Futur en français
Le futur ou l'avenir, est une des trois époques, avec le passé et le présent, dans laquelle peut se situer une situation décrite par un verbe[1], et qui, en français, peut être exprimée de différentes manières.
Futur simple
modifierEn français, le futur simple (ou futur synthétique) est un temps de l'indicatif.
Comme toutes les formes verbales, les verbes au futur simple sont composés d'un radical et d'une terminaison, ou désinence. Le radical est le même que celui du conditionnel, il est souvent prédictible à partir de l'infinitif. Les désinences contiennent toujours le morphème du futur -r- ([ʁ]), et les marques de personnes et de nombre, identiques pour tous les verbes, -ai, as, -a, -ons, -ez, -ont. Pour conjuguer un verbe au futur simple, il suffit souvent de souder la marque de personne à l'infinitif : ainsi le futur de chanter est je chanterai.
Historiquement, le futur simple est issu de la fusion d'une périphrase verbale du bas latin habeo au présent + infinitif. Ainsi, la périphrase habeo cantare a lentement évolué vers la forme je chanterai.
Le futur simple appartient au mode indicatif : cependant, sa morphologie et certains emplois le rapprochent du conditionnel.
Comme tous les temps verbaux du français, la forme simple du futur est associée à une forme composée. La forme composée qui correspond au futur simple, je chanterai est le futur antérieur j'aurai chanté, qui marque l'aspect accompli.
Le futur simple a plusieurs valeurs, temporelles ou modales. On l'emploie pour signifier que l'action (ou plus généralement le procès) décrite par le verbe se situe dans l'avenir. Comme l'avenir comporte toujours une part d'incertitude, le futur est donc propre à se doter de valeurs modales associées à l'avenir. On peut aussi employer le futur pour formuler une injonction, pour faire une promesse, pour atténuer une affirmation, ou pour exprimer une idée de bilan ou de conjecture.
Futur antérieur
modifierLe futur antérieur se forme avec l’un des deux verbes auxiliaires au futur simple. La plupart des verbes actifs reçoivent l’auxiliaire avoir, et tous les verbes pronominaux, ceux mis à la diathèse passive, ainsi que certains verbes actifs transitifs indirects – l’auxiliaire être, le verbe à sens lexical étant au participe passé. Dans le cas de l’auxiliaire être, le participe s’accorde toujours en genre et en nombre avec le sujet, du moins à l’écrit. Dans certains cas, il s’accorde aussi lorsque l’auxiliaire est avoir, non pas avec le sujet, mais avec le complément d'objet direct. C’est un temps relatif. Exemples[2] :
- en rapport avec un verbe au futur simple : Quand j’aurai fini ce travail, je sortirai ;
- en rapport avec un verbe à l’impératif : Quand tu auras lu le journal, passe-le-moi ;
- par rapport à un moment exprimé par un complément (en impliquant l’aspect perfectif et la valeur pragmatique de certitude) : Dans un mois, Marie aura accouché d’une petite fille.
Cette forme peut aussi exprimer une présomption au sujet d’un procès : Paul n’est pas encore arrivé ; il aura oublié notre rendez-vous[2].
Le futur simple dans le passé n’a pas de forme spécifique mais celle du conditionnel présent. C’est une forme synthétique aussi, ayant le même thème que le futur simple et les désinences de l’indicatif imparfait. Il est obligatoirement utilisé au lieu du futur simple dans la plupart des cas où on exprime un procès postérieur à celui d’un verbe à une forme passée : On a annoncé que les élections législatives auraient lieu le [2].
Le futur antérieur dans le passé a la forme du conditionnel passé et la valeur du futur antérieur, mais en rapport avec le futur simple dans le passé : On a annoncé que les deux présidents recevraient les journalistes après qu’ils auraient signé l’accord de coopération entre leurs deux pays[2].
Futur périphrastique
modifierLe futur proche est le plus souvent exprimé par une périphrase avec le verbe semi-auxiliaire aller et l’infinitif présent du verbe à sens lexical. C’est un temps absolu : Attention, tu vas tomber ! Il est également utilisé avec une valeur d’impératif : Vous allez tous prendre vos affaires et vous allez sortir sans faire de bruit[3].
Avec aller à l’indicatif imparfait on exprime un procès postérieur proche d’un moment du passé : Au moment où j’allais sortir, j’ai constaté que j’avais oublié mon portefeuille[4].
Au passif, c’est le verbe être qui est conjugué comme à la diathèse active : La loi sera / va être / aura été votée par les députés[5].
Notes et références
modifierNotes
modifier- Cet article est partiellement ou en totalité issu de l'article intitulé « Futur (grammaire) » (voir la liste des auteurs).
- Cet article est partiellement ou en totalité issu de l'article intitulé « Passé (grammaire) » (voir la liste des auteurs).
Références
modifierVoir aussi
modifierArticles connexes
modifierBibliographie
modifierGrammaires de référence
modifier- Jacques Damourette et Édouard Pichon, Des mots à la pensée : essai de grammaire de la langue française, t. Tome 5, Paris, D’Artrey, 1911-1936, p. 381-405.
- Martin Riegel, Jean-Christophe Pellat et René Rioul, Grammaire méthodique du français, Paris, Presses universitaires de France, (1re éd. 1994) (ISBN 978-2-13-055984-9), « Le futur simple », p. 549-554.
- Anne Abeillé et al., La Grande Grammaire du français, Arles, Actes Sud, (ISBN 978-2-330-14239-1, lire en ligne
). - Grammaire du français : terminologie grammaticale, Paris, Ministère de l'éducation nationale et de la jeunesse, (ISBN 978-2-11-155900-4, lire en ligne
).
Monographies
modifier- (de) Angela Schrott, Futurität im Französischen der Gegenwart : Semantik und Pragmatik der Tempora der Zukunft, Tübingen, Gunter Narr, .
- Lars Göran Sundell, Le temps futur en français moderne, Uppsala, Acta Universitatis Upsaliensis, .
Articles
modifier- Co Vet, « Conditions d’emploi et interprétation des temps futurs du français », Verbum, vol. 16, no 4, , p. 71-84.