Georges-Henri Luquet
Georges-Henri Luquet, né le 23 janvier 1876 à Rochefort (département de la Charente-Maritime)[1], mort le 4 novembre 1965 à Nogent-sur-Marne (département du Val-de-Marne), est un ethnographe et un philosophe français.
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École normale supérieure (à partir de ) Université de Lille (doctorat) () |
| Principaux intérêts |
Philosophie |
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| Distinction |
Élève de Henri Bergson et de Lucien Lévy-Bruhl, il est un pionnier de l'étude du dessin enfantin.
Biographie
modifierFormation
modifierGeorges-Henri Luquet est issu d'une famille d'enseignants.
Son père, Sévère Luquet, né en 1840 à Dollot (Yonne), est enseignant de mathématiques puis proviseur du lycée de Laon ; en 1897, il est élevé au grade de chevalier de la Légion d'honneur[2].
En 1897, Georges-Henri Luquet est admis à l'École normale supérieure. En 1903, il est reçu, le quatrième, à l'agrégation de philosophie[3].
En 1913, il soutient à Lille une thèse de doctorat intitulée Les dessins d'un enfant[4]. Il est aussi diplômé de l’École des hautes études.
Carrière
modifierEntre 1901 et 1914, Georges-Henri Luquet est successivement nommé enseignant de philosophie à Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle), à Châteauroux où il se marie en 1902[2], au lycée Jean-Baptiste-Corot à Douai puis à Montpellier[2].
En 1896, Georges-Henri Luquet s'est engagé volontairement par devancement d'appel au sein du 45e régiment d'infanterie. Durant la Grande Guerre, il est mobilisé ; le 31 décembre 1917, il est cité à l'ordre du 30e régiment d'infanterie ; au terme du conflit, il est décoré de la croix de guerre[5],[2].
En 1919, il est nommé à Paris, au lycée Saint-Louis (6e arrondissement), puis au lycée Rollin (9e arrondissement).
Franc-maçonnerie
modifierLuquet fut initié au Grand Orient de France en 1906[2]. Il fut membre du Grand Collège des Rites en 1935, où il occupa entre autres les charges de Grand Orateur, et Grand Chancelier du Suprême Conseil du Grand Orient de France. Ce dignitaire de la plus importante obédience maçonnique française laissa de nombreux articles de philosophie sociale et morale, et une étude approfondie sur Nerval. Il fut spécialiste du symbolisme des grades de perfectionnement et de l’histoire de la franc-maçonnerie. Il publie en 1963 La Franc-Maçonnerie et l'État en France au XVIIIe siècle.
Georges-Henri Luquet meurt le . À sa mort le Grand Orient lui rendit hommage lors d’une « tenue funèbre », un rite maçonnique. L'ouvrage Dieu ? Testament d’un philosophique d’un vieux sage, paru en 1966 à titre posthume, expose ses dernières réflexions sur l’humanité.
Ses travaux
modifierLes travaux de Luquet se répartissent en quatre chapitres principaux :
- la philosophie, que ce soit la philosophie des sciences (logique, mathématiques) ou la philosophie sociale et morale
- la psychologie cognitive lié à l’analyse des dessins d’enfants
- l’anthropologie et l’ethnologie
- l’histoire des religions, des arts et des cultures.
Psychologie et études des dessins de l’enfant
modifierSa thèse de doctorat ès Lettres a été consacrée à l'étude du dessin : Les dessins d'un enfant (1913). Cet ouvrage fait date par la méthode choisie et par les résultats. La méthode est monographique. Elle seule, expose Luquet, permet de reconstituer l'évolution graphique de l'enfant et d'en dégager les phases. Mais, pour donner des résultats probants, elle requiert un très grand nombre de documents.
