General The Only Bro
General The Only Bro, nom de guerre de Cyprian Ngeh, est un chef de guerre séparatiste camerounais. Lui et son groupe armé opèrent principalement dans les environs de Bamessing et de Kedjom Ketinguh, dans les départements du Ngo-Ketunjia et du Mezam, au nord-ouest du Cameroun, dans le cadre de la crise anglophone.
| General The Only Bro | |
| Nom de naissance | Cyprian Ngeh |
|---|---|
| Origine | Camerounaise |
| Allégeance | Faction de Samuel Ikome Sako |
| Grade | « Général » |
| Commandement | The Only Bro group |
| Conflits | Crise anglophone au Cameroun |
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|
Il se fait connaître pour ses enlèvements, ses actes de torture et ses meurtres de civils, ses actions ayant suscité également une riposte armée de la part d'autres séparatistes. Par ailleurs, des journalistes, des civils locaux et des rebelles rivaux affirment que Cyprian Ngeh entretenait des liens secrets avec le gouvernement camerounais.
Biographie
modifierAntécédents de violence, expulsion et lutte armée
modifierCyprian Ngeh est originaire de Bamessing. Il a des antécédents de violence et a été mis au ban de sa propre communauté ; le Kwifon (conseil traditionnel) de Bamessing l’expulse du village après qu’il eut agressé plusieurs personnes, dont un enseignant. Il s’installe alors à Kedjom Ketinguh, où il rejoint les rangs des insurgés[1]. Depuis 2017, les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun sont le théâtre d'un conflit armé qui oppose le gouvernement à des groupes séparatistes[2].
Commandant séparatiste
modifierAprès avoir rejoint le camp séparatiste, Cyprian Ngeh gravi progressivement les échelons pour devenir le chef d’un groupe armé, appelée The Only Bro[1], et adopte le nom de guerre « General The Only Bro »[2]. Il établit une base près de Bamessing et commence à bloquer la route reliant Ndop à Bamenda, tout en se livrant à des actes d’extorsion, d’enlèvements contre rançon et de torture à l’encontre des civils locaux[3]. Lui et son groupe armé deviennent tristement célèbres pour leur brutalité[4],[5]. Au cours de la crise du leadership ambazonien, Cyprian Ngeh prête allégeance à la faction de Samuel Ikome Sako du gouvernement intérimaire de l’Ambazonie[6],[7].
En février 2024, le groupe de Cyprian Ngeh enlève six personnes à Bamessing dans le but d'obtenir une rançon, parmi lesquelles figurent des membres des forces de sécurité[7]. En juin 2024, Cyprian Ngeh, en personne, assassine deux frères, affirmant qu'ils avaient collaboré avec l'armée. Les habitants quant à eux attribuent ces meurtres à des griefs personnels[8]. En août 2024, Cyprian Ngeh menace les habitants de Bamunkumbit de procéder à des enlèvements massifs s'ils ne lui versaient pas 12 millions de francs CFA. Il afirme que les habitants de Bamunkumbit étaient des collaborateurs pro-gouvernementaux, car ils ont chassé son subordonné, le « general A4 »[8].
En janvier 2025, Cyprian Ngeh enlève un civil qu'il torture à mort[6] ; il aurait agi à l’époque en tant que mercenaire[9]. En février 2025, son groupe mène un raid à Bamessing où il assassine cinq civils, dont un nouveau-né. Il attaque également des funérailles à Kedjom Ketinguh et enlève plusieurs personnes venues rendre hommage au défunt afin d’obtenir une rançon[6],[9]. Le même mois, la 3e bataillon d’intervention rapide (BIR) attaque son camp près de Bamessing ; lui et huit de ses partisans prennent la fuite, mais l’armée aurait tué deux insurgés et saisi du matériel au cours de l’opération[10],[11],[12] . À l’automne 2025, les forces de Cyprian Ngeh sont à nouveau impliquées dans une série d’attaques et d’enlèvements visant des civils. Les insurgés auraient exécuté un civil lors des funérailles de son frère en août 2025, et ils auraient enlevé six civils à Kedjom Ketinguh, exigeant 1 million de francs CFA chacun pour leur libération. Lorsque la famille d’un des otages n’a pas pu réunir la somme demandée, les hommes de Cyprian Ngeh torturent l’otage jusqu’à ce qu’il soit à l’article de la mort et le laissent pour mort, bien qu’il ait survécu[6].
