Gadi Eizenkot

général israélien

Gadi Eisenkot ou Eizenkot, né le à Tibériade, est un militaire et homme politique israélien qui est le chef d'état-major des armées d'Israël du au . C'est le premier chef d'état-major de Tsahal d'origine marocaine.

Gadi Eisenkot
גדי איזנקוט
Illustration.
Portrait officiel de Gadi Eisenkot, 2026.
Fonctions
Député à la Knesset

(2 ans, 7 mois et 17 jours)
Élection 1er novembre 2022
Législature 25e
Successeur Eitan Ginzburg
Ministre sans portefeuille
Observateur du Cabinet de guerre

(7 mois et 29 jours)
Premier ministre Benyamin Netanyahou
Gouvernement Netanyahou VI
Cabinet de guerre
Prédécesseur Fonction créée
Successeur Fonction supprimée
Chef d'état-major d'Israël

(3 ans, 10 mois et 30 jours)
Prédécesseur Benny Gantz
Successeur Aviv Kokhavi
Biographie
Nom de naissance Gadi Eisenkot
Date de naissance (66 ans)
Lieu de naissance Tibériade (Israël)
Nationalité Israélienne
Parti politique Parti de l'unité nationale (2022-2025)
Yashar (depuis 2025)
Diplômé de Université de Tel Aviv
Profession Militaire

Il est connu pour avoir élaboré lors de la guerre israélo-libanaise de 2006 la doctrine Dahiya, qui prévoit des ripostes et des destructions non proportionnées sur des zones civiles lorsque l’armée israélienne est attaquée. En tant que chef d’État-major, il fait réprimer dans le sang les marches de retour organisées en 2018 dans la bande de Gaza ; plus de 200 manifestants palestiniens sont tués et plus de 18 000 autres blessés.

Il devient ensuite député, puis ministre sans portefeuille dans le Cabinet de guerre israélien lors de la guerre de Gaza, avant de fonder son parti, dénommé Yashar, en vue des élections législatives de 2026.

Biographie

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Jeunesse

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Gadi Eizenkot est né en Israël dans une famille d'origine marocaine. Sa mère est de Casablanca et son père de Marrakech. Il grandit à Eilat, étudie pour rejoindre la marine mais se tourne vers l'infanterie sur le Golan[1],[2] et obtient un B.A. d'histoire de l'université de Tel Aviv puis rejoint le United States Army War College où il obtient un master[3],[4]. Il retourne à l'université de Haïfa pour étudier les sciences politiques[5],[6].

Carrière militaire

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Gadi Eizenkot participe à l'invasion israélienne du Liban de 1982. Il sert alors comme officier dans la brigade Golani[7], vue comme plus populaire et moins élitiste que l'unité la plus prestigieuse des forces spéciales, Sayeret Matkal[8].

Il est secrétaire militaire du chef du gouvernement et ministre de la Défense Ehud Barak de 1999 à 2001[9], puis d'Ariel Sharon[8].

Il est ensuite commandant de la région militaire centre, qui comprend la Cisjordanie occupée, et la région nord, qui inclut les zones frontalières avec le Liban et la Syrie. Il se prononce à l'époque contre l'idée d'une attaque sur l'Iran qu'envisageait le premier ministre Benyamin Netanyahou, pointant le risque d'une guerre longue et d'une détérioration des relations avec les États-Unis[9].

Doctrine Dahiya

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Il formule en 2008 la doctrine dite de Dahiya, qui consiste à employer la force militaire de manière disproportionnée en bombardant massivement des zones sans objectif précis[8]. Elle implique de ne pas tenir compte des pertes civiles lors des bombardements israéliens sur des cibles ennemies et à ignorer le principe de proportionnalité de la force, fondements du droit de la guerre[10]. Cette doctrine doit son nom au quartier chiite du sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, systématiquement pilonné par l'aviation israélienne durant la guerre de l'été 2006 contre le Liban[11].

