Gabriel Gobron

1895-07-05;1941-07-08

Gabriel Gobron, né à Bayonville-sur-Mad en Meurthe-et-Moselle le , et mort le à Rethel dans les Ardennes, est un instituteur, historien, journaliste et romancier français anarchiste, syndicaliste et militant. Il participe également au rapprochement franco-allemand durant l'entre-deux-guerres et à la diffusion du caodaïsme en France.

Gabriel Gobron
Description de cette image, également commentée ci-après
Portrait de Gabriel Gobron, photographie de Henri Manuel
Naissance
Bayonville-sur-Mad, France
Décès (à 46 ans)
Rethel, France
Nationalité Française
Activité principale
Formation
Distinctions
Ascendants

Jules Alfred Gobron (père)

Marie-Rose Marchal (mère)
Conjoint
Marguerite Schmidt
Famille
  • Léon Gobron (frère)
  • Jeanne Gobron (sœur)
  • Marie-Thérèse Gobron (sœur)
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres

Œuvres principales

  • Les Couarrails de Pont-à-Mousson (1918)
  • Notre-Dame des Neiges, histoire d'une famille de boulangers (1938)

Biographie

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Origines et formation

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Le père de Gabriel, Jules Alfred Gobron, est issu d'une famille ardennaise implantée sur le plateau de Rocroi. Son père ainsi que sa mère, Marie-Rose Marchal, furent boulangers à Bayonville-sur-Mad. Gabriel est l'aîné d'une fratrie de quatre enfants ; il a un frère Gaston (1898-1914), et deux sœurs, Marie-Thérèse (1907-1976) et Jeanne (1909-1993).

De 1907 à 1911, Gabriel Gobron fréquente les cours de l’École primaire supérieure (aujourd'hui appelé communément le collège) à Pont-à-Mousson de 1907 à 1911, puis poursuit sa formation de 1911 à 1914 à l’École normale d’instituteurs de Nancy, où il obtient le brevet supérieur.

La Première Guerre mondiale interrompt ses études. Il se rend à Paris où, tout en exerçant différents emplois, notamment comme balayeur dans le métro et déménageur, il fréquente la Sorbonne. Il obtient le baccalauréat, qui lui permet d'obtenir une délégation d'enseignement.

Carrière dans l'enseignement

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Son premier poste d'enseignement le conduit à l'École primaire supérieure à Sidi-Bel-Abbès en Algérie. Son père meurt en septembre 1920 et, en octobre de la même année, Gabriel Gobron épouse, à Nancy, Marguerite Schmidt.

En 1922, il est affecté au collège de Rethel, dans les Ardennes. Il reprend parallèlement ses études à la Sorbonne et obtient une licence ès lettres, qui lui permet d'être titularisé à Rethel. Il y poursuit sa carrière dans l'enseignement jusqu'à sa mort.

Pendant son temps libre, Gabriel voyage en Europe, notamment en Tchécoslovaquie, en Hongrie et en Allemagne où il séjourne à Berlin en 1926 et y développe une conviction de la formation des États-Unis d'Europe.

Il pratique plusieurs langues étrangères, notamment l'allemand, l'anglais, l'italien, l'espagnol et le portugais, et possède également des connaissances en arabe. Il réalise des traductions d'ouvrages relevant notamment de la théologie, de la philosophie et du théâtre.

Le 29 mai 1927, il participe à Blombay, dans les Ardennes, à un hommage rendu à la famille Sarrazin, qui avait dirigé dans la commune un établissement d'enseignement de 1749 à 1883. Une plaque commémorative, toujours visible à l'heure actuelle, est alors apposée sur la façade de l'ancienne école.

Gabriel Gobron meurt à la suite d'une tuberculose à Rethel le 8 juillet 1941, à l'âge de 46 ans. Il n'a pas de descendance. Il est inhumé au cimetière de Bayonville-sur-Mad dans la tombe familiale. La bibliothèque communale de son village natal porte son nom.

Activité littéraire et journalistique

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Son premier recueil, Les Couarrails de Pont-à-Mousson, est publié en 1918 par les Éditions Berger-Levrault. Il y décrit entre autres les injustices sociales et économiques.

