Fygen Lutzenkirchen

femme d'affaires de Cologne au XVe siècle

Fygen Lutzenkirchen ou Lützenkirchen, née van Bellinghoven vers 1450 et morte après 1515, est une femme d'affaires et agente commerciale impériale active à Cologne.

Fygen Lutzenkirchen
Description de cette image, également commentée ci-après
Statue de Fygen Lutzenkirchen à l'hôtel de ville de Cologne. Œuvre de Wolfgang Reuters, 2008.
Nom de naissance Fygen van Bellinghoven
Naissance v. 1450
Décès ap. 1515
Nationalité Impériale
Activité principale
Conjoint
Peter Lutzenkirchen
Descendants
Agnes Lutzenkirchen (fille)
Lisbeth Lutzenkirchen (fille)

Figure importante de la vie négociante locale, elle forme de nombreuses apprenties dans le commerce de la soie. Épouse de Peter Lutzenkirchen, leurs filles font des mariages importants avec des partenaires. L'une d'elles reprend le commerce soyeux vers 1498, à la mort de leur père, tandis que Fygen Lutzenkirchen continue des activités commerciales et patrimoniales en parallèle. En 1515, elle est parmi les femmes les plus riches de la ville. La famille Lutzenkirchen est également propriétaire d'une maison en pierre de style gothique, la Wolkenburg, qui est démolie au début du XXe siècle.

À partir des années 1980, la ville de Cologne rend plusieurs fois hommage à Fygen Lutzenkirchen et aux soyeuses colonaises dans l'espace public.

Famille

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Née à une date estimée autour de 1450, Fygen van Bellinghoven épouse Peter Lutzenkirchen. Marchand en gros dans les années 1470, il est mentionné dans des documents comme membre de la Wollenamt, corporation des drapiers. Il agit comme représentant de plusieurs importantes sociétés commerciales à Cologne, telles que la Grande Société de Ravensbourg et la société Vöhlin-Welser. Leurs activités commerciales se complètent, comme de nombreux couples commerçants de l'époque[1].

Le couple a deux filles. En 1492, Agnes épouse Andreas Imhof, autre représentant de la Vöhlin-Welser, issu d'une famille de Haute-Allemagne. À une date inconnue, Lisbeth épouse Mertyn Ime Hove (Imhof), dit « le Jeune ». Issu d'une famille du Bas-Rhin, il est le fils de Mertyn Ime Hove « l'Ancien », marchand au long cours, et de Trygen, dite « la dame à la Porte Rouge » (Frau zur Roten Tür). La réputation de cette soyeuse est alors égale ou supérieure à celle de Fygen Lutzenkirchen[1].

Carrière

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Spécialisée dans le commerce de la soie, Fygen Lutzenkirchen est maîtresse de la Seidamt, guilde des soyeuses de Cologne. Hormis Paris, aucune autre cité ne compte alors de corporations composées presque exclusivement de femmes. Admise au rang de maîtresse-artisane en 1474, elle forme vingt-cinq apprenties jusqu'en 1497. Il est exceptionnel qu'Agnes et Lisbeth ne sont pas apprenties de leur mère. L'activité de Fygen Lutzenkirchen dans la soie prend fin à la mort de son époux, vers 1498. Elle s'occupe de l'importante succession de celui-ci et continue de représenter la Ravensbourg. La gestion du commerce soyeux est laissé à une de ses filles, qui pourrait être Lisbeth, cette dernière étant connue comme maîtresse-artisane à partir de 1496[1].

Patrimoine

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Fygen Lutzenkirchen appartient à un cercle restreint de maîtresses-artisanes ayant un monopole sur le commerce soyeux. Son capital est assez important pour acheter de la soie brute en grande quantité et d'être à la tête d'une entreprise. En 1515, elle figure parmi les citoyens les plus fortunés de Cologne[1].

Le testament du couple Lutzenkirchen, écrit en 1494, n'apporte qu'un détail limité de leur important patrimoine. On sait que la famille possède plusieurs maisons à Cologne, dont la Wolkenburg : bâtiment neuf de style gothique situé dans la paroisse Saint-Pierre, Peter Lutzenkirchen l'achète en 1492 pour en faire une demeure familiale. Elle est démolie en 1911-1912[1].

Hommages

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Photo d'une rue montante avec une maison rouge.
La Seidmacherinnengässchen en 2013.

En 1987, à l'initiative d'Irene Franken et Gwen Kiesewalter, fondatrices de l'Association d’histoire des femmes de Cologne, la ville réunit la Seidmachergässchen avec l'Unter Seidmacher pour former la Seidmacherinnengässchen allée des Soyeuses »), dans une démarche de rendre hommage aux artisanes colonaises du Moyen Âge, la fabrication de la soie étant alors une activité exclusivement féminine[2].

En 1992, la municipalité inaugure une statue de Fygen Lutzenkirchen, réalisée par Wolfgang Reuter, à l'hôtel de ville de Cologne. Par ce geste, la ville désire rendre hommage aux femmes ayant contribué à la prospérité économique de Cologne à la fin du Moyen Âge[1]. Cent-cinq-six statues, dont celle de Lutzenkirchen, sont retirées en 2005, en raison d'une mauvaise conservation, pour être remplacées par des copies. W. Reuters réalise de nouveau celles de Fygen Lützenkirchen et de Henri-Corneille Agrippa de Nettesheim[3].

La rue Fygen-Lützenkirchen, dans le quartier de Rielh, est nommée en son honneur[1].

Dans la culture

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Ursula Niehaus publie Die Seidenweberin La Tisserande de soie ») en 2007, une biographie romancée de Fygen Lutzenkirchen[4]. En 2011, Die Tochter der Seidenweberin La Fille de la tisserande de soie ») est la suite directe et se concentre sur sa fille Lisbeth, sa successeuse à la tête de l'entreprise[5].

Annexes

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Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 (de) Margret Wensky, « Fygen Lutzenkirchen », sur Portal Rheinische Geschichte, (consulté le )
  2. (de) « Seidmacherinnengäßchen », sur www.stadt-koeln.de (consulté le )
  3. (de) Christoph Mathieu, « Wiederbegegnung mit Fygen Lützenkirchen », Rundschau, (lire en ligne)
  4. (de) Literatur-Couch Medien GmbH & Co KG, « Die Seidenweberin », sur www.histo-couch.de (consulté le )
  5. (de) Literatur-Couch Medien GmbH & Co KG, « Die Tochter der Seidenweberin », sur www.histo-couch.de (consulté le )

Articles connexes

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Liens externes

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