Gemma Tremblay

poète québécoise

Gemma Tremblay, née à la fin du mois d'[note 1] à Saint-Moïse et morte le [1] dans le Carré Saint-Louis à Montréal, est une poétesse québécoise.

Gemma Tremblay
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Biographie
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Biographie

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Jeunesse, études et musique

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Photo de l'église de Sainte-Angèle-de-Mérici
L'église de Sainte-Angèle-de-Mérici, en 2009.

Née en à Saint-Moïse, Gemma Tremblay grandit à Sainte-Angèle-de-Mérici[2]. Orpheline dès l'âge de quatre ans, elle est élevée par sa tante[3], ménagère du presbytère de la paroisse[4], et effectue toute sa scolarité au sein d'établissements religieux : d'abord chez les sœurs du Saint-Rosaire, puis chez les sœurs de la Congrégation de Notre-Dame ; enfin, chez les Ursulines où elle prépare un doctorat en musique[2].

Organiste, elle est lauréate de l'Académie de Musique de Québec et exerce en tant que professeure de piano pendant 7 ans[3] dans son village de Sainte-Angèle[5].

Carrière littéraire

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Gemma Tremblay travaille par la suite en tant que secrétaire aux éditions Bellarmin, à la revue Relations ainsi qu'à l'Université de Montréal[3].

À partir de 1960 et jusqu'en 1972, elle fait régulièrement paraitre ses poèmes, que ce soit en recueils — en alternance, à Montréal et Paris — ou dans des revues. Elle collabore ainsi à Liberté[6], La Barre du jour, L'Action nationale, Maintenant, Rythmes et Couleurs et Poésie[2]. Elle est par ailleurs membre de la Société des poètes de Québec[2].

Son premier recueil, Rhapsodie auburn, est assez mal accueilli par la critique, qui lui reproche notamment son « vocabulaire rare », une « surabondance » d'images, des « métaphores forcées » et donc « lourdes » — dans le même temps une certaine « simplicité » au niveau de la syntaxe[7].

L'Aube d'ocre, son deuxième recueil, parait en 1961. Selon Gemma Tremblay, il s'agit de son recueil le plus « poétique » — « le plus hermétique » selon Louise Trahan[8].

Son troisième recueil, Séquences du poème, est le premier à être édité par Jean Grassin, à Paris, en 1964. Contrairement au précédent dans lequel « les mots existent souvent pour eux-mêmes »[8], « les mots prennent maintenant un sens précis », qui témoignent d'une volonté d'« agir sur les êtres » de la part de la poète[9]. Toutefois, c'est avec Poèmes d'identité, toujours édité par Jean Grassin, que Gemma Tremblay conquiert la critique, laquelle considère que son cinquième recueil est « le plus puissant, le plus humain »[9].

Si la critique reconnait une qualité à la poésie de Gemma Tremblay, certains lui reprochent encore la surabondance d'images lorsque parait Les Seins gorgés, son huitième recueil, en 1969[10].

Gemma Tremblay meurt en dans son appartement du Carré Saint-Louis, à Montréal, alors qu'elle se préparait à publier un dixième recueil intitulé Magnitudes sur les ombres[11].

Prix littéraires

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Gemma Tremblay est la récipiendaire, en , du prix Du Maurier pour son recueil Cuivres et Violons marins, paru l'année suivante[12]. Sept ans plus tard en 1972, elle reçoit également le prix des poètes français pour son dernier recueil, Souffles du Midi[2].

Analyse de l’œuvre

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Pour Louise Trahan, qui consacre son mémoire de Master of Arts à l'« univers poétique de Gemma Tremblay », celui-ci « ne peut démentir son appartenance au Québec »[13]. Léona Tanguay va plus et loin et précise que les éléments autobiographiques qui parsèment ses poèmes témoignent d'un « enracinement » dans la région de La Mitis[14].

Les références à la musique et au culte y sont également nombreuses, qui rendent compte de ce que la poète se perçoit tout à la fois comme l'instrument de son pays, lequel s'exprime à travers elle[15], que comme sa prêtresse[16].

Les saisons

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L'univers que compose Gemma Tremblay à travers ses poèmes est rythmé par les saisons, l'hiver et le printemps en particulier[13]. Si l'hiver est caractérisé de façon plutôt négative — selon l'analyse de Louise Trahan, l'hiver « anesthésie », il rend « pénible » la vie quotidienne et son action apparait comme « destructive » —, il porte néanmoins en lui la promesse du printemps[17].