Entre 1922 et 1927, il collabore à la Revue lorraine, revue régionaliste consacrée à la Lorraine, où il publie plusieurs contes. Une partie d'entre eux est ensuite reprise dans le premier tome de son ouvrage Histoires lorraines : Au pays des Cocolinjos et des Colindindins. Parmi ces textes figurent notamment Le Château des Dames à Bayonville et Un amour de petit cochon, publiés en 1924, Vieilles coutumes du Val de Mad, en 1925, et La Victoire de Léonidas, en 1927.

Il publie également le roman Yan, fils de Maroussia en 1921 et L’Ermonec, en 1925.

Son séjour en Algérie lui inspire notamment Yan, fils de Maroussia ainsi que Mahmoud, pamphlet arabe. Il consacre par ailleurs à son village natal une monographie intitulée La Révolution au village.

Ses publications portent sur des sujets variés, parmi lesquels la Russie précédant la révolution russe avec Raspoutine et l'Orgie russe, la Hongrie, les relations franco-allemandes, le spiritisme et le caodaïsme. Il collabore parallèlement à différents journaux et revues régionaux, nationaux et étrangers.

À Rethel, il fonde la maison d'édition Ambiorix, installée à son domicile, au 12 rue Thiers.

En 1925, il est l'un des cinq membres fondateurs de la Société des écrivains ardennais, avec Jean-Paul Vaillant, Rémi Bourgerie, Marcel Caruel et Gaston Docquin. Il représente la société au quatrième Congrès des écrivains de France, organisé à Strasbourg en août 1928.

Il rédige des romans sur la vie des travailleurs des champs et des villes, exprimant dans ces œuvres son anticonformisme et adoptant souvent un ton polémique.

Son dernier livre, Notre-Dame des Neiges, histoire d'une famille de boulangers, paraît en 1938. L'ouvrage s'inspire de son histoire familiale et de ses origines paternelles sur le plateau de Rocroi[1],[2].

Distinctions littéraires

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En 1929, Gabriel Gobron reçoit le prix Erckmann-Chatrian pour les contes du Rupt-de-Mad. La même année, l'Académie française lui attribue un Prix d'Académie pour Histoires Lorraines : au pays des Cocolinjos et des Colindindins.

Il reçoit également en 1930 à Genève le Prix international de Littérature pour l'ouvrage Contacts avec la jeune génération allemande.

Rapprochement franco-allemand

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Marqué par la Première Guerre mondiale, Gabriel Gobron s'engage durant l'entre-deux-guerres en faveur du rapprochement franco-allemand, qu'il considère comme un moyen d'éviter un nouveau conflit entre les deux pays.

Il participe au Comité d'études franco-allemand et entretient des contacts avec des représentants de la jeunesse allemande. Il consacre à ces échanges le livre Contacts avec la jeune génération allemande, publié en 1930 par La Lanterne du Midi. Son engagement suscite également des critiques en France, certains milieux lui reprochant un parti pris favorable à l'Allemagne.

Ces relations s'inscrivent notamment dans les échanges avec le Sohlbergkreis, mouvement allemand impliqué dans les rencontres franco-allemandes. En août 1931, Rethel accueille un congrès réunissant des délégations françaises et allemandes, auquel Gobron participe activement. Parmi les participants allemands figure notamment Otto Abetz, futur ambassadeur d'Allemagne en France, accompagné de sa future épouse française, Suzanne de Bruyker.

L'arrivée au pouvoir des nazis en Allemagne et la récupération des mouvements de rapprochement par le nouveau régime mettent ensuite un terme à cette expérience.

Il rédige parallèlement de nombreux textes pour la presse syndicaliste, libertaire et pacifiste.

Spiritisme et caodaïsme

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L'intérêt de Gabriel Gobron pour le spiritisme le conduit progressivement vers le caodaïsme, mouvement religieux né en Cochinchine dans les années 1920. Selon Jérémy Jammes, dans le livre Les Oracles du Cao Đài paru en avril 2014 aux éditions Les Indes Savantes, Gabriel Gobron prend connaissance de ce mouvement en 1927 par l'intermédiaire de La Revue spirite de France, à laquelle il collabore activement. Les revues de presse de cette publication mentionnent notamment en août et décembre 1927 des articles de L'Écho Annamite consacrés au caodaïsme.

