Geneviève Rodis-Lewis
Geneviève Rodis-Lewis, née Geneviève Lewis le à Lure (département de la Haute-Saône)[1], morte le à La Verrière, est une philosophe française.
| Directrice Centre d'études cartésiennes (d) | |
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Geneviève Marie Fanny Lewis |
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École normale supérieure (à partir de ) |
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| Membre de |
Centre d'études cartésiennes (d) () |
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Biographie
modifierGeneviève Marie Fanny est issue d'une famille aisée. Son père, Gilbert Lewis, né en 1884 à Gray (département de la Haute-Saône), est médecin. Durant la Grande Guerre, il est mobilisé au sein du 23e régiment d'infanterie. En 1917, il est cité à l'ordre du jour de son régiment. Il reçoit la croix de guerre[2].
En 1938, Geneviève Lewis est reçue au sein de la promotion littéraire de l'École normale supérieure[3]. En 1942, sa condisciple Madeleine Herr et elle échouent au concours de l'agrégation en raison de problèmes de santé. Jérôme Carcopino, ministre de l'Instruction publique sous le régime de Vichy, refuse d'accorder aux deux normaliennes une quatrième année d'étude supplémentaire à l’École normale afin de préparer le concours. Après l'intervention de Jean Bayet, les deux étudiantes obtiennent une bourse d'agrégation[4].
En 1943, Geneviève Lewis est reçue, la première, à l'agrégation de philosophie[5].
Geneviève Lewis épouse en 1954 l'ingénieur Louis Rodis[6], et adopte alors le nom d'usage de Rodis-Lewis. Ils amassent tous deux une collection artistique, qui sera dispersée en 1994[7].
Elle était professeur à l’université Paris-Sorbonne, où elle fonda le Centre d’études cartésiennes en 1981.
Spécialiste de la philosophie moderne, mais aussi de la philosophie antique et d’esthétique, elle a vu la plupart de ses ouvrages traduits dans de nombreux pays et souvent réédités. Elle est surtout connue pour ses travaux sur Descartes, à qui elle consacre une biographie en 1995, et dont elle éclaire les grandes lignes du développement de la pensée dans une étude générale parue en 1971; elle a notamment travaillé chez lui les questions souvent éludées de l'inconscient et de l'individualité. En 1985, l’Académie française lui a déjà décerné à ce sujet le prix Dumas-Millier pour l'ensemble de ses travaux. Elle a également travaillé sur certains auteurs post-cartésiens, comme Desgabets (dont elle a rendu accessibles de nombreux inédits) ou Malebranche (auquel elle a consacré une monographie)[réf. nécessaire].
Œuvres
modifier- L'Individualité selon Descartes, Paris, Vrin, 1950.
- Le Problème de l'inconscient et le cartésianisme, Paris, PUF, (1re éd. 1950).
- La Morale de Descartes, Paris, PUF, , 3e éd. (1re éd. 1956).
- Nicolas Malebranche, Paris, PUF, 1963.
- Platon et la « chasse de l'être », Paris, Seghers, , 4e éd. (1re éd. 1965).
- Descartes et le rationalisme, PUF, coll. « Que sais-je ? », 1966.
- La Morale stoïcienne, Paris, PUF, 1970.
- L'Œuvre de Descartes, Paris, Vrin, 2013 (un volume) (1re éd. 1971 (deux volumes)).
- Epicure et son école, Paris, Gallimard, coll. « Folio », 1993 (deuxième édition complétée) (1re éd. 1976).
- Descartes, Textes et débats, Paris, Hachette, Le livre de poche, 1984.
- Idées et vérités éternelles chez Descartes et ses successeurs, Paris, Vrin, 1985.
- L'Anthropologie cartésienne, Paris, PUF, 1990.
- Regards sur l'art, Paris, Beauchesne, 1993.
- Descartes. Biographie, Paris, Calmann-Lévy, 1995.
- Le Développement de la pensée de Descartes, Paris, Vrin, , 223 p. (ISBN 2-7116-1301-1, lire en ligne).
Elle a édité l'œuvre de Malebranche en deux tomes dans la collection de la Pléiade (Gallimard, 1979 et 1992), et est aussi l'auteur de nombreux articles sur les cartésiens, y compris un auteur peu connus comme Robert Desgabets, ainsi que sur les post-cartésiens célèbres (Baruch Spinoza et Gottfried Wilhelm Leibniz)[réf. nécessaire].
Notes et références
modifier- ↑ Archives départementales de la Haute-Saône, « État civil de Gray, naissances mariages et décès de 1917 à 1919, acte n°45, vue 66 / 259, 3 E 310/42 »
, sur https://archives.haute-saone.fr (consulté le ) - ↑ Archives départementales de la Haute-Saône, « Registre des matricules militaires, bureau de recrutement de Vesoul, classe 1904, matricule n°692, RM127 »
, sur https://archives.haute-saone.fr (consulté le ) - ↑ Lucienne. Bibliothèque numérique de l'E.N.S. - P.S.L., « École normale supérieure. Promotion de 1938 »
, sur https://lucienne.ens.psl.eu (consulté le ) - ↑ Stéphane Israël, Les Études et la Guerre : Les Normaliens dans la tourmente (1939-1945), Paris, Éditions Rue d'Ulm, coll. « Histoire de l'ENS », , 334 p. (ISBN 978-2-7288-0337-8, lire en ligne), chap. 2, § 91-92.
- ↑ André Chervel, « Les agrégés de l'enseignement secondaire. Répertoire 1809-1960 »
, sur https://rhe.ish-lyon.cnrs.fr, (consulté le ) - ↑ « Geneviève Rodis-Lewis, in memoriam », sur Academia.edu, Archives de Philosophie (consulté le ).
- ↑ « BnF Catalogue général », sur Bnf.fr, J. Blazy (Paris), (consulté le ).
Liens externes
modifier- Ressources relatives à la recherche :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :