George Creel
George Edward Creel, né le à Blackburn, dans le Missouri, et mort le à San Francisco, est un journaliste d'investigation écrivain, homme politique et fonctionnaire américain. Il dirige le Comité américain pour l'information publique, une organisation de propagande créée par le président Woodrow Wilson pendant la Première Guerre mondiale.
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Virginia Creel (d) |
| Conjoint |
Blanche Bates (de à ) |
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Frances Creel (d) |
| Parti politique |
|---|
Biographie
modifierJeunesse et éducation
modifierGeorge Creel naît le à Blackburn, dans le Missouri[1]. Son père est Henry Clay Creel (1829-1907) et sa mère est Virginia Fackler Creel (1845-1937)[2]. Le couple a trois fils, Wylie, George et Richard Henry (Hal)[2],[3]. Son père est venu au Missouri de Parkersburg, en Virginie, et a acheté des terres dans le comté d'Osage, dans le Missouri ; il a suivi des études universitaires et a servi dans l'assemblée législative de Virginie. Capitaine de l'armée des États confédérés pendant la guerre civile, il n'a pas réussi à s'intégrer dans l'économie d'après-guerre du Missouri en tant qu'agriculteur et éleveur et est devenu alcoolique. Virginia subvient aux besoins de la famille en tenant une pension de famille à Kansas City et en cousant et en entretenant un grand jardin à Odessa, dans le Missouri. Tous ses enfants deviennent des membres productifs de la société : Wylie Creel, un homme d'affaires, George, un journaliste et écrivain, et Richard, un médecin qui sert comme chirurgien général adjoint du service de santé publique des États-Unis[4].
Son père alcoolique n'a pas marqué Creel autant que sa mère, qui lui a transmis sa passion pour le droit de vote des femmes[5]. La famille déménage souvent dans le centre-ouest du Missouri pendant les premières années de George Creel, vivant quelque temps à Wheatland, dans le comté de Hickory, dans le Missouri, puis à Kansas City, avant de s'installer définitivement à Odessa, dans le Missouri, en 1888[6]. Il disait souvent : « Je savais que ma mère avait plus de caractère, d'intelligence et de compétences que n'importe quel homme ayant jamais existé. »[7]. Sa mère encourage également son amour pour la littérature. Bien que George Creel ne reçoit pas beaucoup d'éducation formelle, sa mère l'ayant retiré du système scolaire et l'ayant principalement scolarisé à domicile, il attribue à sa mère ses connaissances assez solides en histoire et en littérature, y compris les classiques tels que l'Iliade[5]. En 1891, George Creel, alors âgé de quinze ans, s'enfuit de la maison pendant un an, subvenant à ses besoins en travaillant dans une succession de foires régionales à travers le Missouri et en effectuant de petits boulots lorsqu'il en trouve[6]. Malgré sa résistance et sa rébellion, George Creel réussi tout de même à suivre une scolarité formelle, fréquentant le lycée Kansas City Central High School, le lycée Odessa High School et l'université Odessa College pendant un an à Odessa, dans le Missouri[6]. Il disait de lui-même : « L'ouverture d'esprit ne fait pas partie de mon héritage. J'ai été nourri au lait maternel des préjugés et sevré dans la partisanerie. »[8].
Carrière
modifierDébut de carrière
modifierEn 1896, il commence son premier emploi officiel au Kansas City World[5],[9]. Il est embauché pour 4 dollars par semaine, d'abord comme reporter, mais finit par gravir les échelons pour rédiger des articles de fond. Il rédige également une critique de livre et couvre les événements sociaux. Il est finalement licencié parce qu'il estime qu'il est déplacé de parler dans le journal de la fuite d'une fille de riche avec son cocher, ce que ses rédacteurs en chef ne partagent apparemment pas[5].
Après son licenciement, un bienfaiteur lui offre un billet de train gratuit pour Chicago, puis il prend un train de bétail pour New York, gagnant son billet en s'occupant du bétail. Il trouve une opportunité de travailler comme auteur de blagues indépendant pour les suppléments humoristiques de William Randolph Hearst et Joseph Pulitzer[5]. Comme le décrivait un portrait publié dans Collier's en 1913, il « s'enfermait dans sa chambre bon marché d'un hôtel pour mécaniciens ; il produisait des blagues par dizaines, par centaines, des blagues par ballots et par paquets »[5]. Mais il n'en vend aucune le premier mois et survit en déblayant la neige. Peu après, il vend quatre blagues au Evening Journal de Hearst et devient un habitué de nombreux périodiques[5].