C'est sur plus de mille sept cents dessins de sa fille Simone, recueillis pendant dix ans à partir de l'âge de trois ans et trois mois, que Luquet a travaillé. Ces résultats, complétés par d'autres documents, ont été intégrés dans une conception d'ensemble. On connaît cette conception, devenue classique. Le dessin de l'enfant passe par quatre phases. La première est celle du dessin involontaire : l'enfant trace des lignes, mais ne met pas encore ces lignes en rapport avec des objets. Puis vient l'intention de représenter, mais non encore l'aptitude à le faire : l'enfant ne sait pas grouper en un ensemble cohérent les détails remarqués. Cet obstacle surmonté, vient la troisième phase, le réalisme intellectuel : l'enfant vise à représenter tout ce qu'il sait de l'objet, des traits perçus ou non. Enfin, dans la quatrième phase, l'enfant parvient au réalisme visuel : il apprend à figurer ce qu'il voit. La représentation des objets implique l'existence dans l'esprit d'un modèle interne qui guide le petit dessinateur. À côté des tableaux statiques, l'enfant représente des faits changeants : il fait des « narrations graphiques » ; dans la façon de figurer ces narrations, il y a aussi une évolution.
Anthropologie et ethnologie
modifierLes premières études sur l'art préhistorique et sur l'art archaïque datent de 1914 ; sa recherche est jalonnée par trois ouvrages : L'art et la religion des hommes fossiles (1926), L'art néo-calédonien (1926), L'art primitif (1930), et par des articles dans le Bulletin hispanique, le Journal de psychologie, l’Anthropologie, la Revue archéologique, le Jahrbuch für prähistorische und ethnographische Kunst.
Ouvrages
modifier- Idées générales de psychologie. Alcan, 1906.
- Éléments de logique formelle. Alcan, 1909.
- Les dessins d'un enfant. Étude psychologique. Paris, Librairie Félix Alcan, 1913. (thèse)
- Le Dessin enfantin, Paris, F. Alcan, 1927.
- L'art primitif, Paris, G. Doin & cie, 1930.
- La franc-maçonnerie et l'état en France au XVIIIe siècle, Ed. Vitiano Paris, 1963.
- Dieu ? Testament philosophique d'un vieux sage, Paris, Ed. Vitiano, Coll. Le libre examen, 1966.
Références
modifier- ↑ Archives départementales de la Charente-Maritime, « État civil de Rochefort, registre des naissances de 1876, vue 15 / 165, 2E311/376 »
- 1 2 3 4 5 André Caroff, Bernard Giraud, Serge Soyez et Henri Thoumy, « G.-H. Luquet et le dessin enfantin », Bulletin de psychologie, vol. 24, no 292, , p. 743-770 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ André Chervel, « Les agrégés de l'enseignement secondaire. Répertoire 1809-1960 »
, sur https://rhe.ish-lyon.cnrs.fr, (consulté le ) - ↑ Ressources numériques en histoire de l'éducation
- ↑ Archives départementales de l'Aisne, « Registre des matricules militaires, bureau de Laon, classe 1896, matricule n°1137, 1R2_016 »
, sur https://archives.aisne.fr (consulté le )
Annexes
modifierBibliographie
modifier- Henri Piéron, « Luquet, G. H. - Les dessins d'un enfant », Scientia : rivista internazionale di sintesi scientifica, 16, 1914, pp. 288-293
- Ignace Meyerson, « Georges-Henri Luquet, 1876-1965 », Journal de Psychologie, 1966, LXIII, p. 503-504.
- Anne-Marie Drouin-Hans, « Georges-Henri Luquet, philosophe, ethnographe et pionnier de l'étude du dessin enfantin », Bulletin de Psychologie, 2000, vol. 53, n° 449, p. 573-592.
- André Caroff, Bernard Giraud, Serge Soyez et Henri Thoumy, « G.-H. Luquet et le dessin enfantin », Bulletin de psychologie, vol. 24, no 292, , p. 743-770 (lire en ligne, consulté le )
Liens externes
modifier- Ressources relatives à la recherche :
- Luquet Archives, site de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne consacré à l'œuvre de Luquet.