travaux par deux voiturettes électriques circulant de 6 h 45 à 19 h 00.

En 2012, l'ouvrage est victime de nombreuses pannes, la ville porte plainte pour sabotage sur les cartes électroniques des systèmes de commande de l'ouvrage[8].

Le funiculaire transporte 500 000 personnes chaque année comme prévu à son ouverture[9],[4]. Les éléments constitutifs du funiculaire (la rotonde, la tour et son mécanisme, le viaduc), ainsi que le pavillon des Arts, sont protégés au titre des monuments historiques par un arrêté du [10].

Entre 1978 et 2019, il a transporté plus de 20 millions de passagers[11]. À une date inconnue, l'exploitation en régie directe est transférée par la ville au Syndicat mixte Pau Béarn Pyrénées Mobilités[12].

Une nouvelle inspection décennale a lieu au printemps 2026 pour une durée de trois mois, avec notamment un démontage et remontage complet des voitures pour inspection et le changement du câble tracteur, pour un coût de 413 000 euros[13].

La ligne

modifier

Caractéristiques générales

modifier

Le funiculaire de Pau est long de 103 m et rattrape un dénivelé de 26 m entre la station inférieure de style art nouveau proche de la gare de Pau180 m d'altitude) et la station supérieure, sur une plateforme accolée au pavillon des Arts206 m d'altitude)[14],[3]. La pente est de 30 %[14].

Le viaduc long de 110 mètres, est composé de travées métalliques en poutres à treillis rivetées, repose sur des palées scellées dans des massifs de béton non armé[4]. Il supporte une voie métrique avec une zone d'évitement centrale[3].

La vitesse de fonctionnement est de 1,5 m/s[3]. La machinerie est située à une dizaine de mètres sous la gare amont, sous le viaduc métallique[15]

Le câble de traction n'est pas doublé d'un câble de tension vu la faible longueur de la ligne[16].


Les cabines

modifier

les cabines de 30 places réparties en quatre compartiments et à caisse métallique flanquées du blason de Pau, construites par Soulé, offrent une capacité de 1 500 personnes par heure et par sens[14],[3],[16]. Elles pèsent chacune 7,330 kg[3].

Exploitation

modifier

Son exploitation se fait à l'aide de dix agents[11]. Dans la pratique, il faut un machiniste pilotant la ligne depuis la salle de commande située dans la machinerie et deux agents de bord, un par voiture[16],[15].

Le funiculaire est exploité en régie directe par le Syndicat mixte Pau Béarn Pyrénées Mobilités[12]. Son utilisation est gratuite depuis 1978[17].

Le funiculaire est en service tous les jours avec un départ toutes les cinq minutes[3] :

  • du lundi au samedi, de 6 h 55 à 21 h 40[3] ;
  • le dimanche de 13 h 45 à 20 h 50[3].

En cas d'interruption du service, la liaison avec le centre-ville est reportée sur le réseau Idelis, notamment sur la ligne Fébus, sur l'ascenseur du conseil départemental ou par l'emprunt des sentiers du Roy[18]. Sur ces derniers, une navette de substitution à l'aide de voiturettes de golf électriques (louées pour l'occasion) peut-être mise en place[19].

Notes et références

modifier
  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Wadoux et Vergez-Larrouy 1998, p. 5.
  2. 1 2 3 4 5 « Le funiculaire », sur pau.fr, (version du sur archive.org).
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 « Le Funiculaire, gratuit et rapide, fonctionne tous les jours » Accès libre, sur pau.fr, (consulté le ).
  4. 1 2 3 « Le Tour de France de la construction : Etape 15 : Samatan - Pau (158,5 km) » Accès libre, sur lemoniteur.fr, (consulté le ).
  5. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Wadoux et Vergez-Larrouy 1998, p. 6.
  6. 1 2 3 « Le funiculaire de Pau, l'un des plus beaux d'Europe » Accès libre, sur larepubliquedespyrenees.fr, (consulté le ).
  7. « Le funiculaire s'offre une cure estivale », sur sudouest.fr, (consulté le ).
  8. Mireille Dudun, « Pannes du funiculaire à Pau : la piste d'un "sabotage" » Accès libre, sur larepubliquedespyrenees.fr, (consulté le ).
  9. La Vie du Rail n°3267
  10. « Pavillon des Arts et funiculaire », notice no PA64000117, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
  11. 1 2 « Le funiculaire de Pau atteint les 20 millions de passagers » Accès libre, sur sudouest.fr, (consulté le ).
  12. 1 2 « Les mobilités au sein du Bassin Palois (Pyrénées-Atlantiques) » Accès libre [PDF], sur ccomptes.fr, (consulté le ).
  13. « Le funiculaire de Pau va fermer pendant trois mois pour sa grande inspection décennale » Accès libre, sur larepubliquedespyrenees.fr, (consulté le ).
  14. 1 2 3 Association des funiculaires de France, « Le funiculaire de Pau » Accès libre, sur funiculaires-france.fr (consulté le ).
  15. 1 2 « Pau, la gare et le funiculaire (Page 3/4). » Accès libre, sur foudurail.org (consulté le ).
  16. 1 2 3 « Pau, la gare et le funiculaire (Page 2/4). » Accès libre, sur foudurail.org (consulté le ).
  17. « Funiculaire de Pau » Accès libre, sur leportailferroviaire.free.fr (consulté le ).
  18. « Pyrénées-Atlantiques : cet ouvrage vieux de plus de 100 ans va fermer pendant trois mois » Accès libre, sur actu.fr, (consulté le ).
  19. Pierre-Olivier Julien, « Travaux au funiculaire de Pau : des voiturettes pour transporter les usagers » Accès libre, sur larepubliquedespyrenees.fr, (consulté le ).

Voir aussi

modifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

modifier
  • Jean Gennesseaux, Funiculaires et crémaillères de France, p. 69-70, Éditions La vie du rail, Paris, 1992 (ISBN 2-902808-42-9)
  • Arnaud Wadoux et Jean-Pierre Vergez-Larrouy, « Les funiculaires grands oubliés des réseaux urbains : Pau Paris Thonon-les-Bains, Besançon et Evian : Pau : Une histoire mouvementée », Réseaux urbains de France, France passion des transports urbains, no 20, , p. 5-6 (ISSN 1283-4459, lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Articles connexes

modifier

Liens externes

modifier