Peu après cette guerre, il déclare que ce qui « s'est passé à Dahiya arrivera dans chaque village à partir duquel on tirera vers Israël. Nous allons réagir de façon disproportionnée et provoquer d'importants dégâts. De notre point de vue, il n'y a pas villages civils, ce sont des bases militaires »[12],[8].

Chef d'état-major

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Le gouvernement israélien annonce en le nommer au poste de chef d'état-major[13], à compter du , fonction qu'il occupe jusqu'en 2019. Il est à ce titre l’architecte de la « campagne entre les guerres », des bombardements menées par l’aviation israélienne en Syrie et au Proche-Orient contre des intérêts iraniens[14]. Il met en œuvre une répression sanglante des marches du retour organisées dans la bande de Gaza en 2018 : des centaines de manifestants sont tués et des milliers blessés par l'armée israélienne[15],[8]. Il est le premier chef d'état-major d'origine marocaine[16],[17],[18].

Carrière politique

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Le , il est élu député à la Knesset pour la 25e législature qui commence le suivant.

Le , à la suite de l'accord conclu entre le Premier ministre Benyamin Netanyahou et Benny Gantz pour la formation d'un cabinet d'unité nationale, il est nommé ministre sans portefeuille dans le gouvernement et observateur dans le cabinet de guerre. L'armée israélienne met en application la doctrine Dahiya, qu'il a formulée en 2006, conduisant à la destruction de la ville de Gaza et à la mort de dizaines de milliers de civils[19],[20],[21]. Le , l'un de ses fils meurt à la suite de l'explosion de l'entrée d'un tunnel pendant la bataille de Jabaliya[22]. Le surlendemain, c'est au tour d'un de ses neveux d'être tué par une charge explosive lors d'un raid contre une mosquée de Khan Younès[23]. Il est un interlocuteur privilégié de l'administration américaine, étant considéré comme l’un des rares au sein de l’État israélien qui soient prêts à envisager l’après-guerre en termes politiques, sans pour autant soutenir la solution à deux États[24].

Ses rapports avec Benyamin Netanyahou sont tendus. Gadi Eizenkot s'est notamment opposé à l’ouverture d’un deuxième front contre le Hezbollah en expliquant que l’armée n’était pas prête. Il s’est aussi confronté au premier ministre sur le dossier des otages israéliens du Hamas, considérant que leur libération devait constituer une priorité[25].

Il démissionne le du Cabinet de guerre, après que le gouvernement israélien n'a pas réussi à prendre des décisions stratégiques liées à la reconstruction d'après-guerre de Gaza après l'expiration du délai le [26].

Élections législatives de 2026

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En , il démissionne de son mandat à la Knesset puis du parti de Benny Gantz. Il annonce le , en vue des élections législatives de 2026, la formation de son propre parti politique, qu'il appelle Yashar! Avec Eisenkot (en hébreu : ישר! עם איזנקוט, Yashar signifiant en français « droit » ou « intègre »)[27]. Son parti est considéré comme centriste en Israël[8].

Il fait campagne essentiellement sur les questions sécuritaires et militaires, se décrivant lui-même comme un « faucon en matière de sécurité »[25]. S'il soutient les guerres menées par le gouvernement Netanyahou contre plusieurs pays de la région, il critique la manière dont elles ont été gérées[8], reprochant au gouvernement d'avoir détérioré les relations d’Israël avec ses alliés et échoué à vaincre l'Iran lors de la guerre de 2026[25].

Son parti s'oppose à la réforme du système judiciaire telle que souhaitée par le gouvernement Netanyahou en 2023. Il défend également l'extension du service militaire obligatoire aux Juifs israéliens ultraorthodoxes et aux Arabes israéliens[8].

Il intervient très peu sur la question palestinienne, laquelle est presque complètement absente de la campagne électorale. Il laisse entendre que les colonies illégales et les violences exercées par des colons contre les Palestiniens en Cisjordanie ne sont pas tolérables, tout en se rendant pour faire campagne dans des colonies du nord de la Cisjordanie occupée. Il déclare totalement exclure la solution à deux États et s'affirme « fermement convaincu de la nécessité d'une colonisation en Judée-Samarie », reprenant le terme biblique désignant la Cisjordanie occupée[8].  

