Fête de dévoilement du sexe
Une fête de dévoilement du sexe ou fête de révélation du sexe[1] (en anglais : gender reveal party ou sex reveal party) est une fête organisée par les parents d'un enfant à naître au cours de laquelle le sexe de ce dernier est révélé aux participants.

Pratiques festives
modifierLa découpe d'un gâteau dont l'intérieur est rendu bleu, pour un garçon, ou rose, pour une fille, par des colorants, est une méthode souvent employée[2] mais il existe d'autres dispositifs comme des ballons remplis de confettis roses ou bleus, voire plus spectaculaires pouvant comprendre l'usage d'explosifs colorés[3].
Ces fêtes sont particulièrement populaires aux États-Unis à compter de la fin des années 2000[4] bien que critiquées pour reproduire la binarité des stéréotypes de genre[5],[3].
Incidents
modifierCritique
modifierLes fêtes de révélation du sexe reposent largement sur l'hypothèse que l'enfant ne sera pas intersexe, une situation qui se produit dans environ 1 naissance sur 4 500 à 5 500[8],[9]. Ces fêtes sont considérées comme renforçant l'essentialisme de genre, excluant et minimisant la transidentité[4],[10],[8]. Certains parents refusent ces événements, notamment parce que les discussions sur l'identité de genre et les questions transgenres sont de plus en plus fréquentes[11].
Globalement, cette pratique renforce les stéréotypes de genre, en utilisant souvent des dichotomies de genre polarisantes dans les supports de fête, comme « Guns or Glitter » (Pistolets ou paillettes), « Pistols or Pearls » (Pistolets ou perles) ou « Wheels or Heels » (Roues ou talons)[12],[13],[14],[10]. Les critiques affirment qu'il n'y a aucune raison de présumer d'une adéquation parfaite avec cette dichotomie essentialiste, même dans le cas d'un enfant cisgenre et non intersexe[11],[15],[8]. En 2019, Jenna Karvunidis, considérée comme l'une des pionnières des fêtes de révélation du sexe, a appelé à une réévaluation de cette pratique en raison de son impact potentiel sur les personnes transgenres et non-binaires, en évoquant la non-conformité de genre de sa propre fille[16],[17].
Références
modifier- ↑ « fête de dévoilement du sexe », Grand Dictionnaire terminologique, Office québécois de la langue française.
- ↑ Pasche Guignard 2015.
- 1 2 (fr-BE) Marise Ghyselings, « Pourquoi il faut en finir avec les « gender-reveal parties » », sur parismatch.be, (consulté le ).
- 1 2 (en) Caroline Bologna, « How Gender Reveals Became Such A Thing », sur HuffPost, (consulté le ).
- ↑ Maude Goyer, « Fête de la révélation » : Une tendance à repenser ?, Futurs parents, La Presse, (consulté le ).
- ↑ (fr)Shéhérazade Ben Essaid, « États-Unis: un futur père meurt dans une explosion en préparant une "gender reveal party" », sur bfmtv.com, (consulté le )
- ↑ (fr)Ariel Guez, « Mexique: un mort dans un crash d'avion lors d'une "gender reveal party" », sur bfmtv.com, (consulté le )
- 1 2 3 (en) Leena Nahata, « The Gender Reveal: Implications of a Cultural Tradition for Pediatric Health », Pediatrics, vol. 140, no 6, (ISSN 0031-4005 et 1098-4275, DOI 10.1542/peds.2017-1834, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Leonard Sax, « How common is lntersex? A response to Anne Fausto‐Sterling », Journal of Sex Research, vol. 39, no 3, , p. 174–178 (ISSN 0022-4499 et 1559-8519, DOI 10.1080/00224490209552139, lire en ligne, consulté le )
- 1 2 (en) « What's the Deal With Gender Reveal Parties? », sur FamilyEducation (consulté le )
- 1 2 (en-US) Kim Severson, « It’s a Girl! It’s a Boy! And for the Gender-Reveal Cake, It May Be the End », The New York Times, (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Florence Pasche Guignard, « A Gendered Bun in the Oven. The Gender-reveal Party as a New Ritualization during Pregnancy », Studies in Religion/Sciences Religieuses, vol. 44, no 4, , p. 479–500 (ISSN 0008-4298 et 2042-0587, DOI 10.1177/0008429815599802, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Carly Gieseler, « Gender-reveal parties: performing community identity in pink and blue », Journal of Gender Studies, vol. 27, no 6, , p. 661–671 (ISSN 0958-9236 et 1465-3869, DOI 10.1080/09589236.2017.1287066, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en-US) Erin Keane, « It's a boy! It's a girl! But, people — it's not a "gender reveal" party! », sur Salon.com, (consulté le )
- ↑ (en) « Gender reveals: Insanely popular — and also outdated? », USA TODAY, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
- ↑
- ↑ (en-GB) Vivian Ho, « Pioneer of gender-reveal party regrets sparking trend: 'Let kids be who they are' », The Guardian, (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
Annexes
modifierBibliographie
modifier- (en) Carly Gieseler, « Gender-reveal parties : Performing community identity in pink and blue », Journal of Gender Studies, vol. 27, no 6, , p. 661–671 (DOI 10.1080/09589236.2017.128706, S2CID 151390917).
- (en) Carly Gieseler, Gender-Reveal Parties as Mediated Events : Celebrating Identity in Pink and Blue, Lanham, Lexington Books (Rowman & Littlefield), (ISBN 978-1-7936-0383-8 et 978-1-7936-0384-5, lire en ligne).
- (en) Florence Pasche Guignard, « A Gendered Bun in the Oven : The Gender-reveal Party as a New Ritualization during Pregnancy », Studies in Religion/Sciences Religieuses, vol. 44, no 4, , p. 479–500 (DOI 10.1177/0008429815599802, S2CID 220373650, lire en ligne, consulté le ).