Le , il retourne à Kansas City avec son ami Arthur Grissom, un poète qui se marie dans une riche famille du Kansas, afin de lancer un journal, The Independent. Cependant, après seulement dix mois, Arthur Grissom se retire du partenariat[6]. À 23 ans, George Creel devient l'unique propriétaire, rédacteur en chef et éditeur de The Independent[5]. Dans ce journal, il aborde de nombreuses questions sociales, notamment le droit de vote des femmes, le système d'impôt unique et la propriété publique des services publics. Il est également un fervent partisan du Parti démocrate et se bat avec acharnement contre les politiques et les pratiques de Thomas Pendergast[5]. George Creel n'hésite toutefois pas à mettre de côté la politique ou son affiliation à un parti pour servir l'intérêt général. Il soutient le démocrate Joseph W. Folk (en) dans sa campagne victorieuse pour le poste de gouverneur du Missouri en 1904[6]. Puis, en 1908, George Creel soutient le républicain Herbert S. Hadley (en) et sa campagne pour le poste de gouverneur. Hadley, fervent réformateur comme Folk avant lui, est le premier républicain élu gouverneur du Missouri en près de quarante ans. Dans l'un de ses éditoriaux consacrés à l'appartenance politique, George Creel déclare : « Lorsqu'un homme est tellement aveuglé par ses préjugés partisans qu'il place son parti au-dessus des intérêts de la communauté, de l'État ou du comté, il cesse à cet instant même d'être un bon citoyen. »[6].
À la fin de l'année 1909, George Creel quitte Kansas City et l'Independent pour rejoindre un nouveau champ de bataille politique dans le Colorado. Le réformateur John F. Shafroth (en), originaire de Fayette, dans le Missouri, et connaissance de George Creel, a été élu gouverneur du Colorado en 1908. Bien que l'Independent est rentable, il choisit de céder gratuitement le journal à deux jeunes femmes qui aspirent à devenir éditrices de presse[6]. Après avoir quitté Kansas City avec à peine cinquante dollars en poche, George Creel trouve rapidement un emploi de chroniqueur au Denver Post[6]. Il se fait connaître à l'échelle nationale en appelant au lynchage de onze sénateurs qui s'opposent à la nationalisation de la compagnie des eaux de Denver[5]. Il démissionne peu après et travaille brièvement pour le magazine Cosmopolitan de William Randolph Hearst. Il se met ensuite à rédiger des éditoriaux pour The Rocky Mountain News (1911-1912), où il se montre un fervent partisan de Woodrow Wilson[5].
En , George Creel est nommé commissaire de police de Denver par le maire réformateur récemment élu, Henry J. Arnold. George Creel met immédiatement à profit ses fonctions pour lancer plusieurs campagnes de réforme ambitieuses, comme celle visant à obliger les policiers à renoncer à leurs matraques et à leurs gourdins[10], ainsi qu’une campagne visant à démanteler le quartier chaud du centre-ville de Denver[11], tout en mettant en place une ferme de réinsertion, financée par les impôts, destinée aux femmes sortant de la prostitution[12]. Son mandat de commissaire de police prend fin après qu'il ait commencé à faire pression sur le maire Henry Arnold pour qu'il tienne ses promesses électorales. Bien qu'il ait été démis de ses fonctions par le maire pour avoir semé la discorde, il est salué à l'échelle nationale pour son rôle de garde-fou[5].
Puis, en 1916, il s'implique fortement dans la campagne de réélection du président Wilson[5],[9]. Sous la direction de Bob Wooley, responsable de la communication du Comité national démocrate, George Creel rédige des articles de fond pour la presse et réalise des interviews auprès de diverses personnalités[5]. En , George Creel découvre que de nombreux responsables militaires souhaitent une censure stricte de toute critique à l'égard de la guerre[5]. Il adresse au président Wilson un mémoire dans lequel il plaide en faveur de « la liberté d'expression, et non de la censure » de la presse[5]. Wilson approuvé la proposition de George Creel et le nomme président du Committee on Public Information[5].
Committee on Public Information
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Sept jours après l'entrée en guerre des États-Unis lors de la Première Guerre mondiale, en , Woodrow Wilson crée le Committee on Public Information, un organisme de propagande chargé de diffuser les communiqués du gouvernement, de soutenir le moral de la population américaine, de mettre en œuvre une censure volontaire de la presse et de mener des actions de propagande à l'étranger[13]. George Creel est nommé à la tête de la commission et créé 37 divisions distinctes, parmi lesquelles figurent notamment la Division de la publicité illustrée, la Division des « Four Minute Men », la Division de l'information et le Comité de censure[14].
