Gentile de' Becchi

évèque catholique italien

Gentile de' Becchi (Urbino, vers 1430 – Arezzo, 1497) est un évêque catholique italien appartenant à la famille florentine des Becchi. Il fut le précepteur de Laurent le Magnifique et de son fils Giovanni de' Medici.

Gentile de' Becchi
Image illustrative de l’article Gentile de' Becchi
Gentile dè Becchi par Ghirlandaio dans la chapelle Tornabuoni de l'église Santa Maria Novellla.
Biographie
Nom de naissance Gentile dè Becchi
Naissance env.1430
Urbino
Père Giorgio dè Becchi
Décès
Arezzo
Évêque de l'Église catholique
Évêque d'Arezzo

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Biographie

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Né dans une famille traditionnellement liée à la puissante dynastie florentine des Médicis, Gentile de' Becchi dut aux faveurs de cette dernière sa nomination à la paroisse de San Giovanni en 1450 et une prébende canonique de la cathédrale Santa Maria del Fiore en 1462. Reconnu comme un excellent orateur, il occupa souvent des fonctions diplomatiques pour la république de Florence auprès de la papauté et du royaume de France.

En 1454, Gentile fut choisi par Piero di Cosimo de' Medici comme précepteur de son fils, le futur Laurent le Magnifique et de son frère Julien.

En 1466, il accompagna Laurent de Médicis lors d'une ambassade auprès du pape Paul II. L'année suivante, c'est encore lui qui accompagna la mère de Laurent, Lucrezia Tornabuoni, à Rome afin de finaliser les préparatifs du mariage avec la puissante famille Orsini, qui allait faire de Clarice Orsini l'épouse de Laurent. Gentile de' Becchi retourna ensuite à Rome en avril 1469, lorsque Laurent arriva dans la ville pour épouser Clarice.

En 1473, Laurent le Magnifique proposa Gentile de' Becchi comme évêque d'Arezzo .En 1478, Un épisode très débattu de la carrière de Becchi suivit la conjuration des Pazzi. Après la pendaison de l'archevêque Salviati et d'autres conjurés, Sixte IV excommunia Laurent et frappa la ville de Florence d'interdit (1er juin 1478). Fidèle à son seigneur ainsi qu'à Julien, dè Becchi prit la tête de l'opposition aux censures pontificales, tentant de réunir un concile de prélats issus du territoire florentin.

La tenue effective de ce *Synodus Florentina* demeure un sujet de controverse parmi les historiens modernes, tout comme elle l'était pour leurs prédécesseurs. Machiavel fut le premier à soutenir qu'il avait bien eu lieu[1] ; à l'inverse, Pastor a contesté cette thèse[2], rejoignant ainsi Fabroni, qui avait republié le long document manifestement rédigé par Becchi et daté du « 23 juillet 1478, en notre cathédrale Sainte-Réparate »[3] qualifiant le pape de « Vicaire du Diable » (*diaboli Vicarius*) et l'accuse d'avoir fomenté la conjuration pour bouleverser la situation politique et agir injustement à l'encontre de Florence et de Laurent.

Pour défendre ce dernier, Becchi résuma habilement les motifs et les circonstances de l'événement et réfuta, en onze points, les accusations du pontife tout en rejetant les sanctions imposées. Le document fut immédiatement imprimé par Niccolò di Lorenzo[4] et fut réédité — bien que dans des versions quelque peu tronquées — aux XVIIe et XVIIIe siècles[5].

La crise fut surmontée, mais cet acte d'opposition de Becchi à la papauté ne tomba pas totalement dans l'oubli et compromit ses chances d'accéder au cardinalat. Sa nomination fut envisagée dès 1477 ; la proposition fut réitérée après l'élection d'Innocent VIII — que Becchi alla féliciter en 1484 aux côtés d'autres ambassadeurs florentins — et, entre 1487 et 1489, elle sembla en bonne voie d'aboutir. Toutefois, la concurrence était trop rude ; seule aboutit finalement la nomination du jeune Giovanni — fils de Laurent et futur pape Léon X — dont Becchi était devenu le précepteur spirituel en 1489. La tentative de Piero, l'autre fils de Laurent — également élève de Becchi — de faire élever son maître au rang de cardinal en 1493 se solda, elle aussi, par un échec.

Au cours de ces années, Becchi accomplit diverses missions diplomatiques, faisant preuve de ses talents tant d'observateur politique que d'orateur.

