Félix Leseur
Félix Leseur, né Eugène Henri Félix Leseur le à Reims (Marne) et mort le à Chaudron-en-Mauges (Maine-et-Loire), est un journaliste, dirigeant d'entreprise et religieux dominicain français.
| Naissance | |
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| Décès | |
| Nom de naissance |
Eugène Henri Félix Leseur |
| Nationalité | |
| Activités |
Prêtre catholique (à partir du ), dirigeant de presse, médecin |
| Conjoint |
Élisabeth Leseur (de à ) |
| Nom en religion |
Marie-Albert Leseur |
|---|---|
| Ordre religieux |
Ordre des Prêcheurs (à partir de ) |
| Membre de |
Société d'iconographie parisienne (d) () |
Directeur de la compagnie d'assurance vie Le Conservateur au début du XXe siècle, il exerce également des responsabilités dans plusieurs organismes économiques français.
Après une carrière dans le journalisme et les affaires, il se convertit au catholicisme à la suite du décès de son épouse, Élisabeth Leseur, dont il contribue à publier et diffuser les écrits spirituels. Entré dans l'Ordre des Prêcheurs en 1919, il est ordonné prêtre en 1923 sous le nom de Marie-Albert Leseur[1].
Biographie
modifierOrigines et formation
modifierFélix Leseur naît le 22 mars 1861 à Reims, dans une famille aisée de tradition catholique. Troisième enfant de la famille, il est le fils de François-Auguste Leseur, avoué auprès du tribunal de grande instance de la ville, et de Marie-Félicie Thibout[2].
Il reçoit une éducation religieuse et fréquente des établissements catholiques. Attiré par la géographie et les questions coloniales, il envisage initialement de faire carrière dans les territoires administrés par la France.
Il entreprend des études de médecine à Reims, puis à Paris. Au cours de sa formation, il s'éloigne progressivement des convictions religieuses de son enfance et adhère à des conceptions matérialistes et rationalistes.
Il se fiance avec Élisabeth Arrighi le 23 mai 1889, puis l'épouse le 31 juillet de la même année.
Carrière journalistique et professionnelle
modifierFélix Leseur s'oriente vers le journalisme, s'intéressant notamment aux questions de politique étrangère et à l'expansion coloniale française.
En mars 1892, il rejoint la rédaction du quotidien La République française, dans lequel il publie des articles sur la politique étrangère et les colonies.
En octobre 1894, il intègre la rédaction du Siècle, quotidien parisien de tendance républicaine et anticléricale.
Il est nommé secrétaire général de la Société d'économie industrielle et commerciale et membre du Conseil supérieur des colonies, avec résidence en Afrique. Ces deux fonctions sont attestées en 1908[3].
À la suite des réticences de sa belle-famille à l'idée d'un départ outre-mer, il renonce à ses projets de carrière coloniale. Par l'intermédiaire de l'oncle maternel de son épouse, qui dirige la compagnie d'assurance vie Le Conservateur, il entre au conseil d'administration de celle-ci avant d'en prendre la direction.
Mariage avec Élisabeth Arrighi
modifierLes époux Leseur partagent des intérêts intellectuels, artistiques et culturels et son étroitement attachés l'un à l'autre. Ils fréquentent les milieux mondains parisiens et effectuent plusieurs voyages à l'étranger, notamment entre 1893 et 1897, à Rome, en Algérie, en Tunisie, en Allemagne et en Europe de l'Est[4].
Leur vie conjugale est toutefois marquée par leur divergence en matière religieuse. Félix Leseur, devenu athée et anticlérical, s'oppose aux convictions catholiques de son épouse. Celle-ci développe progressivement une vie spirituelle personnelle, dont elle rend compte dans ses écrits et dans son journal.
Atteinte de problèmes de santé persistants, Élisabeth Leseur meurt à Paris le 3 mai 1914, à l'âge de 47 ans.
Conversion au catholicisme
modifierAprès la mort de son épouse, Félix Leseur découvre ses cahiers et ses écrits spirituels. Leur lecture joue un rôle important dans son évolution religieuse.
Pendant la Première Guerre mondiale, il se rapproche progressivement de l'Église catholique et retrouve la pratique religieuse.
Au printemps 1917, il fait publier le Journal et pensées de chaque jour d'Élisabeth Leseur, contribuant ainsi à la diffusion de ses écrits auprès du public catholique.
Vie religieuse
modifierEn 1919, Félix Leseur entre au noviciat de l'Ordre des Prêcheurs à Paris. Il adopte le nom religieux de Marie-Albert Leseur.
Il prononce sa profession religieuse solennelle le 23 mars 1923, puis reçoit l'ordination sacerdotale le 8 juillet de la même année, à l'âge de 62 ans[5].
Désormais prêtre dominicain, il consacre une partie importante de son activité à la diffusion des écrits de son épouse, à la prédication et à des conférences consacrées à sa vie et à sa spiritualité.
Il publie notamment en 1931 une biographie intitulée Vie d'Élisabeth Leseur, aux éditions J. de Gigord, à Paris[6].
Mort
modifierFélix Leseur meurt le 25 février 1950 à Chaudron-en-Mauges, dans le département de Maine-et-Loire, à l'âge de 88 ans[7].
Publications et travaux éditoriaux
modifierFélix Leseur participe à la publication et à la diffusion de plusieurs ouvrages de son épouse. Ces travaux sont distingués de ses propres publications.
Ouvrage personnel
modifier- Marie-Albert Leseur, Vie d'Élisabeth Leseur, Paris, J. de Gigord, , 388 p. (lire en ligne).
Publications des écrits d'Élisabeth Leseur
modifier- Élisabeth Leseur, Journal et pensées de chaque jour, Paris, 1917, publié à l'initiative de Félix Leseur.
- Élisabeth Leseur, Lettres sur la souffrance, Paris, 1918.
- Élisabeth Leseur, La Vie spirituelle, Paris, 1918.
- Élisabeth Leseur, Lettres à des incroyants, Paris, 1922.
Ces publications sont notamment recensées dans l’Enciclopedia cattolica (it), dans sa notice consacrée à Élisabeth Leseur[8].
Postérité
modifierFélix Leseur est principalement connu pour son rôle dans la publication et la diffusion de l'œuvre spirituelle de son épouse.
La trajectoire religieuse du couple, marquée par leurs divergences initiales de convictions et par la conversion de Félix après la mort d'Élisabeth, a donné lieu à plusieurs récits biographiques et études consacrées à la spiritualité chrétienne[4].
Une cause de béatification d'Élisabeth Leseur est ouverte en 1955.
En 2015, Bernadette Chovelon publie une biographie consacrée au couple, Élisabeth et Félix Leseur : itinéraire spirituel d'un couple, aux éditions Artège. L'ouvrage fait l'objet d'une réédition en 2023 aux éditions Ephata[4],[9].
Notes et références
modifier- ↑ « Élisabeth et Félix Leseur », sur Abbaye Saint-Joseph de Clairval, (consulté le ).
- ↑ « Registres d'état civil de Reims, naissances de 1861, acte no 425 du 22 mars 1861 », sur Archives départementales de la Marne, : « Cote 2 E 534/268, vue 109 sur 354 ; filiation à vérifier sur l'acte original ».
- ↑ Exposition franco-britannique de Londres 1908 : catalogue spécial officiel de la section française, Paris, Comité français des expositions à l'étranger, (lire en ligne), p. 111.
- 1 2 3 Bernadette Chovelon, Élisabeth et Félix Leseur : Itinéraire spirituel d'un couple, Artège, , 396 p. (ISBN 978-2-36040-338-7).
- ↑ Domitille Farret d'Astiès, « Félix et Élisabeth Leseur, d'une vie mondaine à une vie en Dieu », sur Aleteia, (consulté le ).
- ↑ « Vie d'Élisabeth Leseur, par M.-A. Leseur », sur Catalogue de la bibliothèque du Séminaire de Tournai (consulté le ).
- ↑ « Élisabeth Leseur », sur Biographies historiques et données d'état civil (consulté le ).
- ↑ (it) Ferdinando Renaud, « Leseur, Pauline-Elisabeth », Enciclopedia Cattolica, vol. 7, , p. 723 (lire en ligne).
- ↑ Bernadette Chovelon, Élisabeth et Félix Leseur, Ephata, coll. « Grands témoins », (ISBN 978-2-38550-014-6).
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Bernadette Chovelon, Élisabeth et Félix Leseur : Itinéraire spirituel d'un couple, Artège, , 396 p. (ISBN 978-2-36040-338-7).
- Bernadette Chovelon, Élisabeth et Félix Leseur, Ephata, coll. « Grands témoins », (ISBN 978-2-38550-014-6).
- Marie-Albert Leseur, Vie d'Élisabeth Leseur, Paris, J. de Gigord, , 388 p. (lire en ligne).
- Michel San Pietro, Puissance de l'amour chrétien : Élisabeth et Félix Leseur, Éditions Magnificat, 80 p.
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- « Élisabeth et Félix Leseur », abbaye Saint-Joseph de Clairval, 29 septembre 2010.
- « Félix et Élisabeth Leseur : de la vie mondaine à la vie chrétienne », Collège des Bernardins, 25 juin 2022.
- « Félix et Élisabeth Leseur, d'une vie mondaine à une vie en Dieu », Aleteia, 10 janvier 2019.
- Catalogue officiel de l'Exposition franco-britannique de 1908, p. 111.
- Notice bibliographique de Vie d'Élisabeth Leseur, bibliothèque du Séminaire de Tournai.