Les éléments y occupent une place de choix, le feu notamment, qui rend compte de ce que « Gemma Tremblay se situe dans un entre-deux de générations poétiques »[18]. Ainsi, quasi absent de la poésie québécoise antérieure aux années 1950, le feu chez la poète n'a pas qu'une valeur destructive (et celle-ci n'est pas forcément négative)[19], mais « ramène [aussi] la vie » et est synonyme de libération[20].

L'été et l'automne sont beaucoup moins présents, qui « valent par leurs couleurs et par leur éclat plus que par toute autre chose »[21]. La couleur ocre, que Louise Trahan lie « presque automatiquement » à l'automne, traverse néanmoins toute l’œuvre de Gemma Tremblay[21]. Si, pour Cécile Cloutier, l'ocre semble avant tout être « une certaine façon pour les choses de persister, d'être vues et ressenties », Louise Trahan relève surtout que cette couleur « bâtarde, non "pure" » est quelque chose dont la poète cherche à se débarrasser, qui pourrait symboliser « le manque d'authenticité, la médiocrité de l'homme qui globalement ne se voue pas à une cause »[22]. Quant à l'été, il semble une saison peu propice à la création du fait de sa chaleur[22].

Œuvres

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  • (fr-CA) Rhapsodie auburn : Poèmes des saisons, Montréal, Éditions Beauchemin, , 62 p.
  • (fr-CA) L'Aube d'ocre, Montréal, Éditions Beauchemin, , 61 p.
  • (fr-CA) Séquences du poème, Paris, Jean Grassin éditeur, coll. « Poètes présents », , 41 p.
  • (fr-CA) Cuivres et Violons marins, Montréal, Éditions de l'Hexagone, , 61 p.
  • (fr-CA) Poèmes d'identité, Paris, Jean Grassin éditeur, coll. « Poètes présents », , 79 p.
  • (fr-CA) Cratères sous la neige, Montréal, Librairie Déom, coll. « PC », , 57 p.
  • (fr-CA) Les Feux intermittents, Paris, Jean Grassin éditeur, coll. « Poètes présents », , 39 p.
  • (fr-CA) Les Seins gorgés, Montréal, Éditions du Songe, coll. « PQ », , 93 p.
  • (fr-CA) Souffles du Midi, Paris, Jean Grassin éditeur, coll. « Poètes présents », , 80 p.
  • (fr-CA) Poèmes : 1960-1972, Montréal, Éditions de l'Hexagone, , 266 p. (ISBN 2890063399)

Notes et références

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  1. Une incertitude demeure quant au jour exact de sa naissance : tandis que Louise L. Trahan affirme que Gemma Tremblay est née le (1972, p. 28), Léona Tanguay la fait naitre deux jours plus tard (1988, p. 24).

Références

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  1. « Lettres québécoise - Gemma Tremblay », sur BAnQ, Le Canada français, (consulté le ), p. 55 de 128
  2. 1 2 3 4 5 « TREMBLAY, Gemma », notice biographique dans Reginald Hamel, John Hare et Paul Wyczynski, Dictionnaire des auteurs de langue française en Amérique du Nord, Montréal, Fides, 1364 p., p. 1296
  3. 1 2 3 Trahan 1972, p. 28
  4. Tanguay 1988, p. 24
  5. Tanguay 1988, p. 25
  6. Jean-Philippe Carlos, « "Vous me taxerez de 'séparatiste' sans doute ! Je le prendrais comme un compliment" : les intellectuelles indépendantistes de la Révolution tranquille (1957-1968) », Mens. Revue d'histoire intellectuelle et culturelle, vol. XXIII, no 1 « Regards intellectuels sur la Révolution tranquille, I », , p. 50
  7. Trahan 1972, p. 30-32
  8. 1 2 Trahan 1972, p. 34
  9. 1 2 Trahan 1972, p. 35
  10. Trahan 1972, p. 41
  11. Trahan 1972, p. 7
  12. Trahan 1972, p. 37
  13. 1 2 Trahan 1972, p. 4
  14. Tanguay 1988, p. 23-25
  15. Tanguay 1988, p. 25-26
  16. Tanguay 1988, p. 26-27
  17. Trahan 1972, p. 10-15
  18. Trahan 1972, p. 19
  19. Trahan 1972, p. 22
  20. Trahan 1972, p. 18-21
  21. 1 2 Trahan 1972, p. 24
  22. 1 2 Trahan 1972, p. 25

Voir aussi

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Bibliographie

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Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (fr-CA) Léona Tanguay, « Une poète pour la Métis », Revue d'histoire du Bas Saint-Laurent, , p. 23-27 (lire en ligne, consulté le ). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (fr-CA) Louise L. Trahan, L'univers poétique de Gemma Tremblay (mémoire de Master of Arts en Littérature française), Université McGill, , 130 p. (lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Liens externes

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