En 1483, il se rendit en France pour la première fois avec d'autres ambassadeurs afin de féliciter Charles VIII pour son récent avènement.

En 1485, il fut désigné comme orateur de la Ligue auprès du pape dans le cadre des efforts de réconciliation entre Ferdinand d'Aragon et Innocent VIII ;

en 1487, Laurent l'envoya auprès de Boccolino Guzzoni pour exiger la restitution de la ville d'Osimo au légat pontifical.

Son plus grand triomphe d'orateur eut peut-être lieu à Rome en 1492, lorsque — peu après la mort prématurée de Laurent — Florence envoya une délégation féliciter le nouveau pape, Alexandre VI. Le discours prononcé par Becchi au nom de la République fut imprimé peu après[6],[7];

Les véritables talents diplomatiques de Becchi se révélèrent particulièrement lors de sa seconde mission en France, en 1493-1494.

Aux côtés de Piero Soderini, Becchi fut chargé de la tâche délicate d'exposer la politique de neutralité de Piero de' Medici au roi, alors que celui-ci préparait une invasion de l'Italie. Il fit excellente impression à la cour de France grâce à un discours dont seul un brouillon nous est parvenu. Toutefois, il percevait clairement, au-delà des apparences, le jeu des forces en présence ainsi que les ambitions tant du roi que de Ludovic le More.

Ses lettres à Piero, rédigées entre août 1493 et février 1494, témoignent d'une grande franchise et d'observations aussi fines qu'argumentées, bien que ses recommandations aient parfois varié.

Lorsque Charles VIII, décidé à envahir l'Italie, sollicita ouvertement le soutien de Florence, Becchi et Soderini durent rentrer, faute d'instructions adéquates pour faire face à une telle éventualité.

En octobre 1494, après l'entrée de Charles en Italie, Becchi fut de nouveau nommé envoyé de Florence, cependant, la chute politique de Piero scella son propre sort ainsi que celui du régime des Médicis. Quelques mois plus tard, Piero fut banni de Florence, et Becchi ne trouva pas sa place parmi les hommes qui prirent le contrôle de la République. Il se retira alors dans sa villa alle Botte.

Il mourut à Arezzo en 1497 et fut inhumé dans la cathédrale.

Depuis son élection comme évêque en 1473, il n'avait jamais négligé les affaires de son diocèse : il y apaisa les querelles entre factions, favorisa l'installation des Clarisses à Arezzo, autorisa les Olivétains à bâtir une église et un monastère dans la ville, et fit restaurer la façade de la cathédrale ainsi que concevoir une nouvelle loggia reliant le palais épiscopal à l'église.

Il composa divers poèmes latins inédits qui lui valurent les éloges de ses contemporains ; ceux-ci sont toutefois bien moins marquants que ses discours, et plus encore que ses nombreuses lettres, qui attendent toujours d'être rassemblées et publiées[8].

Représentation picturale

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Apparition de l'ange à Zacharie, fresque, église Santa Maria Novella, Florence.

Gentile de' Becchi est à Florence en 1486, et Ghirlandaio le représente à droite dans le groupe des humanistes de son Apparition de l'ange à Zacharie, fresque de l'église Santa Maria Novella à Florence. Il y figure aux côtés du poète Ange Politien, de l'orateur Cristoforo Landino et du philosophe Marsile Ficin[9].

Notes et références

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  1. (*Istorie Fiorentine*, VIII, xi)
  2. (*Storia dei Papi*, II, Rome 1925, p. 518, n. 4)
  3. (conservé à l'origine aux Archives d'État de Florence, *Carte Strozziane* 387).
  4. (un exemplaire est conservé à la bibliothèque Estense de Modène)
  5. Dè Becchi in Treccani
  6. (en deux éditions : E. Silber et S. Planck, Rome 1492 ; réimprimé par F. M. Calvo, Rome 1525)
  7. pour cette ambassade et les jalousies qu'elle suscita voir Francesco Guicciardini, *Storia d'Italia*, I, 2, et *Storie Fiorentine*, X (bien que l'on puisse consulter également Picotti, p. 288, n. 91).
  8. le présent article est tiré pour grande part de l'article de l'encyclopédie Treccani
  9. Lessing Erich, La Renaissance italienne mise en images, Hatier, Fribourg, 1985.

Liens externes

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