Selon Jammes, Gobron aurait rencontré pour la première fois un dignitaire caodaïste en 1931, lorsque Trần Quang Vinh, alors en déplacement professionnel en France, y séjourne. Trần Quang Vinh est alors l'un des proches collaborateurs de Phạm Công Tắc, chef des médiums du mouvement.

Gobron reçoit ensuite le titre d'instructeur en France du caodaïsme, fonction hiérarchique placée sous l'autorité directe de Phạm Công Tắc. Sous le nom de frère Gago, il est chargé par le Saint-Siège de Tây Ninh de représenter le caodaïsme lors de plusieurs congrès internationaux. Il représente ainsi le mouvement aux congrès spirites de Londres en 1932, de Chicago en 1933 et de Barcelone en 1934.

Sa mission comprend à la fois la représentation de la communauté caodaïste auprès de ces assemblées et des démarches auprès du gouvernement français concernant le statut des caodaïstes en Indochine. Jammes indique notamment qu'il intervient afin d'obtenir pour ceux-ci un statut comparable à celui accordé aux populations converties au christianisme ou demeurées rattachées aux autres courants bouddhiques.

Son activité dans les mouvements religieux ne se limite pas à ces congrès : il participe également au premier Congrès mondial des religions à Londres en 1936 et au Congrès mondial des croyances à Paris en 1939, tous deux fondés et présidés par Francis Younghusband.

En 1938, il publie Les Persécutions de l'administration française contre les Caodaïstes, lettre ouverte adressée au président du Conseil et au ministre des Colonies, dans laquelle il proteste contre la politique menée par l'administration française envers les adeptes du mouvement.

Gabriel Gobron exerce son office au service du caodaïsme pendant treize ans, jusqu'en 1940.

Avec Trần Quang Vinh, il participe également à la constitution en France d'une documentation consacrée au caodaïsme, entreprise qui sera poursuivie plusieurs décennies plus tard par Gustave Meillon.

Après sa mort, certains de ses écrits consacrés au mouvement sont publiés à titre posthume, notamment dans Le Caodaïsme, bouddhisme rénové et spiritisme annamite, paru en 1949[3].

Sa veuve Marguerite poursuit pendant un temps son activité de représentation du mouvement depuis Nancy, avant de s'installer ultérieurement à Cagnes-sur-Mer.

Œuvres

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La liste des œuvres textuelles référencée par la Bibliothèque nationale de France, classée par année[4] :

  • Les Couarrails de Pont-à-Mousson, 1918
  • Tartines de Cancoyotte, 1919
  • Yan, fils de Maroussia, 1921
  • L'Ermonec, 1925
  • Réponse à deux compères : MM. Vaillant-Couturier et Aymard (Camille). Ni Bolchevisme ni Fascisme, 1928
  • Histoires lorraines : Au pays des Cocolinjos et des Colindindins, 1928
  • Raspoutine et l'Orgie russe, 1930
  • Contracts avec la jeune génération allemande (Beruehrung mit der neuen deutschen Generation). Cahier 2, 1930
  • La Hongrie mystérieuse, 1933
  • Barbandouille, fabliau moderne pour adultes, 1933
  • Enfances catholiques, 1934
  • Jean Peuple bâtit la cité, 1937
  • Les Persécutions de l'administration française contre les Caodaïstes lettre ouverte à M. le président du conseil et à M. le ministre des colonies, 1938
  • Notre-Dame des Neiges, histoire d'une famille de boulangers, 1938
  • L'Expérience d'un cardiaque, conseils utiles aux malades, 1941

Références

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  1. Jean Prugnot, « Gobron Gabriel », dans Le Maitron, Maitron/Editions de l'Atelier, (lire en ligne)
  2. « Mairie de Bayonville-sur-Mad : Gabriel Gobron » (consulté le )
  3. Jean Prugnot et Rolf Dupuy, « Gobron Gabriel », dans Dictionnaire des anarchistes, Maitron/Editions de l'Atelier, (lire en ligne)
  4. « Gabriel Gobron (1895-1941) », sur data.bnf.fr (consulté le )

Liens externes

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