Les activités du groupe de Cyprian Ngeh suscite une opposition croissante, non seulement de la part des civils locaux, mais aussi d’autres séparatistes. En janvier 2026, des séparatistes du département du Bui, sous les ordres du Major General Viper et du Field Marshal Mad Dog, l’avertissent de cesser ses attaques contre les civils avant de finir par bloquer une rue menant à son territoire afin de faire pression sur lui. En réponse, Cyprian Ngeh affirme qu’il n'est pas responsable des enlèvements, déclare qu’il était disposé à rétablir de bonnes relations avec les séparatistes du Bui, mais averti également qu’il riposterait par la force si sa vie était menacée[13]. Le mois suivant, le groupe de Cyprian Ngeh enlève, torture et assassine un autre civil après que sa famille n’a pas pu payer la rançon de 5 millions de francs CFA demandée pour sa libération[14].
Polémique autour de son affiliation politique
modifierUne enquête menée par le site d’information Mimi Mefo Infos révèle que le domicile de Cyprian Ngeh arborait un portrait bien en vue du président Paul Biya. Des militants locaux ont affirment également que les forces de Cyprian Ngeh opéraient en grande partie en toute impunité, étant pour l’essentiel ignorées par les forces de sécurité. Les journalistes de Mimi Mefo Infos et des analystes locaux se demandent si Cyprian Ngeh était véritablement fidèle à la cause séparatiste ou s’il agissait plutôt pour terroriser les communautés favorables à l’opposition avec la bénédiction du gouvernement[6]. Des civils de Bamessing et de Kedjom Ketinguh affirment également que Cyprian Ngeh avait coopéré avec les forces de sécurité pour tuer un séparatiste rival nommé Tum Raymond[15]. Des séparatistes basés dans le Bui affirment également qu’il coopérait secrètement avec le gouvernement camerounais[10].
Notes et références
modifier- 1 2 (en-GB) Jeanne Ndome, « Jealousy Motive Suspected in Separatist Killings of Two Young Men in Kedjom Ketinguh », sur MMI News (Mimi Mefo Info), (consulté le )
- 1 2 (en-GB) Evelyn Ndi, « Cameroonian Military Allegedly Arming Separatist Fighters », sur MMI News (Mimi Mefo Info), (consulté le )
- ↑ (en-GB) Jeanne Ndome, « Jealousy Motive Suspected in Separatist Killings of Two Young Men in Kedjom Ketinguh », sur MMI News (Mimi Mefo Info), (consulté le )
- ↑ (en-GB) Jeanne Ndome, « Separatist Warlord or Regime Ally? The Only Bro Kidnaps Six in Kedjom Ketinguh », sur MMI News (Mimi Mefo Info), (consulté le )
- ↑ (en-GB) Jeanne Ndome, « From Bamessing to Kedjom Ketinguh: The Deadly Trail of ‘The Only Bro’ », sur MMI News (Mimi Mefo Info), (consulté le )
- 1 2 3 4 5 (en-GB) Jeanne Ndome, « Separatist Warlord or Regime Ally? The Only Bro Kidnaps Six in Kedjom Ketinguh », sur MMI News (Mimi Mefo Info), (consulté le )
- 1 2 (en-GB) Jeanne Ndome, « From Bamessing to Kedjom Ketinguh: The Deadly Trail of ‘The Only Bro’ », sur MMI News (Mimi Mefo Info), (consulté le )
- 1 2 (en-GB) Jeanne Ndome, « Jealousy Motive Suspected in Separatist Killings of Two Young Men in Kedjom Ketinguh », sur MMI News (Mimi Mefo Info), (consulté le )
- 1 2 (en-GB) Jeanne Ndome, « From Bamessing to Kedjom Ketinguh: The Deadly Trail of ‘The Only Bro’ », sur MMI News (Mimi Mefo Info), (consulté le )
- 1 2 (en-US) admins, « Joint military operation neutralizes key members of general “The Only Bro” - Cameroon News Agency », (consulté le )
- ↑ (en-GB) Evelyn Ndi, « Cameroonian Military Strikes Separatist Camp in Bamessing », sur MMI News (Mimi Mefo Info), (consulté le )
- ↑ « NOSO: les hommes de Paul Biya frappent un grand coup, le General 'The Only Bro', aussi puissant que No Pity, tué avec d'autres éléments », CamerounWeb, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
- ↑ (en-GB) Evelyn Ndi, « Infighting Deepens Among Ambazonia Fighters as Bui Blocks Bamessing Route », sur MMI News (Mimi Mefo Info), (consulté le )
- ↑ (en-GB) Jeanne Ndome, « The Only Bro Kills Again: Civilian Abducted After Burial, Tortured and Murdered in Kedjom Ketinguh », sur MMI News (Mimi Mefo Info), (consulté le )
- ↑ (en-GB) Evelyn Ndi, « Cameroonian Military Allegedly Arming Separatist Fighters », sur MMI News (Mimi Mefo Info), (consulté le )