La Division de la publicité illustrée compte parmi ses rangs des centaines d'artistes parmi les plus talentueux du pays, qui créent plus de 1 000 créations — peintures, affiches, dessins humoristiques et sculptures — destinées à susciter le patriotisme, la crainte et l'intérêt pour l'effort de guerre[15]. George Creel lui-même déclare que ces images sont « de nature à retenir l’attention même des plus indifférents »[16]. Grâce à la division des « Four Minute Men », environ 75 000 volontaires civils se sont adressés à 314 millions de personnes en l’espace de 18 mois sur des thèmes fixés par le CPI, tels que la conscription, le rationnement, les campagnes d’obligation de guerre et les jardins de la victoire[17]. Ces volontaires civils prennent la parole lors d’événements sociaux organisés notamment dans des cinémas et des salles de réunion, pendant quatre minutes, soit le temps nécessaire pour changer une bobine de film et la durée estimée de la capacité d’attention d’un être humain. Les directives établies par George Creel enjoignent aux volontaires d’enrichir leurs discours de faits et d’appels à l’émotion afin de renforcer le soutien du public à l’effort de guerre[18]. Grâce à la Division de l'information et à la commission de censure, George Creel et le CPI peuvent contrôler la diffusion des informations officielles relatives à la guerre. George Creel s'efforce de présenter les faits sans parti pris, même si la plupart des informations sont « teintées de préjugés nationalistes »[19]. La commission de Creel diffuse peut-être des informations partiales, mais elle espère que les États-Unis peuvent éviter une censure rigide pendant la guerre, car sa conception de la censure repose sur « l'expression, et non la répression »[20]. Sous la direction de George Creel, la CPI ne cherche qu'à censurer les contenus véhiculant des idées « dangereuses » ou « défavorables », afin d'éviter de démoraliser la population[21].
Toutes les activités de la CPI prennent fin le , lors de la signature de l'armistice avec l'Allemagne. Les efforts déployés par la CPI ont été considérés comme la plus grande campagne de relations publiques de l'histoire, jusqu'à cette époque. Une campagne d'une telle ampleur, aussi offensive et multiforme n'avait jamais été menée auparavant, et la CPI a mis en lumière le pouvoir de persuasion de masse et d'influence sociale à l'échelle nationale – des prises de conscience qui ont eu un effet profond sur le domaine des relations publiques[22]. Bon nombre des professionnels des relations publiques les plus influents du XXe siècle ont été formés par George Creel au sein de cette commission, notamment Edward Bernays et Carl R. Byoir (en)[22].
Selon l'historien David F. Trask, toutes les qualités de George Creel se sont révélées utiles au sein de la CPI, en particulier « sa prédilection pour les réformes wilsoniennes tant à l'étranger qu'au niveau national, son charisme personnel, son goût pour la controverse, ainsi que sa tendance à attribuer une intention malveillante plutôt qu'une erreur de jugement à ceux qui le critiquaient »[23]
David F. Trask ajoute :
« As an administrator Creel was extraordinarily energetic, quick to make decisions, often impulsive. He was capable of inspiring strong devotion....Wilson seems to have held Creel in high regard, probably because of his unbending personal loyalty to the president as well as his effective methods of purveying administrative dogma. »
« En tant qu'administrateur, Creel était d'une énergie extraordinaire, prompt à prendre des décisions, souvent impulsif. Il savait susciter un profond dévouement… Wilson semble avoir eu une haute estime pour Creel, sans doute en raison de sa loyauté sans faille envers le président ainsi que de ses méthodes efficaces pour faire respecter la ligne administrative »
Carrière d'après-guerre
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Après la guerre George Creel écrit plusieurs livres et articles[25]. Après une carrière prolifique à la tête de la CPI, George Creel rejoint le magazine Collier's en tant que chroniqueur, jusqu'à son départ à la retraite à la fin des années 1940[5]. En 1926, il s'installe à San Francisco et finit par présider le Conseil régional du travail (1933) pour la Californie, l'Utah et le Nevada[5].
En 1934, George Creel fait son retour en politique en se présentant, sans succès, contre l'écrivain Upton Sinclair lors des primaires démocrates pour le poste de gouverneur de Californie[26].
Mariages
modifierGeorge Creel est marié à l'actrice Blanche Bates de 1912 jusqu'à la mort de celle-ci en 1941[27]. Le couple a deux enfants : un fils prénommé George Jr. et une fille prénommée Frances[28]. En 1943, il épouse Alice May Rosseter[29].
Fin de vie et mort
modifierAu cours des dernières années de sa vie, George Creel vit à San Francisco jusqu'à son décès, survenu le , à l'âge de 76 ans[30].
Publications
modifierGeorge Creel est l'auteur d'une vaste collection d'écrits. Parmi ses écrits et ses livres, on peut citer [31]:
Articles
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Livres
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Notes et références
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Articles
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Bibliographie
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Liens externes
modifier
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- Ressources relatives à l'audiovisuel :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
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- Œuvres de George Creel sur le projet Gutenberg
- Travaux par ou sur George Creel sur Internet Archive
- (en) « Democrats back Upton Sinclair for Governor--outtakes » [vidéo], Fox Movietone News
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