Vie privée

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Gadi Eizenkot est marié et père de cinq enfants, dont l'un est mort à Jabaliya. Il vit à Herzliya[28].

Honneurs et distinctions

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Décorations israéliennes

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Décorations étrangères

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Notes et références

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  1. (en) New IDF chief: Cool and calculated, will strike hard and fast - but only if he must. Ynetnews, 29 novembre 2014.
  2. (en) Maj. Gen. Gadi Eizenkot appointed Deputy to Chief of General Staff, IDF site (12 décembre 2012).
  3. (en) « Eisencott replaces Adam as OC Northern Command », Jerusalem Post, (consulté le )
  4. « Maj. Gen. Yair Golan becomes new head of Northern Command », IDF, (version du sur archive.org)
  5. (en) « Report of the United Nations Fact Finding Mission on the Gaza Conflict », The Guardian, (consulté le ).
  6. (en) Yaron London, « The Dahiya strategy », Ynetnews, (consulté le ).
  7. Carole Tassin, « Gadi Eisenkot, l'ancien chef d'état-major israélien qui veut remplacer Benjamin Netanyahu : "Je ne serai le numéro deux de personne" », sur La Libre.be,
  8. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 « Législatives israéliennes: Eisenkot, le candidat du tout sécuritaire qui pourrait faire trembler Netanyahu », sur RFI, (consulté le )
  9. 1 2 « Israël se dote d'un chef d'état-major à poigne avec le général Eisenkot », sur Le Point,
  10. René Backmann, « Guerre Israël-Hamas : la dévastatrice « doctrine Dahiya » », sur Mediapart,
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  14. « Dans le cabinet de guerre israélien, le jeu d’équilibre du général Gadi Eisenkot », Le Monde.fr, (lire en ligne)
  15. « En Israël, la montée en puissance de Gadi Eisenkot, ancien chef d’état-major et rival de Benyamin Nétanyahou », Le Monde, (lire en ligne)
  16. (en) Elon Gilad, « The Israeli army gets its first Moroccan chief-of-staff - so why the Ashkenazi name? », Haaretz,
  17. (he) http://www.ereverev.co.il/article.asp?id=16372.
  18. .
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  20. « À Gaza, Netanyahou annonce une « intensification » des combats », Le Progrès, (consulté le )
  21. Ryad Hamadi, « Gaza : la preuve qu’Israël vise « délibérément » les civils palestiniens », sur TSA, (consulté le )
  22. (en) Allison Quinn, « Son of Former IDF Chief Killed in Gaza », sur The Daily Beast, (consulté le )
  23. (en) Polly Thompson, « Former IDF chief's nephew killed in battle in southern Gaza, just days after his son also died while fighting Hamas », sur Business Insider, (consulté le )
  24. Louis Imbert, « Dans le cabinet de guerre israélien, le jeu d’équilibre du général Gadi Eisenkot », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
  25. 1 2 3 « En Israël, la montée en puissance de Gadi Eisenkot, ancien chef d’état-major et rival de Benyamin Nétanyahou », Le Monde, (lire en ligne)
  26. (en) Jake Lapham, « Israeli war cabinet minister Benny Gantz quits emergency government », Dailty Sabah, (lire en ligne, consulté le ).
  27. Ariela Karmel, « Gadi Eisenkot fera cavalier seul aux prochaines élections », Times of Israel, (consulté le )
  28. (en) Yoav Zitun & Michal Margalit, « New IDF chief: Cool and calculated, will strike hard and fast – but only if he must », sur ynetnews.com, 29 novembre 2014.
  29. (en) Judah Ari Gross, « US Army ‘surprises’ IDF chief with Legion of Merit medal : Chairman of Joint Chiefs of Staff gives Eisenkot award during honor guard ceremony in Washington », The Times of Israel, (lire en ligne).Voir et modifier les données sur Wikidata

Articles connexes

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Liens externes

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